GooDHARDT, Puthol. T?'., vol. XI
qu'à l'interprétation du développement d'un nombre relativement restreint de cancers.
Métastases. Lc dépôt sur la muqueuse ou dans l'intimité des parois g-astriques de nodosités cancéreuses métastaLiques est un fait rare, et Ely*, après s'être attaché à recueillir toutes les observations connues, n'a pu en grouper qu'une quinzaine. La propagation se fait suivant deux voies; tant(M l'élément cancéreux est apporté directement par la déglutition, dans les. cas de cancer ulcéré des premières voies digestives; tantôt au contraire le transport se fait à distance par le courant sanguin ; les lymphatiques enfin, ne doivent que très exceptionnellement être considérés comme la voie suivie parles produits infectieux, depuis la tumeur jusqu'à l'estomac.
On peut donc admettre que la pathogénie du cancer gastrique est compréhensible dans un très grand nombre de cas, et, si on ne tient pas compte de la théorie de Brinton, il reste encore environ 16 p. 100 des faits dans lesquels le développement de la tumeur se fait suivant un mécanisme connu. Mais il existe toujours une inconnue importante, même dans les cas oii une de ces théories paraît le plus vraisemblable, et nous devons avouer notre ignorance sur la véritable pathogénie du cancer de l'estomac, ignorance qui s'étend d'ailleurs à la pathogénie de tous les cancers.
Anatomie Lcs tumcurs primitives de l'estomac sont en général unipathoiogique ^^^^ ^ ^ ^ plusieurs, il faut attribuer les noyaux mul-
1. Ely (J-S.), Theameric. Journ. of ihe medic. sciences, p. S84, juin 1890
LE CANCER DE L'ESTOMAC
tiples que l'on rencontre à des localisations secondaires. D'ailleurs, au point de vue analomique, le mot cancer n'a pas grande signification, et il est nécessaire de préciser un peu plus la nature des tumeurs que l'on constate; nous n'avons pas cependant ici à en faire une description très détaillée, ces tumeurs ne différant pas sensiblement de celles que l'on rencontre sur les autres organes.
Les néoplasmes ont leur siège primitif dans la muqueuse; de là ils envahissent rapidement la sous-muqueuse et s'y développent avec une telle intensité que très souvent la majeure partie de la tumeur est cachée sous la muqueuse. Ensuite l'infiltration, après avoir subi un temps d'arrêt variable , se propage à la musculeuse, et de là, à la séreuse, en suivant surtout les faisceaux conjonctifs.
Au niveau de cette membrane, on constate tantôt de simples dépressions blanchâtres, étalées, tantôt des nodosités d'un volume variable, souvent aplaties, et disséminées le long des cordons lymphatiques indurés. En incisant la paroi de l'estomac, on rencontre alors à sa face interne des masses volumineuses, fongueuses, molles, ordinairement localisées dans les points que nous avons indiqués, et reposant exceptionnellement (1 p. 100. Lebert) sur une infiltration de toute l'étendue des parois.
Arrivée à un certain développement, la masse s'ulcère à son point le plus saillant. On constate alors une perte de substance plus ou moins étendue, arrondie ou serpigineuse, unique ou multiple, à bords saillants, mamelonnés et dont le fond est formé par la sous -muqueuse infiltrée. Quelquefois la tumeur est plus dure (squirrhe) ; des trousseaux fibreux la rétractent en tous sens; les bourgeons sont moins gros, l'ulcération plus tardive. La forme dans laquelle le néoplasme a une consistance presque molle,, et
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à laquelle on a donné le nom de cancer médullaire, présente les bourgeons les plus développés et les ulcérations les plus précoces. Entre ces deux formes, tous les intermédiaires sont possibles, et d'une façon générale, l'étendue du cancer est en raison inverse de sa consistance.
On a décrit' cinq formes principales de cancer gastrique, représentant les diverses variétés histologiques que l'on rencontrera le plus souvent.
Épiihoiionia. L'adéno-carcinome, ou épithélioma, forme des tumeurs molles, h nodosités assez marquées, et ne s'ulcérant que tardivement. A la coupe, on constate la présence de tubes pseudo-glandulaires , entourés par un stroma de fibrilles conjonctives peu accusées et infiltrées de globules blancs. Les tubes perdent de leur netteté, et présentent en certains points des déformations qui peuvent les rendre difficiles à caractériser. A la périphérie de ces tubes existe une abondante formation de cellules cylindriques, qui se détachent de la paroi et forment, au centre, des amas d'éléments irréguliers et polymorphes. C'est le premier stade du cancer dans l'évolution adénomateuse décrite par M. Ménétrier. Cancer Le carciuome médullaire est constitué par des noyaux
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spongieux, mous au toucher, qui forment le plus souvent, au niveau du pylore, des amas mamelonnés. L'ulcération se fait plus tôt que dans la forme précédente et les pertes de substance présentent des bords irréguliers et surélevés. Comme la précédente, cette tumeur est d'origine glandulaire, mais le type des cellules est devenu méconnaissable et le néoplasme, qui fournit au raclage un suc abondant, se compose d'éléments polymorphes, à peine soutenus par un stroma rare et nettement alvéolaire. Les tuniques sous-jacentes non encore envahies présentent en général