OsjiR, Die Neurosen des Magens, Wicii
liisic gastrique est très marquée, les fermentations anomales dont l'estomac est le siège, l'irritation produite par les substances résultant de la putréfaction alimentaire, déterminent des douleurs sourdes, avec des crises douloureuses plus ou moins vives quoique jamais très intenses; ce sont peut-être de toutes les douleurs gastriques les plus continues. Lorsque la dilatation est due à un cancer qui siège au pylore, les crises douloureuses sont plus marquées, mais les souffrances ne disparaissent jamais complètement.
Douleur Au licu d'être continue avec des exacerbations, la dou-
' ''"icôi';. j^^^^ p^^^^ p^^^g directement en rapport avec l'ingestion
des aliments. Dix minutes aune heure après le repas, apparaissent des souffrances extrêmement vives; les malades les comparent à celles que provoquerait un instrument piquant qui traverserait la paroi gastrique; il semble à d'autres qu'un animal les ronge. La douleur siège au creux épigastrique au-dessous de l'appendice xyphoïde ; quelquefois elle est accompagnée de sensations de battements ^ Cette douleur croît à mesure que la digestion s'effectue; elle diminue, puis disparaît quand cette dernière est terminée ; elle est en rapport avec la qualité des aliments qui viennent d'être ingérés ; plus ils sont grossiers, durs, indigestes, plus elle est vive. Lorsqu'un certain nombre d'accès ont eu lieu, au point douloureux épigastrique s'ajoute un point rachidien, qui siège en général entre la neuvième vertèbre dorsale et les deux ou trois premières vertèbres lombaires. Les malades comparent alors leurs souffrances à celles que produirait une broche qui les traverserait de part en part; ils cherchent par tous les moyens possibles à échapper à leur supplice, et prennent pour y arriver les
1. Dkbove el Renault, Ulcère de l'estomac. Bibl. Charcot-Debovc. Paris,
INTERROGATOIRE DU MALADE
positions los plus étranges. Certains remarquent, par exemple, que le décubitus latéral gauche les soulage; ce sont en général ceux dont l'affection siège au pylore.
Ces douleurs ont, en effet, une origine précise; elles dépendent d'un ulcère rond; la description faite par le malade permet de les reconnaître, et le repos succédant à la fin de la digestion, les souffrances atroces qui accompagnent cette digestion, le moment où apparaissent les douleurs, sont autant d'éléments de diagnostic précieux. Nous aurons à y revenir plus longuement quand nous étudierons l'ulcère rond.
Cependant si nette, si conforme à ce que nous venons Douicms de dire que soit la description du malade, elle peut se ratta- niypeichiorhy cher aux souffrances provoquées par une maladie souvent drie. associée à l'ulcère, le précédant quelquefois, mais pouvant évoluer tout à fait indépendamment de lui, l'hyperchlorliydrie. Ce seront les mêmes douleurs, à siège précis, à paroxysmes intenses, à rémissions passagères. Il faut insister tout spécialement sur la cause et le moment de ces rémissions; quand on saura que la douleur est diminuée par l'ingestion des aliments, si, en outre, les œufs, la viande, le lait, provoquent un soulagement quelquefois absolu, se prolongeant pendant tout le temps nécessité par leur digestion, on aura acquis un nouvel élément de diagnostic; il faudra alors penser bien plus à l'hyperchlorhydrie avec ulcérations folliculaires' qu'à l'ulcère rond.
Dans d'autres cas la douleur ne se limite pas à un point Douleur d'origine précis ; elle irradie dans différents sens, elle devient moins p"'"«'"^°*
* ' uorveuse.
térébrante, moins comparable à une brûlure; elle est, disent les malades, plus analogue à celle que provoquerait une crampe, une pression intense.
1. Boas, Âllgemeiner Diagnostic der MagenkrankheUen. Leipzig, 1891, p. 53.
Au lieu de chercher par tous les moyens à éviter les contacts avec les vêtements, ils éprouvent, en se malaxant l'épigastre, en appuyant énergiquement la main sur l'estomac, un soulagement tout à fait comparable à celui que ressentent par les mêmes manœuvres les individus atteints de colique de plomb. Chez eux l'état de vacuité ou de réplétion n'influence pas la douleur. Les crises douloureuses sont séparées par des intervalles de repos complet sans cause apparente; elles atteignent par moment une grande intensité sans qu'aucun phénomène nouveau paraisse provoquer ces paroxysmes.
Il s'agit alors de phénomènes d'origine purement nerveuse, ce sont eux qui constituaient ce que l'on a appelé autrefois la gastralgie; ils ne forment pas une entité morbide, mais le symptôme d'un trouble spécial du système nerveux surtout fréquent chez les neurasthéniques.
La douleur de l'ulcère rond, celle de l'hyperchlorhydrie, la gastralgie doivent être soigneusement différenciées de la colique hépatique ; au cours des crises douloureuses que provoque la lithiase biliaire, l'ictère peut manquer et le diagnostic devenir assez délicat. Il est certain que bien des malades et des médecins confondent ces coliques avec une affection douloureuse de l'estomac. En serrant de très près l'interrogatoire, on constatera que la douleur siège plutôt sur la ligne parasternale, et de là irradie en bas et en arrière, quelquefois vers l'épaule. Le foie est sensible, l'accès n'est pas en relation avec la digestion gastrique ; au contraire, les crises douloureuses ne sont pas rares plusieurs heures après le repas, pendant la nuit par exemple, c'està-dire pendant la digestion intestinale. Il n'y a pas de pesanteur épigastrique ; les vomissements sont relativement plus rares et accompagnent la scapulalgie. La distinction est donc ordinairement assez facile ; il faudra ce-
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pendant se souvenir que la coïncidence d'un calcul biliaire et d'une affection de l'estomac est toujours possible; il y a là une importante cause d'erreur.
Nous ne nous sommes jusqu'ici occupés que des douleurs gastriques continues ou rémittentes. Elles surviennent dans certains cas par crises tout à fait comparables à celles que nous avons signalées dans le tabès. Un grand nombre d'auteurs ont cité des exemples de faits où la crise gastrique essentielle simulait à s'y méprendre une crise viscérale d'ataxie locomotrice. Les souffrances débutent brusquement, en général, sous l'influence d'une; suractivité cérébrale considérable ou chez des sujets que des soucis violents, des chagrins, ont mis dans un état nerveux spécial ; elles sont d'une intensité tout à fait remarquable. Elles s'accompagnent de vomissements, alimentaires d'abord, puis composés de suc gastrique à peu près pur et peuvent persister des jours et même des semaines. Enfin tout se calme et rentre dans l'ordre pour un temps variable.
La nature des matières vomies, l'intensité de la douleur, ont permis aux auteurs de décrire un très grand nombre déformes particulières de cette affectiorî; nous ne croyons pas qu'il y ait au fond une grande différence entre la gastrodynie de Day*, le pyrosis à répétition et avec vomissements de Lasègue^ les vomissements périodiques de Leyden ' et la gastroxynsis de Rossbach * que Lépine et Rosenthal ont dénommée gastroxie. Leyden Boas ^