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ABSORPTION STOMACALE

Les substances alimentaires introduites dans l'estomac ne peuvent le quitter normalement que de deux façons : par évacuation dans le duodénum à travere le pylore et par absor[)tion.

Nous étudierons plus loin l'évacuation pylorique de l'estomac en même temps que sa motricité. Pour le moment, vo^'ons ce que l'on sait de l'absorption stomacale.

Le véritable appareil d'absorption alimentaire est re|)résenté chez les mammifères par les villosités de l'intestin grêle; suivant la comparaison clfissique, ces villosités sont à l'animal ce que les racines sont à la plante. 11 est donc déjà rendu |)robable, rien que par la structure de l'estomac, que son rôle dans l'absorption ne peut être que secondaire, accessoire. On lui a même dénié toute participation à la pénétration des éléments de la nutrition dans le s^'^stème circulatoire,

Bouley et Colin ont conclu de leurs expériences sur le cheval que la muqueuse stomacale n'absorbe pas la strychnine. Ces conclusions sont-elles applicables aux autres animaux et à l'homme, cela n'cvst pas démontré.

11 paraît résulter des recherches de Ta})poiner, Anrop, von Meiûng, Brandi, Miller que l'estomac du chien absorbe l'alcool, le sucre, la lactose, le sucre de canne, le sucre de raisin, et aussi, mais en proportions moindres, d'aprtXs von Mering, la peptone et la dextrinc».

Von Mering a établi des fistules duodénales chez des chiens. 11 pouvait ainsi recueillir, analyser et doser tous les liquides à la sortie de l'estomac. L'eau ne serait pas al)sorbée mais il y aurait en revanche, absorption d'une assez notable quantité d'alcool, de chlorure de sodium, de glucose et de peptone.

A. Hirsch n'a pas non plus constaté d'absorption de Teau pure dans reslomac de chiens munis d'une fistule duodénale, mais il admet cette absorption lorsqu'il s'agit de solutions faibles d'acide chlorhydrique, d'acide oxalique, de soude ou d'eau de Seltz.

Ce qui complique les choses, c'est que l'estomac, on même temps qu il évacue son contenu par pc^tiles gorgées pyloriques, secrète une certaine quantité de liquide qui vient augmenter le volume de celui qu'on y avait introduit.

Des cx{)ériences ont été faites sur l'homme à l'aide de la sonde gastrique. Javorski * introduisait dans l'estomac un mélange de solutions de sels divers; au bout de quelque temps il extrayait une certaine quantité du contenu stomacal et constatait que certains sels avaient disparu en proportion plus grande que les autœs : cela ne pouvait s'expliquer que par une véritable absorption élective par l'estomac.

J. Miller en se servant de solutions qu'il introduisait dans Testomac par Li sonde, pour les retirer au bout de quelque temps et mesurer leur densité, est arrivé à des conclusions semblables à celles de von Mering.

Tout cela est, on le voit, encore bien incertain, heureusement la question de TiU^sorption stomacale est en réalité d'intérêt secondaire. On sait qu'elle ne peut pas en tout cas suppléer l'absorption intestinale. La mort est la conséquence inévitable de l'oblitération du pylore, soit en pathologie expérimentale, soit en pathologie humaine.

MOTRICITÉ DE l'eSTOMAC

La muqueuse stomacale tapisse une poche musculaire, un muscle creux dont la fonction est de mélanger intimement les aliments divist's et insali vés avec le suc gastrique, de brasser le mélange pendant un certain temps et de le projeter ensuite dans le duodénum à travers le pylore.

Depuis les expériences de Beaumont sur le cliasseur canadien Saint-Martin qui présentait une fistule gastrique accidentellement produite par un coup de feu, on admet que le contenu de l'estomac ne reste pas immobile dans sa cavité, mais qu'il est continuellement en mouvement du grand cul-de-sac vers le pylore et riH'iproquement. Brinlon admettait un courant périphérique allant de la grande courbure au pylore et un courant central allant du pylore Acrs la grande courbure.

D'après Hofmeister et SchCitz, il y a deux périodes dans la con- Imclion du muscle stomacal ; dans la première, les fibres circulaires de la grosse lubérosité se contractent de toutes parts ; en même temps

se produisent des dépressions verticales qui progressent du cardia au pylore ; c'est au niveau de la limite de la région pré[)yloriquc et de la grosse tubérosité qu'elles ont Tintensité la plus grande. La seconde phase est représentée par une contraction énergique de l'antre prépylorique en masse. On ne constaterait d'ondes péristaltiques rétrogrades que lorsque Testomac renferme des corpuscules solides.

Ce n'est pas ainsi que Rossbach décrit les mouvements de l'estomac d'après ses expériences sur le chien.

