Louis, Arch.. gén. de méd.,\^^ série, 2 V
2. BoTTENTUiT, Gastriles chroniques. Th. de Paris, n" 107, 1869.
GASTRITES CHRONIQUES
la teinte spéciale, teinte ardoisée^ qu'elle présente dans ces cas.
Au lieu d'être épaissie et mamelonnée, la muqueuse peut, au contraire, être lisse et mince. Les cellules glandulaires sont atteintes de dégénérescence hyaline, graisseuse ou muqueuse ; de la couche de fibres musculaires de la muqueuse émanent des travées conjonctives qui s'élèvent çà et là entre les glandes. A la surface de la muqueuse se produit une infiltration de cellules embryonnaires; les canaux glandulaires sont déplacés, détruits, sectionnés, et tandis que tout à fait à la surface le tissu est assez friable pour présenter un véritable aspect spongieux, immédiatement au-dessous s'organise déjà un tissu conjonctif qui va fermer toute issue aux produits sécrétés encore par les culs-de-sac intacts de glandes. Il se développe ainsi, dans la profondeur de cette bande de sclérose, de véritables kystes de dimensions variables.
Au lieu de partir de la superiicie pour n'envahir que tardivement la profondeur, la prolifération embryonnaire peut débuter au niveau de la base des glandes. Celles-ci sont étoufeées peu à peu et, à leur place, il ne subsiste plus qu'un tissu conjonctif, semé de cavités entourées de mailles épaisses et dont la surface se présente à la coupe sous forme d'une ligne nette et régulière.
Enfin les kystes dont nous venons de parler sont tapissés par un épithélium cylindrique, et ils contiennent quelquefois des végétations polypeuses.
La paroi musculaire est souvent amincie; en examinant l'estomac à la lumière on constate qu'il est devenu tout à fait transparent : d'ailleurs il a perdu sa tonicité et sa capacité atteint des chiffres élevés (2 080 centimètres cubes dans un cas de Meyer). Lewy a constaté les dimensions • suivantes : circonférence du pylore au cardia 1 S centimè très.
Etat du muscle.
Linitis.
Sclérose sous-muqueuse
avec rétropéritonito
calleuse.
circonférence à la grande courbure 51 centimètres. Bref la dilatation vraie accompagne fréquemment la gastrite chronique.
Dans d'autres cas, la paroi de l'estomac est renforcée par un épaississement notable de la couche musculaire et sousmuqueuse que Brinton avait décrit sous le nom de linitis plastique. L'estomac est dur, s'affaisse à peine par son propre poids : à l'incision, il crie sous le scalpel : en le disséquant on trouve que sa paroi, trois ou quatre fois plus épaisse qu'à l'état normal, est infiltrée d'un tissu blanchâtre, analogue au tissu conjonctif adulte.
Les fibres musculaires elle-mêmes ont augmenté de volume par places, mais ailleurs elles sont étouffées par cette sclérose et on ne peut mieux comparer l'altération révélée par le microscope qu'à celle que l'on trouve dans les piliers du cœur hypertrophié ^ .
La sous-muqueuse est également épaissie et rétractée. Ce sont ces coarctations fibreuses qui déterminent pour une part les plissements de la muqueuse signalés plus haut à propos de l'état mamelonné de cette membrane.
La séreuse ne reste pas indifférente. Simplement épaissie dans la plupart des cas , elle se recouvre quelquefois de fausses membranes et des adhérences s'établissent ainsi entre divers organes et l'estomac, dont le volume a diminué \ Hanot et Gombault, Kahldeii, d'autres, ont décrit, sous le nom de sclérose sous-muqueuse hypertrophique de Testomac avec rétro-péritonite calleuse, un épaississement de la paroi gastrique, surtout marqué au niveau du pylore, ei accompagné d'une diminution totale de la capacité de l'estomac. Du cercle induré formé par le pylore part un