‹ Traité des maladies de l'estomac et de l'intestinChapitre 78 sur 184 · TRAITEMENT DE LA CONSTIPATION · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE LA CONSTIPATION

Rappelons la division clinique que nous avons donnée de la constipation : a) constipation accidentelle, passagère ; b) constipation s\Tiipiomatique ; c) constipation habituelle.

a) Constipation accidentelle, — Rien de simple, d'une façon générale, comme le traitement de la constipation accidentelle : il suffit d'en rechercher et d'en supprimer les causes lorsqu'elles sont connues. C'est avant tout affaire de prophylaxie.

b) Constipation sijmptomatique, — Les circonstances dans lesquelles peut se produire la constipation symptomatique sont extrêmement variées ; son mécanisme est loin d'être t<^)ujours le même. Il ne faut pas toujours combattre la constipation ; dans quelques circonstances, on doit au contraire la respecter et môme la provoquer. C'est le cas dans toutes les affections int^^stinalés dans lesquelles on veut éviter la production d'iuie perforation ; toutes les fois encore qu'il existe de la péritonite.

En dehors de ces conditions [)articulières, la constipation est un phénomène patliologique nuisible qu'il faut faire disparaître.

c) Constipation habituelle, — C'est la constipation habituelle qui doit surtout nous occuper ici.

Les moyens employés pour la combattre sont extrêmement variés ; chaque jour voit surgir quelque nouvelle formule, quelque nouveau produit, quelque spécialité pharmaceutique qui a la prétention de l'emporter sur les précédentes. Beaucoup de cc*s formules et de ces pr('îparations ne tardent pas i\ tomber diuis l'oubli. Cependant il suryii un certain nombre de formules anciennes dont l'efficacité a été démontrée par un long usage.

Les inconv^énients inhérents à l'emploi des laxatifs, l'épuisement de leur action au bout d'un ceKain temps quand <m en fait un usage pro-

longé, l'action très différente du même produit, du même mélange de substances sur les différents individus, telles sont les raisons cjui expliquent et justifient dans une certaine mesure la multiplicité des moyens employés.

Toutefois, dans ces derniers temps, il s'est dessiné une vérital)le réaction contre les abus de la médication laxative, et on a recherché la guérison de la constipation habituelle beaucoup plutôt dans remploi des moyens empruntés h Thygiène et aux méthodes physiques, que dans l'usage des moyens médicamenteux. On a conseillé et <.»mployé le massage, Télectrisation, l'hydrothérapie. On a réhabilit*'* le lavement; on en a modifié la technique, et la tendance actuelle est de substituer les lavements relativement volumineux donnés à faible pression dans la situation horizontale aux lavements de petit volume pris rapidement dans la position assise ou accroupie. Malgré cela, certains médicaments laxatifs restent des moyens d'un emploi fivquent et quelquefois indispensable.

Le traitement à employer contre la constipation habituelle variera du reste suivant sa modalité clinique et son mécanisme.

On peut, en se plaçant à ce point de vue, opposer l'un à l'autrt» les types suivants :

a) Constipation atonique d'intensité moyenne ;

b) Constipation avec spasme cohque ;

c) Constipation avec fausse diarrhée ;

d) Constipation avec phénomènes marqués d'auto-intoxication ;

e) Constipation atonique grave, telle qu'on l'observe en particulier chez les vieillards.

a) Constipation atonique cTintensité moyenne. — En principe, et dans la mesure du possible, cette forme de la constipation sera traitée beaucoup plus par des moyens hygiéniques ou physiques que par des moyens pharmaceutiques.

Chez beaucoup de personnes, les modifications de l'hygiène suffisent pour fair'e disparaître la constipation. La régularité des selles s'établit dès qu'elles quittent la ville et leui*s occupations absorbantes pour séjourner à la campagne et prendre de l'exercice au grand air. surtout loi*squ'ellt\s introduisent dans leur alimentation une certaiiu* (piantitéde fruits et de légumes. C'est un fait d'observation fréquente dont les médecins doivent savoir s'inspirer; ils doivent conseiller autiint que possible à leuivs malades de se rapprocher de ces conditions d'existence iMmucoup plus naturelles que les conditions d'existence dans les villes.

