SIGNES FOURNIS PAR L'EXPLORATION DE L'ESTOMAC
Inspection : État général. — Habitus. — État local. — Mouvements péristaltiques.
Palpation : Position du malade. — Précautions à prendre. — Palpation bimanucllc. — Modifications de la sensibilité. — Douleur. — Ses formes.
— Modifications do la résistance. — Tumeurs. — Siège. — Consistance.
— Volume. — Mobilité. — Sensibilité. — Clapotage, sa valeur diagnostique.
Percussion : Position du malade. — Variations normales de la limite inférieure de l'estomac. — Distension gazeuse de l'estomac. — Diagnostic de l'atonie, des variations de formes, de position. — Percussion des tumeurs.
Auscultation. — Gastroscopie. — Gastrodiaphanie. Sondage : La sonde. — Technique du sondage. — Accidents. Contreindications.
insfcction. Il est d'usagG, lorsqu'on décrit les procédés d'exploration qui se rattachent à l'étude d'une maladie, de placer l'inspection du malade en tête de ces procédés. L'aspect général de l'individu fournit, en effet, un certain nombre d'indications qui, pour n'avoir rien d'absolu, peuvent cependant être de quelque utilité. La conservation de l'embonpoint, la vivacité du regard, l'état général florissant des dyspeptiques neurasthéniques contraste d'une façon toute spéciale avec les altérations profondes que subit la physio nomie des individus porteurs d'une lésion organique de
EXPLORATION DE L'ESTOMAC
restomac; ceux-ci sont anémiques, amaigris. La voix est cassée, les traits sont tirés, les yeux excavés, les muqueuses plus ou moins pâles dans l'ulcère rond et les formes graves de la maladie de Reichmann; et à cet amaigrissement s'ajoute dans les cas de cancer, ou de dilatation incurable, une cachexie particulière, accompagnée d'une coloration jaune paille de la peau dans la première de ces deux maladies.
Avec l'état général du dyspeptique neurasthénique contraste encore celui du malade chez lequel une gastrite chronique a peu à peu permis à tous les symptômes de l'anémie pernicieuse de se développer. Ce dernier a, il est vrai, conservé son embonpoint, mais le regard est terne, les muqueuses sont décolorées, les téguments d'une pâleur cireuse.
L'inspection de la paroi abdominale ne doit pas être négligée dans l'étude des maladies de l'estomac; mais les renseignements que l'on obtiendra ainsi n'ont qu'une valeur approximative. Un examen à jour frisant pourra, à la rigueur, faire apercevoir quelques battements anomaux, une bosselure, une tuméfaction légère, mais la main du médecin viendra vite chercher une confirmation de ce que son œil croit deviner. Une dilatation énorme accompagnée d'une maigreur extrême pourrait, chez un cachectique, laisser le contour de l'estomac se dessiner sous la peau, tandis qu'un soulèvement brusque, une tumeur limitée à la région pylorique permettrait de comprendre la raison de la cachexie constatée. Ce ne sont là que des signes d'une valeur accessoire et l'inspection de l'estomac, pour ne pas devoir être négligée, ne donnera que rarement des renseignements précis.
Chez les dilatés par sténose du pylore, Kussmaul a Mouvomouts décrit un phénomène particulier, que l'on retrouve chez P'^ristaitiques
certains individus nerveux, et consistant en un mouvement péristaltique de l'estomac dont les vagues se dessinent sous la peau des individus amaigris. C'est en général au moment où on découvre le malade que, sous l'impression du froid, ces mouvements se produisent; ils consistent en de légères ondulations se propageant de gauche à droite. On peut d'ailleurs réveiller ce péristaltisme en excitant les fibres musculaires lisses de la paroi gastrique, par une action plus vive du froid résultant d'une pulvérisation d'éther sur l'épigastre ou par une faradisation légère. Il se produit de gauche à droite, avons-nous dit; quelquefois il peut se produire en sens inverse; il suffit pour cela que la dilatation soit due à un obstacle infranchissable. On voit alors* de grosses vagues commencer sur la ligne parasternale droite, un peu au-dessus de l'ombilic, gagner l'hypochondre gauche, en décrivant un demicercle à convexité dirigée à droite et variable avec la dilatation, et se diriger ensuite en haut et à gauche pour disparaître derrière le rebord costal; les vagues se succèdent à intervalles variables et mettent 5 à 10 ou 15 secondes à parcourir le chemin que nous venons de décrire. Les mouvements anti-péristaltiques, enfin, peuvent alterner avec les mouvements péristaltiques vrais. Nous devons ajouter que nous n'avons jamais personnellement constaté ni les uns ni les autres.
Eichhorst ^ aurait pu, en inspectant la configuration de l'épigastre, diagnostiquer, grâce à un profond sillon situé sur la grande courbure, une disposition en sablier de l'estomac et vérifier ensuite son diagnostic à l'autopsie.
Ce sont là des faits exceptionnels qui supposent une paroi abdominale singulièrement mince et sur lesquels