DEUXIEME ECHANTILLON
Matières organiques 45,60
Phosphate tricalcique, 46.68
Carbonate de chaux 5,14
Matières minérales diverses 2,b8
La quantité des matières organiques varie naturellement suivant la façon dont le sable a été plus ou moins soigneusement lavé.
On ne trouve dans ce sable ni pigments biliaires ni cholestérine, ce qui le distingue du sable formé dans les voies biliaires.
Symptômes de la lithiase intestinale. — Les calculs et le sable intestinaux no se produisent pas sans qu'il existe de l'entérite ou plus exactement de la colite chronique ; c'est dans le gros intestin et plus particulièrement encore, semble-t-il, dans le caecum qu'ils prennent nais.sance. Dans les cas de sable ou de gravelle intestinale, il semble y avoir toujours ou tout au moins presque toujours colite muco-memhraneuse. On comprend combien il est difficile dans ces conditions de faire le départ des symptômes attribuables à la colite et à la lithiase.
Les calculs volumineux peuvent se reconnaître quelquefois à certains signes particuliers ou causer des accidents en vertu môme de leur volume. Parfois, comme dans l'observation de Madelung, résumée plus haut, on peut percevoir une tumeur à la palpation du caecum ou du côlon trans verse. Leur présence peut môme être la cause d'accidents d'occlusion intestinale. On comprend que Texpulsion de ces entérolithes puisse provoquer des phénomènes douloureux comparables à la colique hépatique comme nous l'avons vu personnellement dans un cas à propos de véritables coprolithes. On le comprend moins quand il sagit de sable intestinal. On ne se représente pas qu'une petite quantité de ce sable puisse être la cause de semblables douleurs expulsives.
Les crises à la suite desquelles se trouve rejetée une quantité de sable plus ou moins considérable sont en réalité de la même nature que celles que l'on voit survenir dans la constipation, au moment des débâcles et plus souvent encore dans la colite muco-membraneuse ; si les phénomènes douloureux, qui annoncent la gravelle intestinale, sont plus intenses, c'est qu'elles se produisent en général au cours de formes plus graves de la colite muco-membraneuse, à la
suite de périodes de stase plus longue au cours desquelles le sabU* a pu se former.
11 arrive cependant que, lorsque le catarrhe lithogène présente une intensité plus considérable, il se forme du sable d'une façon continue, et qu'il en apparaît dans cliaque selle pendant de longues périodes, que ces selles soit spontanées ou provoquées par des lavages du côlon.
Nous ne trouvons donc pas que Toxpression de coliques intestinales lithiasiques proposée par Dieulafoy soit pleinement justifiée ; en remployant, il convient tout au moins de ne lui attribuer qu'une valeur séméiologique, et non une signification pathogénique.
Pathogénie de la lithiase intestinale, — La pathogénie de la lithiase intestinale n'a pas été comprise de la même façon par tout le monde. Laboulbène pensait que les grains du sable intestinal étaient formés exclusivement par des éléments minéraux ingérés en même temps que les aliments végétaux ; il avait du reste été amené, |>ar l'examen microscopique beaucoup plus que par l'analyse chimique, à considérer le sable intestinal comme formé, pour la plus grande part, par de la silice. Les analyses les plus récentes, faites avec une grande précision par des chimistes compétents, ont montré seulement des traces de silice, à côté d'une masse très prédominante de sels calcaires, phosphate et carbonate. La théorie alimentaire de LcibouU bène ne s'applique certainement [)as à ces cas.
Pour Dieulafoy, la lithiase intestinale devrait prendre place à côtt' de la litliiase biliaire et de La lithiase urinaire ; elle serait la conséd'un état diathésique, d'une viciation des phénomènes de la nutrition générale : c'est la théorie diathésique.
La théorie diathésique ne nous paraît pas suffisammeul justifiée. Dans la lithiase rénale on trouve surtout de l'acide urique. des uralos et des produits d'excrétion, résidus des échanges nutritifs ; dans la lithiase biliaire, de la cholestérine, des pigments biliaires qui figurent normalement dans la bile, et sont également des produits de désassimilation et d'excrétion. Rien de semblal)le dans la lithiase int(*stinale, on n'y voit figurer aucun pi\>duit de désassimilaticm, aucun produit caractéristique de la fonction d'un organe d'excrt'^tion.
