‹ Traité des maladies de l'estomac et de l'intestinChapitre 128 sur 184 · TRAITEMENT MEDICAL · texte numérisé non relu

TRAITEMENT MEDICAL

Le traitement médical est très simple dans son principe et dans ses movens, mais il doit être mis en œuvre immédiatement sans hésiter

et dans toute sa rigueur. // se propose (Timmohiliser rtntesiln, de façon à éviter la perforation de l'appendice^ et à faire que^ s'H se produit de la péritonite soit par perforation^ soit par h/mphantjitey elle reste limitée^ circonscrite par des adhérences protectrices.

Dès que rappendicite est diagnostiquée ou seulement intime légitimement soupçonnée, le malade doit être mis au lit dans le rep<>8 horizontal le plus complet ; on appliquera sur le ventre, au-devant de la fosse iliîique droite de la glace en permanence. L'alimentation sera complètement susj)endue; on ne donnera, si cela est nécessaire, qu'une cuillerée à bouche d'eau toutes les deux heures de façon à calmer la soif. On donnera de Topium; on peut donner à un adulte 10 centigrammes d'extrait thébaïque par pilules de 0 gr. 01 î\ 0 gr. 02 rt'-gulièrement espacées. On conseille même de dépasser cette dose ; Jalaguier va jusqu'ù 0 gr. 13 en vingt-quatre heures. A des enfants de quatre ou cinq ans, il donne jusqu'à 0 gr. 05 d'extrait thébaïque en vingt -quatre heures. 11 convient de surv^eiller les accidents possibles d'intoxication.

Ce traitement sera maintenu dans toute sa rigueur pendant (juatre ou cinq jours; tout d'abord, on augmentera la quantité d'eau donncV en boisson ; on comniencera l'alimentation si l'évolution de la maladie le permet au bout de cinq à six jours seulement en donnant des substances liquides, du bouillon, du lait coupé d'eau de Vichy, puis des j)otages, des œufs, et enfin des purées et de la viande légèn*. II faut être très prudent dans cette reprise de Talimentation.

Avant tout, il faut s'abstenir de donner des purgatifs. — Nul doute (jue les purgatifs intempeslivemçnt administrés n'aient sou\ent pr'ovoqué la j)erforation et la péritonite généi*alisée. Les médecins autrefois se trouvaient amenés à provoquer des évacuations inh\stinales d'une façon énergicjue par la conception de la lyphlite slerc<H rale. Nous savons maintenant que le danger n'est pas dans l'olislruction slercorale mais dans la lésion de Tappendice et dans la péritonite.

Trop souvent encore les accidents initiaux de l'appendicite ^mt méconnus et pris [)our des pliénomènes d'indigestion ou d'ocrlu^ion intestinale; il faut se garder de tomber dans cette erreur : mieux vaut inliniment ne pas purger dans un cas d'occlusion intestinale (|ue de purger dans un cas d'appendicite.

Dans le doute, il faut infiniment mieux instituer le traitement médical d(î rai)pen(ncite. En cas d'occlusion intestinale, il n'y aura pas grand dommage, tandis que les conséquences d'une purgalitHi énergique dans l'appendicite peuvent être d'une gravité irréparable.

(^)uelques médecins ou chirurgiens conseillent encoi\? la purgalîon au début de l'appendicite ; ils représentent une infime minorité |>arnii

les autorités compétentes. La conception actuelle de Tappendiciteleur donne évidemment tort, Texpérience clinique les condamne plus sévèrement encore.

Certains {)réfèrent appliquer des cataplasmes ; d'autres mettent des sangsues ou des ventouses scarifiées. La glace nous paraît préférable ; elle calme mieux la douleur, maintient mieux une température constante, ne salit pas le ventre et ne provo(iue pas d'éruption. Il faut éviter en effet de produire des lésions de la peau capables de compromettre Tantisepsie en cas d'intervention chirurgicale. C'est pourquoi il vaut mieux ne pas appliquer de sangsues bien qu'une saignée locale ait Tincontestable avantage de calmer la douleur d'une notable fa von.

CcHains chirurgiens sont opposés à l'administration de l'opium ù dos(\s élevées ; ils lui reprochent d'amener un calme trompeur, qui mas(|ue l'aggravation des accidents locaux pour nous laisser en face d'un fait accompli. 11 y a du vrai dans cette objection, mais cependant il faut reconnaître que l'opium a une telle utilité que cet inconvénient ne doit pas en empêcher l'emploi. Au début du traitement, surtout lorsque hi douh^ur est très vive, il est bon de faire d'emblée une injection hypodermique d'un quart de centigramme ù un centigramme de morphine.

Il n'y a aucun inconvénient h ce qu'un malade atteint d'appendicite reste six h huit jours sans aller à la selle ; ce n'est qu'au bout de ce t(^m[)s, si tout va bien, (ju'on pourra provoquer des garde-robes. On le fera avec douceur et j)rudence, prêt A revenir en arrière en cas d'alerte. Pour cela, on peut em|)loyer plusieurs moyens ; on peut se servir d(» su[)[)Ositoires glycérines, on peut encore dormer le soir un petit lavement d'huile pure et le lendemain malin, s'il en est besoin : un hivernent d'eau bouillie tiède ou de décoction de racines de guimauve. Pei*sonnellement nous préférons Y huile de ricin h petites doses. On en donne le matin une cuillerée <^ café, immédiatement après on fait j)rendre une tasse dt^lait ou de bouillon. Si cela ne suffit [)ah et que rien ne presse, on peut attendre le lendemain et en donner deux cuiUerées à café ;^ une heure environ d'intervalle l'une de l'autre. Si l'on croit devoir agir. |)lus activement on peut donner une cuillerée h café d'huile de ricin d'heure en heure jusqu'à ce qu'effet s'en suive.

Quelques médecins [)réfèrent le calomel, quel (pie soit le purgatif choisi, on n'oubliera pas qu'il y a un très grand intérêt à n'agir qu'avec douci^ur el prudence.

Tne fois la crisi* guérie, le malade ne devra pas être abandonné à lui-même. Il devi'a éviter la constipation, le surmenage et le refroidissement.

Il évitera les excès alimentaires, Tusage des mets faisandés ou fortement épicés, de la charcuterie, des viandes de conserve. 11 devra, en somme suivre à peu près Fhygiène alimentaire indiquée pour les malades atteints de colite muco-membraneuse.

Nous devons faire une mention spéciale à propos des corps étrangers ; il est certain qu'on a exagéré autrefois Timportance d(*s corps tels que les pépins de poire ou de pomme ou les grains de raisin dans la production de la perforation appendiculaire, et qu'on a méconnu le rôle si fréquent des calculs; malgré cela, il est plus prudent d'éliminer de Talimentation tous les débris solides qui seraient capables de s'introduire dans la cavité de Tappendice.

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