CHAPITRE VllI
VICrATlON DE LA MOTRICITÉ, DE LA SÉCRÉTION, DE LA SENSIBILITÉ
ET DE i/aBSORPTION INTESTINALES
Nous allons faire une étude d'ensemble sommaire des principales vicialions de la motricité, de la sécrétion, de la sensibilité et de Tabsorption intestinales. Nous réunissons ces diverses perversions fonctionnelles dans un môme chapitre parce que leur étude analytique est moins avancée que celle des perturbations des fonctions correspondantes de l'estomac. Du reste, ces diverses fonctions se commandent le plus souvent les unes les autres; la viciation de Tune entraînant siH^ondairement la viciation des autres : c'est ainsi que la perversion de la motricité peut amener et amène souvent l'apparition de phénomènes douloureux et une diminution marquée de l'absorption des produits de la dip^estion. Ajoutons que les notions de pathologie générale exposées dans le présent chapitre se trouveront complétées par l'étude faite plus loin de certains grands complexus symptomatiques tels que la diarrhée et la constipation.
L — Viciation de la motricité de l'intestin. — Nos connaissances sur la physiologie de l'intestin sont encore très incomplètes, et souvent il est fort difficile, quelquefois même impossible d'établir la comparaison et la délimitation exactes entre l'état normal et l'état pathologique.
Les troubles de la motricité de l'intestin sont peut-être encore les moins obscurs. Ce n'est pas qu'on les connaisse bien dans tous leurs détails, on en est encore fort éloigné, mais sur les points les mieux étudiés, les recherches des divers observateurs se correspondent assez bien et se complètent à peu près.
Pour la commodité de l'exposition, on peut ranger en trois groupes les viciations de la inotricité intestinale suivant que le péristaltisme do l'intestin est augmenté^ diminué ou perverti. Sous cette dernière dénomination, on peut comprendre les contractions exagérées mais anormales et incapables d'amener le cheminement des matières vers l'anus, tels que les contractures spasmodiques de l'intestin et les mou-
nombre de microbes : au bout du deuxième jour, il n'y en a [)lus (juc 14,000 par milligramme, au bout de troisjoui-s que 5.000, au bout de quatrejours de régime lacté, que 2.230. Par contre, les purgatifs élèvenl momentanément d'une façon considérable le nombre de bactériens rontenusdans les fèces : après une purgation énergique, on trouvait dan les selles 270.000 microbes par milligramme, ce qui, pour les cin selles diarrhiques émises dans la journée représente un chiffre total c 411 milliards de microbes. Le résultat de cette évacuation abondai c'est que Ton voit ensuite diminuer rapidement la richesse matières fécales en bactéries. Deux jours a[)rès la purgation, elle^ ' contenaient plus que 1.3S0 microbes par milligramme, ce qui pour la journée un peu plus d'un demi-milliard.
Ces recherches expliquent comment, en chnique, dans le t ment des accidents urémiques, eu particulier, la meilleure faÇ^ ,^ diminuer Tauto-intoxication d'origine intestinale est d(* reco l'emploi combiné du régime lacté et des purgations répétées.
L'étude des amibes et des infusoires pourrait venir ici. Ncr* i ^ sons qu'il vaut mieux la rapprocher de celle des parasites inlr ^ d'organisation supérieure, tœnias, helminthes, etc. ^v
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vements anti-péristaltiques, ou encore les alternatives fréquentes de spasme et de relâchement atonique.
a) Péristaltisme exagéré, — On sait que les mouvements péristaltiques de l'intestin grôle sont à Fétat normal beaucoup plus énergiques que ceux du gros intestin. Les aliments commencent à parvenir à la valvule iléo-cœcale deux ou trois heures après leur ingestion ; mais ils séjournent environ vingt'K^uatre heures dans le gros intestin avant d'être expulsés par lanus.
L'exagération des mouvements péristaltiques de rintestin est la cause principale de la diarrhée, ainsi que nous Font démontré les recherches entreprises sur le mécanisme de la purgatîon *.
Dans quelle mesure y participent l'intestin grêle et le gros intestin ? U n'est pas toujours facile de le déterminer. On comprend que l'exagération des mouvements de l'intestin grêle en amenant rapidement dans le gros intestin une quantité exagérée d'idiments incomplètement digérés provoque secondairement Texagération du péristaltisme du côlon. L'exagération du péristaltisme cùlique suffit du reste pour que la diarrhée se produise, il n'est pas indispenstdîle que l'intestin grêle participe à l'exagération des mouvements. Dans cei-taines conditions il est possible de reconnaître l'intervention de Tintestin grêle dans hi production des évacuations diarrhéiques : c'est lorsqu'il y a dans les selles une notable quantité de particules alimentaires non digérées, ou de la bile en nature.
