‹ Traité des maladies de l'estomacChapitre 140 sur 243 · Dkuove et RÉMOND, Société médicale des hôpitaux · texte numérisé non relu

Dkuove et RÉMOND, Société médicale des hôpitaux

L'UIXI-IUK ROND.

OU moins épaisses qui peuvent englober également diverses parties de l'intestin et du côlon transverse.

Le foie est en général un peu abaissé; ou bien il bascule en avant. Le diaphragme est refoulé dans la cavité thoracique et peut remonter jusqu'à la deuxième côte.

La cavité de l'abcès est tapissée de fausses membranes épaisses et contient un mélange de gaz et de liquides fétides, ces derniers composés de pus et de débris alimentaires. Ces liquides tendent à se faire jour soit au dehors, soit dans les organes voisins, et le plus souvent, la perforation a lieu dans la cavité thoracique.

Les symptômes sont au début ceux de la péritonite; puis, apparaissent un certain nombre de signes qui peuvent faire croire à un pyopneumothorax. Les vibrations thoraciques ont disparu sur une certaine étendue; la matité hépatique et la sonorité pulmonaire sont remplacées par un son tympanique. On constate à l'auscultation du bruit d'airain, du tintement métallique, quelquefois un bruit de flot; enfin le cœur, dont les bruits prennent un timbre spécial, est plus ou moins déplacé.

L'état général du malade est mauvais; l'appétit est nul, l'amaigrissement rapide et la mort survient en général avec des symptômes de cachexie progressive. Notre observation est la seule où une intervention rapide ait permis d'amener la guérison de la malade ^

Le diagnostic de cette complication est très difficile. Le tympanisme stomacal s'en distingue assez aisément, le lavage de la cavité gastrique ne modifiant pas les conditions de résonance anomale constatées. La matité du foie

1. Tout vcccmment, Leydcn a publié un nouveau cas d'abcès gazeux sousdiaphragniatique terminé pai' la morl,, et Rcnvers un second cas où une intervention opératoire analoj^uc à la nôtre sauva la naalade. {Berl. klin. Wochensc/irift, pp. 1152 et llUl, 1892.)

disparaissanl , alors qu'elle persiste dans le pneumothorax vrai, est un signe distinctif corroboré encore par l'abaissement de la limite supérieure du tympanisme pendant l'inspiration. Une ponction exploratrice pourrait rendre des services et Pfiihl a montré qu'un manomètre mis en communication avec la cavité indiquait une pression plus élevée pendant l'inspiration, moindre pendant l'expiration.

Au lieu d'un abcès gazeux il peut se produire à la suite d'une perforation de l'estomac par un ulcère des abcès non gazeux dont le pronostic est moins grave, mais le diagnostic pour ainsi dire impossible, ouvciuiro Quel que soit le siège des abcès péritonéaux, les com- "nV'îmo's!^"^ munications entre l'estomac et les autres organes s'établissent en général par leur intermédiaire. L'ouverture d'une collection de ce genre dans le colon entraînerait la mort par inanition, la nutrition étant devenue impossible puisque les aliments cesseraient ainsi d'être soumis à la digestion intestinale. C'est aussi, rarement il est vrai, un mode de guérison.

L'ulcère rond peut enfin perforer la paroi abdominale et une fistule gastrique en être la conséquence ; cette complication est souvent mortelle; elle ne l'est pas toujours. Le diaphragme pourra être détruit et un pneumothorax en être le résultat; dans d'autres cas une pleurésie purulente viendra compliquer la scène, soit parce que la plèvre aura été infectée directement, soit parce que les lymphatiques du centre phrénique lui auront apporté des germes infectieux. La gangrène pulmonaire se produira lorsque les adhérences entre les feuillets pleuraux auront permis à l'ulcération de gagner ce parenchyme.

Enfin le péricarde, le cœur lui-même peuvent être atteints et l'on trouvera une étude détaillée de ces com-

I/ULCÈRE ROND

plications redoutables, mais heureusement fort rares, dans le travail de MM. Debove et Renault.

Nous aurons, en étudiant la dilatation, l'occasion de démontrer que cet accident est fréquemment le résultat d'une sténose du pylore due à la cicatrice d'un ancien ulcère. Nous dirons alors par quels moyens il est possible de faire le diagnostic, et nous aurons à rapprocher cette dilatation de celle qui succède à la maladie de Reichmann, c'est-àdire à l'exagération des sécrétions acides de l'estomac. Mais il est une dernière complication, autrement redoutable que la dilatation : nous voulons parler du cancer.

Ce que nous avons dit en décrivant la cicatrice de l'ulcère permet de comprendre comment se fait cette transformation. Nous avons, en effet, décrit la prolifération excessive dont cette cicatrice est le siège; le cancer semble apparaître quand le processus est devenu absolument irrégulier et que les cellules ont perdu leur type normal. 11 est fréquent, car sur cent cas de tumeurs malignes huit environ ont succédé à la maladie qui nous occupe.

Dittrich' est le premier qui ait fait mention de cette complication de l'ulcère par le cancer; Eisenlohr^, Biach'\ Goodhardt'', en ont récemment observé de remarquables exemples.

La tuberculose pulmonaire vient quelquefois, à titre de maladie intercurrente, compliquer la situation et entraîne une mort d'autant plus rapide que le malade est plus inanitié.

Ce que nous avons dit jusqu'ici permet de comprendre pourquoi et comment le pronostic de l'ulcère est sérieux.

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