Ebstein, loco cilato
Dyspepsie avec hyperacidité organique et stase alimentaire.
n'est plus retenu dans l'estomac et ne peut plus le distendre.
La dyspepsie motrice par excès de la contractilité gastrique est surtout représentée par les vomissements des hystériques; les crises gastriques, dont nous avons parlé précédemment, en sont également un exemple, mais ici on voit déjà intervenir des facteurs nouveaux. Enfin une motricité anomale serait capable de déterminer un passage trop rapide des aliments dans l'intestin, et d'entraîner à sa suite des phénomènes de boulimie. Quant aux spasmes du pylore ils ne peuvent guère se produire qu'à la suite d'une ulcération de la muqueuse, quelle que soit d'ailleurs sa nature, et ce n'est pas le lieu de les décrire ici. Ils appartiennent à la symptomatologie de l'ulcère ou du cancer : il en est de même des mouvements péristaltiques de l'estomac signalés par Kussmaul et que l'on ne rencontre guère que dans la dilatation. Les malades décrits par MM. Mathieu etRémond dans leur troisième groupe de dyspepsies, ceux chez lesquels l'atonie musculaire s'accompagne de stase gastrique et d'hyperacidité par fermentations anomales sont, mais en petit nombre, susceptibles d'être considérés comme de véritables dyspeptiques. L'hypochlorhydrie et l'atonie peuvent s'associer sans constituer autre chose qu'un trouble fonctionnel purement nerveux, étiologiquement identique à la maladie de Reichmann, ou à la dysesthésie gastrique. Dans ces cas, on trouve les acides gras, l'acide acétique, les produits de fermentation de toute nature dans le contenu de l'estomac. Le malade est placé alors sur l'extrême limite des troubles purement fonctionnels ; un pas de plus l'amène à la dilatation par atrophie de la musculeuse que nous n'avons pas à étudier ici; il se produit en môme temps im certain degré de gastrite.
Les symptômes autres que ceux fournis par l'exploration directe de l'estomac ne diffèrent pas sensiblement de ceux
LES DYSPEPSIES
que nous avons énumérés jusqu'ici. Les malades ont de la pesanteur, du ballonnement. Ils vomissent régulièrement, un certain temps après le repas, ou bien ils ont de véritables crises de vomissements; on constate chez eux toutes les sensations pénibles, tout le cortège de misères que la neurasthénie entraîne à sa suite.
Nous venons d'esquisser un certain nombre de formes de dyspepsie, comme on en rencontre fréquemment en clinique. Mais il ne faudrait pas croire qu'il y ait, en réalité, la moindre fixité dans ces types et, sauf peut-être les cas de malades hyperchlorhydriques, il n'est pas deux malades se ressemblant exactement. Les différences d'un sujet à l'autre sont surtout prononcées dans les états qui s'accompagnent d'atonie de l'une ou l'autre des deux fonctions motrice et sécrétoire. Schématiquement, il est possible d'opposer le malade vomissant un excès de suc gastrique trop acide à celui dont l'estomac paresseux se vide lentement et ne sécrète qu'une quantité insuffisante d'HCl. Ce corps n'existe plus alors en liberté dans la cavité gastrique, tandis que les produits de fermentation y abondent ; mais on rencontre en fait les combinaisons les plus nombreuses de ces divers états. Nous avons, dans la moitié des cas peut-être, constaté une quantité d'HCl voisine de la normale, des produits de fermentation peu abondants, mais nets, une motricité faible mais relativement conservée. Ce qui fait l'unité du groupe, malgré les variations individuelles du syndrome, c'est d'abord l'étiologie, et ensuite, comme nous le verrons tout à l'heure, la façon de se comporter vis-à-vis des agents thérapeutiques.
Ces dyspepsies sont susceptibles de se terminer par la guérison. Mais il est facile de comprendre, comme nous l'avons déjà indiqué, que l'irritation fonctionnelle détermine à un moment donné de véritables lésions anatomi-
Combinaisons
cliniques des diff(5i'(Mits types.
Torminaiscii.
qiies. Ce n'est plus alors de dyspepsie, mais d'ectasic gastrique, d'ulcère, de gastrite chronique, peut-être même de cancer qu'il s'agit; le passage à une maladie organique ne doit pas cependant faire nier que la dyspepsie ait seule existé à un moment donné; il faut seulement, retenir que l'on ne peut en faire, comme des autres maladies, une entité clinique précise, à évolution simple, à pronostic net.
Il nous reste maintenant à parler du traitement. Comme il est facile de le prévoir, les thérapeutes ont visé séparément chaque forme, chaque symptôme ; ces tentatives n'ont pas toutes été couronnées de succès, il s'en faut de beaucoup; mais les moyens mis en oîuvre n'en ont pas moins une valeur palliative qui justifie leur emploi. Leur étude devra naturellement se diviser en trois paragraphes, selon qu'il s'agit d'amender les troubles de la sensibilité, ceux de la sécrétion et ceux de la motricité ; nous ferons d'ailleurs de fréquents emprunts aux remarquables ouvrages de M. Dujardin-Beaumetz' et de M. Hayem^
A. Traitement des troubles de la sensibilité. — La douleur, ce symptôme, en l'absence duquel on ne saurait prononcer le mot de dyspepsie, qui peut être isolé et accompagne, à des degrés variables, toutes les altérations motrices ou chimiques, a fait l'objet de nombreuses tentatives de traitement. Parmi les plus actifs, les médicaments qui contiennent de l'opium occupent incontestablement le premier rang. Cependant si le laudanum, les gouttes noires anglaises à la dose de une à deux gouttes au mo-
d . Dujardin-Beaumetz, loco cUalo.