‹ Traité des maladies de l'estomacChapitre 184 sur 243 · R1ESS, Berl. klin. Wochenschrift · texte numérisé non relu

R1ESS, Berl. klin. Wochenschrift

;j38 I.KS MALADIES DE L'ESTOMAC.

soumis à l'action du coiidurango ; 3 de ces malades parurent seuls sérieusement améliorés, mais ils semblent avoir été atteints d'ulcère rond; tous sont morts d'ailleurs après un temps variable.

La racine de condurango a donc été reléguée, comme nous l'avons déjà dit dans un précédent chapitre, au rang de simple apéritif, sans valeur spéciale, et le traitement médical du cancer de l'estomac est revenu à la décourageante simplicité qu'il eut de tout temps. Alimentation. Ou cherchera à assurer l'alimentation et le repos do l'estomac par l'usage du régime lacté et des poudres alimentaires ; quand la sténose du pylore sera devenue infranchissable, les lavements nutritifs seront l'ultime ressource à laquelle on pourra encore recourir pendant quelque temps.

En voici quelqvies formules :

1° Battez 2 œufs avec une cuillerée d'eau froide. — D'autre part, faites cuire une ou deux pincées d'amidon dans une demi-tasse d'une solution de sucre de raisin à 20 p. 100 et ajoutez un verre à bordeaux de vin rouge. Mélangez les deux solutions après refroidissement de la seconde. Le tout ne doit pas dépasser le volume d'un quart de litre (Ewald).

Vin

ISO —

n° II.

10 grammes.

Jaune d'œuf

n« II.

5 grammes.

Ces lavements doivent être administrés après qu'un lavage à l'eau simple aura nettoyé le rectum. Il est nécessaire d'employer une canule longue à larges œillets, et une

LE CANCER DE L'ESTOMAC

force de projection suffisante pour faire pénétrer la masse assez haut dans le côlon.

M. Dujardin-Beaumetz a proposé de supprimer les aliments carnés dans le régime des cancéreux, et de les soumettre à une diète végétale exclusive. Nous ne pouvons, étant données les conditions étiologiques que nous avons signalées plus haut, nous associer à cette manière de voir. Mais si le médecin rencontrait un dégoût trop marqué pour le lait, il vaudrait encore mieux permettre au malade de satisfaire tous ses caprices culinaires que d'augmenter, par l'interdiction d'un trop grand nombre d'aliments, ses inquiétudes et ses souffrances.

Une des indications les plus urgentes dans bien des cas est de combattre les vomissements. Comme il s'agit le plus souvent du rejet de matières qui par leur séjour prolongé dans la cavité gastrique ont déterminé, à la longue, une irritation de l'estomac suivie d'intolérance plus ou moins accusée, le lavage, le nettoiement régulier des premières voies, les fera disparaître. En même temps, l'eau employée pour le lavage, qu'on y ait ajouté du chloroforme ou du sulfure de carbone, servira à désinfecter et à panser la muqueuse de l'estomac. Nous aurons l'occasion, en parlant de la dilatation, d'insister plus longuement sur ces méthodes.

Le salicylate de bismuth, le salol, la magnésie, peuvent encore être administrés de préférence sous forme de cachets, et contribueront, en diminuant les fermentations, à diminuer les souffrances du malade. Ce sont ces douleurs surtout qu'il faut chercher à amender, et plus qu'à toute autre médication, c'est à la morphine qu'il conviendra d'avoir recours.

On n'a d'ailleurs pas à craindre la morphinomanie chez les cancéreux, et l'action sédative de cet alcaloïde leur est particulièrement précieuse.

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[Depuis c|iio notre livre est en cours d'impression, a paru un travail d'Adanikiewicz sur l'emploi de la cancroïne, qui est une solution phéniquée de citrate d'hydrate d'oxyde detrimelliylvinylammonium à 12,') p. 100. Dans ce travail se trouve l'observation d'un malade atteint de cancer de l'estomac, avec œdème des jambes, cachexie, hématémèses, amaigrissement extrême, et qui fut traité par ces injections.

Au début du traitement, le malade pesait 45 kilogrammes et présentait, outre une tumeur extrêmement sensible et volumineuse, au-dessous du bord costal gauche, deux paquets ganglionnaires énormes au-dessus de chaque clavicule. Après six semaines de traitement, les ganglions susclaviculaires et l'œdème avaient disparu, le poids avait augmenté de 4'', 300, l'alimentation se faisait facilement, et la tumeur, moins grosse, avait cessé d'être douloureuse. Peut-être y aura-t-il là, dans l'avenir, une méthode thérapeutique palliative, sinon curative. Tout ce que nous pouvons dire, c'est qu'au point de vue de la pathologie générale, les propositions de l'auteur sont très acceptables.]

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