PRESSION ABDOMINALE
Prophylaxie, — Le trait<'ment prophylactique de la diminution de la i)ression dans la cavité abdominale (»t de la ptôse des viscères contenus dans c(»tte cavité pourrait rendre de grands services et empêcher l'évolution [)rogressive d'accidents parfois si pénibles et si continus que» les malades deviennent de véritables infirmes obligés de renoncer à huirs occupations habituelh\s et à la vie commune.
Les personnes les plus exposées dans l'avcMiir aux ptôses abdominales et à huH'S cons(V|uences sont certainement les j(*unes filles à tendance aiiémiepie , chlorotiijue, lyniphaticpie ; la prédisposition
directe héréditaire semble bien neili\ Il conviendra donc de surveiller tout particulièn»inent les jeunes filles dont la mère est alitante ellemême Thypotension al)dominale et de ptôses viscérales. Il faudra les soumettre i\ une hygiène qui combatte le mieux possible la faiblesse» congénitale et la tendance au relâchement de leui's parois abdominales el du système de sus|)ension des organes contenus dans Tabdomen. On k*s fera vivre le plus possible au grand air, on leur fera faire un exercice muscuLiiiv régulier; on leur donnera Thabitude quotidienne des grandes ablutions d'eau froide. La gymnasticjue suédoise en exerçant plus particulièi^ement les muscles abdominaux, le massage général, le massage local de Tabdomen pourraient certainement se montrer utiles dans ces conditions.
L'attention sera portée ver*s les vêtements. Les coi'sages qui engainent trop étroitement le thorax, le corset, les ceintures trop serré<\s ont une action néfaste que beaucoup de femmes reconnaissent sans pourtant renoncer à leur usage.
Une idée fort contestable de Testhétique des femmes leur fait considérer la finesse la plus grande de la taille (!omme un des élémi^nts les plus importants de la beauté; les maigres elles-mêmes, qui n'en auraient pas besoin serrent leur's corsets avec excès, quand aux
grîLsses Une fois le corset mis, vient la ceinture de la jupe qui a
ivgulièrement 2 au 3 centimèti*es de moins que la partie du corset sur laquelle elle s'applicpie.
Cette pression qui immobilise et déforme la partie inféneurc du thorax force les viscères abdominaux à s'allonger ou à descendre verticalement : l'allongfMnent ou la ptôse du foie, la |)tose des reins et du pylore sont les conséquences les plus nettes et les plus graves de ce cerclage de la base du thorax. L'anémie et la faiblesse (pii résultent de la diminution des mouvements respiratoires et de la gêne mécanique de la digestion viennent encore acci-oître la prédis|>osilion à l'hypotension abdominale et aux ptôses. On conçoit que les consé- (juences dé ces pratiques anti-hygiéniques soient surtout graves chez des jeunes filles en voie de dévelo[)pement, chez des sujets jeunes chez l(»squels les tissus ont encore une plasticité qui rend les déformations et les déplacements organiques plus faciles. Elles sont aggravées souvent encore par une mauvaise hygiène générale : la vie dans l'air confiné, les dîners en ville, les bals, etc. Ce dont on peut î\ bon droit s'étonner c'est que quelques femmes encore |)uissent résister à cette déplorable éducation physique. Le nombre de celles qui n'y résisteul pas semble du reste s'accroîtrv dans de regri»ttables et dangereuses projK)rtions.
L'hygiène générale et l'hygiène du vêtement devmnt être particu-
liôromenl siirvei liées daiis coHainos rii*constaiu»(\s. par exemple, pendant la convalescence des nialadies aigui^s, après raccouchenienl surtxiiit chez les jeunes fenrjmes dêj*^ manifestement atteintes de [)toses ou simplement jirodisposées. Il conviendra de ne pas les laisser se lever trop tôt et de maintenir Tabdomen suffisamm(»nt sanglé pendant tout(* la période de rétraction.