Lorsque les matières évacuées sont presque exclusivement constituées par des aliments incomplètement digérés on dit qu'il y a lientérie,
La bile peut apparaître dans les fèces dans des conditions et des proportions différentes. A la suite d'une purgation ou d'une poussée intense de diarrhée, à des matières solides, puis liquides, succt-dent des selles constituées par de la bile presque pure, d'une coloration jaunâtre, ocreuse, présentant les réactions caractéristiques de la matière colorante de la bile. D'autres fois, chez les jeunes enfants surtout, il se produit des selles liquides vertes tachant les linges en vert : la couleur verte est due à l'acidité du contenu de l'intestin.
L'apparition de la bile dans les selles en quantité notable montre que les mouvements péristaltiques de l'intestin ont été si intenses que ce liquide n'a pu être ni résorbé, ni modifié comme il l'est normalement.
Nothnagel a montré que la l)ile peut apparaître en quantité beaucoup moins considérable : elle imbil)e et colore des flocons de mucus, des amas de détritus éj)ithéliaux, des débris de fibres musculaires.
* Voir plus loin. Diarrhée.
Sa présence peut alors échapper à Texamen macroscopique et ne se révéler que sous le microscope, par les réactions histo-chimiques des matières colorantes de la bile. La présence de ces détritus et surtout des flocons muqueux colorés par la bile indiquerait, d'après Xothnagel, non seulement une exagération des mouvements péristaltiques, mais raôme un véritable catarrhe de Fintestin grêle.
Lorsque le péristaltisme du côlon est seul exagéré, on ne trouve |)as dans les selles la réaction de la matière colorante de la bile, mais seulement la réaction de Thydrobilirubine qui est la matière colonmte normale des fèces '. A Tétat normal, les mouvements péristalti- (\iivs de rintestin apparaissent sous Tinfluence du contact des aliments modifiés par leur séjour dans Testomac, et, aussi de la bile. A Tétat pathologique, ils peuvent s'exagérer sous deux influences différentes que nous allons successivement examiner : l'augmentation de rintensité de rexcitation et F augmentation de l'excitabilité motrice de l'intestin.
Exagération de rintensité de l'excitation intestinale, — Elle peut être due à la quantité ou à la qualité des substances introduites dans rintestin. A la quantité : lorsque Testomac a reçu une quantité i»xcessive de substances alimentaires, il s'en débarrasse par le vomissement, rintestin s'en débarrasse par une diarrhée dont Texagération du péristaltisme est le principal facteur. Les substances ingérées en quantité trop considérable échappent en partie à l'action des sucs digestifs et subissent des fermentations anormales, dont les produits amènent une irritation directe de la muqueuse intestinale, et après absorption, une excitation morbide du système nerveux. Bokai a fait sur ce sujet des recherches intéressantes. Il a observé, en expérimentant sur des animaux, que les acides organiques qui se produisent dans les fermentations intestinales augmentent plus ou moins foi*tement le péristaltisme de Fintestin. L'acide caprilique présente à cet égard Faction la plus marquée ; viennent ensuite les acides acétique, formique, succinique, lactique et butyrique.
Le scatol serait aussi un excitant puissant de la motricité péristaliique de Fintestin; Findol et le phénol seraient à peu près sans action. Bokai a également étudié Faction des gaz : Fazote, Fhydrogène et Fo.vygène sont indifférents, mais Facide carbonique, le gaz des marais et Fhydrogène sulfuré ont une action très marquée. L'influence heureuse du sous-nitrat« de bismuth sur la dian'hée serait due à ce qu'il absorbe et neutralise Fhydrogène sulfuré.
* L^bydrobiUrabine* rùsulto de l'artîon de Thydrogcne sulfuré sur la bilivcrdinc. Elle donne uno coloration rougo eu présence d'une solution saturt3e de sublimé. (Schmidt. Arth. f. Verdauungs Krankh, 1898.)
Beaucoup de substances chimiques peuvent produire l'exagération du péristaltisme intestinal et la diarrhée; dans ce groupe prennent place tous les laxatifs et purgatifs.
Parmi les agents physiques, il faut citer le froid, dont Taction peut s'exercer à Textérieur ou à rintérieur. Le refroidissement, les boissons glacées peuvent également, on le sait, provoquer la diaiThée.
