‹ Traité des maladies de l'estomac et de l'intestinChapitre 53 sur 184 · CHAPITRE VII tlTHIASK INTESTINALE · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII tlTHIASK INTESTINALE

tiéfinition. — On doit duiint-r le nom de lilhînse iiitesUimle aux tOiK-rétioiis mini^mlps <|ui ppciiiietil natssnncp dans l'inLcsIin. Ellf.-i [*tivcnt s"v présenter sfias form»! de calculs, de gi-avifrs un ilr

I ihloriquf . — La pi-dspnct- df luilcuh dans l'intcslin osl i-iiiiinif <''*|»iiis lim|îl('iii|)s; mais leur nainreel leur mode de prtKluction rlnionl ninl dôlenuinés. On les conroiidiul nvec les ridculs l>iliaiivs ou on les pr^'iinit pour de.s matières fécalea durcies.

Vers la (in du premier rjuaii du six' siècle seulenieni, une série il'oljservalions eliniquos de GhiWn-n, de Torijol, de Laugier et d'aual>"r><«i chimi((nes de Fouci-oy, \'iiuquelin, Itobiquol, l'homson, Jliu-eet, lUtdiiû, itpprit ^ distinguer les calculs inteslinaiix des calculs biliaires luittx'menl que p;if leur densili^ et leur propriéli^ de surliager ou de '••ttïIht im fonil de IVbu,

L*'s substances minérales reneonti'ées dans ces calculs étaient assex ^ï«r-iiibles, mais il est h noter que le phosptialc de clinux élnit luujoui's ^■l^dolé comme prenant une ys\.i\ notable fi leur eonstilution.

Siuvenl, au centre de ces calculs, on avait renconti-é des em-ps

tl-t-anj^rs. noyiuix de eerise, petits calculs hiliaires, d*^'l>ris végéiniix,

'*■ «in iivait pti pensiT (|uo leur pit'sence était nécussaiiv pour servir de

•^'ntri-dagglomériition à la masse calculairo. La comparaison s'îm|Jo-

s«itHvcc les concrétions souvent renconlrtVs dans l'eslonHipet l'intes-

"1 dfs ruminajils el eoirnuessous le nom de 6f jocw.'i. Au cent n' rie ces

^*»wrs, on ln>uve des poils déglutis par les animaux ipii les avalent

"pK-ssAtre ti^liés.

lii connaissance du sable inlesùnal est de date beaucoup plus

'^'•'iile ; oUt" remonlc de la <'onirnunieation fmlc par l^aboulbène il

'Académie de médecine en 18"î3. A partir du ce moment, la i|ueslîou

'■iiilia danfi l'nubli. Malgré quelques travaux isMé.s, lechnpiln.'lillnii.si-

I mteglinalo disparût des lriiil<?s de pulliologic iiilerne. Le siiide inlesli-

Innl est de nouveau observé et étudié i"! partir tie IHQIî pur une série

d'observateurs Mongour, Oddo, Albert Mathieu, Dieulafoy ; on démontre sa nature chimique et ses relations avec la colite mueo-menibraneuse.

Description et composition chimique des concrétions imites tinales. — Les concrétions intestinales peuvent se présenter sous trois «\spects différents : des calculs, du gravier et du sable.

Les calculs sont certainement beaucoup plus rares que le sable intestinal. On peut en distinguer quatre variétés : a. les calculs proprement dits ou entérolithes / A. les iiicrustiitions de débris végét^iux ; c. les incrustations de matière fécale ou coprolithes ; d. les concrétions médicamenteuses.

a. Les entérolithes sont durs, de consistance pierr'cuse ; ils sont brunAtres, arrondis ; à la coupe, on les trouve constitués, le plus souvent, par des couches conc^^^ntriques superposées, cJternativement claires et foncées ; le centre est en général d'un blanc grisâtre, crayeux, plus friable. Ces calculs sont plus ou moins volumineux, les plus gros ne dépassent guère les dimensions d'une châtaigne ; touU.»fois, on en a signalé de beaucoup plus gros, de 12 centimètres de circonféivact; (Simson), de 19 centimètres (Dyer), de 23 centimètres (Moix>). Quelquefois il n'en existe qu'un seul, mms il peut y en avoir plusieurs ; 12 dans un cas de Moro, 32 dans une observation de ISieniever, pesant (»nsemljle deux livres et demie *.

