‹ Traité des maladies de l'estomac et de l'intestinChapitre 141 sur 184 · ULCÉRATIONS NON CANCÉREUSES DE L'INTESTIN · texte numérisé non relu

ULCÉRATIONS NON CANCÉREUSES DE L'INTESTIN

très souvent les ulcérations intestinales sont complètement latentes; (le sorte qu'au cours des maladies qui peuvent en amener la production, il est impoasible, même en Tabsence de tout signe positif d'aflirmer Tintégrité du tul)e digestif.

Lorsque la lésion intestinale se traduit par quelques symptômes, le plus important c'est la présence de pus dans les selles (Xotlmagel). En effet, contrairement h ce que Ton obser\'e dans la vessie ou dans les bronches, le simple catarrhe dt^ l'intestin ne provoque pas de sécrétion purulente ou muco-purulente: il en résulte que, lorsqu'on peut déceler d(^s amas de cellules de pus au miscroscope, le diagnostic d'ulcération s'imjK)se.

Ce pus n'est jamais très aboifriant d'ailleurs ; on ne peut en soupçonner l'existence que lorsqu'on constate sur les matières des filaments blancs, grisAln^s ; mais seul l'examen microscopique peut préciser le diagnostic. Ce n'est qu'avec de vastt»s ulcératioas siégeant au voisinage de l'anus, au-dessus d'un l'élrécissemcnt par exemple, qu'il peut <\\ister dans les selles des masses de pus reconnaissables à l'œîl nu.

D'ailleurs, lorsque les ulcérations sont situées à une certaine hauteur dans l'intestin, il est im[)()ssible de recoimaître même au microsco[)e, la moindre trace de pus. 11 a disparu, perdu dans les matières fécales, ou digère'* par les sucs intestinaux.

La présence de sang dans les matières peut avoir aussi une grande importance lorsque d'autres signes font songer à la possibilité d'ulcérations intestinales. Le sang, dans les matières fécales, revêt différ-ents as[)ects : lors(jue l'hémorragie est très abondante, il peut être rendu en nature, même avec une ulcération située très haut dans l'intestin, même avec un ulcère du duodénum. Mais, le plus souvent, il se modifie, l'hémoglobine est n'^duiteen héniatine; l(*s selles demi liquides, ont une colonition noiriUre ou brune et une odeur fétide : c'est le méliPnatyjnque. Lorsqu'il n'existe qu'une petite quantité de sang, mêlée aux matières fécales, si la couleur rouge» est bien consenée, c'est qu'il pmvicnt de la ])artie tout à fait terminale du tube digestif.

Enfin, tivs souvent, le sang dans les matières fécales j)asse inaperçu : im examen heureux au microsco[)e seul permet de reconnaître au milieu des résidus îdimcntaires des amas de globules rouges plus ou moins défoimés ou des masses de cristaux d'hématine.

'loutefois les ulcérations hitestinales peuvent s'accompagner d'hémorragie, mais cet accident est particulièrement fréquent avec les ulcérations à marche rapide, comme celles de la fièvre typhoïde ou de la dvsenterie.

La diarrhée est un symptôme très inconstant des ulcérations intes linales ; elle |)eut inancjuer souvent, même avec des ulcérations trèî

ss

étendues de rintestin grtMc ou du gros intestin. Nous avons déjà signalé ce fait à propos de Thistoire clinique de la tuberculose intestinale, et Ton sait que la constipation s'observe fréquetnment dans la fièvre typhoïde. Son absence ne permet donc pas de conclure à Tal)sonce d'ulcération. Il semble toutefois qu'elle soit d'autant plus fiV^ quente que les ulcérations siègent plus bas sur le gros intestin et sont plus étendues : il est rare qu'on ne l'observe pas quand il existe de nombreuses ulcérations dans le côlon descendant et le rectum.

D'après Xothnagel, il ne suffirait pas d'invoquer pour l'expliquer une irritation des extrémités nerveuses de l'intestin mises à nu. Le défnul de résorption de l'eau dans la partie terminale de l'intestin j)Oumiil aussi, d'après le même auteur, jouer un rôle considérable.

Quant à la douleur^ c'est un signe très inconstant des ulcérations intestinales. Bien différentes en cela de l'ulcère de l'estomac et de» l'ulcère du duodénum, les lésions ulcéreuses de Tintestin sont en gémirai indolentes. Lorsqu'il existe des douleurs spontanées, ce sont presque toujours des coliques, dues surtout aux contractions violentes do l'intestin que provoque la lésion intestinale, et non à la lésion ellt^mème. Du reste, d'après Xothnagel, les douleurs localisées à la pi-ession semblent tenir à la péritonite localisée concomittante, qui accompagne très souvent l'ulcération.

Lorsque l'ulcération siège près de l'anus, elle s'accompagne d'un ténesme plus ou moins intense.

Quant aux troubles de la nutrition qui peuvent accompagner le*ulcérations intestinales étendues, ils sont encore fort peu connus.

Toutefois, on a prétendu, rappelons-le, que l'absence d'une quantité notable de muqueuse intestinale, laissait passer dans Turine de> peptones en nature. Chvostek, qui a repris récemment l'étucle «le w symptôme, arrive à cette conclusion que la peptonurie peut exister en effet lorsqu'il y a des lésions intestinales, mais que c'est Ift un sig-m* ti'ès inconstant et qui peut maïupier malgré la présence de vastes ule*'^ râlions.

Traitkment des ulcéiutions de l'intestin. — Dans toute um»M*"rir de cas que nous ne j)ouvons pas envisager ici, le IniilemenI ilt*-» ulcérations intestinales dépend avant tout de leur nature. Les indications thérapeutiques scml d'ordre très divers suivant qu'il sag-it d'ulcérations t\^phiques, dysentériques, ou consécutives à des lésion^ ap|)endiculaires. Les ulcérations syphilitiques réclament avant tout un traitement s|)écifique, les ulcérations stercorales lorsqu'elles M.int la consé(|uence d'un rétrécissement exigent une intervention chirurgicahî capable de faire disj)araîlre la sténose du rectum ou de l'intestin.

Page 1