Bou\'eret et Dunin ont récemment insisté sur la fréquence de la constipation chez les neurasthéniques : la remar(jue est fort juste, la

plupartdes ncMirasthéniquOvS sont constipés. Il serait du reste inexact <ren conclure que tous les constipés sont des neurasthéniques. Dans le traitement de la constipation chez les neurasthéniques, le traitement de Tépuisement nerveux doit prendre le pas sur le traitement direct de la constipation. Très souvent par Texercice, la gymnastique suédoise, le st^jour au grand air, l'hydrothérapie, on verra chez eux la régularité des selles se rétablir. Toutefois, il sera indiqué d'avoir recours t\ des pratiques de tliérapeutique physique qui s'adressent plus particulièï'ement à l'intestin ; massagcî. élcctrisation, applications froides. Autant que possible pas de médication laxative.

Ju.sque dans ces derniers temj)s, on a tr'op souv(»nt demandé exclusivement h la médication la guérison de la constipation habituelle, (*t on peut dire qr/en somme on ne l'a que rarement obtenue. Les purgatifs légers procurent évidemment des selles, mais leur action cesse en général rapidement après qu'on^a suspendu en emploi. De plus, leur {iction " use li» plus souvent au bout de quelque temps ; les malades sont obligés d'augmenter les doses ou encore de varier de temps vu temps la nature du laxatif emj)loyé. Beaucoup de malades passent ainsi leur vie à la recherche du purgatif idéid, qu'ils ne rencontrent jamais. Ils coui'ent de médecin en médecin h la recherche d'une formule meilleure ; en été ils fréquentent les stations d'eaux minérah^s purgatives qui leur donnent un moment de bien-être, mais leur action est iibsolument pnssagèi*e.

L'usage répété, continu, prolongé des laxatifs n'(\st pas sans inconvénient ; ces substances produisent au passage une irritation plus ou moins vive de l'estomac ; elles amènent aussi une irritation marquée de la muqueuse intestinale, et il est vrais(»ml)lable ([ue, dans les cas si fivquents où il existe de la constipation j>ar spasme du colon, ce spasme se trouve augmenté.

Pour toutes ces nûsons, on t»n est arrivé à chercheur la guéris(m de lii constipation habituelle dans une hygiène mieux comprise et dans l'emploi exclusif de moyens d'ordre physiques comme le massage, l'hydrothérapie, la gymnastique suédoises ; il faut dire que les rt*sullats obtenus ont été des plus encouragc^ants.

Nous ne rtniendrons pas sur ce (jue nous a\ ons dit précédenlment de l'influence heureuse du séjour au grand air, de la vie à la campagne. Bien souvent l'hygiène alimentai rt» des constipés est une hygiène vicieuse. D'une fa^on générale il conviendra de leur faire prendre une qu:vntité plus considérable de légunu\s, de légumes verts surtout et de fruits. Beaucoup d'entre eux supportent mal h*s légumes verts crus et les fi'uits crus qui leur domient de la pesanteur d'estomac et du g(mllen)ent. Il faudra, dans ces conditions, leur

conseiller de préférence des légumes veris cuits, passés au Utniis si cela est nécessaire, des purées bien cuites, des fruits cuits, des marmelades. On diminuera d'autant la quantité de viande. Le lait, cause fréquente de cx)nstipation lorsqu'il est pris en natui^e, sera additionné d'une certaine quantité de café noir, avec un peu de chicorée.

