GROS INTESTIN
Le gros intestin succède à l'intestin grêle. Son calibre est notablement plus considérable ; l'existence de trois bandelettes formées par les fibres longitudinales, entre lesquelles font saillie des godets inégaux, lui donne un aspect tout particulier.
Nous ne décrirons pas ici le cîccum et ra[)pendice vermiculaire ; lorsqu'il sera question de la typhlite et de l'appendicite, nous exposerons les données d'anatomie normale indispensables pour comprendre les variétés anatomiques et la symptomatologie de la maladie.
Côlon. — La topographie du côlon a pris un intérêt particulier depuis l'introduction dans la pathologie des notions de ptôse abdominale. I>e la fosse iliaque droite, le cùlon se porte en haut au-devant du rein droit, jusqu'au-dessous du foie.
D'après Fromont, le côlon ascendant présente plusicure types :
4** Le typp ascendant (10 fois sur 40 cadavres examinés). La partie terminale se rapproche de la paroi abdominale antérieure, de façon telle que Tangle droit du côlon se trou^'e au niveau de la paiiie moyenne de la vésicule biliaire.
2'' Le type oblique. Le côlon ascendant est oblique en bas et en dehors ou en bas et en dedans suivant la position du Cîecum dans la fosse iliaque.
3** Le type en S italique. Le côlon ascendant est replié en S italique dont les inflexions se trouvent tantôt dans le plan antéro-j)Ostérieur, tantôt dans le plan transversal (14 fois sur 40).
La situation et les moyens de fixité de Tangle droit du côlon méritent tout particulièrement de nous arrêter. Les données suivantes sont dues à Mauclaire et Mouchet, qui ont étudié les rapports du gros intestin sur 100 cadavres.
93 fois sur 100, l'angle droit du côlon se trouve au-dessous du foie, au niveau de la vésicule biliaire, répondant en avant tantôt au cartilage de la 10" côte, tantôt à l'extrémité antérieure de la ll^ Il n'aurait pas de ligaments réels, et serait ainsi beaucoup jJus mobile que l'angle gauche, plus étroitement fixé comme nous allons le voir.
Le trajet et la situation du côlon transverse présentent une très grande variabilité ; les deux angles constituent les deux seuls pointas fixes. Fromont ne Ta vu suivre une direction franchement transversale que 2 fois sur 40 sujets, Mauclairc et Mouchet que 2 fois sur 100.
D'après Fromont, le côlon transverse était dans 10 cas au niveau de l'ombilic, dans 22 cas au-dessus, dans 8 au-dessous. D'après Mauclaire et Mouchet, il était 20 fois au niveau de l'ombilic, 40 fois audessus, 34 fois au-dessous. Chez les femmes, d'a|)rès ces dernieis auteurs, il est deux fois plus souvent que chez l'homme au-dessous de l'ombilic.
La partie droite du côlon est plus mobile que la i)artie gîiuclie ; Mauclaire et Mouchet n'y ont pas rencontré de ligament sus|)enseur particulier. Le ligament pyloro-colique décrit par Glénard, leur a |>aru une vue de l'espi'it.
La portion gauche du côlon transverse reste en général parallèle à la grande courbure de l'estomac derrière laquelle elle vient se placei', au moment de former le coude gauche du côlon. Lorsque le côlon transverse se ti'ouve situé au-dessous de l'ombilic, l'estomac n'est nullement abaissé ; on voit seulement s'exagérer la dislance comprise entre le côlon et la grande courbure (Mauclaire et Mouchet.)
h'angle gauche du côlon situé un peu plus haut, est rendu plus fixe que le coude droit par le ligament i)hrénico-coli(iue qui le main-
lient contre Li paroi latérale gauche de Tabdomen et la partie inférieuit? de la face interne de la rate, au-devant de Textrémité supérieure du rein. Il correspond à peu |)rôs avec une égale fréquence à la 8% à la 9% à la 10" et ù la 11" côte. 8 fois seulement sur 96, il était au niveau de la 11* côte (Mauclaire et Mouchet.)