L'usage du corset, qui entraîne du reste l'emploi de corsag(\s d'une coupe particuliÙFv, et d'une ceinture fortement seri-ée, ayant été mis en cause et accusé de nombreux méfaits, il a pu paraître simple de tranclHT la (|U(\stion et de faire disparaître la cause de tant de maux : on en a proposé purement et simplement la su[>[)ression. Malheureusement, les vêtements des femmes sont faits pour être mis avec un corset; les cordons des jupons, la ceinture do la jupe doivent être serivs sur lui et y prendiv leur point d'appui. Lorscju'on supprinu» le corset, il reste l'étranglement pnjduit par les cordons des ju|)ons et la ceinture de la jupe; le bénéfice est contestable. En supprimant le coi*set il faudrait modifier le mode d'attache des jupons. L'idéal c'est la l'obe d<^ chambre retenue seuliMiient à la taille par une large ceinture en échaq)e ; mais nous ne sommes ceriaiiunnent pas à la veille de voir la robe de chambre adoptée comme le tyi)e unique du vêtement féminin. Les jupons pourraient être attachées j\ une brassière comme celk» dont <m se sert pour li»s enfants : le poids des vêtements se trouverait alors suj)porté [)ar les épaules; malhinireusement la l)rassière ne dégag(» par suffisamment la taille.
On a donc essayé d'entivr eu composition avec 1(* corset (pi'oii était obligé de (*onserver. On en a diminué la hauttnir, on a supprimé le buse, on s'est servi de baleines fort légères et très soufdes ; on s'est ingénié j\ (Mnplov(M' des tissus élastiques dans tous les sens. Ces perf(M»tionn(Mnents ne sont certainement |)as i\ dédaigner, nuiis ils ne font que diminuer, ils ne suppriment pas com|)lètement les inconvénients du corset et des vêtements faits pour être ajustés sur lui.
Traitement de t hypotension abdominale et des ptôses hiscérales. — L'indication lhérapeuti(|ue résulte bien nettement de l'étude s(''nieiologi(pie (*t [)hysiol<)gi(|ue de ces T'iats anormaux : il faut relever la tension abdominale, en agissant de bas en haut de fayon ù rt»monler d'un seul I)1(k* tout le contenu du vcMître. Le coiset dont nous venons de médin* tend à auginenterla pression, niais en abaissant les onganes Nous aj()ut(*rons que, cpiand les ptôses sont doult»ureuses. il conviiMit (riinniobiliser les organ(\s h» mieux possible, L(\s nuncMier h leur place nonnale e>t souvent unt* indication tout à fait siM'ondairi» : importante pour resioinac. elle \\^s{ beaucoup moins pour le rein (pi'aucun appareil mécanicjue ne p(Uit maintenir dans sa log(» lorscpi'ily a été replacé.
Pour obtenir ce rt^sultat, on a employé deti ceintures de divei*» ordres. Elles n'ont pas toutes la même valeur.
Le tvpe presque exclusivement employé au début était c€4ui de la ceinture de grossesse large et assez fortement excavé(\ Elle convient très bien aux ventres obèses, volumineux, saillants et tombants. (^uand il y a s'unplement saillie sous-ombilicale de rid)domen, par ptôse du paquet intestinal cette ceinture n'est plus d'aucune utilité; elle bâille par en haut et n'est que diiiicilement nuiintenue en situalion.
Le probk'me à résoudi'e est surtout de remonter la partie sousombiliesde de l'abdomen. On y arrive souvent avec la sangle de Glénard qui n'est en somme qu'une large ceinluit* analogue à une <*einture de pompier, en tissu peu élastique, qui embrasse les épines ilia(]ues sur lesquelles elle prend son point d'appui. Elle doit être mainti^nue par des sous-cuisses ou des jm'i'etelles ; il en est de même du l'esté de toutes les ceintures.
La sangle de Glénard qui a rendu tant de seiTices a deux inconvénients : la pression qu'elle produit sur les os iliaqut^ est quek|uel'ois difficilement suj)portée, et, d'autre pai-t, elle ne relève pas toujours suffisamment L\ partie sous-ombilicale de l'abdomen. Pour obvier à ce second inconvénient, ce qui convient le mitnix, c'est de renforcer la sangle jiar un coussin appbcjué immédiatement au-dessus du pubis. Nous lui donnons habituellement la fomie d'une demi-lune ou d'un croissant plus épais en bas qu'en haut, (h* fa^on à former ainsi une sorte de pkm incliné qui, sous l'influence de la j)ression, rvlève l'abdomen de lias en haut et d'avant en arrière. GrAce à un coussin semblable, on peut modifier la ceinture de Glénard, l'élargir un peu et l'échancrer au niveau des é|)ines iliaqu(\s. 11 faut en tout cas qu'elle resli^ tixée en bas par des sous-cuisses ou des jarretelles.
