Klemperer, Zeitschrift f. klin. Med. Bd XI, p
2. Jaworski et Gluzinski, Charité Annalen, 1889. Bd XIV, p. -2»-
EXPLORATION DE L'ESTOMAC
et le malade vomit par le tube et môme à côté. Enfin ces manœuvres peuvent échouer complètement. Le mieux est alors d'amorcer le siphon formé par la sonde avec une très petite quantité d'eau, distillée si cela est possible, et de ne recueillir ce qui s'écoule que quand les premières gouttes, plus diluées, ont déjà été rendues. Le mélange d'eau n'altère pas les réactions qualitatives du suc gastrique, mais rend son étude quantitative illusoire.
On procède d'ailleurs, lorsque l'on veut savoir quel est le contenu de l'estomac à jeun, par les mêmes méthodes, d'expression d'abord, de siphonnage ensuite, que nous venons de décrire comme destinées à extraire un repas d'épreuve. Ce qu'il faut bien retenir, c'est que l'effort d'aspiration produit par le siphonnage est largement suffisant; il est inutile, sinon dangereux, d'employer tout autre procédé d'aspiration. On risquerait, en effet, de pincer et de déchirer la muqueuse gastrique, accident qui n'a pas été absolument rare, entre les mains des auteurs qui se servaient de la pompe.
Dans le cas exceptionnel où il serait impossible de faire prendre un repas d'épreuve, on pourrait encore essayer d'exciter l'estomac avec de l'eau glacée, et retirer cette eau au bout de quelques minutes, mais on n'obtiendra ainsi que des résultats peu nets, et, en fait, ce procédé n'est pas entré dans la pratique.
Après avoir retiré le contenu de l'estomac, on le filtre sur un filtre à plis ordinaire, et on procède alors à l'analyse qualitative, puis, s'il y a lieu, aux dosages des divers éléments qui le composent.
Le premier point à déterminer est de savoir si le suc gas- Daemiaation trique est acide, puis à quoi peut être due cette acidité. On «'dosage fera ainsi la recherche qualitative de l'acide chlorhydrique, ^ '
des acides gras, etc., puis, si l'on veut opérer d'une façon plus précise, on déterminera leurs rapports quantitatifs. Ce sont ensuite les divers ferments, les produits de la digestion, les substances anomales, liquides ou splides, qui devront fixer l'attention.
L'acidité d'un liquide se reconnaît en y plongeant un papier de tournesol bleu: il deviendra rouge si le liquide est réellement acide, avec une échelle de teintes allant du rouge-vineux au rouge-cerise, et sans que l'on puisse attribuer une bien grande valeur à ces différentes nuances. Si le liquide était neutre, il ne rougirait pas le papier; s'il était alcalin, il bleuirait un papier rouge.
Dans une étude plus complète on procède ensuite au dosage de l'acidité totale du liquide. Pour cela on emploie une solution de soude normale au dixième, exactement titrée; elle renferme 4 grammes de soude par litre. Ces 4 grammes correspondent à 3 gr., 65 d'acide chlorhydrique par liti-e, si bien que, pour neutraliser 1 centimètre cube de la solution alcaline, il faudrait que chaque centimètre cube du suc gastrique contînt une quantité d'acide qui serait, exprimée en H Cl, de 0,003G, chiffre très voisin de la normale.
0^ évalue, en effet, en acide chlorhydrique l'acidité du suc gastrique, quoiqu'il s'agisse en réalité d'un mélange d'acides très divers. Mais quand on connaît le nom de chacun de ces acides, que l'on a déterminé pourquelle part chacun d'eux entre dans le total, en exprimant chacune de ces acidités particulières, en acide chlorhydrique, on a des renseignements très suffisants pour les besoins de la clinique. C'est en réalité une réduction au même dénominateur, et cela revient à dire en abrégé : Le suc gastrique avait la même acidité qu'une solution d'acide chlorhydrique dans de l'eau, dont le taux aurait été tel;
EXPLORATION DE L'ESTOMAC
il y avait une certaine quantité d'acide lactique neutralisant autant de soude que l'aurait fait telle quantité d'acide chlorhydrique, etc., etc.
