‹ Traité des maladies de l'estomac et de l'intestinChapitre 111 sur 184 · COMPLICATIONS TOXIQUES · texte numérisé non relu

COMPLICATIONS TOXIQUES

C'est dans ce dernier groupe qu'il convient de ranger, semblM-il, le coma que l'on observe» quelquefois au cours du cancer de l'estomac : cet accident est tout à fait semblable au coma diabétique. Le malade présente d'abord de la dyspnée, la respiration s'accélère, puis apparaît la somnolence et enfin le coma : le pouls est petit, très rapide ; la température s'abaisse , quelquefois le malade pn»seiile quelques phénomènes convulsifs. L'iialeine a parfois l'odeur de l'acétone, comme dans le coma diabétique, et nous savons également que l'on peut rencontrer de l'acide ^ oxybutyrique dans l'urine des malades atteints de cancer de l'estomac.

Crcvst un accident grave, toujours mortel.

La tétanie a été aussi observée au cours du cancer de Teslomac ; Riegel, en particulier, en a rapporté deux cas : dans tous les deux.

il s'agissait d'une vaste dilatation gastrique consécutive à un cancer du pylore.

On peut aussi ranger au nombre des accidents toxiques, les poly^ névrites que Ton a relevées au cours du cancer de restomac. CV^t un accident assez fn?qucnt ; Klippel a pu en réunir 3 cas dont 3 avec autopsie, et Auché a constaté aussi des lésions des nerfs dans 10 cas de cancer où pendant la vie on avait noté quelques symptômes de névrite périphérique.

MARCUK ET PRONOSTIC

La marche du cancer de Testomac est progressive et la maladie est mortelle à brève échéance.

On n'observe des rémissions de courte durée d'ailleurs que dans un nombre restreint de cas ; quelquefois, avec une hygiène alimentaire convenable, on arrive à soulager les malades, h faire cesser les vomissements et même ou leur fait reprendre du poids. Lorsque les vomissements sont intenses, la simple absorption d'eau suffit à élever le poids des malades. Unverricht a rapporté l'observation d'un sujet atteint d'un cancer de l'estomac avec stase aHmentaire et qui maigrissait rapidement ; sans modifier le régime suivi, en faisant simplement absorber chaque jour deux litres de solution de chlorure de sodium par le gros intestin, il fit augmenter le malade de sept livres.

Dans d'autres cas plus rares, c'est une végétation cancéreuse obstruant le cardia ou le pylore qui s'élimincî et rend de nouveau l'alimentation possible. Mais toujours ces rémissions sont de courte» durtîc et la maladie l'eprend sa marche progressive. Les malades perdent de plus en plus leur force, la graisse hypodermique disparaît, les masses musculaires deviennent molles et s'atrophient, tandis que les sjTnptômes gcastriques s'accentuent : vomissements incoercibles, hématémèses fréquentes, anorexie absolue. Les malades succombent à la cachexie toujours croissante, à moins qu'une maladie intercurrente ne vienne les emporter.

Autant (|uV)n peut l'apprécier, le début est toujours incertain ; la durée totale de la maladie est en moyenne d'un an ou deux, si l'on fait abstraction de certains cancers squirrheux qui doivent durer plus longtemps. Souvent révolution est plus courte, en particulier chez les jeunes sujets : chez eux le cancer œvèt une marche aigu(5 et tue en deux ou trois mois. La marche est aussi plus rapide lorsque le cancer par son siège fait obstacle à la progression des aliments, qu'il ait atteint le cardia ou le pylore. Tne ou deux fortes hématémèses

suffisent aussi dans le carcinome, pour provoquer un état de cachexie dont le patient ne pourra plus se relever. Enfin les mélasfases \m^ coces, surtout dans le foie, sont du plus mauvais pi'onoslic et permettent de prévoii réchéance fatale au bout de quelques mois tout au plus.

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