Citons encore certains produits pathologiques s'éliminant par l'intestin, comme le carbonate d'ammoniaque résultant de la décomposition de l'urée, dans l'urémie.
Exagération de f excitabilité intestinale. — Chez certaines personnes, il existe sans aucun doute une excitabilité exagérée de l'appareil d'innervation motrice de l'intestin. Parfois cette excitabilité n'existe que vis-à-vis d'aliments ou de substances parfaitement tolérées par d'autres personnes, par exemple : le lait, les fruits, les mets faisandés, etc. Parfois l'excitation vient du système nerveux central ; certaines personnes ne peuvent avoir une vive émotion sans être prises de coU(|ues et de diarrhée. Assez souvent, soit sous l'influenci» d'un état particulier d'excitabilité nerveuse , soit sous celle d'un état plus ou moins marqué d'inflammation catarrhale et d'irritabilité des filets nerveux terminaux et des plexus interstitiels des parois intestinales, le contact des aliments et de la muqueuse stomacale suffit pour amener une exagération par voie réflexe du péristaltisme de l'intestin et une crise diarrhéi(|ue. Les exulcérations et les ulcérations de la muqueuse intestinale, en augmentant l'excitabihté des filets nerveux mis à nu et cnfiammés sont ainsi une cause fré(|uente d'exagération du péristaltisme intestinal et d'évacuations diarrhéiques.
Diminution du péristaltisme intestimiL — La diminution du péristaltisme intestinal peut résulter de l'insuffisance de l'excitation ou de l'afTaiblissement de l'excitabilité de l'intesthï ; elle a comnH» symptôme principal, la constipation.
Le régime lacté, le régime carné amènent fréquemment la constipation parce que les détritus rebelles à la digestion sont réduits à un volume trop faible et (jue l'excitation de l'intestin est ainsi insuffisante.
Plus souvent encore, il y a diminution de l'excitabilité motrice, et véritable atonie. Cet état peut résulter de l'afTaiblissement du réflexe dont la muqueuse intcîstinale est le point de départ ou d'un afTaibUssement général de l'huiervation générale ou viscérale. On voit les personnes, et surtout les jeunes femmes qui résistent trop longtemps au besoin de défécation, présenter une constipation due sans doute i\ ce que le réflexe intestinal se trouve émoussé.
Il est naturel d'attribuer h l'atonie intestinale la constipation qu'on observe chez es gens afTaibhs, anémiés, chez les cachectiques ; mais
celle explication, autrefois ap[)liquée indistinctement à la grande majorité des cas de constipation ne leur convient pas à tous. Nous savons en effet qu'elle peut résulter d*un spasme du gros intestin, et, qu'on se place au point de vue de la pathologie générale ou de la clinique, il est malaisé de faire le départ entre la constipation d'origine atonique et la constipation d'origine spasmodique.
Parfois il semble y avoir une véritable inhibition de Fintestin : c'est ainsi, par exemple, qu'on observe la constipation chez presque tous les malades qui ont des douleurs intenses de Festomac.
Les applications chaudes, l'opium, la morphine diminuent le péristaltisme intestinal.
La diminution de la motricité intestinale, peut aller jusqu'à la véri" table paralysie. Il en résulte un météorisme dû à la distension de rinlestin par les gaz de fennentation. Cette distension s'observe dans la péritonite aiguC, dans le tjTnpanisme hystérique, dans la tympanite des cachectiques, dans la pseudo-obstruction intestinale des vieillards, au cours des coliques hépatiques ou néphrétiques etc. Il ne faut pas se hâter du reste d'admettre que tympanisme et paralysie de l'intestin sont des termes équivalents; en effet, il peut y avoir un spasme limité de l'intestin, ou une véritable obstruction fécale, amenant la rétention des gaz au-dessus de l'obstacle.
Motricité anonnale de Fintestin. — Sous ce titre, on peut ranger les contractures spasmodiques et les mouvements anti-péristaltiques.
Contractures spasmodiques. — Depuis longtemps, on connaît la contracture spasmodique généralisée de l'intestin ; on Tobserve assez fréquemment en clinique au cours de la colique de plomb et de la méningite tuberculeuse. Dans la colique de plomb, qui représente le prototype de cet état, le ventre est aplati, rétracté, il est le siège de douleurs vives spontanées et d'un endolorissement marqué à la pression sur un point limité ; au contraire, une large pression amène plutôt un soulagement de la douleur. L'ensemble symptomatique est quel(juefois très analogue au cours des crises gastriques tabétiques.