Les sels de ciiaux, qu'on y rencontre en proportion variable vitr-àvis l'un de l'autre, mais d'une façon très prédominante relativement aux autres cléments minéraux ne sont nullement spéciaux à l'intestin. On les voit figurer dans les calculs qui se forment part4}ut où il y a rétention des produits de sécrétion et descpiamation d'une mu- (jueuse enflammée. Des concrétions d'une composition tout à fiait analogue peuvent se produire dans les voies l)iliaires, dans la vessie.
LITHIASE INTESTINALE 311
les basHÎnets, les bronches, les caviU's nrtscile^s, les cryj)tes amyg"-. (ialienne».
La stase et la rétention des produits inflammatoires paraisst^nt nécessiiires pour que ces concrétions prennent naissance ; elles se forment en quantité minime dans les glandes dilatées, où on les distingue à Tétat de cristaux par Texamen microscopique; elles se forment en quantité beaucoup |)lus considénible de façon à constituer <!u sable, de la gra\elle ou des calculs dans les culs-<ie-sac d'un conduit, ou dans les poches closes comme la vésicule biliain». La clinique montre qu'elles se forment avec une abondance et une rapidité {)Ius grande dans les cavités dont la muqueuse est atteinte d'une inflammation chronique muco-purulente.
Les concrétions peuvent prendre naissance dans le liquide muqueux ;^ssez riche en chaux; il est |X)ssible aussi que la destruction, la nécrose des élément^s figurés ne soient pas étrangères à sa production. Ne voit-on [)as h^s foyers de nécrobiose de l'organisme se calcifier d'une façon régulière lorsque leur élimination au dehors n'a pu se faire?
Du reste, la production de la lithiase intestinale paraît n'être (\w rexfigéralion d'un phénomène pliysiologique. 11 y a normalement des sels de chaux dans les produits de la sécrétion intestinale; on en trouve dans les fèces normales. On a vu des cristaux de phosphate de chaux très nombreux apparaître i\ l'examen microscopupie dans les produits de sécrétion muqueuse et de des([uamation qui s'étaient accumulées dans rS iliacjue et le caH'um au-dessous d'un anus contrt» nature.
Rien d'étonnant à ce (jue des con(*rétions calcaires se forment en abondance lorsqu'il y a de la colite muco-membraneuse, lorsqui* les produits de sécrétion muqueuse, de desquamation épithéliale abondants s'épaississent dans le C(Mon sous Tinfluence de la stase. Rien détonnant à ce que ces concrétions soient d'autant plus abondantes (jue la production des muco-membranes est elle-même i)lus copieuse.
On comprend tr^s bien que les calculs se produisent par le dépôt de couches concentriques de sels calcaires vX de matièrcvs fécales autour d'un corps étranger qui en constitue le noyau, (^'est surtout dans le cfecum (jue ces calculs peuvent prendre naissanc(% ou encore dans la cavité de son appendice. Les cîilculs appendiculaires si souvent rencontrés à la suite de l'appendicitt», sont de composition chimique identique, et ils reconnaissent la môme pathogénie (voir ap|)end ici te).
Dans un organe dans lequel la stasc^ est moins complète, dans lequel, comme dans le colon, d(»s mouvements [)éristalti(|U(\s décollent-
et déplacent facilement la couche de concrétion calcaire produite à la surface de la muqueuse ou dans Tintérieur des muco-membranes, on comprend qu'il ne puisse se déposer que du sable ou de la g^avell(^ L'incrustation calcîûre des scybales, dans les mêmes conditions, donne lieu à la formation des coprolithes.
Diagnostic, — Le sable et les calculs intestinaux se distinguent d'une façon générale du sable et des calculs biliaires par l'absence de pigments biliaires et de cholestérine.
Parfois des concrétions végétales, par exemple les nodosités ligneuses qu'on rencontre dans les poires, ou encore les achènes d(* fraises ont été prises pour du sable intestinal; l'examen microscopique j)ermet d'éviter cette erreur.
Traitement, — 11 résulte de ce que nous avons dit de sa patliogénie qu'il n'y a pas à proprement parler de traitement de la lithiase intestinale. Ce qu il faut combattre c'est la constipation et la colite chronique (voir Colite muco-^membranensé).