Doyen, Arch. provinciales de chirurgie, 12 juillet
APPENDICE
la gastro-entérostomie dont nous allons maintenant nons
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Kœhler^ fit en 1884 une pylorectomie chez un malade qui au moment de l'intervention opératoire, était déjà atteint de délire d'inanition. L'opéré succomba en douze heures; les sutures avaient tenu, mais l'opération avait été mal réglée par la crainte de voir mourir le patient sous le chloroforme.
En 1886, Rydygier^ publia un cas de guérison. La malade, âgée de 48 ans, était devenue presque cachectique; on pratiqua le 2 août 1884 une incision de 14 centimètres sur la ligne blanche. Le pylore, retenu par quelques adhérences, fut détaché et attiré hors de la plaie; on sectionna le grand et le petit épiploon sur une étendue de 6 centimètres, puis après avoir placé des compresseurs élastiques sur l'estomac et sur le duodénum on fit une incision oblique par rapport à l'axe sur le premier, perpendiculaire, à l'axe sur le second. Les viscères furent fixés de façon à empêcher l'écoulement d'aucune parcelle de liquide dans le péritoine. On fit l'occlusion en commençant par la paroi péritonéale postérieure et en passant les fils de dedans en dehors, puis on sutura la muqueuse et enfin la paroi antérieure. La malade eut une pneumonie au deuxième jour, faillit mourir, se releva et sortit guérie le 6 septembre 1884.
Dans un second cas opéré en 1881, la guérison se maintenait encore en 1887.
Kroenlein' essaya le 24 novembre 1887 d'obtenir le même résultat chez un jeune homme de 24 ans ayant reçu
1. Kœhler, Berl. klin. Wochenschrift, 1 avril 1884. (R. S. M.)
2. Rydygier, D. Zeitschrift. f. Chirurr/.BàXXl, Hft 5 et 6, p. 546,1886.
3. Kroenlein, Correspondenzblatt f. sckweizer Aerzte, 15 mai 1888. (fi. S. M.)
au mois de mars de la môme année un coup de pied de cheval à l'épigastre et présentant, depuis, des accidents qui n'avaient fait qu'augmenter. L'estomac était extrêmement dilaté, les vomissements incessants et la maigreur squelettique. On constata, après avoir ouvert Tabdomen, que le pylore adhérait entièrement au foie ; néanmoins on put le libérer et le réséquer, mais on s'aperçut alors que le calibre du duodénum était perméable seulement à un fin stylet. Il fallut fermer complètement l'orifice duodénal et aboucher la plaie gastrique sur une anse du jéjunum. Le malade succomba le lendemain dans le collapsus.
En 1889 Czerny* a fait connaître sa statistique personnelle : elle comporte 4 résections du pylore pour rétrécissements cicatriciels. L'un des malades opéré 7 ans auparavant était encore en parfaite santé. Une femme ayant ingéré un alcali caustique eut un rétrécissement du pylore et de l'œsophage. Czerny pratiqua d'abord une fistule gastrique et traita le rétrécissement œsophagien. Celui-ci guéri il songea un an plus tard à traiter le rétrécissement pylorique. La divulsion ayant 'échoué, il ferma la fistule gastrique puis réséqua le pylore. La malade a augmenté de 19 kilos. Deux autres malades, chez lesquels l'auteur avait d'abord cru à un cancer, furent opérés; l'un a succombé et l'autre a guéri.
Enfin, dans la statistique de Billroth, on relève, de 1878 à 1890, 6 résections pour sténose cicatricielle du pjdore. Une femme est morte au bout de 3 mois et demi ayant un abcès de la cicatrice. Un jeune homme a survécu 5 ans à la résection pratiquée pour un ulcère, puis il a succombé à une hémorragie provenant d'un nouvel ulcère. Les autres opérés sont en bonne santé.
l.^CzERNY, Berl. klin. Wochenschrîft, ii° 44, p. 966, î nov. 1889. (/?. S. M.)
APPENDICE
Nous n'avons, pas plus ici que pour les autres opérations précédemment énumérées, la prétention d'avoir recueilli tous les cas connus. Ceux que nous avons rapportés, au nombre de 14, suffisent à apprécier la valeur moyenne de cette intervention; elle a en effet donné 9 guérisons, soit 64 3 p. 100. Et encore ne peut-on guère imputer au procédé opératoire le second décès dont Billroth a fait mention.
L'opération exige un temps quelquefois très long pour l'exécution des sutures. En outre, il faut absolument que le pylore soit mobile, ou facilement mobilisable; en cas contraire, il faudrait avoir recours à la gastro-entérostomie (opération de Wôlfler).
En 1885, la gastro-entérostomie avait déjà été faite deux fois, dans des cas de rétrécissements fibreux du pylore dont une fois avec succès ; Rydygier' en publia deux nouvelles observations en 1886. Dans la première, il s'agissait d'un jeune homme de 20 ans, devenu extrêmement cachectique. Le malade avait eu et avait encore des hématémèses considérables, et son estomac était extrêmement dilaté. Il put, pendant un certain temps, vivre sans trop de souffrances, grâce à des lavages méthodiques et réguliers, puis, sa situation devint intolérable , et on proposa la pylorectomie. On fit une laparotomie exploratrice, mais des adhérences trop considérables du pylore et un ulcère du duodénum empêchèrent d'aller plus loin. La plaie abdominale fut refermée.
Peu de temps après, comme l'état empirait constamment, on fit, le 13 mars 1884, une nouvelle incison de la ligne blanche au niveau de la cicatrice de la première opération. On isola 10 centimètres d'intestin à la partie supérieure du duodénum entre des compresseurs passés
Gastrocut 'Tostomie.