On a depuis longtemps conseillé soit le pain de seigle, soit le pain fait avec de la farine dont le son n'avait pas été séparé au moment de la mouture : on lui a donné en France le nom de pain naturel ou encore de pain intégral. Parfois les boulangei's se contentent de mélanger artificiellement du son à la fai-ine, ce qui est en somme une fraude. Le pain natui'el doit être préparé avec de la farine faite expW's pour ^ cet usage; le grain doit être soumis d'emblée à une mouture fine, sans mouture grossière préakJjle. Le son se trouve ainsi sous forme de pellicules très fines, intimement mélangé à la faiinc ellemême. Le pain préparé avec cette farine totale, sans exclusion du son, ni des germes du gnûn de blé ou de seigle, peut étixi fait avec ou sans levain. Le premier nous paraît devoir être préféré : on aura soin de le couper en tranches très fines. La dysj>epsie gastrique douloureuse, la grande dilatiition et l'iiyperchlorhydrie constituent des contreindications à l'emploi du pain naturel ; en dehors de ces conditions on en obtient ciMiramment d(» très bons résultats.

Trousseau a depuis longtemps montrv combien il est importimt que les constipés se présentent tous les jours h la selle rég-ulièremeiil à la même h(»ure : on ne saurait trop les engager à prendre cette excellente habitude.

La gymîiastiquc suédoise, en dehors d'un exercice général, fort utile par lui-même, fournit d(^ moyens d'exercer plus particulièi'ement les muscles de l'abdomen ; on a sans doute exagéré beaucoup en disant que» la constipation est avant tout la consécpience de la faiblesse de la musculature ai)dominiile, mais il est ceiiain qu(* la contra(*.tion r<'pétée et énergi(jue des parois du V(»ntr(» a une action heureuse contre la constipation : pt»ut-êire s'agit-il là d'une sorte de massage des int(»stins.

Le massafjff est d'une efficacité non douteuse, il convient surtout lorsqu'il y a constipation par at(>nie. Il est contre-in<liqué lorscfu'il y îi spasme colique avec hypéresthésie conune cela est fmjuent dans les crises douloureuses de la colite muco-membnineuse. Il doit du n.\ste être fait avec mesure et dis(*ernement, jamais il ue doit être douloureux. La mise en ti^n de l'intestin juu' le massage réclame souvent deux ou trois semaines et plus. Les malades doivent donc avoir une |)atience et une perst'nérance suffisantc\s.

IS hydrothérapie pi»ut être employée sous d(\s formes difleren tiîs;

douches fi'oides, lotions fmides générales; plus particulièrement eneon^ appUcaiions fn)ides »ur rabdoinen, à Taide de serviettes trempées dans de Teau à la tempértiture de la cluunbre et maintenues environ pendant vingl à trente minutes sur Tabdomen à Faide d'une ceintui'e de flanelle. Ces applications seront faites deux ou trois fois par jour. Nous avons vu la constipation très relx^le, être momentanénient guérie* par des applications fraîches de ce genre, et des bains froids de coui'te durée. Lt* malade se conlentiiit de se tremper dans une baignoire reni[)lie d'eau froide dont il sortait au bout de (juelques secondes d'imm(«*sion.

V électricité est employée surtout sous forme d'électricité statique ou de faradisation de l'abdomen. Pendant que les niidades sont isolés sur le tabouret à pieds de verre, en communication avec l'accumulateur d'une machine à éJectricité statique, on conseille de tirer des étincelles sur* le trajet du gros intesiin (Mgouroux). Ces séances pmcurent souvent une scdle immédiate.

On n'aura que plus ra!*ement recours au lavement électrique. Il trouve son indication surtout dans les cas où il v a menace d'obstruction fécfde.

Beaucoup de mîdades ne peuvent j)as ou ne veulent pas se soumettre à la cure de la constipation par les moyens que nous venons d'indiquer. Force est alors d'avoir it»cours à la mtkhcatiim laxative. Quels sont donc les moyens auxquels on aura recoures ?