Fr. Glénard a décrit la corde colique, qu'avait déjà signalée Potain, dans la c6lite muco-membraneuse, et il en a relevé la fréquence très grande dans l'entéroptose. Il ne s'agirait pas pour lui d'une contracture spasmodique mais d'un état de vacuité avec rétraction tonique. La vacuité du côlon amènerait sa chute en augmentant sa densité ; le côlon plein de gaz est en effet moins dense que le côlon vide et resserré.
Fleincr a nettement invoqué la contracture spasmodique comme cai^e de certaines constipations. Mous pensons que cette contracture spasmodique, souvent douloureuse, est parlicuhèrement fréquente
chez les névropathes atteints de colite muco-membraneuse et chez les malades atteints de ptôses abdominales.
Nous pensons que, dans ces conditions le spasme du gros intestin est secondaire à Tirritation de la muqueuse et aux ptôses viscérales. Celles-ci nous paraissent provoquer Tirritation des plexus abdominaux, et, en conséquence la contraction spasmodique du côlon. Telle est aussi Topinion d'Ewald.
Fleiner a donc combattu Topinion classique qui attribuait uniformément la constipation à Tatonie du côlon ; il a fait voir que souvent elle résulte d'un spasme plus ou moins étendu.
La contracture spasmodique du côlon est commune en particulier dans la colite muco-membraneuse et dans les ptôses ; mais on la trouve aussi en dehors d'elles. Chez des personnes amaigries, on constate très facilement par la palpation Texistence d'une sorte de corde correspondant au côlon ascendant, au côlon transverse et au côlon descendant. Rarement, la contracture existe sur toute la longueur du gros intestin, elle est beaucoup plus fréquente au niveau du côlon ascendant et du côlon descendant. Il n'est pas très rare que le gros intestin soit endolori dans les portions contractées. Cette contracture amène surtout la constipation, lorsqu'il s'agit d'un spasme limité à la région de l'S iliaque ; il se produit une stase dos gaz et des matières au-dessus du point resserré. Les matières peuvent prendre soit l'aspect ovillé, ce (jui est fréquent, soit l'aspect de matières passées à la filière, ce qui est plus rare. A la surface des seybales ovillées, peuvent se voir des rainures superficielles, correspondant aux faisceaux de fibres longitudinales du côlon.
Le spasme limité à la partie inférieure du côlon, peut amener une dilatation marquée du côlon sus-jacent, et des crises douloureuses semblables à celles que Ton observe chez les malades atteints d'un rétrécissement organique de cette région de l'intestin.
Nous avons vu des phénomènes de fausse occlusion intestinale se produire sous rinfluence du spasme généralisé du côlon. Les parois abdominales étant très minces, le côlon contracté se percevait facilement sur toute son étendue, sous forme d'une corde dure et douloureuse. Le ventre était rétracté à sa périphérie, légèrement saillant audessous de l'ombilic ; î\ ce niveau, on voyait les anses de l'intestin grélc faire saillie et se contracter. La constipation était absolue, il y avait des vomissements bilieux, verd^tres, l'intolérance de l'estomac était com|)lèto. Des lavages de l'estomac, des lavages de l'intestin faits à une pression trop forte (1 mètre 20) avaient entretenu au lieu de la calmer l'irritation du tube digestif. Sous Tinfluence du repos absolu, de petites piqûres de morphine, de suppositoires belladonnés et l'emploi
d^applîciitions chaudes en permanence, on vit cesser rapidement le spasme du cùlon et tous les phénomènes qui en étaient la conséquence.
Les contractions spasmodiques de Tintestin peuvent ôtre fixes ou se déplacer. Elles jouent certainement un rôle important dans une série de crises intestinales qu'on observe surtout chez les individus névropalhiques plus particulièrement encore chez les hystériques, et que nous décrirons plus loin'. C'estù elles que sont dues ces nodosités qu'on voit se déplacer à la surface de Tabdomen et les borborj'^gmcs qui les accompagnent. Elles en imposent quelquefois pourdes tumeurs; un beau jour elles dis{)araissent. Ce sont les tumeurs fantômes de Spencer Wells.
