ULCÉRATIONS NON CANCÉREUSES DE LMNTESTIN
point quelconque de Torganisnie, on observe au niveau de Tintestin les mômes lésions. Elles ont été étudiées soit sur Thomme, soit sur ranimai; dans tous les cas, il s'agit d'une nécrose de la muqueuse avec infiltration hémorragique au voisinage ; les parties nécrosées s'éliminent et Tescarre en tombant laisse une ulcération profonde, assez étendue en général, occupant parfois toute la circonférence de l'intestin. Ces lésions assez rares au niveau de l'intestin grêle, s'observent surtout dans le gros intestin et en particulier dans le ca»cum.
2^ Ulcérations urémiques. — Nous avons décrit les ulcérations urémiques î\ projms des entérites chroniques. Ces lésions s'observent au cours de l'urémie confirmée. 11 s'agit parfois d'ulcérations folliculaires à bords nettement limités, tantôt de vastes ulcérations disséminées dans le côlon, le rectum, parfois dans l'iléon. D'après Lancereaux, on ne les observerait jamais dans l'intestin grêle. Toute la muqueuse intestinale, dans l'intervalle des ulcérations présente les signes d'un catarrlie intense.
3^ Ulcérations consécutives aux brûlures étendues de la peau. — Si nous rangeons ici les ulcérations intestinales des brûlés, c'est qu'il est très probable qu'elles résultent d'une véritable intoxication. Comme le fait remarquer Gandy, on peut invoquer toute une série de symptômes et de lésions à ra})pui de cette h}T[)othèse. Chez les brûlés, on a constaté de l'albuminurie, une augmentation de la toxicité des urines, de Thémoglobinurie ; le sang souvent altéré présente les caractères du sang laqué (Schultze) ; enfin, dans le foie et dans le rein, on observe des lésions dégénératives des épithéliums.
Ces ulcérations siègent surtout dans la première portion du duodénum ; il est rare d'en rencontrer dans l'estomac, il est rare également d'en trouver dans l'intestin grêle à une (*ertaine distance du duodt^num.
Elles peuvent être assez nombreuses; on peut en observer 5 ou (> il des états plus ou moins avancés de développemeni. ISlles sont de forme irrégulière, (juelquefois longues et étroites ; elles se présentent sous les formes les plus variées, depuis l'érosion hémorragique jusqu'aux ulcérations nombreuses et superficielles, jusqu'à l'ulcération large, profonde et perforante.
Souvent la muqueuse dans le voisinage est le siège d'une inflammation intense ; tous ces caractères suffisent à distinguer ces ulcérations de l'ulcère simple du duodénum; d'autre j)art, leur évolution est beaucoup plus rapide que celle de l'ulcère. L'ulcération apparaît en général sept à quatorze jours après la brûlure. Mais on peut constater des érosions hémorragiques multiples dix-huit heures après l'accident (Ponfick) et la perforation complète de la muqueuse peut être réalisée
858 TRAITE DES MALADIES DE L'ESTOMAf: ET DE I/I\TESTIN
quatre-vingt-trois heures après la brûlure. Souvent leur évoUitiim rst absolulemcnt latente et* elles guérissent sans se traduire* par aueun symptôme extérieur.
4** Ulcrraiiofis intestinales des nouveau-nés. — T/est égaU^ment dans ce groupe des ulcérations toxiques, bien qu'avec plus de rêser>es, que nous rangerons les ulcérations intestinales des nouveau-nés. Cr> lésions s'observent chez les enfants qui succombent deux -h Iniis jours après la naissance après avoir présenté du méhena. A Tauto[)sie, on trouve d'une fa(,'on constante des ulcérations (risséminé»<*s sur la muqueuse du duodénum, de Tcvstomac, de la partie inférieun* de l'œsophage. Ces ulcérations sont d'aspect très divers: on ti*oiive. ri cùté d'er'chymoses de hi muqueuse, s^it des érosions lïémorrîigique^. soit des ulcérations superficielles, soit des ulcérations pn)fondcs i»l perforantes. Tt>utes cei=> hVions ont évolué d'une façon suraigui", en vuigt-cjuatrc ou quamnte-huit heures. Leur pathogénie est i\i^> plu^ obscure. Les uns les rapportent à une infection suraigu**, les aulnes à ime aulo-intoxication intense; d'apnXs ces derniers, raccumulalion de substances toxiques dans le sang sunient après la ligîituit» du cordon ombili(*al, lorsque l'organisme d(» l'enfant est privé bnisquement de la circulation plîicenlaire par laquelle s'éliminaient les résidu> de la vie des tissus.
Ulcérations dans les maladies constiliitifmnelles, — Dans la lencémie^ suKout dans la leucémie ai^iit^ on observe parfois le développement sur la paroi de l'intestin de lésions qui peuvent donner naissance à des ulcérations î\ i)ords saillants ; leur fond régulier et lisse est constitué par un amjis de cellules lymphatiques.
Dans le scorhnt, on a noté sur l'intestin des taches hémorragi<]ne-^ : des érosions (jui peuvent creuser en pî*ofondeur et constituer de véntables ulcères.
Enfin nous ne ferons (|ue citer pour mémoire, les ulcérations iiUe>tinales observtVis au cours de la (jontte ; leur nature est encoiv di**» plus douteuse.
SYMPTOMES Di:S LLCKRATIONS INTESTINALES
On ])eut dire* que, d'une façon générale, la symptoroatohigie d«*s ulcérations intestinal(»s est des plus vagues. Le seul signe paihogix»monique, la priVsence du pus dans li»s matières fé»cales, s'oliserw \r\^ rarement, (*t les autn^s symptômes, diarrhée, lW*morragie, doul«if^ sont toujours d'une interprétation douteuse. Elnfin, il faut ajoul^H' que