Mettons en première lig'ne les lavemefUs (jui se rappix)c lient tout naturellement des moyens d'ordre |)hysique. En principe, on évitera autant que possible l'emploi répété de lavements préparés avec des substiuices irritantes : sel. miel, glycérine, etc. L(*ur usag-e n'^pcHé Unit par amener une irritation di* la muqueus(» du l'ectum qui ne tarde pas ù se traduiiv par Tappaiition de mucosités dans les selles. Un a souvent conseillé depuis (juelques années de donnei' de petits lavements de glycérine (2 à u grannnes) avec une jK^tite S(*ringue et de donner au bout d'un certain temps un lavement indifférent avec de l'eau bouillie ou une décoction émolliente. On diminue l'irritiition produite en introduisajit dans le rectum non dv la glycérine» pure, mais un petit laveuK'iit d'eau bouillie additionnée de 15 h 20 grammes de glycéiine. Ce petit laven>ent est gardé pendant une demi-heure, on donne ensuite» un gr^iuid laveraient sim|>le.

(^4^ moyens ne doivent, i\ notre a\is, être employés que d'une façon passagère, de fa(,'on à obtenir la mise en train de Tintestin, et oou duiiv façon continue, habituelle. Il en est de même des supjxv sitoiivs à base de glycérine ou menu* de beurn» de cacao.

Quand les lavements doivent être continués jxnidant longtemps ou

encore lorsque les lavements ordinaires ne produisent plus un effi^t suffisant, nous conseillons de préférence de grands lavements cl<» 1 litre à 1 litre et demi, pris lentement à faible pression, dans la situation horizontale, à Taide, non d'un irrigateur, mais d'un r<'*servoir qu'on peut élever ou abaisser à volonté. Ce réservoir quel qu'il soil ne sera pas élevé à plus de 20 h 50 centimètres au-dessus du plan du lit. Il faut mettre un quart d'heure pour faii*e pénétrer un litre d'eau ou de décoction émolliente dans le rectum. Ces lavements donnés de préférence h 40** ne seront pas gardés mais rendus immédiatement après que leur introduction aura pris fin.

Nous parlerons plus loin des grands lavements d'huile pure à propos de la constipation spasmodique. Ici nous nous contenterons de dire que l'action des lavements ordinaires ou des grands layi^ments î^i faible pression se trouve en général notablement facilitée par l'usage» pi-éalable de petits lavements d'huile. Le mieux est de faire pren<lre le soir au coucher un lavement avec environ 100 grammes d'huile d'amandes douces ou d'huile d'olive de bonne qualité. Ce lavc^ment lionne à l'aide d'une poire et d'une canule en caoutchouc rouge, poussé à environ 10 centimètres dans le rectum est gardé pendant toute la nuit, et, le lendemain matin, le lav(Mn(»nt ordinain? est pris. (]ette méthod(» donne de très bons résultats.

Les douches ascendantes telles qu'elles sont données à Plombièn^s et dans beaucoup d'autr(»s stations balnéaires, ont une action souvent très heureuse, non seulement sur la constipation, mais même sur l'atonie intestinale d'où elh* dérive. Toutefois, elles ne sont pas toujours d()nné(\s avec tout le ménagement voulu, et on les a trop souvent administrées dans des cas de spasme avec irritation vive du colon dans lesquels elles n'auraient pas dû (Mre pn»scrites.

A côté des moyens purement physiques et hygiéni(|ues, et conmie transition h l'étude de la médication laxative, on peut signaler l'inges- . ti(m d'eau froide le matin et l'usage d(»s graines inerics telles que In graine de moutarde*, lagrame de lin et la graine de psyllium. II suffit souvent d'une petite (juantité d'eau fraîche prise le matin à jeun pour amener une selle facile dans la matinée. Quant aux graines inertes mucilagineuses. il convi(»nt de les fairt» macérer dans un peni d'eau froide, (60 ù lOOgrannnes) une demi heure environ avant d'en faiix* usage ; on ingère ensuite l'eau et la graine.

