‹ Traité des maladies de l'estomac et de l'intestinChapitre 39 sur 184 · FORMES CLINIQUES DE L'HYPERCHLOUHYDIUE · texte numérisé non relu

FORMES CLINIQUES DE L'HYPERCHLOUHYDIUE

faire place à rhypersécrétîon continue sans stase alimentaire. Dans certains cas, les détritus alimentaires sont peu abondants et variables dans leur quantité d'un jour h un autre.

A Tautre extrémité de la série sont des faits qui se confondent complètement avec* les faits de grande dilatation simple par sténose pylorique sans hypercblorhvdrie. Bien plus, en vertu de Tatrophie progressive de la muqueuse stomacale, T hypersécrétion chlorhydrique tend à disparaître et il ne reste plus qu'une dilatation avec stase permanente simple. Dans ces cas, THCl libre et combiné disparaît, mais il [>ersiste longtemps, sinon toujours une sécrétion exagérée de chlorure alcalin.

Diagnostic. — 11 repose essentiellement sur la constatation de deux éléments : stase alimentaire permanente et hyperchlorhydrie avec hy|>ersécrétion.

Le rétrécissement du pylore est rendu probable dans un assez grand nombre de cas par Tabondance des détritus alimentaires, par \os dimensions considérables de la dilatation stomacale et par Texistence de contractions péristaltiques visibles.

Reste i\ déterminer la cause de ce riHrfkissement. Notre expérience clinique nous amène à penser que, le [)lus souvent, il s'agit d'un ulcus actuel ou de la cicatrice d'un ancien ulcus.

L'intensité des douleurs, les douleurs en broche, la douleur survenant immédiatement au contact des aliments, la douleur vive à la palpation du creux épigastrique, et surtout l'hémorragie gastrique révélée par l'hématémèse ou le mélaona amèneront à admettre Texisfence d'un ulcus en activité.

Dans les cas de sténose cicatricielle consécutive à un ulcus ancien ^ on trouvera souvent en interrogeant le malade le souvenir d'une ptViodc plus ou moins reculée pendant laquelle se sont montrés des signes probables d 'ulcus.

Il peut se faire qu'un carcinome se soit greffé sur les bords d'un ulcus ancien, sans que pour cela l'hypersécrétion chlorhydrique ait encore disparu. L'existence d'une tumeur épigastrique, le développement d'un gros ganglion rétro-sterno-cléido mastoïdien, la tendance à la transformation des douleurs en douleurs permanentes, leur résistance au lavage de l'estomac et i\ l'emploi du sous-nitrate de bismuth ou des alcalins à haute dose, les progrès marqués de la cachexie constitueront des présomptions de transformation épithéliomateuse d'un ulcus pylorique.

Les lésions du pylore consécutives à la lithiase biliaire^ les brides péritonéales, la compression par quelque tumeur extrinsèque : autant de circonstances anatomo-pathologiques qui peuvent transfor-

mor rhyperchlorhvdrio simple on stase permanent* av<'e hyperséfivtion continue. Le diag^noslie n'en st>ra fias tonjoui*s facile ; souvent (lu reste Texistence (»t la nature exacte de la lésion sténosante «lu pylore ne peuvent, t^tre affirmées que par la laparotomie exploralrkf. On sera autorisé fi la pratiquer dans un assez grand nombre ch» cas.

Nature i>e l'hypersécrétion chlorhydrioue continue. — Une importante discussion à laquelle nous avons déji\ fait «'lUusitm plus haut, s'est enj^af^ée sur l'a nature de riiyi)ersécrétion chlorhydrique continue. Les défenseurs de la théorie classique veulent que Yhf/perst'^ crétion soit le phénomène initial. Au contraire, d'autr(^s auteurs prétendent qu€ la stase est la causc^ essentielle de Thypersécrétion, et quelques-uns allant plus loin encore, prétendent cpie la stase est toujours la conséquence d'une sténose [)ylorique ou juxta pylorique. Nous avons le devoir de mettre les deux théories en présence, et de dire (publie est notre opinion dans le procès (în litige. En effet, la doctrine pathogénique de rhypersé(*rétion continue a connue siin(Mion rintervention thérapeuticpie. De la conc(»ption théorique de l'étal morbi<le découU^ forcémeïit le traitement. 11 est donc indispensid)le de prendre parti dans un simîs ou dans un autre, et pour cela de connaître et de |)eser les arguments en présence.

Ces arguments nous allons les (wposer t^n dehors de toute idée pn'*concn<* ; nous disons (Misuitc* ce (pie nous en pensons.

Th^or'ip de V hfjpersvcrétion primitive. — Après cpie Reichmann eût distingué le syndmme au(juel on a donné son nom, !'hy|KTchlorhydri(^ avec hvpei'sécrétion continue fut considérée» par tous 1rs auteurs qui s'occuj)èrent de la (juestion comme une névrose de la sécrétion.

La survenue des crises douloureuses chez des individus S4)uvenl entachés de nervosisme. rinfluence non douteuse comrm» cause occasionnelle des paroxysmi's doulounnix de circonstances capables d'agir sur le système nerveux central : les émotions, les chagrins, le surnuMiage intellectuel, etc. ; les crises douloureuses avec hyperchlorhydrie, crises labéticpies, gastroxynsis, etc.. étaient autant d'arguments (Ml favcnn* di» la conceplion de la nt'vrose sf^crétoirè.

On croyait alors <pie l'hvjX'rséciétion st^ traduisait toujours par des sensations d'autant plus doulourcHises (pie le tnux de rhy|)eiThlorhydrie élait lui-même plus élevé, el (pie, si la douleur cessait, c'est (pie l'hyperchlorhydrie elle-m(**m(» prenait lin.

L'observation ne larda pas à démontrtM' (pie la doideur n'était pas ])r(jportioim(^ll(' au (h'gré de riiypcrchlorhydrie. (*t (pie c(^lle-ci pouvait être complètement indolore, parfailement latente.

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