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CHAPITRE VIII

HYSTÉRIE GASÏRO-INÏESTINALE i

Préambule. — Tous les accidents dyspeptique.^ dont il a été queslîon dans les chapitres précédents peuvent vse rencontrer chez les hystériques. Lorsqu'il existe des lésions chroniques de la muqueuse, lorsqu'il y a des troubles accentués de la sécrétion chlorhydropeptique ou des fermentations acides excessives par le fait de la tendance à la stase, les manifestations symptomatiques correspondantes peuvent être exagérées. Elles peuvent devenir le point de départ des syndromes plus particulièrement propres à Thystérie que nous nous pro- |K)sons(le passer en revue au cours du présent chapitre. Ces syndromes [H^uvent prendre naissance chez les hystériques sans qu'il soit possil)Ie d'invoquer une viciation préalable du chimisme stomacal, et, en tout cas, ce qui domine la pathogénie, c'est la prédisposition névropathique. Du reste, l'hystérie gastro-intestinale a une personnalité clinique suffisante pour que ses manifestations puissent souvent être directement rt»connues.

Les déterminations gastro-intestinales, ou pour mieux dire digeslîves de l'hystérie, présentent d'une façon générale les caractères d(*s manifestations sjTnptomatiques de cette névrose considérée dans son ensemble.

Elles surviennent souvent brusquement; c'est ainsi qu'elles peuvent s<* montrer à la suite d'une^ grande commotion physique ou morale, d'un grand traumatisme, de grands chagrins, de vives émotions, après une crise convulsive. Ce n'est pas là une condition absolue de leur développement, et l'on voit quelquefois les syndromes hystériques se constituer progressivement. Ils peuvent disparaître avec la môme rapidité qu'ils se sont établis.

Souvent on constate que ces syndromes sont caractérisés par la prédominance bien nette de (pudique phénomène de dyspepsie d'ob-

• n n'est que juste do déclarer au début ce cliapitre que nous nous sommes bcaucf»up servi pour sa rédaction de l'étude faite sur ce sujet par Gilles de la Tourctte ilans son Traité de Tliystérie.

servation du reste fréquente en dehors d'un état hystérique netteineni caractérisé. C'est ainsi que le spasme de Tœsophage, les vomissements, le météorisme, peuvent prendre une intensité et une prédominance telles qu'ils deviennent presque des stigmates hystériqu(\s.

\^ indifférence des malades, en présence d'aecidcnts pénibles. Uni ennuyeux, qui préoccuperaient fort justement toute autre catégorie de malades, peut être considérée comme un des caractères de cef étal morbide. C'est une des conséquences de la perversion de l'idéalion et de la volonté qui distingue les hystériques et leur donne une place particulière dans la série des névropathes.

La guérison possible par suggestion est considérée comme un des caractt^res spécifiques de l'hystérie. En réalité, l'influence de la sug^ gestion atteint son degré maximum chez les hystériques, bien qu'ellt» SI» rencontre également dans des états névropathiques que les neunJogistes distinguent de l'hystérie, dans la neurasthénie par exemple. Chez les hystériques, cette abdication de la volonté personnelle, cette subordination à une volonté étrangère atteint son degré le phis élevé, surtout lorsque les malades ont été soumis à ce point de vue à un entraînement méthodique. Cette particularité peut servir au diagnostic des complexus hystériques, et aussi, ce qui est plus précieux encore, à leur traitement.

Le plus souvent, les complexus symptomatiques de l'hystérie gastro-intestinale ne sont pas isolés, et on constate sur le même sujet d'autres manifestations de ce même état névropathique, et, plus particulièrement encore, de certains de ces phénomènes que l'on considèn» comme de véritables stigmates : hémianesthésie, {)oint^ hystérogônes. l'étrécissement du champ visuel, etc.

L'exploration de la région épigastrique peut fournir à ce propos des renseignements importants : on y trouvera souvent une pla(|ue plus ou moins étendue d'anesthésie ou d'hyperesthésie cuUuiée. En dehors de la gastrite aiguë et de la gastrite alcoolique, nous considérons la douleur à la palpation au niveau de la face antérieure et <h* hi grande courbure de l'estomac connue un signe d'hystérie gastrique. Le point épigastrique est fréquent ; il peut être véritablement hystérogène.

Xous étudierons les rom[)lexus syinptomatic|ues suivants :

S{)asme de l'œsophage ;

PiTversions de la faim;

Anorc»xie liysléri(iue ;

Ptyalisnie;

Vomissements ;

(îastralgie;

HYSTEKIET GASTRO-INTESTLXALE 315

Tympanite;

^'îciation do la motricité et de la sécrétion intestinales.