Mouvements antipéristaltiques. — Bien que ces mouvements paraissent pouvoir exister à Tétat normal (Grîitzner), ils n'acquièrent une importance considérable qu'à Tétat pathologique. Ce sont les mouvements antipéristaltiques qui font refluer les matières fécales jusque dans Festomac dans les cas d'obstruction intestinale. On les a aussi observés chez les hystériques. On a plusieurs fois rapporté que des hystériques avaient rendu par la bouche des matières fécales moult^. Certaines d'entre elles, pour attirer l'attention et intriguer le médecin, ne reculeraient certainement pas devant l'immonde supercherie consistant à introduire des matières fécales dans la bouche i)Our en simuler le vomissement ; toutefois des cliniciens dignes de créance, comme Jaccoud et Desnos, ont rapporté avoir observé des faits semblables sans tromperie possible*.
Viciaiions de la sécrétion. — Le suc intestinal pur, non mélangé à la bile et au suc pancréatique, ne joue certainement qu'un rôle secondaire dans la digestion et on se représente mal qu'il puisse résulter des troubles dyspeptiques des variations de sa constitution chimique.
L'adjonction d'une certaine quantité de mucus, en vertu d'une inflammation catarriiale de la muqueuse intestinale, se traduit par des modifications des selles différentes suivant la région de l'intestin qui lui a donné naissance ; Nothnagel a fort bien étudié cette séméiologie du mucus intestinal.
Lorsque le mucus vient du CcTCum ou de l'intestin grêle, il est intimement méLingé avec les matières. La coloration des flocons de mucus par la bile, indiquerait que le mélange s'est fait sur un point élevé de rintestin grôle.
Le mélange est au contraire imparfait, lorsque le mucus a pris naissance dans le côlon, et surtout dans le côlon descendant, l'enixi-
• Voir Crises intestinales.
• Voir Hystérie gastro-intestinale.
bernent des selles moulées parle mucus, ne se ferait que très bî\s, à la partie inférieure du gros intestin.
On expliquait autrefois la diarrhée * et la purgation par Texsudation d'une quantité exagérée de suc intCvStinal. Actuellement, on tend ù «attribuer le rôle principal fl Texagération des mouvements péristaltiques. Cependant, il semble bien que les deux phénomènes se surajoutent dans le plus grand nombre des cas et qu'il y ait h la fois hypersécrétion intestinale et évacuation hAtive du contenu de l'intestin.
Lorsque cette hypei-sécrétion se produit dans Tintestin grêle ou dans la région Cîecale, il y a diarrhée vraie ; il y a fausse diarrhée lorsque riiypersécrétion se }>roduit seulement à la partie inférieure du gros intestin.
Y a-t-il quelquefois diminution de la quantité de suc intestinal sécrété ? Quel rôle peut avoir cette viciation quantitative ? Par quels symptômes peut se traduire au dehors cette sécheresse relative de rintestin? Ce sont L^ des questions auxquelles il est difficile de répondre d'une façon précise. La dureté, la sécheresse des matières fécales dans la constipation, indiquent bien une diminution de la sécrétion. Toutefois, la présence des membranes muqueuses résistantes dans la côUte muco-membraneuse montre que le liquide sécrété peut se résorber et ne laisser que le mucus desséché. La dessication des scybales pourrait donc tenir aussi à une résor[)tion secondaire dans le gros intestin.
Viciation de la sensibilité, — A l'état normal, la sensibilité intestinale est extrêmement confuse ; on ne doit pas sentir son intestin. La ré[)létion de l'intestin parles gaz, donne lieu, non hxxue véritable douleur, mais à une simple sensation de tension et de malaise abdominal.
La colique est la modalité la plus habituelle et la mieux connue de la douleur intestinale. Elle est liée, comme le fait justement remar(|uer Nothnagel, non 4\ Texagération du péristaltisme (|ui donne heu h des borborygmes non douloureux, mais fi une vérital)le contracture s|)asmodique, de telle sorte que la colicpie serait aussi le résultat d'une véritable crampe des tunicpies musculaires de Tintestin.
La colicpu» siège le plus souvent dans le côlon ainsi qu'en témoigne sa localisation, sa direction transverse.
On com[)rend que les causes capables d'amener une excitation motrice d(^ rinleslin/.que nous avons énuméives plus haut, soient aussi capables de produira un spasme douloureux de l'intestin. En s'en rapportant îi ce (jui a été dit, on trouvera les données essentielles relatives h l'éliologie des coli(jues.
• Voir Diarrhée, p. 167.