Le côlon descendant descend à peu près verticalement du coude gauche jusque dans la fosse iliaque correspondante. Il est situé très profondément contre la paroi postérieure de Tabdomen, à laquelle il est immédiatement accolé (Froment).
Au côlon descendant succède TS iliaque sur la disposition et la forme de laquelle on a beaucoup discuté. Actuellement, depuis les lra>aux de Luschka, de Trêves, de Schiefferdecker, de Jonnesco et Perignon et de Testut, on admet que, le plus souvent, le côlon ilio-pelvien se porte de gauche h droite jusqu'à la fosse iliaque droite en décrivant une courbe à concavité supérieure, [)uis qu'il se porte en arrière et en dedans en dessinant une seconde courbe à concavité inférieure pour se terminer au niveau de la partie mo^'enne de la S*" vertèbre sacrée en se continuant à plein calibre avec le rectum. La disposition qui a fait donner au côlon ilio-j)elvien le nom d'S iliaque est beaucoup plus rare.
Le côlon encadre complètement Tintestin grêle ; sa situation excentrique au contact de la paroi abdominale j)ermet de l'explorer facilement par la pal[)ation dans un certain nombre de cas pathologiques. Les angles ou coudes du côlon échappent presque toujours à l'exploration ; ce sont cependant les points dont il im|)orterait le plus de déterminer lii situation exacte pour le diagnostic de l'entéroptose.
Li»s dimensions considérables du côlon permettent de comprendre qu'on puisse y trouver du clapolage, qu'on puisse quelquefois par la |)ercussion déterminer sa situation exacte.
Structure du gros intestin. — Le côlon présente au-dessous du revêtement séreux les deux couches fondamentales qu'on rencontre sur toute l'étend-ue du tube digestif, les fibres longitudinales et les fibres circulaires. Les fibrcs longitudinales ne sont pas ici réparties sur toute la circonférence de l'intestin, elles sont tassées sous la forme de trois minces bandelettes qui courent de l'extrémité du cjecum à la partie supérieure du rectum.
La muqueuse du gros intestin est plus pAle et plus épaisse que la muqueuse de l'intestin grêle ; on n'y voit ni valvules conniventes, ni villosités, ni plaques de Peyer. On y trouve un épithélium cylindrique de revêtement absolument semblable à celui de l'intestin grôle et des glandes de Lieberkûhn ; dans la muqueuse sont parsemés d'assez nombreux follicules clos. La muqueuse est séparée de la tunique cel-
luleuse par une musculaire sous-muqueuse semblable i\ celle de Tintestin grôle.
Vaisseaux. — Les vaisseaux sanguins du côlon ont une disposition qui rappelle beaucoup celle des vaisseaux correspondants de l'intestin grêle. Ce sont encore de grandes arcades artérielles ou veineuses dans Tépaisseur du méso-côlon. La distribution des capillaires aux tuniques de l'intestin se fait de la même façon que dans Tintestin grêle. Les artères viennent de Taorte abdominale par les deux troncs appelés artères mésentérique supérieure et inférieure ; les veines aboutissent à la veine porte par les deux troncs veineux : veine mésentérique supérieure et inférieure. Les veines de la partie inférieure du côlon communiquent par d'assez larges anastomoses avec les veines rectales ou hémorroïdales, qui, elles, communiquent avec les veines honteuses tributaires de la veine cave. Ce système d'anastomose joue un rôle important en pathologie au point de vue de la production des hémorroïdes et de l'établissement de la circulation dérivative, lorsque le système de la veine porte est devenu insuffisant.
Lyinphatiques. — Il existe, comme dans l'intestin grêle, un réseau superficiel sous-glandulaire et un réseau profond qui forment de larges mailles lymphatiques dans la tunique celluleuse. Les troncs qui en émanent aboutissent à des ganglions disséminés le long du bord adhérent du côlon.
Nerfs. — Us viennent du plexus inésentérique supérieur qui est une émanation du plexus solaire, et du plexus mésentérique inférieur (fui dépend du plexus lombo-aortique. Ils forment des plexus ganglionnaires tout à fait analogues aux plexus de Meissncr et d'Auerbach de l'intestin grôle.