Pour lui, les mouvements péristaltiques, d'îibord faibles, puis de plus en plus marqués persistent pendant sept à huit heures. Ils ne se produisent que dans la moitié qui avoisine le pylore, c'est la « région motrice » de l'estomac. La grosse tubérosité, en revanche, ne présente aucune mobilité ; elle est simplement appliquée contre la masse alimentaire. Les mouvements commencent toujours au môme niveau, au niveau de la partie moyenne de l'estomac ; à cet endroit ils déterminent une dépression circulaire très accentuée. La contraction se prolonge par des ondulations successives jusqu'au pylore où elles s'arrêtent net. Au moment où la digestion est dans son plein, la dépression circulaire de la paroi est si marquée que la lumière du résen'oir disparaît complètement.

Roux et Balthazard, en se servant des rayons de Rœntgen et en examinant des estomacs de grenouille, de chien et môme d'hommes ont pu voir ces contractions, les dessiner et les radiographier.

Les auteurs sont d'accord en tout cas pour considérer la région prépylorique comme de beaucoup la plus active. L'estomac ayant normalement une situation presque verticale, on comprend très bien que la petite tubérosité supporte la plus grande partie du poids des aliments et qu'il joue dans leur manipulation et leur expulsion un rôle considérable.

Comment se vide l'estomac, en bloc ou par gorgées successives ? Les auteurs ne sont nullement d'accord sur ce point.

Ch. Richet est de ceux qui admettent l'évacuation en bloc. Il observait un jeune homme auquel on avait pratiqué la gastrostomie pour une oblitération cicatricielle complète de l'œsophage. « Les ahments, dit-il, ne disparaissent pas de l'estomac successivement. Il semble, au contraire, qu'ù un certain moment, tout d'un coup, ils passent en bloc pour ainsi dire dans l'intestin. L'estomac ne mol guère plus d'un quart d'heure h se vider com|)lètement. Pendant ti'ois heures et demie, je su|)pose, la masse alimentaire ne changera pas de volume ; mais une demi-heure de plus, et pres(|ue tout aura disparu, en sorte qu'on ne pourra retrouvei* dans l'estomac que des débris de ces ahments. »

Rossbach admet de môme que, chez le chien, le pylore reste fermé pendant toute la durée de la digestion ; pendant quatre à huit heures, il ne laisse pas passer une goutte de liquide dans le duodénum. L'évacuation gastrique commençant brusquement à la fin de la digestion stomacale, le contenu de Testomac se trouve projeté coup sur coup à travere le pylore. Le sphincter semble s'ouvrir et se fermer personnellement, en dehors des contractions de Teslomac.

D'autres auteurs, au contraire, admettent Tévacuation constante, progressive du contenu de Testomac.

Von Mering a vu chez des chiens pourvus d'une fistule duodénale, 400 centimètres cubes d'eau se vider en 30 à 75 minutes, Hirsch, qui observait dans les mêmes conditions, a vu la sortie des aliments commencer sur un chien de berger au bout de dix minutes avec du lait, de 20 minutes avec du pain et d'une heure avec du lard. L'expulsion du contenu gastrique se ferait par gorgées successives plus ou moins rapprochées (un quart de miimte à plusieurs minutes), h partir du nK)ment où elles ont commencé.

\^^ Busch, chez une femme ayant une fistule intestinale, a vu le chyme se montrer 13 minutes après l'ingestion des aliments.

Nos expériences personnelles et celles de Iloux et Balthazard sont également en faveur de l'évacuation progressive.

Grâce à une- méthode particulière (jue nous avons fait connaître par une série de communications à la société de biologie, nous avons pu déterminer quelle éU\it au cours de lu digestion la quantité du liquide primitivement ingéré successivement éliminé au bout de 30, de 60 et de 90 minutes, après un repas d'épreuve composé de 230 grammes de thé léger et de 60 grammes de pain rassis.

Nous avons vu que le volume total du liquide contenu dans l'estomac diminuait régulièrement entre 30 et 1)0 minutes et que la (juanlilé du liquide ingéré s'abaissait de la même façon suivant une hgne parallèle.

Ce mouvement d'évacuation du liquide stomacal au cours de la digestion d'un repas d'épreuve d'Ewald est parfaitement représenté par les tracés que nous reproduisons ici. Ils indiquent exactement ce qui s'est passé chez l'infirmière qui nous avait servi de sujet d'étude ; les recherches faites sur une autre personne nous avaient donné des résultats tout à fait analogues.

Nous sommes donc amenés fi admettre que l'estomac se vide d'une façon régulière pendant tout le cours de la digestion, à partir des 30 premières minutes tout au moins. Du reste, le simple examen des résidus de pain de repas d'épreuve devait amener également à la même conclusion.

On a [)rétendu que les liquides ne s'arrêtaient pas dans Testomac ; grâce à la contraction de la cravate de Suisse, ils étaient directement versés dans le duodénum, l'estomac se trouvant momentanément divisé en une poche destinée à recevoir les aliments solides et en un

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