L'usage simultané du corset et d'une sangle abdominale est certainement assez illogique en théorie et tivs incommode en pratique. Aussi îk-t-on cherché à ivaliser un corset-ceinture qui ait les avantages du coi'set et de la ceinture sans en avoir les inconvénients. Le modèle Gaches-Sarniute nous parait i-éalisi»r aussi bien que possible vv difiicile idéal. C'est en somme une ceintui'e en avant et un corset en arrièiv. Le corset en arrière dessine la taille et sert (raj)pui aux vêt<^ ments; sa partie antérieure*, exclusivement sous-ombilic{d(», fornu» eeinlure et relève fortement le ventre en haut. On pourrait dans cei*tains cas, chez les femmes maigres, renforcer cette sangle (jui [)rend son point d'appui sur les hanches par un coussin a plan incliné semblable à celui dont nous avons parlé plus haut. Avec ce coi*set. hîs cordons du jupon ne sont plus serrés hoiizontalement par-dessus le
corset, mais obliquemenl ramenés en bas pour être attachés à un crochet renversé. Avec cet appareil, la tension abdominale est maintenue ou rétablie, Testomac remonté, et, circonstance heureuse, les dernières côtes restent libres de toute constriction ; les mouvements respiratoires de la base du thorax ne sont pas entravés.
Traitement individuel de chacune des ptôses viscérales, — Il peut y avoir intérêt à soutenir et à immobiliser Tutérus ptosé et flottant par des moyens appropriés sur lesquels nous n'avons pas à insister ici. Nous venons de dire ce qui nous paraît le meilleur contre» l'abaissement du pylore. Peut-on combattre directement et isolément la ptôse du rein et celle du foie. Nous considérons comme absolument impossible de maintenir ces organes à leur place rt'^gulière en se servant des pelotes si souvent mises en usage à cet effet. Elles imposent aux malades un supplice parfaitement inutile ; on ne peut pas se représenter que des pelotes puissent à travers la paroi abdominale immobiliser des organes d'un glissement aussi facile. On devra se contenter d'agir sur l'abdomen pris dans son ensemble de façon à obtenir une immobilis^ition aussi parfaite que possible de l'ensemble des viscères abdominaux y compris les organes ptosés.
L'intervention chirurgicale, très à la mode il y a une dizaine d'années contre la néphroptose. est maintenant presque complètement abandonnée. On devra réserver la nêphropexie à certains cas particuliers, par exein|)le h ceux dans lesquels il existe une hydronéphrose intennittenle.
XJhépatopexie^ beaucoup moins souvent pratiquée que la fixation du rein, a donné quelques succès : ce ne doit être à notre avis qu'une opération exceptionnelle.
Traitement des paroxysmes douloureux, — Nous avons vu que, chez les malades atteints de [>toses viscérales, les phénomènes douloureux peuvent prendre une grande intensité. Les malades souffix»nl beaucoup sous l'influence de la digestion, de la marche, quelquefois ils ont de l'intolérance gastrique, des vomissements, des douleurs intestinales ; souvent par la palpation on constate un endolorissement marqué de l'abdomen avec maximum au point é|>igastrique ; le côlon est souvent contracture et douloureux, la colite muco-membraneuse n'est pas rare. Lorsque les phénomènes douloui'eux ont pris une certaine intensité, il faut tout d'abord mettre pendant un t(*mps suffisant l(\s malades au repos dans le décubitus horizontiil. Quinze jours ou trois semaines de repos au lit procurent alors un soulagement qu'on ne peut pas obtenir sans cela. Il est bon, pendant le séjour au lit, de sangler assez fortc^ment le ventre ù l'aidt» d'un bandage de corps et d'une éj)aisse couche d'ouate. Lorsipie les malades seront autorisés
THERAPEUTIOUE GEKÉRALE DES MALADIES 389
à se lever, on devra leur faire porter une ceinture abdominale appropruV.
Le repos au lit suffit souvent pour amener une amélioration marquée. Ses bons effets démontrent souvent d'une façon bien nette Tinfluence no<*ive de la station debout, de la marche et de la fatigue. Vépreuve du lu est quelquefois démonstrative à ce point de vue. On aidera à la détente par des applications chaudes, des bains chauds, par Temploi de calmants médicamenteux.
