ÉVACUATION DU CONTENU STOMACAL PAR LE CARDIA
L'évacuation du contenu stomacal par le cardia s'obserw fréquemment chez les dyspeptiques.
Il peut y avoir par cette voie expulsion de gaz ou de substances liquides ou solides.
L'expulsion des gaz donne lieu li ïéniclalion.
L'exjmlsion des substances liquides ou solides peut se produire par réguîyitaliofiy par meri/cisme^ par nmiinalion^ par voniisscmenL
Eructation. — L'éructation est constituée par l'expulsion brujante par la bouche de gaz venus de l'estomac.
L'estomac renferme toujoui-s une certaine quantité de gaz pendant le cours de la digestion ; ces gaz proviennent les uns de l'air atmosphérique dégluti, les autres des fermentations qui se produisent aux dépens des aliments ingérés. A l'état noi'mal leur pi-ession est modé»l'ée et ils sont évacués dans l'intestin par le pylore. L'éructation est alors un phénomène rare. Lorsque le volume des gaz stomacaux devient trop considérable et leur tension trop élevée, une partie d'entre eux peut s'échapper à travers le cardia et l'œsophage. 11 y a là comme une soupape de sûreté qui ne s'ouvre qu'en présence d'une pression exagérée. Chez des individus du reste parfaitement normaux, des éructations se produisent après un repas trop copieux à la suitt* de l'ingestion de boissons gazeuses, comme Ici Champagne, ou de mélanges gazogènes, comme la potion de llivière.
L'éructation peut être un des sj'mptomes, une des consc^quences du météorisme gastrique (jue nous étudierons dans un chapitre ultérieur. Le gaz éructé provient des fermentiitions excessives dans les cas de stase gastrique, et dans d'autrt^ cas de l'air ingéiv.
Certiiins névropathes déglutissi^'nt de l'air inconsciemment et l'expulsent ensuite avec fracas. Les éructations se renouvellent chez-eux avec une grande rapidité, et le volume de gaz expulsé est considér'aljle.
VICIATIONS DE LA MOTRICITÉ DE L ESTOMAC 4-23
L^malvâe montre qu'il s'agit d'air athnwsphériquc. >>'<ms re\ ieiidrons plus loin sur ces faits, nous n'avons pas à y insister davantage ici.
Régurgitation. — La régurgitation est constituée par rascensi<Hi «l'une petite quantité de liquide ou de bouillie gastriques dans l'œsopiiage. Le bol régurgité peut, suivant son volume, ne pas dépasser l'œsophage, et donner lieu au pyrosis et [larvenir jus(|ue dalis le pharjTix et la bouclie et constituer la régui'gitation vi*aie.
Le py rosis est caractérisé par luie sensation plus ou moins pénible de brûlure le long de l'œsophage due à la présence d'un liquide acide venu de l'estomac. 11 peut se produire tout aussi bien chez les hy|)er que chez les hypochlorhydriqucs, et être attribuable autant A l'acide chlorhydrique qu'aux acides de feitnentation.
Loi-sque la ivgui^itation est plus considérable, la sensation de brûlure |)eut remonter jusque dans le pharynx et s'accompagner d'une s<*nsatioo gustative d'acidité ou d'amertume. Parfois, surtout pendant It* sommeil, le liquide stomacal peut pénétrer dans le larjux et pi-ovoquer une quinte de toux en même temps qu'une brûlure désagréable.
(^)ue la quantité de liquide stomacal soit [)lus considérable encore, v\ il parviendra dans la bouche en quantité assez notable pour jx)uvoir étœ rejeté par expuition. Le dyspeptique peut alors en appréci<*r fieiU^nent l'acidité, l'amertume ou la fétidité.
L'ikcidité est due aux acides gastriques. Chez les hypcîrchlorhydriques elle peut être assez marquée pour produire une irritation de la Ix^uche et des dents. Chez les hy[)Ochlorhy<lriques, il s'agit plutôt d'une îjiiveur aigrelette avec une odeur rance plus ou moins marquée. Lt^s anciens médecins diagnostiquaient la dyspc^psie acide d'api-ès ces éructations. Elles n'en sont, il faut bien le savoir, qu'un symptonn* très inlidèle. L'éructation indique en effet simplement une viciation de la motricité de l'estomac et du cardia. Que cette viciation puisse avoii* pour point de départ Thyperacidité gastrique, cela n'est pas douteux ; mais elle peut aussi se pmduii^e chez des prédisposais, des né\n>palhes en vertu de l'hyperesthésie de la muqueuse et de l'excitabilité aiuirmale de l'appai'cil d'innervation gastrique.
