RoKiTANSKY. Lchr. d. path. Anat
5. Beaumont, Experiments and Observations on ihe Gastric Juice, and t/ie physiology of Digestion, Plattsbourg, 1833, et Amevic. med. Recorder, t. VIII, 1823.
L'ULCÈRE ROND
en effet, sur son Canadien, qu'il se produisait des vésicules ou des taches d'un rouge sombre disséminées sur les plis saillants de la muqueuse, notamment après une irritation par des aliments. Ces taches se transforment ultérieurement en petits foyers de suppuration, s'ulcèrent, puis guérissent; d'autres sont recouvertes de plaques aphteuses, mais aucune de ces pertes de substance n'a de tendance à évoluer comme un ulcère rond.
Pour d'autres pathologistes, en tête desquels se place Théorie Virchow, l'ulcère résulterait de troubles dans la circulation artérielle. Cette hypothèse repose sur quelques observations d'embolie et de thrombose, et sur des expériences de Prévost et Cotard. Mais les constatations anatomiques de ces troubles vasculaires sont rarement bien nettes. En outre, il n'existe pas dans l'estomac, comme dans la rate par exemple, d'artérioles terminales dont la disposition se prête aux infarctus. Nous avons vu, au contraire, qu'un réseau artériel riche en anastomoses irriguait la muqueuse. Ce serait seulement par l'oblitération d'un tronc volumineux que pourrait se développer une ischémie des tissus suffisante pour permettre l'action digestive du suc gastrique. D'autres auteurs ont supposé qu'un spasme artériel suffirait à produire une ischémie locale; mais cette opinion nous parait difficilement soutenable, car, pourquoi ce spasme se limiterait-il précisément aux artères de la muqueuse de l'estomac? Il en est de même de la théorie émise par Rasmussen*. Cet auteur aurait souvent rencontré des traces d'ulcère rond au niveau d'un sillon de la face antérieure de l'estomac, commençant environ à la moitié de la petite courbure, non loin du pylore, et descendant à peu près perpendiculairement sur
1. Rasmossen, Centralblatt f. die medicinischen Wissenchaften, 1887.
la grande courbure. Sur cette ligne, qui correspond au rebord des fausses côtes, la séreuse est plus épaisse, la muqueuse un peu atrophiée. Ce resserrement par les fausses côtes serait, ainsi que la pression du foie, une cause d'ulcère. Cette théorie est celle de la nécrose par pression.
Tiaumatisnics. Un traumatismc direct de la muqueuse pourrait-il être la cause de la maladie? C'est à quoi Quincke* s'est efforcé de répondre en expérimentant sur des chiens. Chacun des animaux en expérience était porteur d'une fistule gastrique qui permettait d'éclairer la cavité stomacale et d'observer les modifications de la muqueuse. Le pincement de cette dernière pendant 30 secondes déterminait d'abord une rougeur circonscrite, puis une ecchymose suivie d'une rétraction qui disparaissait quatre jours après. La constriction à l'aide d'un fil, pendant 30 minutes, produisait une ecchymose, et au bout de quelques heures une érosion se transformant en une ulcération, cicatrisée en 12 jours, La cautérisation à l'aide du nitrate d'argent, de l'acide nitrique, ou du fer rouge, occasionnait des eschares d'épais seur variable; elles se détachaient en 24 heures, laissant une perte de substance entourée d'une aréole inflamma toire et cicatrisée en 10 ou 15 jours. Après l'excision d'un lambeau de la muqueuse, on voyait la cicatrisation s'effectuer en 6 jours. Des expériences analogues de Decker'^ avec de l'eau à 50° n'ont pas produit d'accidents pouvant être, quoi qu'en ait dit l'auteur, comparés aux lésions de l'ulcère rond. Un traumatisme, quelle que soit sa nature, ne suffit donc pas à produire un ulcère vrai. Il est nécessaire d'ajouter à cette cause un facteur d'un autre ordre; ainsi Quincke, en anémiant les animaux sur les-