DYSPEPSIE INTESTINALE ET DYSPEPSIE HÉPATO-PANCRÉATIQUE
sécrétion interne du pancréas peut jouer un rôle dans la digestion intestinale, par voie détournée. Cesten tout cas un fait aussi curieux qu'inattendu. Thiroloix a vu les glandes de Brunner s'hypertrophier d'une façon très sensible après la destruction expérimentale du pancr<*as ; on peut donc supposer que ces glandes, dont la structure rappelle celle du pancréas, peuvent exercer une action de suppléance. Avec un pancréas en partie conservé, mais dont le canal excréteur est oblitéiHi, il n'est pas impossible que la suppléance par les glandes de Brunner soit plus active que lorsque le pancréas étant complètement détruit toute sécrétion interne est ainsi devenue complètement impossible.
Hédon et Ville ont reproduit les expériences d'Abelmann ; ils ont plus s(H')cialement étudié Tutilisation de la graisse. Us ont trouvé que les chiens dépancréatisés, soumis à un régime mixte de viande et d'axonge n'absorbaient plus que 18 p. 100 de graisse. Des chiens chez lesquels on avait établi une fistule biliaire, auxquels on donnait 50 grammes d'huile d'olive par jour, absorbaient encore 09 p. 100 de cette huile. Sur d'autres chiens, le pancréas fut enlevé et la bile com- [Jètement amenée au dehors par une fistule biliaire : l'absorption de la graisse tomba à 10 p. 100 avec un régime de viande maigre et d'axonge. Elle était encore de 22 p. 100 avec le lait.
D'après Fr. MuUer, le suc pancréatique présiderait surtout au dédoublement de la graisse et la bile à son absorption.
Toutefois, Hédon et Ville après la suppression complète du pancréas, avaient constaté que le dédoublement de la graisse avait continué à se faire énergiquement. Le dédoublement, d'après ces auteurs, continuerait môme à se faire dans une assez large proportion en l'absence totale de la bile et du suc pancréatique.
La bile semblerait avoir plus d'importance encore que le suc pancréatique pour l'utilisation de la graisse. Après la suppression de l'accès de la bile dans l'intestin, Daslre a vu l'absorption de la graisse tomber à des chiffres très inférieurs à la moyenne normale : 37 ù 65 p. 100 au lieu de 85 p. 10. Fr. MiUler a relevé chez des ictériques une perte de 31,5 à 74 p. 100 de graisse au lieu de 7,2 à 10,5 à l'état normal.
DYSPEPSIE INTESTINALE d'oRIGINE PANCRÉATICO-BILIAIRE
Les données qui viennent d'être exposées sont surtout d'ordre pliysiologique. Quelques-unes d'entre elles donnent l'interprétation immédiate de faits cliniques, puisqu'elles en montrent la reproduction par l'expérimentation .
Ces notions sont exclusivement de nature chimique ; elles indiquent quelle est Tinfluence de la suppression des fonctions du foie hiliaii'e et du j)ancréas sur la composition des selles. Elles ne itîprésentent pas toutefois Tensemble des [)hénomènes que Ton pourrait désigner sous la dénomination de dyspepsie intestinale d'origine pancréatico-hépatique. En effet, la viciation des fonctions sécrétoires de l'appareil pancivatico-biliaire peut retentir sur la motricité, la sécrétion et la sensibilité de Tintestin, directement et indirectement. Elle peut amener, par exemple, la constipation, la diarrhée, la flatulence. Faute de points de it^père et de notions suffisantes de palhogénie, il est souvent difficile de rattacher h leur cause réelle les complexus symptoraatiques observés en clinique. 11 serait extrêmement imj)ortant de pouvoir déterminer ceux de ces complexus qui i*elèvent de la perveislon ou de la suppression de la sécrétion de la bile et du suc l^mcréatique. Malheureusement, nos connaissances sont iiisuflisantt»s encore pour que Ton j)uisse faire cette distinction dans la majorité des cas. Nous allons exposer le peu que nous en savons.
Troubles gastro-intestinaux d'origine hépatique, — Cliez les malades atteints de lésions graves du foie, on observe fréquemment une viciation de Tappt'tit. Le plus souvent, il y a simj)lement diminution de Tappétit, parfois même une véi'itable anorexie. Toutefois, dans la cirrhose hypertroj>hique décrite par Hanot, il y a non i)as diminution mais augmentiition de Tappétit ; c'est qu'ici la séci'étion de la bile loin d'être affaiblie, est, au contraire, exagéive : il y a polycliolie.
Lorsque la l)ile cesse de parvenir dans l'intestin comme dans les ictères par oblitération des voies biliaires, ou qu'elle n'y parvient plus qu'en quantité resti'einte, connno dans certaines lésions piircnchymateuses destructives de la cellule héj)atique. on observe parfois, non seulement une diminution généi^ale de l'appétit mais (juelquefois plus particulièrement de l'inappétence pour les substances grasses. Dans ces conditions encoi*e, il est frécjuent de constatei' de la ilatulence gastrointestinale et de la diarrhée, de la constipation ou des alternatives de diarrhée et de constipation.
La diarrhée peut résulter de l'excès de la sécrétion biliaire ou, au contraire, de sa diminution. Dans ce dernier cas, les selles plus ou moins décoloivcs sont, en général, très fétides, ce qui li(*nt à la jmtréfaction des substances all:)uminoïdes dans l'intestin. Ce fait elini(|ue, (l'observation fréquente, plaide tout à fait en faveur d'une action antis('|)ti(|ue de la bile.
Haivment on o])serve des vomissements ; ils persistent cependant quelquefois, après une crise de coli(jues hépatiques, alors que les phénonïènes douloureux ont complètement disj)aru.