Re.mond (de Metz). Arch. gén. de médecine
122 SÉMÉIOLOr.IE DES MALADIES DE L'ESTOMAC.
gaes de gastrite alcoolique; dans ce cas, les aliments ont séjourné souvent toute la nuit dans le grand cul-desac dilaté, atone, et on les ramène enrobés de glaires. C'est, d'ailleurs, à cette présence prolongée des aliments que nous reconnaissons la dilatation de l'estomac, l'atonie de la musculeuse. Plus leur séjour aura été long, plus on trouvera à côté d'eux des traces évidentes des fermentations qu'ils ont subies; les acides gras communiqueront à peu près exclusivement leur réaction au liquide gastrique dans lequel on ne retrouvera plus d'acide chlorhydrique. Enfin, la présence du sang, signe probable d'ulcération gastrique, devra soigneusement être recherchée.
En résumé, l'examen des sécrétions contenues dans l'estomac à jeun nous permettra de constater l'existence soit d'un catarrhe acide ou muqueux, soit d'une sténose du pylore ou du duodénum avec dilatation secondaire et fermentations anomales.
Plus précises encore et plus variées sont les conclusions que l'on tirera de l'étude des produits de la digestion d'un repas d'épreuve; celui-ci aura été, au cas où on aurait constaté l'un des signes énumérés ci-dessus, précédé, la veille au soir, d'un lavage destiné à évacuer tout le contenu stomacal.
Signes fournis Si la tcucur QU acidc chlorhydriquc du liquide obtenu " P"'' est normale (1 à 2 p. 1 000) on peut affirmer que les trou-
bles accusés par le malade sont d'origine purement neurasthénique, ou que du moins, le point de départ du mal n'est pas dans l'estomac. Il serait possible en effet qu'une maladie de l'intestin ait donné le change; mais ce sont là des cas suffisamment exceptionnels pour qu'on n'en tienne compte que d'une façon tout à fait relative. La composition normale du suc gastrique n'exclut tou-
EXPLORATION DE L'ESTOMAC
tcfois pas un trouble nerveux de la motricité. Nous avons dit, en effet, que les névroses étaient seules capables de dissocier aussi complètement les diverses fonctions de l'estomac.
Un excès d'acide chlorhydrique (plus de 2 p. 1000) peut s'observer dans l'ulcère rond, mais il est au moins aussi fréquent de voir cet excès dépendre d'une altération du système nerveux; bien plus, nous avons nous-mêmes constaté que cet excès existait quelquefois chez des individus qui ne souffraient pas de l'estomac. Enfin, dans certains cas, il coexiste avec tous les autres symptômes du cancer : Waetzoldt', Rosenheim^, ont prouvé qu'il s'agissait alors du développement d'une tumeur maligne sur les bords d'un ulcère rond.
C'est encore à un état particulier du système nerveux que l'on est autorisé à rattacher certaines diminutions de l'HCl (moins de 1 p. 1 000;) quelquefois même cette hypochlorhydrie coexiste avec une santé parfaite, comme nous l'avons constaté personnellement. Le plus souvent les troubles qui l'accompagnent se rattachent à une gastrite subaiguë ou chronique; elle n'est incompatible ni avec l'ulcère rond, ni avec le cancer.
Enfin l'acide chlorhydrique peut disparaître complètement; c'est alors un signe de gastrite chronique : comme celle-ci accompagne dans la majorité des cas le cancer, l'anachlorhydrie est un des symptômes qui ont le plus d'importance dans le diagnostic de cette dernière affection. Nous aurons à revenir sur ce point spécial et sur les longues discussions auxquelles il a donné lieu en Allemagne et en France. On peut dire d'une façon générale que la présence de HCl est rare dans les cas de cancer de