Martius et LiiïTKE, Suttgart
PHYSIOLOGIE
qui viennent de publier une étude complète de l'acide chlorhydrique d'origine stomacale, refusent également de s'associer aux conclusions des auteurs français.
Les conditions qui déterminent la production de l'acide Rdacuous chlorhydrique dans l'estomac n'ont pas donné lieu à des «'^'■"'^"es
j- „ • . . ^ qui déterminent
uiscussions moins vives. Un certain nombre de faits
pgj"- la production
mettent, d'après Maly, de comprendre comment cette sécrétion peut se faire. En effet, le sang, quoique alcalin, contient des sels acides, car le phosphate de soude en solution étendue se transforme, sous l'influence de C0^ en phosphate acide que ne détruit pas la présence dans le même liquide du bicarbonate de soude alcalin. Les substances alcalines contenues dans le sang, le biphosphate de soude et le bicarbonate de soude sont des corps acides chimiquement, puisqu'ils contiennent chacun un hydroxyle. Le sang contient, par le fait même des oxydations constantes dont il est le siège ou la cause, de l'acide carbonique, de l'acide sulfurique et de l'acide phosphorique. D'autre part les solutions étendues de chlorure de calcium et de phosphate acide de soude peuvent fournir par double décomposition de l'acide chlorhydrique comme le montre la formule :
3 CaCl^' + 2 NaTOhO*= Ca3 (PhO")^ + 4 NaCl + 2 HCl En second lieu parmi tous les corps diffusibles l'acide chlorhydrique est un de ceux qui franchissent le plus facilement les membranes dialysantes (34 fois plus vite que le chlorure de sodium); enfin les glandes gastriques jouent un rôle de dialyseur avec plus de facilité encore ■ que la glande rénale ou les glandes de la peau. Tous ces faits permettront donc de comprendre comment la sécrétion de riICl peut avoir lieu dans l'estomac.
Cette sécrétion se produit au niveau des cellules parié- liou taies de Heidenhaim (cellules délomorphes de Rollct) ^'^^•-^MUon
do IIGl.
Les travaux de Swiecicki et de Sehrwald» ont confirmé cette façon de voir. D'après le premier de ces. deux auteurs, chez la grenouille, les cellules pariétales existent seules dans les glandes de l'estomac, et les cellules principales siègent dans l'œsophage. Or, en liant le cardia, on ne trouve l'acide que dans la cavité de l'estomac. Sehrwald a en outre montré, en répétant cette expérience, que pour obtenir la digestion de la viande, il fallait ajouter de l'acide chlorhydrique aux produits sécrétés par la partie inférieure du cul-de-sac œsophagien ainsi formé; sinon les aliments nese digèrent pas. D'ailleurs glandes principales etglandes pariétales sont distinctes histo- chimiquement : les premières fixent l'hématoxyline et ne se colorent pas par le bleu d'aniline en solution aqueuse; les secondes fixent Féosine et prennent une couleur intense par le bleu d aniline A l'état de repos, les cellules pariétales sont petites; elles s'élargissent pendant les six premières heures de la digestion , mais ne deviennent pas granuleuses .
La sécrétion de l'acide chlorhydrique est diminuée, autr^^o ^^est pas abolie par la section du pneumo-gastrique,
""""" ainsi que Pawlow^ l'a démontré. Si on pratique une fistule gastrique chez un chien dont on a abouché l'œsophage au dehors on voit, en lui faisant mâcher de la viande, se produ re une sécrétion réflexe de suc acide Ce réflexe persiste après la section des splanchniques. Il est diminu mais non aboli, par la section du V—^'»''^ si le suc sécrété est encore acide, il es cependan devenu incapable de digérer. Il est donc probable que s ganglions nerveux de la paroi stomacale, don nous avons parlé plus haut, jouent un certain rôle dans la production de cette sécrétion.
1 Seurwald, Mùnch. med. Wochenschrift, n" 11, 1889. 2. Pawlow, Centralblatt f. Physiologie, n" 11, p. U-i-
PHYSIOLOGIE
L'estomac à jeun ne contient qu'une très petite quantité de liquide acide, mais il semble qu'en réalité il ne soit jamais complètement vide. Jaworski et Gluzinski' ont presque régulièrement trouvé quelques gouttes de suc dans sa cavité. D'après Fick" cette quantité pourrait s'élever à oO centimètres cubes et plus, et il y existerait en moyenne 0,09 p. 100 d'HCl. Rosin' et Schreiber ont constaté le même fait chez un très grand nombre d'individus sains, et l'acidité des liquides qu'ils ont ainsi extraits variait de 0,05 à 0,18 p. 100 d'HCl. Il faut en conclure que, même à l'état normal, les excitations se produisant par le fait seul de la déglutition de la salive suffisent à entre- . tenir l'activité des glandes de l'estomac.
Celles-ci ne sécrètent rien à l'état de jeûne absolu; mais il faut, pour arriver à la suppression complète de l'activité glandulaire, empêcher toute excitation de se produire. En effet, la sécrétion acide a lieu aussitôt que les aliments sont avalés, et une excitation de la muqueuse buccale par une substance sapide, la vue seule des aliments, suffisent à la provoquer par voie réflexe. De même, elle est modifiée par des facteurs purement psychiques. On doit donc admettre qu'en dehors de l'innervation locale, elle est également placée sous la dépendance du système nerveux central.
La quantité d'acide augmente lentement pendant la digestion; elle atteint son maximum, c'est-à-dire 1,5 à 2,5 p. 1000 au bout d'un temps très variable, suivant la nature des aliments, puis diminue beaucoup plus rapidement qu'elle n'avait augmenté. D'une façon générale, plus
1. Jaworski et Gluzinski, Zeitschrifl, f. /clin. Med. Bd Xlj pp. 50 ot 270.