‹ Traité des maladies de l'estomacChapitre 192 sur 243 · Revilliod, Revue méd. de la S.Roviande, n · texte numérisé non relu

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cardia et du pylore, l'eslomac sera piriformc; ou bien )a môme lésion aiira-t-elle creusé un sillon plus ou moins profond sur la paroi, il se produira une dilatation en sablier. Mais ce sont là des curiosités anatomiques et les symptômes ne diiïèrent pas de ceux provoqués pai' l'occlusion du pylore.

syiniJtomos. Les symptômcs de la dilatation sont très variables. État L'appétit peut avoir complètement disparu ou avoir con-

.10 1 appétit, sicléi-ablement diminué ; certains malades ne feront plus, par exemple, qu'un repas par jour. Dans d'autres cas, l'estomac ne jouant en réalité plus que le rôle d'un simple réservoir sans écoulement, et les aliments n'étant plus évacués de l'estomac dans l'intestin, la digestion et l'absorption ne se font plus; les malades peuvent être constamment tourmentés par la faim, et ils sont dans une situation analogue, au point de vue de ses effets, à celle des individus atteints d'une sténose infranchissable de l'œsophage. Ils essaient alors de satisfaire leur appétit, et. cédant aux sollicitations de la faim, présentent de véritables phénomènes boulimiques. En réalité, il n'est pas très difficile d'interpréter cette différence qui tient, à peu de chose près, à la nature de l'obstacle au cours des aliments; l'anorexie s'observe plutôt chez les cancéreux et les malades atteints de gastrite chronique, tandis qu'une cicatrice d'ulcère rond peut avoir oblitéré le pylore sans entraîner des modifications bien nettes de la sensibilité spéciale de l'estomac.

Douleur. La doulcur n'est pas en général très vive ; elle consiste bien plus en une sensation de plénitude, de tension.

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qui, pour être pénible, n'est point comparable aux vives ^ douleurs observées dans l'ulcère ou le cancer. Quelquefois, comme dans la forme qu'ont décrite MM. G. Sée et Mathieu, des crises douloureuses précèdent le moment oti la dilatation devient appréciable; il en est de même de la dilatation consécutive à la maladie de Reichmann. Enfin un ulcère, un cancer, peuvent ajouter leurs douleurs propres à la sensation pénible qui existe lorsque l'estomac ne se vide pas pour une raison quelconque.

Lorsque la dilatation est peu marquée, surtout chez les neurasthéniques, la pesanteur épigastrique et le ballonnement cèdent peu à peu, et si le malade fait des repas espacés, son estomac finit par se vider et les douleurs par disparaître. Mais le plus souvent elles cessent seulement lorsque des vomissements plus ou moins copieux ont débarrassé la cavité gastrique des aliments qui Tencombraient quelquefois depuis plus de 24 heures.

A ce sentiment de plénitude, s'ajoutent des renvois insupportables et souvent très fétides. Les masses alimentaires sont, en effet, susceptibles de dégager une quantité considérable de gaz des plus variés. Nous avons cité quelques exemples de ces faits dans le chapitre de séméiologie générale qu'on a lu plus haut, et Franz Kuhn' vient de publier un long travail à ce sujet. Les principaux parmi ces gaz sont l'acide carbonique, l'hydrogène, l'oxygène, l'azote, des carbures d'hydrogène et de l'oxyde de carbone. Chaque fois qu'il y a stase, on peut constater leur présence soit en extrayant directement le gaz de l'estomac par des moyens appropriés , soit en abandonnant le contenu gastrique en vase clos, après l'avoir extrait artificiellement. La

1. Fr. Kuhn, Zeitschrift f. /dm. MecL, Hft. 5 cl 6, 1892. Voir aussi Heynsius, Weekblad 'van het nederlandscli. Tijdschrift voor Genes/e, n" 37, 1874.

cause de ce développemenl gazeux serait la présence d'un champignon résistant à l'action antiseptique de l'IlCl, même en excès, et que l'on pourrait isoler et cultiver; il s'associerait à un grand nombre d'autres espèces quand le contenu stomacal devient neutre ou alcalin. Ces fermentations, extrêmement fréquentes, sont enrayées par l'acide salicylique ou la saccharine : l'acide borique, l'acide phénique, la créosote, l'eau chlorée n'ont d'ell'ct qu'à des doses incompatibles avec leur emploi thérapeutique. La grande quantité de liquide contenu dans l'estomac facilite le développement des germes anaérobies, d'où des produits de fermentation plus complexes et peut-être plus toxiques. Pyrosis. La régurgitation d'une cerlaine quantité de liquide

