‹ Traité des maladies de l'estomac et de l'intestinChapitre 116 sur 184 · TUBERCULOSE DE L'ESTOMAC · texte numérisé non relu

TUBERCULOSE DE L'ESTOMAC

Los troubles gastriques sont d'une fréquence extrême chez les tuberculeux ; au début de la maladie comme à sa période terminale on observe un ensemble de phénomènes dyspeptiques bien connus : Marfan, qui leur a consacre une étude très complète, décrit ces troubles dans deux classes distinctes : 1** un syndrome gastrique initial^ caractérisé surtout par des vomissements alimentaires sans état nauséeux, consécutifs i\ la toux, mais sans lésion gastrique appréciable au microscope ; 2** une gastrite interstitielle t(»rminale, développée dans les dennei*s mois, lorsque les cavernes se creusent, et marquée surtout par Tanorexie et la douleur h la pression sous les fausses côtes gauches. Mais cette gastrite ne représente pas une lésion tuberculeuse de Testomac ; on n y a jamais trouvé do tubercule anatomique caractéristique. En réalité, silos troubles gastriques sont très fréquents cliez les phtisiques, les lésions tuberculeuses de l'estomac sont d'une grande rareté.

On peut relever pourtant dans la littérature médicale une trentaine d'obsei'vations de lésions tuberculeuses de l'estomac , ce qui permet de tracer dans ses grandes lignes, l'histoire clinique de cette complication de la phtisie. Presque toujours en effet la légion gastrique est consécutive à la tuberculose d'un autre viscère, surtout du poumon et de l'intestin : seuls Rokitansky et Foi*ster admettent qu'elle peut 4Vtro primitive dans quelques cas.

L'infection de la muqueuse gastrique se fait en général par les crachats déglutis, et, si elle ne se réalise pas plus souvent, c'est que le suc gastrique acide diminue la vitalité des bacilles et que la durt'O de leur séjour dans l'estomac n'est pas suffisante pour qu'ils puissent facilement envahir les tissus des parois. Il semble que dans quelques cas la lésion antéiûeure de la muqueuse, gastrite médicamenteuse ou autre , ait favorisé l'infection (Seraiîni) ; nous rappellerons aussi que Claude a rapporté un cas de tuberculose développée sur un cancer de l'estomac. Enfin, dans quelques cas de granulie, il

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semble que les bacilles soient arrivés à la muqueuse par la voie sanguine.

Presque toujours méconnue pendant la vie, découverte par hasard à Tautopsie, la tuberculose stomacale n'a guère qu'une histoire anatomique.

Les lésions sont constituées par une ou plusieurs ulcérations ; il est rare d'observer des granulations tuberculeuses, et on ne connaît guère que l'observation publiée par Barth où elles aient été rencontrées.

L'ulcération tuberculeuse, unique dans plus de la moitié des cas, siège en général comme l'ulcère simple près du pylore ; les autres localisations par fréquence décroissante sont la grande courbure, la face antérieure ou postérieure, la petite courbure. Arrondie le plus souvent, l'ulcération peut aussi revêtir une forme étoilée, irrégulièrt». Son diamètre est très variable : on en trouve de toutes petites, ayant à peine les dimensions d'une tète d'épingle ; on en observe aussi de très étendues mesurant de 3 à 4 centimètres de diamètre. Leur bord est en général épaissi, infiltré, formant rempart. Sur leur fond, de coloration jaunâtre, on peut noter des corpuscules arrondis, légèrement saillants qui ne sont autre chose que des granulations tuberculeust»s. Peu étendu en profondeur, l'ulcère ne dépasse pas en général la sous-muqueuse, quelquefois il.creuse davantage et atteint la musculeuse. Parfois même, mais très rarement, il se produit une adhéTOuce aux anses intestinale voisines et l'ulcère creusant toujours peut ainsi créer une fistule intestinale complète. Dans un cas, le fond de Tuloère était formé pai' le foie. Dans une observation que j'ai publiée avec Rémond de Metz dans la thèse de Letorey, une fistule creusée à travers l'anneau pylorique s'étendait de l'estomac au duodénum. Lii perforation simple dans la cavité péritonéale n'a été notée que très rarement. Au niveau de l'ulcération, le péritoine ne présente pas en général de granulations tuberculeuses, il est néanmoins enflammé et épaissi. Les ganglions situés derrière l'estomac au-dessus du pancréas, et ceux qui se trouvent le long de la petite courbure, sont souvent augmentés de volume et caséeux.

Au microscope^ on distingue au centre de la lésion, sur le fond t^t sur les bords, un territoire ayant subi la dégénérescence caséeuse. Plus à la périphérie, on observe une infiltration diffuse de cellules enbryonnaires, suivant les vaisseaux, dans le chorion sous-rauqueux et la celluleuse. C'est également au même niveau que l'on peut rencontrer des nodules tuberculeux et assez souvent aussi des bacilles do Koch.

Bien différente en cela de l'ulcère rond, rulcération gastrique de l'estomac ne se traduit en général par aucun symptôme spécial * Les

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