Très souvent, les phénomènes de dyspepsie gastro-intestinale comporteront un traitement dont les indications seront données dans des chapitres ultérieurs. Le plus souvent, on aura à combattre la tendance à la stase gastrique, la constipation et souvent la colite muco-membraneuse. Nous devions nous borner h dire ici les indications qui, dans des états dyspeptiques souvent assez complexes, résultent du fait même de la ptôse et de Thypotension abdominale.
TRAITEMRNT DES VIGIATIONS DE LA MOTRICITE STOMACALE
II n y a pas lieu de nous arrêter sur Yexagération de la motricité gastrique.
Les cas dans lesquels l'évacuation du contenu stomacal se fait avec une rapidité excessive sont rares et mal connus encore.
L'évacuation hâtive de l'estomac que l'on peut rencontrer tantôt avec l'hyper, tantôt avec l'hypochlorhydrie , est l'indice d'un état d'excitation contre lequel il serait logique de mettre en œuvre les divers moyens calmants qui seront ultérieurement énumérés. Elle n'aurait d'inconvénient grave que si elle se trouvait liée à une excitation parallèle de la motricité intestinale : il en résulterait naturellement de la diarrhée et même de la lientérie : on trouvera plus loin des indications thérapeutiques qui conviendraient parfaitement à ces cas.
Ralentissement de l'évacuation du contenu stomacal. — Il est beaucoup plus commun, et même tout à fait banal dans le traitement des états dyspeptiques, de se trouver en présence d'un ralentissement plus ou moins marqué de l'évacuation du contenu stomacal. On a vu, dans les chapitres consacrés à la pathologie, que ce retard dans l'évacuation de son contenu présente une importance considérable dans la physiologie des maladies de l'estomac. Par lui-même, le séjour prolongé des substances alimentiûres dans la cavité stomacale, est une cause d'accidents graves. Grâce aux germes toujours présents en quantité considérable, les fermentations tendent à prendre une importance exagérée. Il tend surtout â se produire des acides et des gaz. Les acides
exercent sur la muqueuse stomacale une initatioii nuisible ; de plus, par eux-mônies ou par les sul)stances div(»rses (jui ont pris naissance en même temps qu'eux dans le contenu de Testoinac, il j>eut se pmduire des effets dHrriiation ou d'intoxication à distance. Le foie, le pœmier expose^ au contact de ces substances nociv<*s^ serait souvent congestionné, et parfois m6me, à la longue, atteint d'une forme particulière de cirrhose que Haiiot appelle cirrliose de Budd et que son t'^lève Boix a expérimentalement et cliniquement étudiée dans sa thèse. Les conséquences de cette auto-intoxication se feraient sejilir sur i organisme entier, et on «lit (juel rôle j^athogénique im))ortant leur a attribué l'école de Bouchard ; nous croyons, pour notre» imrt, que les autointoxications dont l'intestin est le point de départ ont beaucoup plus d'importance que celles qui viennent directement de l'e^stomac. Parmi les dernièî'es, la tétanie e.st la mieux connue, parce que c'est celle qui se révèle par les accidents les jJus s^iisissaiil^.
D'autre part, le ralentissement du contc^nu stomacal exagère les conséquenct\s des autres viciations du fonctionnement d(^ l'estomac, de rhypochlorhydrie, de rhyp(*i'chlorhvdrie et d(* l'Iiyperesthésie de la muqueuse. La conséquence des considérations |)récé(lentes. c'est (jue la tendance î\ la stase stomacah» est un d<»s facteurs des gastrojMithies contre les(juels il convient d(* lutter io plus activement, lorsqu'elle exist(% qu'il faut prévenir avec le plus de sollicitufie quand elle n'existe pas encore.
DcHix cas princii)aux doivent être disti régnés : o. il y a ralentissement dans l'évacuation du contenu stomacal, mais ce]K'ndant l'estomac parvient h se vid(»r, tout au moins pendant la nuit : il est vide le matin à jeun; b. il y a stas<» \éi-itable. l'est^Huac ne se \ide jamais complètement, jamais il n'évacue eniièfvment son co!i4emi ; le matin à jeun, il renferme encore du lif/nidr et une propertian plus ou moins considérable de détritus alimentaires.