La saveur amère du liquide i*égurgité est due non pîis à la bile, maïs à la peptone.
Mérycisme. — Lorsque les régurgitations se produisent régulièrefoeut après les repas, qu'elles ramènent dans la bouche une quantité* nut«ible des aliments et des l)oiss<3ns déglutis, le j)iîénomèiie mérite la dénomination de mérvcisme.
Les termes de mér\'cisme et de rumhiation sont souvent considérées comme synonymes et absolument équivalents. Nous pensons (pi'il faut leur ivserver une signification bien déterminée.
Le mér^'cisme est un acte involontaire. Les substances ramenées de restomac dans la bouche peuvent être en (juantîté plus ou moins considérable, la volonté du malade ne peut intervenir ni pour le provoquer ni pour Tarr^ter.
Rumination. — La rumination, au contraire, est un phénomène volontaire. C'est volontairement que le contenu de Testomac est rappelé dans la bouche, soit pour ôtre rejeté au dehors, soit pour être de nouveau mastiqué, insalivé et dégluti.
11 v a du reste, des faifs de transition entre le mérvcisme et hi rumination.
Un certain nombre de dyspeptiques se trouvent soidagés par Tcxpulsion d'une certaine quantité du contenu de Testomac. Ils en arrivent ainsi à chercher à provoquer le mérvcisme, et souvent ils y parviennent.
Certaines personnes ont du reste à la rumination une prédisposition particulière. Elles arrivent à ruminer à volonté après un court apprentissage. Cette faculté paraît beaucoup plus fréquente chez les enfants que chez les adultes. On a rapporté plusieurs fois le fait d'enfants qui avaient apjiris à ruminer en imitant leur précepteur, leur frère, leurs camarades.
On a beaucoup discuté pour savoir si la rumination chez Thomme correspondait à quelque disposition anormale du cardia et de Testotomac. Les anciens auteurs supposaient que les ruminants humains devaient avoir Festomac fait comme celui des bovidés. Plus récemment on a admis une dilatation anormale du cardia, congénitale ou acquise, La dilatation acquise aurait été observée chez des idiots ruminants habitués à déglutir gloutonnement des bols alimentaires troj) considérables.
La rumination et le mérycisme supposent en tout cas une coordination particulière de mouvements gastriques et œsophagiens, purement réflexes dans le niérycisme, susce])tible d'être mise en œuvre volontairement dans la rumination. Qu'une disposition anatomiquiî puisse y aider, c'est possible ; (ju'elle soit indispensable pour que le j)hénomèn(î se produise, cola n'est nullement démontré.
()uoi qu'il en soit, on peut diviser les hommes doués de la fiiculté de ruminer en trois grandes catég(jries :
l® (^eux (}ui savent ruminer sans être dyspej)ti(iues, et sans prati- (juer habituellement la rumination ;
2** Les dyspepticpies qui ruminent pour soulager les sensations dt'^ sagréables (ju'ils éprouvent au cours de la digestion.
3** Les individus qui ruminent par j)laisir.
11 ne nous reste à parler (pie de cette dernière^ catégorie de rumi-
VICIAÏIONS DE LA MOTllICITK DE L'ESTOMAC 125
liants. Co sont en général dos néM'opalhos, des dégénérés, assez souvient même des idioLs.
Ces derniers se livrent à la rinnination eoninic ils se livrent à d'aiitre^s habitudes vicieuses, î\ la masturbation par exem|)le. L'imitalîon ici encore joue souvent un rôle important.
Ceux qui se livrent à cette rumination, le font pour avoir le plaisir de goûter à nouveau les aliments déglutis pendant le repas. Comme ceux-ci ne tai*dent pas à être dénaturés par la digestion, il y a lii souvent non seulement habitude vicieuse, mais véritable» perversion mentale.