O. Madt^ung a rapporté une observation bien curieuse de calculs intestinaux multiples. Un homme de trente-deux ans disait avoir avalé {\ l'Age de quatoiTie ans, une assez grande quantité de noyaux de cerises. Trois jours après, il éprouva des douleurs violenti\s au niveau du côlon transverse ; elles se ctilmèriînt bientôt. Mais plus tai-d, à quinze ans, douleurs dans la région épigastrique, troubles digestifs, vomissements acides ; selles rares précédées de douleurs d*ms la région du côlon trans verse. Tous ces ti'oubles ont persisté jusqu'au moment où il fut examiné par Madelung, ils s'étaient même accentués ; depuis trois ans, il y avait des vomissiîments pi-esque quoti* diens, tous les deux ou trois jours d(»s selles douloureuses amenant l'expulsion d(» petites billes diu-cs, sèches, inodores et comme pierreuses. Un jour, il y eut exj)ulsion t\ la suite d'un purgatif de deux calculs à facettes, ayant les dimensions d'un marron. A partir de ce moment, en l'espace d'un an, Iv malade rendit, grâce aux purgatifs, par deux ou trois à la fois, trente-deux calculs de môme as|K>ct et de dimensions à peu près égales. Douze d'entre eux furent siK'tionnés : ils renfermaient â leur centre un noyau de cerise. Au moment

* D'apivs LL'U-liU'nstcrn Zioiiissoins H«lb. Bd. VU. 2'" liante, 2'» Auflttge. p. 487.

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de rentrée à rbôpital, il y Avait à la région éjngasti'iqiie une tumeur dure du volume du pouig.

Un des calculs récemment expulsé pc^sail 2a grammes, il avait un diamètre longitudinal de 2 centimètres 9^ un diamètre transversal de 2 centimètres 8; sa couleur était bixinAtre. A la coupe on trouva le centre formé par un noyau do cerise ; autour de ce no>'au, une masse blanche, en lames concentriques, plus en de-hors, un<* masse d'un brun verdAtre, moins nettement divisée en lames superposées. La masse centnde tHait crayeuse, friable, la o<racbe périphérique beaucoup plus rf*sistanle. A la surface existaient des fftc<*ttes aplaties dues sans doute à la pression rtViproque de plusieurs calculs semblables.

Assers souvent, on a tmuvé un corps éti-anger au centrv des entéii)lithes, noyau de cerise comme dans ie fait précédent, calcul liidiain», débris végétal, petit morceau de t)ois de réglisse, aig>uille, oeuf d ascaride lombricoïde, petit fragment de granit, etc.

Les calculs de cette variété, d'apix*s l(»s ivlevé*s de Ijcic-litenstern irauraient été ol)servés que che« des individus jcnuuHi wicore.

b. Les calculs formés par di^ incrfisêafimis de dé/iris vAffélaux sont beaucoup mt>ins résistants ; ils sont s[>ongieux ou poreux. A la cou]>e, on y découvre faciU*m<»nt par Tc^xamen à Tcril nu ou ô la loupe un entre-croisement de fibres végétah^s; parfois, leur niasse est creusée de cavités. Leur volume atttûnt quelquefois h^ dimensions d'une châtaigne ou même d'une orange; on n'en trouve, en général, qu'un ou deux.