Bien (ju'ii v îrit des formes d(* jwssagi* eiitrt» e^es deux états, il convient, pour la commodité de rex[M)sition, de les envisagfT swHfessivement.
Ralentissement de réracnation du oontemi stomacal sans sàtue le ynatin à jeun, — Nous su[)[K>sons qu'il n'y a |)as quelque aotn^ grande* indicatiini qui donûne la situation, mi tout ati moins qui donne h l'ensemble morbide; une allure particulièrx», par ext^mple rhy|)erchlorhydrie à forme doulourvuse, ou eticon» une grande h3^j)eresthr'sie stomacale, ou ([uel(|ue lésion, une gastiit-e aig«f*, un ulcère par exemjile.
Aut['ef(Ms, ces élinniintions faites, on ne voyait gum* q*ie Ytté^nie gastrique, L'insufTisance de la motricité stomacale siiflfismt h tout
TIiÉR.VPEUriOUE GÉNÉRALE DES MALADIES 391
expliquer; tout Teffort de la lhérapi»atique était dirigé contre elle. Actuelleinent, les choses paraissent plus cohiplexes : on pi^nse (ju'il peut y avoir incoordination motrice avec s[xisme du pylore ; on sait qu^il peut y avoir ptôse pylorique.
Avec la simple hypothèse d(î Tinsulfisance de lestoniac, musculaire ou nerveuse, les indications étaient les suivantes : 1** diminuer le travail moteur demandé à Testomac , le restreindre au minimum :
2** exciter sa motricité de façon à augmenter la somme de travail fourni par ses parois musculaires.
Si la pi-emièn* indication persiste sims réserve avec Tidée d'un spasme |K)ssible du pylore, il n\»n est plus de même de ki deuxième de ces indications •théra[)eutiques, en effet on peut craindœ alors, en excitant la motricité de la région pivpylorique, d'augmenter du même coup Tocclusion du pylore.
Supposons pour un instant qu'il ne puii^se pas être question de spasme du pylore et considérons seulement ces deux indications : 1® resti'eindre dans la mesure du possible le travail moteur de Testoinac ; 2° exciter sa motricit('\ Nous verrons ensuite quelh»s réserves et quelles indications impose la notion d'un spûBme possible du pylore.
Diminuer dans la mesure dUipossible le travail moteur de r estomac, — En exposant les principes g('»néraux de l'alimentation des dyspeptiques, nous avons donné déjà des indications utiles à ce point de vue. La somme de travail que doit fournir le muscle gastrique se trouve notablement diminuée lorsqu'on élimine la gangue des aliments ivbelles à la digestion et qu'on divise ceux-ci finement. On augmente ain^i leui* valeur digestive en diminuant leui* }K)ids et leur volume. En même temps, on facilite l'action cliimique du suc gat^trique, et, par conséquent, leur dissolution et leur passiige à travers le pylore.
Deux questions tivs dii^cutées doivent pnuidre place ici. Quelle est rinWuence du volume du liquide ingéré et du nombre des rej>as sur l'év acuation du cont(»nu de l'estomac ?
Chomel avait décrit la dyspepsie des liquides, et Bouchard leur a attribué dans la pi'oduction de la dihdation de Testojnac et du ralentissemetit de l'évacuation de son contenu, une part très importante, il a pensé qu'il y avait lieu de réduire au minimum indispeiisable la quantité de boisson ingérée ; beaucoup de médecins ont eu tendance 5\ exagérer encore la sévérité de ces pivscriptions, et on voit de temps eu temps des pei'sonnes, soas l'iniluence des recommandations qu'on leur a faites et de la tei'itmr qu'on leur en [\ i;ispirée, l'éduire à une quantité inei\>yablefnent faible le volume Ai\ liquide qu'ils ingèi*ent à leurs rc^pas. On en voit (jui ne prennent c}u'un demi-
verre de boisson ! Un régime sec aussi sévère n'est certainement jamais utile et il peut avoir lés plus graves inconvénient^s. Il arrive rapidement un îimaigiissement marqué ; les urines émises sont trc\s rares et très épaisses, ce qui peut devenir une cause d'auto-infoxicalion, sinon même de lésicm i*énale. D'autre part, cette restriction si grande de la boisson dans Talimentation ne diminue pas autant qu'on le pense la quantité de liquide que renferme Testomac au coui-s do la digestion. En effet, la sécrétion des glandes sali vailles et de la muqueuse stomacale verse du liquide dans Testomac, et la dissolution digestive des albuminoïdes en fournit encore de telle sorte que le msultiil n'eût pas été sensiblement différent si on eût permis l'ingestion d'une quantité raisonnable de boisson. Nos expériences nous ont montré, nous l'avons dit, que chaque estomac règle la quantité d(^ liquide qu'il conserve au cours de la digestion indépendamment du volume de la boisson ingérée. Cela n'est vrai toutefois, nous le reconnaissons, que dans certaines limites.
