‹ Traité des maladies de l'estomac et de l'intestinChapitre 123 sur 184 · COMPLICATIONS · texte numérisé non relu

COMPLICATIONS

On peut les distinguer en complications de voisinage et complications à distance.

Les complications de voisinage résultent de la propagation du travail inflammatoire par contiguité ou de Touverture des collections purulentes dans certains organes creux deTabdomen.

La propagation du travail inflammatoire par contiguïté donne lieu à Tabcès de la fosse iliaque que nous venons d'étudier ; il fnnit aussi provoquer la psoïtis qu'il y ait effraction de l'aponévrose ou simplement propagation lymphangitique.

Les abcès d'origine ap[)endiculaire peuvent s'ouvrir dans Tintestin, en particulier dans le côlon ou le caecum, ce qui est une cirx'onstance favoral^le, ou dans la vessie, ce qui est beaucoup plus grave. L'ouverture dans le gros intestin est assez souvent suivie de guérisoii; toutefois, il peut y avoir issue du contenu de l'intestin dans la cavité de l'abcès et pix)duction d'un abcès gazeux. Enfin, il peut y avoir simultanément ouverture dans Tintestin et la vessie.

On a vu dans quelques cas le pus ulcéi-er* la pami des artèn*s iliaques.

La propagation à distance peut se faire par fusée à long trajet, par la voie lymphatique ou la voie veineuse.

Pleurésie. — La pleurésie purulente a été rencontrée dans un certain nombre de cas d'aj)pendicite. Wolbrecht dans sa thèse lui attribuait la fréquence très exagérée de 38 cas pour 100.

La pleurésie j)eut résulter d'une perforation du diaphragmi» et d'iim* effraction du pus dans la cavité pleurale ou d'une propagation h distance par la voie lymplialique. Ce sont toujours des pleurvsies purulentes ; il s'agit presque toujours d'une pleurésie droite» consécutive h un abcès hépaticjue ou sous-diaphragmatique. Ces pleurésies sont le plus souvent enkystées t»t les (jualités du pus sont absolument analogui\s à celles du pus de l'abcès péri-appendiculairc». Elles peuvent s'ouvrir secondairement dans les bnmches par une vomique.

La pleui'ésie sans pc^rfoi'ation du diaphragme, par propagation lymphatique est le plus soun ent séro-fîbrineuse ; elle peut (juelquefois C(*pendant être purulente, nuiis alors les caractères du pus pleurol n'ont aucun rapport a\ec ceux du pus péritonal.

La propagation par la voie veineuse se fait nécessairement par la veine porte qui dessert les viscères abdominaux : on peut, en const^quence de la pénétration des germes infectieux dans les rameaux de la veine porte, observer la pyléphébite, les abcès du foie, des abcès isolés dans des régions éloignées, en particulier les parotidites suppurées, la phlébite, et, enfin, la grande pyohémie avec abcès disséminés un peu partout.

Les abcès du foie consécutifs à Tappendicite ont été étudiés par une série d'auteurs, parmi lesquels nous citerons Leudet, Gendron, Achard, Bertelin, Piard, Dieulafoy. Le foie est très augmenté de volume et de poids, on y trouve des abcès disséminés ou confluents plus ou moins nombreux. Quelquefois c'est une quantité innombrable de petits abcès gros comme des grains de millet ou de chénevis ; quelquefois, des abcès plus gros, du volume d'un poids ou d'une noisette. Alors ils peuvent communiquer les uns avec les autres. Ce sont des abcès aréolaireSf suivant l'expression de Chauffard, spongieux disait Hanoi. Ils désorganisent le tissu hépatique en disséquant ses lobules. Le pus est mal lié, souvent granuleux, chariant des détritus de la glande hépatique ; parfois il est noirAtre, fétide, véritablement gangi'éneux.

On trouve de la phlébite des rameaux veineux, allant de la région appendiculaire au tronc de la veine porte, comme l'ont montré Achai*d et Dieulafoy. C'est par l'intermédiaire de la phlébite que se fait l'infection suppurative du foie.

Rarement l'inflammation se propage aux veines sus-hépatiques. Piard n'en a pu relever qu'un seul cas : il y avait alors des abcès du poumon. En général, le foie arrête les gennes infectieux à la façon d'un gros ganglion veineux et il ne se produit pas de pyohémie. Cependant la pleurésie peut, h la suite de l'hépatite suppurée, résulter d'une propagation [)ar la voie lymphatique.

La parotidite suppurée signalée par Achard a été vue dans plusieurs cas ; c'est la conséquence du transport à distance des germes infectieux venus de l'appendice. La parotidite peut n'être qu'une des localisations de la pyohémie. On peut, par exemple, trouver en même temps un abcès du cerveau.

La phlébite des membres inférieurs, plusieurs fois notée reconnaît le même mécanisme.

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