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CHAPITRE XVII

TYPHLITE

Doit-on eiicorc consacrer un chapitre particulier h la typhlite ou admettre avec Talamon que la typhlite primitive des auteurs est une maladie purement théorique ? Jalaguier après avoir décrit Tinflammation primitive du caecum dans la première édition du Traité de chirurgie, s'est depuis rangé à cette opinion et il déclare, dans la seconde édition, que « le mot typhlite qui signifie inflammation du ca»cum doit disparaître et faire place dorenavant à celui d'appendicite. » La typhlite stercorale telle que la déci'ivaient les auteurs ne serait qu'une modalité clinique de l'appendicite ; qu'il y ait ou non lésion du caecum, l'ensemble symptomatique serait dominé par l'inflammation d(» l'appendice.

Cette opinion nous paraît bien absolue et nous pensons qu'on a trop complètement dépossédé le ca?cum au profit de l'appendice.

Lorsque les chirurgiens interviennent au cours d'une appendicite, ils résèquent l'appendice et cet organe seul est complètement examiné. On l'ouvre, on le sectionne, on le débite en tranches pour l'examen histologique. Sa tuméfaction, les modifications de sa cavité, Tépaississement de ses tuniqut\s sont relevés avec soin. A l'examen hîstologi(jue, suivant Letulle et W'einberg, il est exceptionnel -de rencontrer un appendice absolument sain. Le plus souvent, on constate à un di»gré plus ou moins marqué une tuméfaction des follicules clos,, des traces d'ulcération anciennes, des cicatrices. La preuve paraît ainsi faite d'une fa^on péremptoire de la culpabilité de l'appendice. En réalité, il n'y a pas eu de procès contradictoire puisque le ctecum n'a pu être examiné qu'extérieurement. Peut-être, eût-il pnVsenté des lésions aussi marquées de sa muqueuse. Nous avons tendance b penser qu'on a souvent confondu \ appendicite histologique avec V appendicite clinique.

A l'appui de l'existence de la typhlite primitive, on a bien souvent invocjué l'observation publiée [)ai' L. Mariage dans sa thè«e qui date de 1891.

su TRAITÉ DES MALADIES DE L'ESTOMAC ET DE L'LNTESTiN

Un jeune garçon de dix ans avait depuis plus de deux ans de la constipation opiniâtre, de la fièvre, de la douleur dans la fosse iliaque droite, un boudin ctecal, pas de vomissements, pas de sNinptômes généraux graves. Pendant la convalescence, Tcnfant contracta la diphtérie et succomba rapidement. A Tautopsie, on trouva les parois du caecum augmentées de volume. La muqueuse était rouge, tuméfiée, sans ulcération ni perforation. Il existait des adhérences péricce<»alos, et, au milieu d'elles, de petits abcès bien limités ; le plus gros avait le volume d'une noisette. L'appendice était libre de toute adhérence, et en apparence tout à fait sain.

On s'est contenté d'un examen macroscopique, et c'(\st sans doutt» ce qui a amené certains auteurs à ne plus attribuer h ce fait Timpurtance qu'ils lui avaient autrefois concédée.

Dans une récente discussion à la Société de Chirurgie, la |)ossibîlilé de lésions inflammatoires primitives ni tuberculeuses ni typhiquesdu c«cum a été soutenue piir Quénu et Bazy qui s'appuyaient toiis deux sur des constations faites au cours d'interventions chirui^ealc*s. I>i' faits observés par Quénu et Albarran, il semble r(»ssortir qut» lt*s lésions de la partie tenninale de l'iléon près de son iibouchemeni dans le caecum peuvent être la cause d'accidents cliniquement tms analogues à ceux de l'appendicite.

L'adénite de la région caecale d'apnXs (^)uénu, G. Marchant, BazA, Albarran, Doyen, pourrait donner lieu A un sMidrome analogiii*. Cette adénopathie existait dans des cas dans lesquels l'appendice pai*aissait absolument sain ou peu malade.

Il semble donc légitime de penser que le syndrome de l'ancienne typhlo-pérityphlite j)eut dans certains cas être du à d'autr(\s léskins qu'à celles de l'appendice, et, en particulier, ù des lésions primitive^ de l'iléon au voisinage de la valvule iléo-ca*cale et du c«*cum.

Toutefois, au point de vue thérapeutique^ il faut toujours sr comporter comme h il s'af/issait d'une appendicite. Il ne s(M*ai( pi\> prud(4it d'en ri^venir à l'ancienne thérapeutique de la typhlîte slerc^^l'ale alors même qu'on relèverait de la façon la plus nette l'ensendile symptomatique qui lui était et lui est (»ncore attribué : constipation, boudin ciecal douloureux, fièvre modéi*ée, phénomènes péritonéaux nuls ou très limités.

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