VICIATIOxN DE LA MOTRICITÉ DE LA SÉCRÉTION, ETC. 165
L'intestin devient doulouretix à la pression^ lorsqu'il est enflammé, ainsi que cela se constate pour Tintestin grêle et le gros intestin au cours de Tenléi-ocôlite aiguë. Le gros intestin est aussi assez souvent douloureux à la palpation dans le cours de la colite muco-membraneusc surtout lorsqu'il est en état de contracture spasmodique.
La colique de plomb dans laquelle la contracture totale de Fintestin est évidente, fournit un autre type de spasme douloureux de Tintestin avec hyperesthésie marquée à la palpation. 11 semble y avoir dans ce cas une excitation intense de Tappareil d'innervation motrice et sensitive de l'intestin.
Les phénomènes douloureux de l'intestin, dont nous venons d'analyser les éléments peuvent se combiner de façon à donner naissance à des complexus cliniques intéressants que nous étudierons à propos des crises intestinales^
Viciaiions de f absorption intestinale, — L'estomac ne joue qu'un rùle douteux, très secondaire sans doute, dans l'absorption des j)roduits de la digestion : c'est à l'intestin et surtout à l'intestin grôle qu'est dévolue cette fonction.
La mauvaise élaboration chimique des substances alimentaires, la viciation et surtout Taccélération des mouvements péristaltiques peuvent entraîner une diminution de la quantité des substances alimentaires absorbées.
Toutefois, la viciation de l'absorption peut résulter directement d'une lésion ou d'un trouble fonctionnel de l'intestin.
Les recherches récemment faites sur ce sujet ont mis en relief l'importance des lésions de l'épithélium intestinal et la viciation de la circulation. Pour que l'absorption intestinale se fasse convenablement, il faut que l'épithélium soit intact et la circulation normale.
Viciation de V absorption par altération de répithéliiim intestinal, — Une anse du jéjunum absorbe les 2/3 de la peptone introduite dans sa cavité; une anse de l'iléon de longueur équivalente n'en absorbe que la moitié ; mais si l'on détruit |)ar une application d'alcool l'épithélium des deux anses, l'absorption de la j)eptone y devient égale dans l'iléon et le jéjunum,
L'épithélium aurait donc un rôle actif dans cette absorption ; il amènerait môme une transformation de la peptone car on ne la retrouve pas dans le sang veineux des veines mésaraïques.
L'existence d'ulcérations intestinales pourrait amener la production de la peptonuric, l'absence de l'épithélium intestinal permettant à la peptone de passer en nature dans le sang sans avoir été transformée.
D'après Munk et RoseUvstein, la muqueuse intestinale referait également de la graisse neutre avec les acides gras introduits dans
rinteslin. Nolhnagel admet du reste qu uiie lésion intestinale étendue, des ulcérations ou même peut-être une simple inflammation catarrale généralisée, peuvent amener T apparition de selles graisseuses.
Il peut y avoir aussi diminution de l'absorption des sels ; Tiodure de potassium injecté dans le rectum se montrerait dans la salive au bout de 7 minutes lorsque l'intestin est sain, au bout de 1& minutes lorsqu'il est malade.
L'absorption des gaz serait elle-même entravée par une lésion de l'intestin d'après les recherches de Zuntz.
Viciadon de Cabsorption par viciation de la circulation intestinale. — Elle est démontrée par une série d'exj)érienees et d'observations cliniques.
Grassmann a vu l'absorption de la graisse sensiblement diminuée à la période de non compensation des maladies du cœur.
On a vu la glycoiimrie se montrer après la ligature de l'artère mésentérique et l'absorption de la peptone diminuer par l'excitation et augmenter par la section du nerf splanchnique, en vertu, semble-t-il, des modifications de la circulation capillaire produite dans les parois de l'intestin.
Heureusement, les viciations de l'absorption dans l'intestin peuvent se trouver compensées par la longueur même de cet organe, longueur telle qu'une notable partie peut en être supprimée sans qu'il se produise de trouble grave de la nutrition. Trzebicky a vu que l'on pouvait réséquer la moitié de l'intestin d'un chien sans compromettre l'existence de Tanimal. Toutefois, la résection de la partie supérieure de l'intestin grêle est beaucoup moins bien supportée que la résection de sa partie inférieure. Kœberlé a pu réséquer 205 centimètres d'intestin chez une jeune fille.
Plus récemment, Montprofit, d'Angers, a n^séquo 3"", 10 d'intestin chez un malade atteint d'une volumineuse hernie étranglée.
11 ne faut pas oublier que le gros intestin peut, dans une certahie mesure, suppléer l'intestin grêle au point de vue de l'absorption alimentaire.