‹ Traité des maladies de l'estomacChapitre 141 sur 243 · GooDiiARDT, Pathol. Ir., vol. XI · texte numérisé non relu

GooDiiARDT, Pathol. Ir., vol. XI

La gu6ris(3n ne survient guère plus de 50 fois sur 100 et le tableau suivanl, dressd par l'un de nous (Debove) et M. Renault, permet de comprendre et d'apprécier la valeur relative des diverses causes pouvant amener la terminaison fatale.

Guérison iiO fois sur 100.

Perforations el péritonite .... -13 —

Iléraatémèse foudroyante. . . . o — ,

Tuberculose pulmonaire .... 20

Inanition b —

Complications diverses 7 —

Le diagnostic de l'ulcère rond peut être très facile ; on trouverait alors réunis les principaux signes que nous avons décrits; ou, au contraire, il est extrêmement difficile.

Diapnostio. Aux sigues tirés de l'analyse chimique, qui permettra de reconnaître, soit dans les matières vomies, soit dans les résidus de la digestion d'un repas d'épreuve, un excès d'acidité chlorhydrique, et aux renseignements fournis par la palpation, M. Leroy de Langevinière a proposé d'ajouter l'étude de la température locale de l'estomac. Il aurait, chez les malades atteints d'ulcère, constaté une élévation locale allant de quelques dixièmes de degré à plus d'un degré au-dessus de la température axillaire. Cette élévation serait beaucoup moins marquée dans le cancer. Nous n'avons personnellement rien constaté de semblable.

Nous avons décrit, en parlant des dyspepsies, les douleurs spéciales observées' dans la gastralgie simple et chez les neurasthéniques. Elles ne sont pas aussi vives que

L'UKCÈRE HOND.

celles de l'ulcère, ni en rapport direct avec l'ingestion des aliments; la digestion se fait facilement.

Les crises gastriques très douloureuses et les vomissements très acides et très abondants accompagnant l'hyperchlorhydrie avec ou sans hypersécrétion, diffèrent assez des douleurs de l'ulcère rond pour rendre le diagnostic possible et souvent même facile.

Mais un ulcère peut venir évoluer sur ce terrain, préparé de longue date par im catarrhe acide. Les crises deviendront alors plus régulières : elles ne seront plus aussi complètement calmées par l'ingestion des aliments albuminoïdes, comme la viande; enfin, dans la maladie de • . Reichmann, à des périodes éminemment pénibles, provoquées souvent par une cause morale ou un surmenage physique, succèdent des intervalles de repos à peu près complets ; il est plus rare dans l'ulcère de voir les symptômes s'amender brusquement et disparaître, en dehors de toute intervention thérapeutique.

Dans la gastrite chronique la langue est sale ; il existe souvent des signes d'éthylisme,les douleurs sont moins vives, moins en rapport avec l'ingestion des aliments; le catarrhe est plutôt muqueux;les fermentations anomales se développent dans la cavité gastrique et leurs produits se rencontrent dans les matières vomies, chose rare dans l'ulcère. Le diagnostic est plus difficile entre la gastrite et Diagnostic

° ^ 1 ri 1. ^'^'oc le cancer.

le cancer, qu'entre la gastrite et l'ulcère rond. Le seront d'ailleurs les mêmes signes, anachlorhydrie, motricité affaiblie, fermentations anomales qui permettront dans la majorité des cas de différencier un ulcère d'un cancer. Ajoutons encore la cachexie spéciale à cette dernière maladie, la présence d'une tumeur simulée difficilement par la zone indurée, rénitente, et toujours limitée au même point, qui entoure l'ulcère rond. Les douleurs ne sont pas

les mômes; plus c<jntinii(;s dans le cancer, moins en rapport avec l'ingestion des aliments, elles présentent rarement les paroxysmes ([in caractérisent l'ulcère rond. L'anorexie des cancéreux contraste étrangement avec la conservation de l'appétit rencontrée dans l'ulcère et, tandis que les matières vomies par les uns renfermeront à peu près exclusivement des produits putréfiés, on trouvera, au contraire, dans les vomissements des malades atteints d'ulcère, des peptones en abondance, preuve évidente de l'activité des ferments digestifs. L'hématémèse elle-même est différente et, si dans quelques cas le cancer s'accompagne d'hémorragies rutilantes et l'ulcère de vomissements marc de café, on constate l'inverse dans la grande majorité des cas.

Restent les faits où un cancer évolue graduellement sur les bords de la cicatrice récente d'un ulcère rond; ici les sécrétions auront conservé le caractère que leur avait imprimé la première maladie et leur étude ne sera d'aucun secours. Mais cependant, s'il n'existe pas de critérium absolu, un observateur attentif ne tarderait pas à concevoir des doutes sur la nature de la maladie à l'évolution de laquelle il assiste. La cachexie et l'anorexie croissantes, la diminution de l'hémoglobine dont nous avons parlé plus haut, une phlegmatia intercurrente, finiraient par lever tous les doutes.

Les hématémèses [de la cirrhose atrophique au début ' pourraient dans quelques cas faire croire à un ulcère, d'autant plus qu'à ce moment le malade accuse seulement des troubles digestifs, sans présenter encore, du côté du foie, de signes bien nets. Mais, dans le cas douteux, ces signes en s'accentuant viendraient rapidement éclairer le diagnostic.

Gallard ^ a rapporté quelques observations d'hématémèses

1. Debove et CouiiTois-SuFFiT, Socicté médicale des liùpilam-, 1801.

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