DYSPEPSIE INTESTINALE ET DYSPEPSIE HÉPATO-PANCRÉATIQUE
Troubles gast7*o-intestinai(x d'origine pancréatique, — Lanccreaux fait remarquer qu'ils sont souvent beaucoup moins accentués qu'on ne pourrait le croire, ce qu'il attribue au développement compensateur des glandes duodénales dites glandes de Brunner.
Dans les affections graves, destructives du pancréas, on observe quelquefois de Tinappétence, du dégoût pour certains aliments, particulièrement les substances albuminoïdes et les graisses et une certaine difficulté à les digérer. Parfois, il se produit du météorisme gîistro-intestinal ; d'après Lancereaux, le météorisme dû à Tinsuffisance pancréatique se produirait tardivement après le repas.
Parfois, on observe des vomissements, plus souvent de la diarrhée ; celle-ci serait volontiers une diarrhée graivsseuse. Oser attribue une iin|K>rtance non moins grande à Tapparition dans les selles d'une l>ix)portion considérable de substances albuminoïdes. Elles sont représentées souvent par des fibres musculaires à striation facilement reconnaissable au microscoj)e. La coexistence de graisse et de nombreuses fibres musculaires non digérées aurait une grande valeur pour le diagnostic des lésions destructives du pancréas, surtout lorsqu'il existe en même temps des signes de diabète maigre.
Les selles graisvseuses ne caractérisent pas d'une façon certaine les lé^^ions destructives et l'insuffisance fonctionnelle du pancréas ; elles j>euvent, en effet, se rencontrer sous l'influence de lésions hépati(jues, d'insuffisance biliaire, de lésions étendues des ganghons mésentériques, d'ulcérations de la muqueuse intestinale ou même d'une entéritt; catarrhale étendue (Nothnagel).
De ce que nous venons de dire relativement à l'apparition de phénomènes gastrointestinaux au cours des maladies du foie et du pancréas, il résulte qu'il existe une véritable dyspepsie gaslro-inteslinale d origine hépato-pancréatique, — 11 j)ourrait donc se faire, et il se fait certainement souvent, qu'on attribue à l'estomac et à Tintestin ou même à l'estomac seul ce qui dé[)end en réalité du foie ou du pancréas, ou à la fois du pancréas et du foie.
Dans l'état actuel de nos connaissances, il est souvent impossibU^ d'établir dans le complexus dyspeptique la part de responsabilité des divers segnients du tube gastro-intestinal et des glandes annexes, si im|>ortantes, du duodénum. On est amené, Texploration de clinique de Testomac étant relativement aisée, à lui attribuer la pathogénie exclusive d'accidents complexes sans songer à incriminer des organes dont l'importance fonctionnelle est cerlahiement beaucoup plus grande, mais aussi beaucoup plus difficile à démontrer. Les efforts des cliniciens doivent tendre à faire disparaître cette regrettable lacune.