SPASME DE l'oesophage

L'œsophage est très fré(juemment le siège de déterminations nerveuses, surtout chez les hystériques. Aussi nous paraitr-il convenable (1<* ne pas exclure de cet exposé d'ensemble les manifeshitions dont il peut être atteint chez ces malades. Le spasme est |>anni les plus fréquentes et les plus significatives. 11 peut être passager ou perma-'

Au spasme passager peut se rapporter la sensation si fréquente de comtriction et de boule,

La sensation de constriction a le plus souvent pour siège la partie ^u{)érieu^e de l'œsophage, à sa jonction avec l'extrémité inférieure (le l'entonnoir pharyngé. Parfois, cette sensation de resserrement se pi'iKluit à la suite d'une crise de larmes, ou d'une crise convulsive. Elle gène toujours la déglutition, mais elle peut être si marquée que les malades se trouvent momentanément dans l'impossibilité de déglutir les alimenta.

La sensation de la baille^ n'est pas fixe comme celle de la constricliun; elle est mobile et remonte de la partie inférieure vers la partie supérieure de l'œsophage, où elle semble souvent se fixer. Elle peut être un des phénomènes prémonitoires ou initiaux de la grande crise convulsive.

Le spasme de l'œsophage peut se produire tV la suite d'une émotion, ^i disparaître au bout de queLqtie temps.. Il n'est du reste pas besoin <rêtre hystérique, pour éprouver, sous rinfluence d'une émotion vive, une constriction telle du pharynx (jue tout4î ingestion de liquide ou d(* >olide serait absolument impossible. Ce qui distingue le spasme des hystériques, c'est son intensité et sa tendance à durer. 11 peut devenir pertiuinent.

Les signes sont alors ceux d'un véritable rétrécissement de l'œsophage. Les aliments sont arrêtés dans leur descente .et provoquent une sensfàtion quelquefois fort pénible de constriction, puis ils sont rrjelés sans avoir pu être déglutis.

Nous pensons, avec Gilles de la Tourette, qu'on a dû souvent confondre cet état avec les véritables vomissements incoercibles.

Souvent, ce faux rétrécissement se distingue pai' certains caraclèivs, certaines bizarreries qui sont bien de nature à démontrer le nMe de la perversion de l'idéation et de la volonté dans leur genèse. Parfois il y a une séleclion pour les alimentî» qu'on ne pourrait

nullement comprendre avec un obstacle mécanique. Parmi des aliments d'égale consistance, les uns sont déglutis sans difficulté, les autres arrêtés. .

On cite des malades qui déglutissaient les solides et pas les liquides, d'autres qui ne pouvaient avaler que des pommes ou des caix)ttes, etc.

La contracture peut être intermittente, elle disparaît à certain?» jours, à certaines heures, pour se reproduire sans raison appréciable, dans des conditions analogues d'alimentation.

Les mêmes variations se constatent à l'exploration par la sonde. Un jour, le cathétérisme est impossible, un autre jour, au contrain», on le pratique sans difficulté. 11 est à noter qu'on a vu assez souvent le spasme disparaître à la suite d'un simple cathétérisme.

11 n'en est pas toujours ainsi. En effet, le point contracture peut être le siège d'une douleur vive, que réveille le contact du bol alimenlaifv et de la sonde. 11 peut y avoir même à ce niveau un véritable /?oi/*^ hystèrogènej de telle sorte que les tentatives de déglutition des jdiments ou de passage de la sonde, peuvent provoquer une véritable crise hystérique.

Sous l'influence du spasme de l'œsophage, l'alimentation des malades peut se trouver restreinte dans des proportions très grandes. 11 peut en résulter un état grave d'inanition. Les malades maigrissent, s'affaiblissent, s'anémient, se cachectisent. La mort même peut être la conséquence de cette alimentation insuffisante. C'est ce qui eût Deu dans un cas rapporté par Monakow. La malade atteinte de spasme total de l'œsophage mourut d'inanition après un mois de maladie. A l'autopsie, on pût constater qu'il y avait une dilatation considérable de l'œsophage, avec épaississement des tuniques musculaires, mais sans rétrécissement organique.

Heureusement, cette terminaison fatale est exceptionnelle, bien que .*çouvent on ait pu concevoir de graves inquiétudes sur le sort des malades. 11 n'est pas rare qu'il y ait combinaison ou alternance du spasme de l'œsophage, des vomissements incoercibles et de raiu>rexie hystérique.

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