Le dosage se compose des opérations suivantes :
1" Mesurer un volume déterminé de suc gastrique filtré; soit N centimètres cubes (on emploie en général 10 centimètres cubes);
2° Ajouter quelques gouttes d'une solution alcoolique de phénol-plitaléine ;
3° Verser avec une burette graduée la soude titrée dans le suc gastrique jusqu'au moment où la couleur rouge apparaît et ne disparait plus quand on agite le mélange avec une baguette de verre. Lire le nombre de centimètres cubes de soude employés = n ;
4° Effectuer les calculs :
On appelle coefficient volumétrique v d'une solution Du cocfiicient de soude, la quantité d'acide chlorhydrique à laquelle correspond un centimètre cube de la liqueur titrée que l'on a employée. Dans le cas particulier, c'est 0,00365; il serait différent si la solution de soude ne contenait pas exactement 4 grammes de N«HO. On le calculerait alors, sachant que l'équivalent atomique de la soude est 40, celui de l'acide chlorhydrique 36,5. En effet^ si la solution de soude renferme P grammes de soude, on aura la quantité V d'acide chlorhydrique que peuvent neutraliser ces P grammes par la formule suivante :
NaliO 40 P tiCl ~36^~V'
d'oii l'on tire :
ce qui donne v en divisant le résultat obtenu par 1000. Soit donc v le coefficient volumétrique de la solution
t06 SÉMÉIOLOGIE DES MALADIES DE L'ESTOMAC.
alcaline, x le titre en acide du suc gastrique. On aura la valeur de x par la formule :
X représente la quantité d'HC/ qui serait contenue dans 1 000°° de suc gastrique.
On peut très facilement* appliquer ce procédé à la détermination de la quantité de liquide contenue dans l'estomac. On retire, par expression, une partie du contenu gastrique que l'on met de côté. On introduit ensuite dans l'estomac une quantité connue d'eau distillée et on la mêle intimement au reste du contenu gastrique en faisant exécuter quelques mouvements de flux et de reflux depuis la cavité de l'estomac jusqu'à l'entonnoir qui termine le siphon, puis on retire le mélange. Soient : x, la quantité de liquide primitivement contenue dans l'estomac; l'acidité du suc gastrique pur;«' celle de ce même suc après addition de la quantité connue q d'eau distillée. On peut poser l'équation suivante :
ax = a'x + a'q,
d'où l'on tire
ce — tf a — a
a et a' ayant été^déterminés au moyen du procédé de dosage que nous venons de décrire.
Nature H faut maintenant savoir quelle est la nature des acides
eracide. ^^^^^ ^ ^-^^g- cQ^staté la présence et la quantité totale.
Or, on peut avoir affaire à de l'acide chlorhydrique ou à des sels acides, organiques ou minéraux, ou à des acides organiques.
Quantit(' de liquide coutenue dans l'estomao.
i. Matuieu cl RÉMOND, Soc. de biologie, 8 nov. 1890.
EXPLORATION DE L'ESTOMAC
L'acide chloi'liydrique libre sera caractérisé par ce qu'on appelle la réaction de Gûnzburg'. Cet auteur emploie un mélange de
Phloroglucine 2 grammes.
Vanilline 1 —
Alcool absolu 30 —
qui est extrêmement sensible et qui fournit des résultats rigoureux. On verse quelques gouttes de cette solution dans une capsule de porcelaine et on y ajoute la même quantité de suc gastrique. On chaufïe alors le mélange avec précaution sur une flamme courte, en l'évaporant doucement; il se produit, surtout au niveau des bords du liquide, une belle coloration 7'ouge carmin. Cette réaction, qui ne se produit jamais quand il n'y a pas d acide cJilor hydrique libre, est encore très nette avec un liquide qui ne contient que 0,05 p. 100 d'acide.
C'est un procédé facile à employer et dont la valeur absolue légitime l'indication que nous en donnons comme procédé clinique. La solution de Boas
. Résorcine bisublimée .... 5 grammes.
Sucre blanc 3 —
Alcool à 80» 100 —
donne des résultats aussi nets; elle s'emploie de la même façon'que celle de Gûnzburg, et donne les mêmes réactions de coloration.
En dehors de ces deux réactifs, on en a proposé un très grand nombre d'autres , qui certes peuvent rendre des services entre des mains exercées, mais comme ils présentent diverses causes d'erreurs, nous croyons devoir nous abstenir de lesénumérer ici'; on les trouvera exposés avec tous