Nous considérons comme légitime de réglementer, de modérer la quantité de liquide ingéré lorsqu'il y a tendance à la stase gastrique ; mais nous pensons qu'il ne faut pas être d'une sévérité excessive.
L'usage exclusif des boissons chaudes, bien chaudes, plus que tièdes, nous paraît un excellent moyen de régler la quantité des boissons ingérées. En buvant chaud, on calme la soif avec un minimum de liquide, on ne boit que dans la stricte mesure de ses besoins. Il est également logique et utile de donner la quantité de boisson nécessaire non par grandes quantités, en bloc aux repas, mais en détail par petites doses espacées, aux repas et en dehors des repas.
Vaut^il mieux donner aux malades, dont l'estomac a tendance à se dilater et à évacuer paresseusement son contenu, de petits ivpas relativement rapprochés ou de grands repas espacés ?
Bouchard est partisan des repas espacés ; quelquefois il ne permet que deux repas à neuf heures d'intervalle l'un de l'autre avec 375 gr. de liquide, à chacun d'eux, ce qui fait un total quotidien de 750 gr. de liquide. Assez souvent, cependant, il permet trois n.»pas, un pi*til n^pas sec le matin sans liquide, et deux grands repas espacés l'un de l'autre de sept heures, le premier venant quatre heures après le premier déjeuner.
Nous acceptons cette i'é[)artition des repas en dehors de l'hyperchlorhydrie ; toutefois nous ne craignons pas, surtout en employant les boissons chaudes, de dépasser assez notablement des 3/4 de litre de liquide permis par Bouchard. Nous donnons volontiers le matin un premier déjeuner constitué par un verre d'infusion chaude, un œuf à la coque et des gûteaux secs.
Dans rhyperchlorliydrie douloureuse, il y a au contraire avantage h multiplier les petits repas, pour des raisons que nous indiquerons plus loin.
Ne pas oublier qu'au point de vue de leur travail moteur, les divers segments du tube digestif sont solidaires les uns des autres ; faire fonctionn(»r Tintestin, l'amener à se vider régulièrement est une condition excellente pourrï^gulariserTévacuation du contenu stomacal. II faut, comme le disait Lasège, établir le tirage intestinal.
Exciler la motricité de Vestomac. — Pour stimuler la motricité de Testomac et accélérer Tévacuation de son contenu, on a employé des moyens variés; on peut les gr-ouper en deux catégories : les moyens physiques et mécaniques, et les moyens médicamenteux.
La plupart de ces agents s'adressent simultanément à la sécrétion (»t à la motricité; nous serons ainsi amenés à en confondre Tétude dans un exposé général de la médication excitante de festomac qui pi'endra place dans un prochain chapitre.
Traitement de la stase permanente de r estomac. — Aupfiravant. \youv en finir avec la question des viciations de la motricité stomacale, il convient d'exposer les principes généraux du traitement de la stase gastrique permanente, caractérisée, nous Tavons dit, par Texistence. dans Testomac, le matin à jeun, d'une ceriaine quantité de détritus {alimentaires.
Quelle que soit la gastropathie au cours de laquelle se rencontre» cette manifestation, l'indication principale est de faire disparaîti*e la stase alimentaire. Des indications particulières peuvent résulter de l'hypersécrétion chlorhydrique; nous nous en occuperons plus loin à propos du traitement des formes cliniques de l'hyperchlorhydrie.
11 va sans dire que les règles données précédemment à propos de l'hygiène alimentaire dans le traitement de l'insuffisance motrice de l'estomac sont parfaitement applicables dans le cas présent. Elles devront être mises en œuvre dans toute leur sévérité.
