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CHAPITRE III

DYSPEPSIE INTESTINALE ET DYSPEPSIE IIÉPATO-PANCRÉATIOIE

Considérations préliminaires K — II serait certainement excessif de prétendre que reslomac est avant tout un réservoir et que la sécrétion de sa muqueuse joue plutôt un rôle de défense pour le tube gastro-intestinal et l'organisme qu'un rôle véritablement digestif. Cependant Tablation totale de Testomac faite sur des chiens par Czerny, par Cavallo et Pachon, par Frémont, et sur Thomme par Schlatter et d'autres chirurgiens a démontré qu'il n'est pas un organe indispensable à la vie. Les animaux privés de l'estomac ont pu survivre et conserver pendant fort longtemps un état général excellent. On est donc autorisé à croire que la digestion intestinale présente une importance primordiale.

On pouvait du reste le {)résumer déjà d'api'ès le volume des glandes annexes de l'intestin, le pancréas et le foie et l'importance de leur sécrétion.

Le pancréas et le foie biliaire viennent déverser les liquides qu'ils sécrètent dans la seconde partie du duodénum, de telle façon que ces liquides se mélangent intimement. Ces deux organes sont confondus en une seule glande chez les vertébrés inférieurs, ils représentent en réalité un organe couplé dont les fonctions se complètent tant au i)oinl de vue de l'élaboration du glucose dans l'organisme que de la digestion intestinale.

La sécrétion de rap|)areil glandulaire propre de l'intestin, des glandes de Brunner et de Lieberkûhn, ne j)araît avoir qu'un rôle tout à fait secondaire dans la digestion intestinale.

Rôle du suc pancréatique dans la digestion intestinale, — Grûce à d(*s ferments différents, le suc pancréatique [)eut agir sur les aliments di\s trois ordres : les substances albuniinoïdes, les graisses et les hvdrates de carbone.

* Nous croyons devoir reproduire somiiiaironiont ici les notions les plus imporlanlcs de la physiologie de la digestion intestinale; elles sont indispensables pour rintelligence du présent chapitre.

DYSPEPSIE INTESTINALE ET DYSPEPSIE IIÉPATO-PANCRKATIOLE 239

Cl. Bernard a démontré Taction dig^estive du pancréas sur les substances albuminoïdes. Kiihne ayant pu isoler le ferment actif de digvslion des substances azotées lui donna le nom de tr^psine. La trj'psine peut dissoudre et peptoniser les albuminoïdes : leur dissociation [)Ourrait du reste aller plus loin cl donner lieu à la production d'une série d'acides amidés, tels que la leucine, Tasparagine, la lysatine, et, en dernier temie, de la tyrosine et de Tammoniaque.

Cl. Bernard a légalement démontrt» que le suc pancn'^atique a le |>ouvoir d'émulsionner et de dédoubler la graisse et que son action contribue puissamment à sa résorption par les parois de Tinteslin. On est autorisé à penser qu'il existe dans le suc pancivatiqne un principe spt»cial qui préside au dcnloublement de la graisse ; mais, jusqu'à présent, <m n'est pas parvenu à l'isoler.

Grâce à une diastase spéciale, analogue à la ptyaline de la salive ; le suc pancréatique transforme l'amidon en maltose ; il se forme en même temps une certaine quantité de dextrose. Par tme action prolongée à 40^, il se produit de la glucose terme extrême de cette élaboration des h vd rates de carbone.

Nous ne ferons que mentioimer, en terminant, le ferment grâce auquel le suc pancréatique peut coaguler le lait en milieu neutre ou alcalin.

Rô/e de la bile dans la digestion intestinale, — Les physiologistes ont été amenés à attribuer à la bile une série d'actions :

a. La bile émulsionnerait la graisse très finement d'une façon stable ;

é. Elle amènerait le dédoublement des graisses, et, doimerait lieu à la production de savons alcalins de n\sor|)tion facile dont elle fournirait la base ;

c. Sa présence rendrait les membranes intestinales plus perméables pour la graisse ;

d. Du rt»ste, d'une façon générale, elle exciterait la vitalité et le fonctionnement épithélial de l'intestin ;

e. La bile exciterait la motricité j)éristaltique de l'intestin ; ce serait, a-t-on, dit une sorte de laxatif physiologique ;

/. Enfin, Maly et Emmerich lui ont attribué un pouvoir antiseptique très contesté depuis. Létienne a en effet fait remarquer que la bile constitue un excellent milieu de culture pour les microbes ; elle n'est antiseptique que si on l'acidifie. 11 semble donc que l'action antiseptique .soit altribuable beaucoup plus h l'acidité du milieu qu'à la bile elle-même.

On remarquera que la faculté de dédoubler les graisses a été attribuée tout aussi bien au suc pancréatique qu'à la bile. 11 règne en elTet

encore une certaine incertitude sur le rôle réciproque de la bile et du suc pancréatique dans Télaboration et Tutilisation des graisses.

Pendant longtemps on a créé des fistules pancréatiques ou hiliaii-es, et on a étudié in vitro les propriétés du suc pancréatique et de la bile, ou bien encore, on a pratique la ligature du canal cholédoque ou du canal de VVirsung, isolément ou simultanément. Plus récemment, von Mering et Minkowski, et, après eux, une série d'expérimentateurs sont parvenus à extirper complètement le pancréas et à conserver longtemps en vie les animaux ainsi mutilés. Par rextiri)alion totale du pancréas, on provoque rap|)arition d'accidents très comparables à la forme du diabète humain que Ton appelle le diabète grave. Chez rhomme comme chez les animaux dépancréatisés, les sjoiiptùmes diabétiques coexistent avec des phénomènes de dyspepsie pancréatique qui nous intéressent surtout en ce moment.

Un élève de von Mering et Minkowski, Abelmann, a étudié d'une façon particulière l'influence de l'extirpation totale ou partielle du pancréas sur la digestion et l'absorption des substances alimentaires des trois ordres. Le tableau suivant résume le résultat de ses recherches, il indique les proportions de ces subslanses qui n'ont pas été utilisées, qui ont écha[)pé à l'absorption et qu'on a retrouvées dans les matières fécales.

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