COMPOSITION ET MODE D ADMINISTRATION DES LAVEMENTS ALIMENTAIRES
Les expériences faites à ce sujet ont démontrt'* que la meillc^un* fa<;on de faire absorber les sul)stances albunnnoïdes par la voie rectale était de les donner sous la forme de peptone (Voit et Bauer Cjitillon), de viande finement hAchée avec du pancréas, dans la pn»- [)ortion d'une partie de pancréas pour trois parties de viande (Leube, ou encore d'œufs battus dans une solution de chlorure de sodium (Huber, Ewald). Xous basant sur ces données, voici comment nous instituons l'alimentation rectide toutes les fois qu'elle nous parait indiquée.
Nous donnons la préférence aux œufs battus dans l'eau salée, (jue les recherches de Huber et d'Ewald ont montré avoir une vah'ur presque égale ù celle d(\s |H»ptones. Xous ne nous servons pas du la\ t^ ment à la viande et au j)ancréas finement haché qui a donné d'excellents résultats cliniques et expérimentaux à Leube, à cause de la difficulté de se [)rocurer du jiancréas d'une façon régulièœ, dans un étal satisfaisant de conservation ; mais nous reconnaissons que les observations publiées sont très favorables à son emploi. Xous ne nous st»rvons pas non plus habituellement de peplont* à cause de la dilïiculté assez grande de se procurer dans le commerce de la peptone suffisamment pure, avec la(jU(»lU» on ne risque pas d'amener une irritation plus ou moins vive du rectum.
Xous ne d(mnons pas d'cMnblée des lavements tiiïs chargés de substances nutritives de peur d'irriter Tintestin dont il convient de tAter la susceptibilité. 11 vaut beaucoup mieux pi'océder prudemment et progressivement. Le pn^mier jour on peut se contenter de donner des lavemcnits avec une solution d(^ chlorure de sodium à (J p, 1000. On d(mne ainsi quatœ lavements do 2o0 à 300 grammes chacun ù quatre ou cinq hrui(\s d'intervalle l'un de l'autre. On aura toujoure soin de donner le matin un premier lavement év{\cuateur de fav*)n à vider et à nettoyer la ])artie inféi'ieure du gros int(\stin. L(» lendemain ou le surlendemain, on ajoute à chacun des lavements précédents un ou
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deux œufs bien battus dans un peu dVau. Les œufs sont battus jaune et blanc, jusqu'à ce que le blanc ne (île plus; au besoin on passe à inivers un U\niis pour enlever les filaments d'albumine non dissociés par le battage. Si ces lavements ont été bien supportés, on remplace la moitié de Teau par une quantité égale de lait, puis enfin, on se sert de lait salé exclusivement. Les lavements sont alors composés de 230 à 300 grammes de lait, de 2 œufs bien battus jaune et blanc et de 4 gmmmes de sel : les recherches de Iluber démontrent que la proportion la plus convenable est de mettre 2 grammes de sel j)ar œuf.
On peut au besoin ajouter à ces lavements une petite quantité de cognac (une cuillerée à café) ou du laudanum \H)ur les faire tolérer plus facilement.
I^our administrer ces lavements, le mieux est de se servir d'une poire en caoutchouc de 300 h 330 grammes et d'une canule en caoutchouc rouge. Us devront être portés à 13 ou 20 centimètres au delà de l'anus. On peut les porter plus haut encore à l'aide d'une sonde, mais cela ne paraît pas indispensable.
Indications des laveînenis alimentaires, — Les lav ements alimentaires sont indiqués dans deux conditions principales : a. lors(ju'on veut suppléer à l'insuffisance de l'alimentation parles voies naturelles; A. lorsqu'on veut momentanément maintenir l'estomac au repos.
a. On est amené à sui)pléer à l'insuffisance de l'alimentation par les voies naturelles lorsque quelque lésion s'oppose au passage des aliments de la bouche dans l'estomac, de l'estomac dans l'intestin, ou encore loi'sque les aliments se trouvent rejetés de l'estomac, par le vomissement, rapidement aprtîs leur ingestion.
Le rétrécissement de l'œsophage et celui du [)ylore sont les lésions qui empochent le plus souvent les substances alimentaires de parvenir en quantité suffisante dans l'estoïnac et dans l'intestin. On ne [)eut pas prétendre alimenter les malades par le rectum d'une façon durable, il ne faut cerUiinement pas trop compter sur ce mode d'alimentation pour nourrir les malades et surtout pour les remontei*, mais il pourra apporter un utile appoint; il permettra surtout de faire l'intervention chirurgicale dans de meilleures conditions. Ce serait une faute de trop compter sur l'alimentation rectale, et de laisser les malades s'affaiblir de telle façon que l'opération ne puisse plus se faire que chez un homme trop affaibli |)Our la supporter dans de bonnes conditions.
ô. Les conditions dans lescjuelles il y a avantage, sinon urgence, à supprimer complètement l'accès d(\s aliments dans Testomac, sont assez variées : gastrite aiguiS ulcérations, gastrorrhagie, stase avec
hypersécrétion chlorhydrique. crises gastriques, vomissements incoercibles. La suspension momentiuiée de Talimentation buccale pennei aux lésions de s'améliorer, i\ Thémorrhagie de s'arrêter, h Tirritation (le la muqueuse de se calmer. Dans un assez grand nombre de c«is, rien ne vaut la mise de IVstomac au repos le plus complet.
On a conseillé encore d'avoir recoui-s à l'alimentation rectale pour amener la rétraction d'un estomac dilaté, et combattre la tendance i\ la stase.
Durée de r alimentation rectale. — Pendant combien de temps l'alimentation rectale sera-t-elle continuée ? Cela, on le comprend, dépend de circonstances différentes ; et, en particulier, de la natun* de la maladie et de la tolérance de l'intestin.
Dans les cas où il s'agit d'une lésion dont une opération chirurgicale peut seule avoir raison, nous avons dit déjà qu'il ne fallait pas tmp s'attarder à essayer d'alimenter les malades exclusivement par le rectum. Dans certains cas d'irritation de l'estomac ou de stase, par exemple dans la stase avec hypersécrétion continue, quelques joui's [louri-ont suffire pour amener une amélioration considéi*able. Dans l'ulcère rond, surtout en présence d'un accident grave comme la gastrorrhagie, l'alimentation rectale sera maintenue plus longti^mps ; en général nous ne la maintenons que pendant sept à huit joui-s ; d'autres auteurs l'ont poursuivi pendant beaucoup [)lus longtemps, et jusqu'à lo jours à un mois (Tournier.)
11 conviendra du reste d(» s'inspirer des circonstances et de régler sa conduite, non seulement sur le diagnostic, mais aussi sur la fa^on dont se com|K)rte le malade. On tiendra compte de l'état général, des variations du j)oids, de la quantité d'urine émise, l'urine rendue dimnant une idée excellente de la façon dont se fait l'absorption A^s li(|uides, et de la tension artérielle.