Debovk, Soc. vxdd. des /idpit., 42 doc
LA DILATATION. -^^'
mine une stase prolongée des matières amylacées, ou de l'une de celles réunies par M. Mathieu et l'un de nous (Remond) sous le nom de dyspepsie avec hyperacidité organique et stase. Dans ces cas, Fatonie musculaire résulte du séjour prolongé dans l'estomac de débris alimentaires et des fermentations dont ces aliments sont le siège quand l'acide chlorhydrique fait défaut. Tiraillées par un poids plus ou moins considérable et par les gaz qui se développent dans la masse en putréfaction \ les fibres musculaires perdent la faculté de revenir sur elles-mômes. En outre, comme les glandes deviennent malades, et comme l'inllammation ne se limite pas, ainsi que nous l'avons montré, k la tunique glandulaire seule, mais au contraire envaiiit, à un degré variable il est vrai, l'ensemble de la paroi, il ne faut pas s'étonner de voir l'atonie devenir très vite difficilement curable. La dilatation constatée chez les tuberculeux, dans la chlorose, etc., a pour cause unique la gastrite chronique qui dépend des altérations humorales, résultats de ces maladies. Dans le diabète, interviennent à la fois la gastrite chronique et la surcharge alimentaire; c'est l'altération des parois qui est le facteur principal de la dilatation dans les dégénérescences amyloïde et colloïde des fibres musculaires.
L'atonie purement nerveuse, sur laquelle MM. G. Sée et A: Mathieu - ont publié de nombreuses recherches, se produit à la suite de crises paraissant indiquer l'intervention successive et alternante d'un état spécial de spasme et d'atonie du système gastro-intestinal. Elles sont provoquées par une cause occasionnelle et générale, comme les émotions tristes, les secousses morales, etc. La neurasthénie intervient donc dans l'étiologie de la dilatation
d . KiiiiNK, Deutsche, med. Woc/ténschrift, 8 déc. 1892.
2. G. SÉJ-:: ot A. Mathieu, Rev. de méd., 10 mai et 18 sept. 1884.
l,ES MALADIES DE L'ESTOMAC.
au môme litre que nous l'avons vue Hva un des facteurs importants du syndrome dyspepsie en général. Ce que fait cette névrose, une lésion du système nerveux central ou périphérique peut également le réaliser, et la dilatation dépendra alors d'une altération profonde soit des centres, soit des nerfs périphériques. M. Glénard a fait de la plo.srr générale des organes abdominaux l'expression d'une diathèse spéciale, diathôse de relâchement des tissus à fibres musculaires lisses, et considère la dilatation comme placée sous la dépendance de cet état général. Quoique nous n'ayons pas constaté les lésions sur lesquelles M. Glénard a édifié cette théorie, nous ne pouvons nier l'existence en clinique de faits rentrant dans ceux décrits par cet auteur; telles sont les dilatations par néphroptose que nous avons signalées plus haut.
Anatomio Si l'étiologie dc la dilatation est complexe, son anatomie pathologique, pathologiquc est simple, et à un degré très variable, la lésion est toujours la même. A l'autopsie d'un sujet mort de cancer du pylore par exemple, on trouve l'abdomen rempli par une poche volumineuse qui descend plus ou moins près du pubis. Cette poche, qui représente l'estomac, ayant perdu ses rapports normaux et excessivement dilaté, peut contenir des quantités énormes de liquide, et les auteurs anciens, qui connaissaient seulement les faits extrêmes, en ont cité des exemples extraordinaires. Plempius ' aurait observé un estomac renfermant neuf pintes de liquide ; Stengel signale un estomac renfermant douze
i. Plempius et suivants, cités par D.-Bcaumctz, Trailement des mal.de Z'esio?nac. Paris, 1893.
LA DILMATION. ^ol
mesures; Schurig, un estomac contenant 48 li très ; llenricus ab Ileer aurait trouvé un estomac qui remplissait tout l'abdomen.
Les parois de cette poche gastrique sont amincies ; en général, cet amincissement porte à la fois sur toutes les tuniques, et au microscope on trouve- une atrophie de la muqueuse; en même temps la musculeuse ne se compose plus que de trousseaux isolés de fibres musculaires, séparées par du tissu conjonctif. Lorsque la dilatation résulte d'un obstacle au pylore, il se produit d'abord une hypertrophie de la paroi musculaire; puis une véritable sclérose interstitielle vient peu à peu étouffer les éléments nobles, et l'atonie de la paroi est due à la disparition des fibres contractiles; une hypertrophie apparente, par prohfération exagérée du tissu conjonctif, masque quelquefois dans ces cas l'atrophie réelle. L'hypertrophie musculaire subsiste très longtemps à la région pylorique, où elle atteint du reste son maximum, et nous avons vu, en étudiant l'ulcère, l'augmentation de résistance et de volume des parois qui en résulte, en imposer quelquefois pour une tumeur.
L'estomac qui a subi une dilatation aiguë peut présenter de véritables vergetures de la séreuse'. Cette altération précède la rupture de l'organe, dont nous aurons tout à l'heure à décrire les symptômes.
L'étude anatomo- pathologique d'un estomac dilaté comporte naturellement celle des causes de la dilatation. Nous ne saurions revenir ici sur ce que nous avons dit des cicatrices de l'ulcère et du développement du cancer. Un estomac dilaté pourra présenter des formes variables dues à l'action d'une cause spéciale. Une bride cicatricielle ou squirrheiise détermine-t-elle un rapprochement du