A cett(* variété d(» concrétions intestinales, se rattachent les avéno* lithes^ ccmcrétions formées autour de débris Av graiiis d'avoine chez U*s individus qui mangent I)eaucou[) de gruau d'av<iine ; on les ol)serverait en particulier fréquemment cIk»z les po|)ulations pauvn^s de l'Ecosse.

c. Chez certains malades très constipés et atteints de colitt» chronique, les scybales peuvent s'incruster de S(»ls calcaires et acquérir une duret(» véritablement pierreuse. Nous en avons vu de la grosseur d'une noix, de couleur blanchAtre, qui rebondissaient sur le sol à la façon de billes de marbre. Ce sont de véritables coproUthen qui méritent ré(»Uement de prendra place parmi Icîs calculs intestinaux. A la coupe, on les distingue parce qu'ils ne présentent [)as la (Uspositi<m (»n couche concejitrique habituelle aux-entérolithes.

d. Les concrfitions d origine médicamenteuse doivent èti*e misc^s â part ; elles sont fonnées par des substaiic(\s minérales prises pendant longtemps à tiln» de médicaments ; on a signalé ainsi des calculs dt» rnik\ de magnésie et de fer.

Au point de vue de leur composition chimicjue, h^s concrétions cal-

culeuses vraies, formées dans rintestin aux dépens de ses sécrétions, ont de grandes analogies. On y rencontre toujours une certaine quantité de substances organiques, et des sels minéraux. Le phosphate tri-basique de chaux représente la plus grande partie de ces sels ; on y trouve en outre assez souvent, en proportion moindre, du carbonate de chaux, du phosphate de magnésie, et du phosphate ammoniacomagnésien. Ce sont là, comme nous le dirons plus loin, les éléments que Ton rencontre à Tanalvse du sable intestinal. 11 nV a donc pas de différence de nature, mais seulement une différence d'ét«'U physique entre les calculs et le sable ; ce sont des concrétions identiques au point de vue de leur pathogénie et de leur composition.

Les proportions des sels qui entrent dans la composition des concrétions varient ; mais ces sels restent toujours les mêmes.

Sable intestinal, gravelle intestinale, — Le sable intestinal y lorsqu'on Ta aussi complètement que possible séparé des matières fécales avec lesquelles il se trouve mélangé, ce qui demande souvent des lavages répétés et des manipulations assez longues, se présente quelquefois sous la forme d'un sable jaunâtre très fin presque pulvérulent; plus souvent, il est d'un jaune brunâtre h grains plus gros, inégaux, d'un diamètre d'un quart ou d'un demi-millimètre. Parfois, c'est un mélange de grains brunâtres et de sable jaunâtre ou blancluUre.

Dans certains cas, ce n'est plus du sable, mais du gravier. Dans un de nos cas, l'aspect était assez exactement celui du poivre blanc grossièrement concassé ; un autre échantillon donnait l'idée de platnis grossièrement pulvérisé. Les graviers agglomérés par du mucus et dos matières fécales desséchées peuvent doimerlieu à des calculs fnables. non stratifiés, comme dans les vraies entérolithcs. Il en était ainsi dans un cas de Dalché rapporté par Chevalier.

L'analyse chimique du sable ou du gravier faite par des auteurs différents, a toujours montré les mêmes éléments minéraux, phosphate tri-basique de chaux, carbonate de chaux, phos[)hate ammoniaco-magnésien, et une quantité très minime de silice, chlorure de sodium, sulfate de soude, etc.

Le phosphate ammoniaco-magnésien peut manquer ou n'exister qu'en proportion peu considérable. Les sels calcaires existent toujours; en général, le phospliate, est notablement plus abondant que le carbonate. Ces s(*ls se trouvent mélangés à une certaine quantité de matière organique desséchée constituée par du mucus et de la matière fécale.

Voici, à titre d'excnnple, deux analyses faites par A. Hichaud sur (les éeliantillons de sable intestinal recueilli dans les selles de deux de nos malades.

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