‹ Traité des maladies de l'estomacChapitre 163 sur 243 · Israël, Berlin, klin. Wochenschrifl, n · texte numérisé non relu

Israël, Berlin, klin. Wochenschrifl, n

LE CANCER DE L'ESTOMAC

prolongée de la contractilité de ses libres; pendant six heures sur vingt-quatre, la contraction de l'estomac tend activement à faire progresser les matières qu'il contient vers l'intestin, tandis que le pylore, plus ou moins contracté, empêche la déplétion trop rapide de la cavité gastrique. Le tissu aréolaire qui entoure et recouvre les fibres musculaires prend part à ces mouvements et subit une série de tiraillements et de déplacements impliquant, comme conséquence directe, une nutrition d'autant plus active que le tissu est soumis à une action plus vive de la part des fibres musculaires.

Brinton cherchait donc à expliquer par cette activité plus grande des échanges au niveau des orifices, la fréquence avec laquelle ces deux points, le pylore et le cardia, sont atteints par le cancer; cette théorie, séduisante à bien des points de vue, est cependant incapable d'expliquer tous les cas et, si elle se justifie dans certaines circonstances, il enest d'autres où elle ne saurait être invoquée.

M. Ménétrier* a, dans un long mémoire sur les polypes et les adénomes de l'estomac, cherché à établir un rapport entre ces formes de gastrite chronique et la pathogénie du cancer. Au début selon lui, la force végétative ne se (hisuito traduit que par la prolifération sur place, et ne détermine^ '^ii'omqwc que l'hypertrophie avec conservation de la forme glandulaire ; mais l'irritation persistant, ces cellules indifférentes deviennent susceptibles de se multiplier en dehors de leur habitat normal, d'envahir les organes de proche en proche, ou à distance par la voie des vaisseaux. Si elles conservent alors un reste de différenciation, on aura affaire à de l'épithéliome typique qui reproduira la forme glandulaire plus ou moins imparfaitement, ou, sinon, à de Tépi-

1. Ménétrier, Arch. de physiol. 15 févr. 1888. Consultez aussi un très intéressant mémoire de M. Brissaud {Arch, gé)i. de méd., 1885).

théliome atypique végétant irrégulioremcnt. A chaque stade do ce processus de végétation cellulaire exubérante, l'épithélium glandulaire perd un de ses caractères de différenciation morphologique. De pepsinifère, il devient muqueux (adénome), de muqueux cylindrique, semblable à un épithélium de revêlement (épithéliome) ; enfin polymorphe atypique et alors infectant et végétant au maximum (carcinome). Ce processus peut d'ailleurs parcourir son évolution complète ou s'arrêter indéfiniment à l'un de ses stades.

Il est probable que dans un certain nombre de cas, les lésions doivent évoluer, sinon précisément en suivant cette marche, du moins dans des conditions très analogues; les faits où le cancer a manifestement succédé à de la gastrite chronique ne sont guère susceptibles d'une interprétation différente. Il en est cependant où cette théorie pathogénique n'a que peu de raisons d'être adoptée, et Haeberlin ne la considère comme justifiée que dans 6,5 p. 100 des cas. Ulcèro rond. Nous avous dit, en parlant des complications de l'ulcère, que cette maladie pouvait se terminer par le développement d'un cancer sur les bords de l'ulcération, ou au niveau de la cicatrice qui l'a remplacée. Cette complication, connue depuis longtemps déjà, permet souvent de comprendre comment le cancer évolue chez des gens jeunes. Werner * en avait signalé un cas chez un jeune homme de 25 ans. Dans une observation de Malmsten ^ les accidents durèrent de 30 à o6 ans. Lebert ^ décrit huit cas analogues et Hauser dans un mémoire très complet, appuyé sur de nombreuses recherches anatomiques, a à peu près complètement épuisé

Page 1