‹ Traité des maladies de l'estomacChapitre 36 sur 243 · Cahn, D. Arch. f. klin. Med., S. 402-417, xxxv · texte numérisé non relu

Cahn, D. Arch. f. klin. Med., S. 402-417, xxxv

2. EiciiuoRST, Lehrb. der physik. Untersuch. Meth., Bel II, p. 167.

EXPLORATION DE L'ESTOMAC

nous ne nous arrêterons pas davantage; nous allons donc passer à l'étude plus féconde de la palpation.

Si l'inspection de l'épigastre peut avoir lieu indilTérem- PaipaUon. ment dans la station debout ou dans le décubitus dorsal, il est nécessaire de faire coucher le malade dont on veut palper l'estomac; il s'étendra sur le dos, l'axe du corps sera maintenu aussi rectiligne que possible, les genoux seront relevés, et la respiration se fera superficiellement mais aussi régulièrement que possible, de préférence la bouche ouverte. Les mains du médecin ne devront pas être froides, sans quoi, leur application sur la paroi abdominale exagérerait la contraction tonique des muscles droits, cause de difficultés et d'erreurs dans le diagnostic. On emploiera autant que possible l'extrémité des doigts posés à plat; enfin il est nécessaire de procéder avec douceur, car une action trop brusque aurait les mêmes inconvénients que nous venons de signaler à propos du froid. Quelquefois, malgré ces précautions, la paroi abdominale reste rigide et rend la palpation impossible; en faisant causer le malade, en revenant par exemple sur tel ou tel point de son interrogatoire, on pourra distraire suffisamment son attention pour faire cesser cette raideur musculaire.

Certains auteurs recommandent, dans les cas difficiles, Paipation d'employer la palpation bimanuelle, c'est-à-dire de passer '"m^i'^eiie. une main sous les reins du malade, et de refouler avec elle, vers la paroi abdominale antérieure, les organes qui siègent dans la profondeur. Certaines tumeurs deviendraient ainsi accessibles, tandis qu'elles échappent constamment quand on palpe uniquement la paroi abdominale antérieure.

Les renseignements fournis par la palpation sont de plusieurs ordres, et portent sur la sensibilité, sur les

modifications de la consistance, sur la mobilité et enfin Troubles sui' le contcnu de l'estomac. Les troubles de la sensibilité la sensibilité, p^j^ygj^^ gg bomcr à uuc imprcssionnabilité particulière de l'épigastre, qui n'est pas à proprement parler douloureux, mais dont la palpation est désagréable au malade. Ce symptôme se rencontre dans presque toutes les gastrites, qu'elles soient primitives ou liées à un catarrhe chronique, à une tumeur en nappe, à un ulcère rond même; la valeur en est donc très restreinte. Mais, dans certains cas, on provoque en touchant la région épigastrique une véritable douleur; celle-ci est alors diffuse, ou se limite en un seul point, ou bien encore se manifeste en divers endroits de l'abdomen sans avoir un siège d'élection. Douleur. La douleur épigastrique est diffuse, étendue à toute la

région, quand l'estomac est le siège d'une gastrite phlegmoneuse; l'évolution fébrile, le collapsus et le météorisme qui l'accompagnent feront penser à cette maladie. Ou bien il s'agit d'une péritonite circonscrite, après la perforation d'un ulcère ; la douleur épigastrique, exquise, sera alors accompagnée de tous les signes habituels de ces péritonites.

Dans l'ulcère rond on rencontre, s'il siège en un point voisin de la paroi abdominale, une douleur à la pression limitée, persistante, éminemment pénible. Il semble au malade que l'on touche une plaie à vif; il n'est pas rare qu'il fasse un mouvement brusque pour échapper au contact des doigts. Enfin, la palpation de ce point détermine souvent l'apparition au niveau de la colonne vertébrale d'une douleur dite « en broche » et placée sur une ligne qui traverserait le malade de part en part. Ce sont là des signes d'une grande importance ; ils ne sont pas pathognomoniques, mais ils facilitent cependant singulièrement le diagnostic car, dans les cas oii un cancer ne

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donne pas encore lieu à une tumeur appréciable, la sensibilité, même limitée, n'est jamais aussi vive ni aussi circonscrite.

Au lieu d'un seul point douloureux on peut, et ce n'est pas un phénomène très rare, constater l'existence de plusieurs petits foyers très sensibles ; mais la pression ne provoque pas la douleur en broche dont nous avons parlé, et ces points ne sont pas toujours situés tous exactement au niveau de l'estomac. Leur présence constitue un symptôme qui n'est pas rare chez les neurasthéniques atteints de dyspepsie nerveuse et ils sont probablement dûs à une sensibilité spéciale des divers plexus nerveux qui entourent l'aorte et le tronc cœliaque ou qui sont disséminés dans l'abdomen. Buch' a décrit chez certains malades un phénomène de même ordre consistant en une sensibilité spéciale de la colonne vertébrale, réveillé par la palpation profonde et se manifestant sous forme de douleurs irradiées jusqu'au promontoire et à la symphyse sacro-iliaque. Quelque vive d'ailleurs que soit la sensibilité de chacune de ces régions, on ne provoque jamais une douleur aussi vive que dans l'ulcère rond et Boas a mis cette différence en lumière par un procédé très éjégant qui consiste à appliquer au niveau de l'endroit douloureux un « algésimètre^ » dynamométrique ^ On constate alors qu'une pression de 0,S à 1 kilog. provoque la douleur lorsqu'il s'agit d'un ulcère, tandis qu'une force de 4 à 5 kilog. est nécessaire pour réveiller la sensibilité des points neurasthéniques.

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