Pour évacuer le surplus dont l'estomac ne peut pas se débarrasser spontanément, le moyen le plus actif est d'avoir recours à la sond(* gastrique et au lavage de l'estomac. Toutefois, il ne faut pas abuser du lavage; il est très utile, au début surtout du traitement, lorsqu'il y a des fermentations acides considérables et une grande abondance de détritus alimentaires, mais il ne faut pas en abuser. L'abus du lavage est en effet une cause de fatigue et de relâchement pour les parois musculaires de l'estomac et une cause d'hypersécrétion pour la muqueuse. 11 suffit souvent de vider l'estomac le matin à jeun, par la sonde, sans faire de lavage, par le mécanisme dit de l'expression. On ne fait de lavage que de temps en temps lorsque cela est rendu néces-
saire par rabondance plus grande de la sttiwo et par riiileiisilé plus considérable des fermentations a(*ides. On peut profiter du passtige de la sonde pour faire le gavage à la poudre de viande qui donne de très bons résultats dans les cas de sUise avec hypersécrétion chlorhydrique comme nous le dirons plus loin.
Loreque la stase est d origine purement fonctionnelle, lorsqu'elh* lésulte exclusivement de riûsufïii»auce , de l'incoordination de la motricité ou du spasme du pylore, elle peut disparmtre sous Tinfluenee de ce traitement. Cette amélioration peut encore se produire lorsqu'un élément moteur, spasme du pylore ou insuffisance motrict* de la zone pi'épylorique, vient se surajouter à une sténose organique du pylore. Dans ce cas, en général, les accidents de stase ne tardent guère à se reproduire et à prendrt» une importanct^ plus considérable». Lorsqu'il existe un rétrécissement organique du pylore, suffisant ment accentué, le ti-aitement médical devient impuissant à amener In guérison, et môme à maintenir un équilibre suffisant-. Une notable quantité des aliments ingérés se trouve éliminée sans avoir pu pénétrer diuis Tintestin, qu'ils soient rejetés par le vomissement ou évacués par la sonde. Dans ces conditions, la nutrition générale ne tarde pas à devenir insuffisiuite ; l'amaigrissement et la cachexie ^m{ les ccmséquences de cette inanition.
L'intervention chirurgicide devient alors nécessaire. Les moyens employés pour rétablir la communication entre l'estomîic et l'intestin ont été : la dilatation du pylore, \k\ pyloroplastie, et la gastj*o-entén>stomie.
La dilatation digitale du pylore (ojKimtion de Lorelta) est a<*tuellement abandonnée. Elle consiste à coiffer* l'index des tutûques de l'estomac sans ouvrir celui-ci, et à l'enfoncer ù travei's le pylon* rétivci de &i<^onù le dikiter. Avec ce procédé, le létix^cissement après avoir momentimément cédé ne tai'de pas à se reproduire.
La pyloroplastie consiste, à faire une incision lougitudiuale siu* le point rétréci parallèlement à l'axe du pylore, et à suturer les lèvres de la plaie |>erp<^ndiculairenieut à leui* direction prijnitive, la moitié droite de cliiicune des lèvivs d(» Fincision à sa moitié gauciiie. Li* rétiveisscinent se trouve ainsi supprimé.
La gastro entérostomie consiste A établir une communication ai'tifici(?lle entre la cavité de l'estomac t*t celle de la premièiv portion du jéjunum. Elle [>eut être autéiieuiv ou |)ostéi4euiv, suivant <|ue rincision a été faite sur la face antérix^^ure ou sur la face poslérieure de Testomac. Lîi gastro-entérostomie jXKstérii^ui'e se fait ù travers le més^)c»Mon ; elh^ est de lieaiicoup préférable ai la gaslixi-enlérostomie iuitérieui'e.
Pour empêcher le reflux de la bile dans Testoniac et riatn>ductiou <les aliments dans le duodénum, au-dessus de Tanastoinose gastrojéjunale, un a sectionné et oblitérv rintestin au-dessus de Torifiee de ooniniunicaiion. Pour ramener la bile dans Tintestin, il a été alors nécessaire de faire communiquer le duodénum avec le jéjunum par une enléro-entérostomose.