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Lésions secondaires a l'occlusion intestinale

L'occlusion de l'intestin amène des modifications plus ou moins marquées, plus ou moins étendues du tube digestif. 11 convient, à l'exemple de Nothnagel, de les étudier séparément dans l'occlusion à marche rapide et dans l'occlusion à marche lente.

Occlusion à marche lente. — Au-dessous du point sur lequel siège locclusion, Fintestin est vide et rétracté; au-dessus, au contraire, il est dilaté, plus ou moins, et sur une étendue variable. Lorsque Toccliision durait depuis longtemps, on constate souvent une hj'pertrophie des tuniques musculaires dont les fibres lisses deviennent plus volumineuses sans que leur nombre augmente. Herczel a fait sur ce sujet, chez le chien, de curieuses expériences; il a vu Thypertrophie des tuniques musculaires apparaître vers le quatrième jour de Tocclusion et devenir très évidente le neuvième.

Les veines et les capillaires sont dilatés. 11 y a souvent des lésions de la muqueuse et de la sous-muqueuse. La muqueuse est rougo enflammée; on y voit quelquefois des ulcérations analogues aux ulcérations causées par la stase des matières stercorales; elles peuvent être très nombreuses et couvrir une notable étendue de la muquoust^ dans l'intestin dilaté au-dessus de Tobstacle.

Ces ulcérations peuvent être le point de départ de perforations ; s'il ne s'est pas établi d'adhérences péritonéales, elles amènent Téclosion d'une péritonite aigu^.

On a noté non seulement la dilatation de l'intestin au-dessus de l'obstacle, mais aussi son allongement; cela a paru évident surtout pour le côlon lorsque l'occlusion siégeait à sa partie inférieure.

Occlusion aiguë, — Lorsque l'occlusion se fait rapidement, certaines des modifications indiquées dans le paragraphe précédent n'ont pas le temps de se produire, de là des différences qu'il convient de signaler. Les lésions varient du reste d'une assez notable façon suivant la modalité anatomique de l'occlusion.

On ne constate ni l'hypertrophie des tuniques musculaires, ni Tentérile, ni les ulcérations de la muqueuse observées dans rocclusioii chronique.

Au-dessus de l'obstacle, il existe une distension gazeuse de Tintcslin qui tend à remonter dans la direction de l'estomac et à envahir Tintestin lui-môme, mais qui reste cependant limité pendant un temps plus ou moins long aux anses immédiatement sus-jaceutes; c'est ainsi que la distension à la suite d'une occlusion de la partie inférieure du côlon reste pendant quelque temps limitée au gros intestin , les gaz ne pouvant franchir l'orifice iléo-caecal.

L'étranglement du mésentère qui se produit dans certaines variéttS d'occlusion, le volvulus, l'invagination, l'étranglement par la production de nœuds, a une importance considérable. La compression de» veines amène la stase sanguine dans l'anse correspondiuite ; il en résulte une turgescence sanguine, qui peut aller jusqu'à produire l'effusion d'une sérosité sanglante dans la cavité de l'intestin et même

dans le péritoine. Les tuniques intestinales se tuméfient, s'épaississent et il peut résulter de la viciation de la circulation sanguine une véritable mortification, une véritable gangrène. Quand il s'agit deTinvagination intestinale, cette mortification peut dans certains cas ne pas avoir de conséquences graves, elle peut se produire sans qu'il y ait effusion des matières fécales dans le péritoine. La guérison peut même se produire spontanément après Téliminalion du boudin. En dehors de ces conditions partie ulièi'es, la nécrose des parois intestinales amène une péritonite suraigu(î.

D'après différents auteurs, et les expériences de Kader sont tout à fait favorables à cette conception, les anses intestinales congestionnées par la slasc veineuse, deviendraient rapidement le siège d'un météorisme considérable, en vertu des viciations dans l'échange des gaz, et sans doute aussi du relAchement des tuniques musculaires.

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