accompagne souvent les renvois qui franchissent le cardia, et le pyrosis, que nous avons vu résulter du contact de la plupart des liquides gastriques neutres, acides ou alcalins, avec la paroi œsophagienne, vient souvent s'ajouter aux autres phénomènes tourmentant le patient. Vomissement. D'aillcurs, Ics rcuvois, le pyrosis, sont calmés, comme la sensation de plénitude, par les vomissements qui débarrassent l'estomac de son contenu. Ceux-ci n'ont pas la fréquence qu'ils présentent à certains moments de l'évolution de l'ulcère ou du cancer : ils sont, en général, séparés par un temps variable mais assez long, et ils n'ont lieu au moment du maximum de la digestion que dans des cas assez rares. Voici comment les choses se passent le plus souvent : pendant 1 ou 2 jours, un malade a souffert, après chaque repas, d'une sensation de malaise croissante et d'une pesanteur de plus en plus pénible à l'épigastre; puis, brusquement, souvent vers le milieu de la nuit, il est pris de vomissements fort abondants, après lesquels il peut goûter un peu de repos.

Ces vomissements se composent quelquefois de plusieurs

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litres d'un mélange d'aliments solides, de boissons et do ' mucus. Cette quantité des matières vomies est un symptôme de premier ordre de la dilatation, et permet de la distinguer par exemple des simples déplacements de l'estomac. Nous avons déjà dit que la gastrite chronique, 1(> cancer, etc., pourraient donner lieu à des hémorragies peu abondantes, et, dans ces cas, le sang, très altéré, séjourne longtemps dans l'estomac : le même phénomène se retrouvera dans la dilatation.

La présence permanente de bile et de suc pancréatique, dont nous avons donné les caractères, permettrait de conclure à la sténose du duodénum, et serait un excellent symptôme des dilatations consécutives à la compression de cette partie de l'intestin par un rein mobile, par exemple \ Enfin, les matières vomies auront une odeur d'autant plus infecte qu'elles auront séjourné davantage dans l'estomaç.

Plus tard, lorsque les parois sont très distendues, les vomissements deviennent de plus en plus espacés : Fodeuides substances ainsi rejetées devient plus repoussante; et, comme alors ils suffisent rarement à vider l'estomac, le sentiment de soulagement qui leur succédait au début cesse de se produire.

L'état général se ressent naturellement des troubles di- Etat g(';iiéiai. gestifs, mais il est plus souvent et plus profondément influencé par la cause de la dilatation que par la dilatation elle-même. Le diabète, la chlorose, les grandes pyrexies, provoquent des désordres généraux, et il est difficile de distinguer parmi ces troubles ce qui appartient en propre à l'atonie gastrique. La neurasthénie détermine souvent une atonie des fibres musculaires de l'estomac dont les conséquences ne sont pas sans avoir un retentissement marque

1. Leiciitiînstkin, Ziemmseris kandbuc/i, 2 AufU., Bd VII, 2, p. 411-418.

siir la nutrition du sujet, et sans entretenir et développer îi leur tour la neurasthénie primitive. Il se produit là un véritable cercle vicieux, dans lequel cependant la cause générale semble jouer le rôle dominant, puisque, comme nous l'avons dit à propos des dyspepsies, c'est seulement en s'adressant à elle que l'on a des chances de guérir le malade.

M. Bouchard et ses élèves ont vu dans cette dilatation simple ou primitive la cause pathogénique d'un grand nombre de maladies très diverses. Nous n'avons rien observé qui nous permette d'accepter leur façon de voir. Nous ne pouvons donc apprécier la valeur des théories qu'ils ont édifiées et que l'on trouvera remarquablement exposées dans les discussions de la Société médicale des hôpitaux, les ouvrages de pathologie générale de M. Bouchard, et la thèse de M. Le Gendre. Personnellement, nous nous en tenons à cette conception que les phénomènes pathologiques de ce genre dont l'estomac peut être le siège sont le plus souvent, sinon toujours, secondaires.

Dans les dilatations par cause organique le trouble de l'état général variera avec cette cause. C'est ainsi que chez les cancéreux la dilatation s'accompagnera de la cachexie la plus évidente. Dans l'ulcère, dans la maladie de Reichmann, dans la gastrite chronique, elle ne coïncidera plus qu'avec un amaigrissement plus ou moins marqué.

Chez les enfants, MoncorvoS M. Comby^ ont attribué à la dilatation par surcharge alimentaire un certain rôle dans le développpement du rachitisme. Ce dernier auteur la considère aussi comme la cause de certaines convulsions, de l'insomnie, des gourmes, de l'urticaire, de la bronchite. Nous n'avons jamais rien observé de semblable.

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