RosENHEiM, Zeitschrift f. Idin.Med. Bd XVII, p
m SÉMÉIOLOr.IE DES MALADIES DE l/ESTOMAC.
l'estomac et que si deux des trois symptômes suivants : tumeur, maigreur, œdème, coïncident avec son absence plusieurs fois constatée, le diagnostic est certain (Boas).
En dehors du cancer, la dégénérescence amyloïde des parois de l'estomac s'accompagnera également d'anachlorhydric; le reflux permanent de la bile dans l'estomac produirait le même symptôme. Toutefois il ne faut pas oublier qu'une perversion purement nerveuse des fonctions glandulaires peut aboutir au même résultat et que si le cancer s'accompagne plus volontiiîrs d'anachlorhydrie, l'ulcère rond d'hyperchlorhydrie, la neurasthénie jouit de ce singulier privilège de provoquer toutes les modifications imaginables de la sécrétion chlorhydrique. Valeur Après Ic rcpas d'Ewald, il est rare que l'on constate la
deflttr^ présence d'une quantité d'acide lactique suffisante pour lactique. produire d'une façon nette la réaction d'UfTelmann. Lorsque l'on trouve cet acide en assez grande abondance pour le caractériser facilement, on pourra affirmer une altération de la digestion. Cette altération digestive pourra être l'effet de dents cariées, ou d'un mauvais état de la bouche. Mais si les dents sont saines, on sera en droit, avec bien des chances de dire vrai, de poser le diagnostic de cancer de l'estomac. L'acide butyrique, les acides gras volatils ne se rencontrent guère que chez les malades dont l'estomac est très dilaté; enfin l'existence d'acide acétique est le résultat d'un abus habituel des boissons alcooliques s'il est seul; s'il accompagne les autres acides que nous venons de citer il témoigne comme euK d'une dilatation très accusée, ifrnos fournis La sécrétlou des ferments semble moins sujette que par r.Hudo ^^^le dc l'acide chlorhydrique à subir le retentissement des
des Icrmcnts . .i j i ^ Ml
des pcptoncs. troublcs ucrvcux. Malheureusement il n est guère possible d'apprécier autre chose que leur présence ou leur absence,
EXPLORATION DE L'ESTOMAC
car on n'a pas encore trouvé de moyens pratiques d'en faire le dosage. Dans l'état actuel des choses on doit cependant recommander leur recherche, et les digestions artificielles sont un complément indispensable de l'étude de la chimie de l'estomac. La pepsine ne perd, en effet, son pouvoir digestif que dans les cas où le système glandu laire est réellement et profondément altéré; de même on peut affirmer en présence de la conservation du labzymogène, et cela d'après des recherches de Boas et Trzebinski, que l'absence de l'acide chlorhydrique ne se rattache pas à une lésion organique de l'estomac. Lorsque ce ferment a disparu, il faut au contraire penser aune affection irrémédiable (gastrite, cancer, dégénérescence amyloïde) de l'appareil sécréteur.
On pourrait croire que les peptones, résultat direct de l'action combinée de la pepsine et de l'HCl sur les matières albuminoïdes, permettraient de mesurer l'activité de la sécrétion peptique. Mais les acides organiques peuvent dans une certaine mesure remplacer HCl vis-àvis de la pepsine; la coction des aliments, les actions microbiennes surajoutées sont également capables de produire une certaine quantité de peptones, si bien que leur absence est exceptionnelle; celle-ci confirmerait ce que faisaient déjà supposer le manque de pepsine et d'acide chlorhydrique.
Il est rare, quand on a caractérisé la peptone par la co- La digestion loration rose, qu'elle donne avec la liqueur de Fehling- de '^''^ substances
1 , . - o' anivlacëcs.
ne pas obtenir, en chauffant le mélange, la réaction caractéristique du sucre, formé par la salive aux dépens des substances amylacées. Celles-ci continuent normalement à se saccharifier après leur arrivée dans l'estomac et cette, digestion spéciale n'est entravée que par la présence de quantités anomales d'acide chlorhydrique. Si
donc on vient à trouver les substances amylacées fort peu transformées et si elles sont restées à l'état de corps inertes dans l'estomac, on aura une preuve de plus, ajoutée à celles que les examens antérieurs auront fournies, d'une acidité exagérée des liquides gastriques. Cette constatçition devra surtout être faite au microscope qui montrera les grains d'amidon inaltérés; cependant on pourra aussi mettre en usage la réaction iodo-iodurée dont nous avons parlé plus haut.
Il est inutile, croyons-nous, d'insister davantage sur ce diagnostic général; ce que nous avons dit, joint à ce que nous serons forcés d'ajouter à propos de chaque maladie en particulier, suffit à l'établir avec toute la certitude possible. Il est inutile aussi d'insister sur la valeur particulière de chacune des substances anomales dont le microscope peut révéler la présence dans l'estomac; la notion en découle surabondamment de ce qui précède.
Mais nous ne voudrions pas cependant quitter cette étude d'ensemble du diagnostic chimique sans faire remarquer combien serait illusoire la classification de maladies que l'on voudrait grouper selon leurs symptômes chimiques. Il en serait d'un tableau des dyspepsies ainsi établi, comme il en était de l'ancienne méthode de classement où l'on voulait faire rentrer chaque malade dans une catégorie particulière, selon que, dans les descriptions qu'il faisait de ses souifrances, il insistait plus spécialement sur tel ou tel point. Nous avons vu que les variations de l'acidité chlorhydrique pouvaient traduire dans tous les cas la même maladie; le caractère protéiforme des affections nerveuses se retrouve ici tout entier, et ce doit être une règle rigoureuse pour le clinicien de ne pas donner aux résultats de l'analyse plus de valeur qu'ils n'en comportent, et en môme temps d'interroger
EXPLORATION DE L'ESTOMAC
d'absorption.
soigneusement les autres organes. Le chimisme gastrique est important à étudier, mais il est loin d'avoir la valeur exclusive que quelques auteurs ont cru pouvoir lui attribuer.
Non seulement l'estomac sécrète certains liquides, mais, Étude comme toutes les muqueuses, celle qui tapisse sa cavité est susceptible d'absorber une partie des substances au contact desquelles elle se trouve. A vrai dire cette absorption est très minime quand il s'agit de substances colloïdes ; mais les cristalloïdes ne paraissent pas être soumises à des règles de diffusion et de dialyse différentes de celles qui régissent ailleurs le mécanisme de leur pénétration dans le torrent sanguin. Pentzoldtet Faber' semblent avoir été les premiers qui aient cherché à étudier cette fonction de l'estomac dans un but de diagnostic.
Ils faisaient avaler à leurs malades une capsule de gélatine contenant 0 gr. 2 d'iodure de potassium et cherchaient à saisir le moment précis oii il est possible de déceler la présence de l'iode dans la salive. Le temps nécessaire à cette élimination était de 6 minutes et demie à 11 minutes chez des gens bien portants qui avalaient la capsule à jeun. La réaction de l'iode dans la salive était très nette après 7 à IS minutes.
La présence d'un ulcère rond dans l'estomac ne modifiait pas les chiffres, mais ils variaient du simple au double chez les malades atteints de dilatation et de catarrhe gastrique. Sitôt publiés, ces résultats furent attaqués, et Wolff ^ prétendit avoir constaté à l'état normal un retard dans l'élimination de l'iode par la salive, retard variant de 15 à 90 minutes. L'absorption et l'élimination s'étaient produites dans les mêmes limites, au cours de dif-