Quelles sont les substanct»s dont l'usage a le moins d'inconvénient dans le trait(»ment de la constipation atonique et dont il conviendm surtout (le se servir, si on est forcé d'avoir recour.^ à une médication laxative ?

Les purgatifs alcalins ne sj^ont employés que d'une façon passa-

gero dans les conditions que nous indiquerons plus loin ; il en sera dt» nu>me des cures d'eaux minérales laxatives.

Les substances et les médications employées contre la constipation habituelle sont extrômenient nombreuses. On trouvera dans les formulaires un certain nombre de préparations dont l'indication sérail trop longue ici. Parmi celles que nous préférons nous citerons la poudre de cascara et de magnésie, la poudre de G. Sée, la poudre de réglisse composée de Dujai'din-Beaumetz, les pilules de Nothnagel, l(\s pilules de Lutz, le tamar indien, les pilules d'évonymine.

Récemment, Bardet a soutenu à la Société de thérapeutique cett(* idée qu'il y a intérêt à employer, non une substance unique dont Teffet s'émousse en général assez vite, mais un mélange très complexe dans lequel prennent place les principales substances laxatives de la matière médicale. On agirait ainsi sur des régions difTérentes et sur l'ensemble des fonctions de l'intestin. L'idée est séduisante.

b.) Constipation avec spasme colique, — Nous ne reviendrons pas ici sur les signes auxquels se reconnaît la constipation j)ar spasme du colon. Fleiner considère les grands lavements de 400 à 300 grammes d'huile d'olive vierge comme la méthode en quelque sorte spécifique de cette variété de constipation, Us peuvent être donnés tous les jours pendant une série de jours. Souvent ils ne produisent d'effet que le quatnème ou le cinquième jour.

Pour notre part, nous conseillons habituellement, contre cette variété de la constipation, les grands lavements chauds à faible pression, les applications chaudes répétées sur l'abdomen et les grands bains chauds. Le traitement classique de Plombières est donc parfaitement indiqué dans ces conditions ; il doit être donné avec d'autant plus de modération que le spasme et l'hyperesthésie sont plus marqués. Le gros intestin demande à être pris par la douceur et non par la violence en cas semblable ; sans cela il proteste en se contractxmt davantage encore. C'est un point sur lecjuel nous aurons l'occasion de revenir à propos de la colite muco-membraneuse dans laquelle le spasme de l'intestin est un fait fréquent.

La belladone paraît avoir la propriété de relâcher le spasme de l'intestin ; son emploi et celui de la jusquiame nous a paru réellement utile dans ces conditions.

c) Constipation avec fausse diarrhée. — Chez certains constipés, il y a fausse diarrhée, ou bien encore les débâcles diarrhéiques sont tellement rapprochées que la diarrhée semble parfois l'emporter sur la constipation. Dans ces conditions, nous donnons la préférence aux purgatifs salins à l'aide desquels on devra instituer de véritables cures de la constipation. Les cures dîuis les stations d'eaux minéral(\s

laxatives se trouvent ici pa rfaitement indiquées (Chatel-Gu von. Brides, Marienbad). Toutefois, il ne faut pas s'y tromper, ces cures ne s'adi'essent pas à la constipation par elle-même mais à Tépisode diarrhéique.

d.) Constipation avec phénomènes marqués d* auto-intoxication . — L'indication est ici non seulement d'amener des selles rc^giilières. mais d'obtenir une évacuation complète du contenu intestinal, de réaliser l'antisepsie intestinale par voie mécanique. Nous dirons plus loin que le régime lacté et les purgations salines répétées constituent le moyen le plus énergi(jue que nous ayons de réaliser l'antisepsit* intestinale. C'est ainsi qu'il faut agir dans l'urémie, qui ivste, par excellence, le type des états patholop^iques dus «^ l'auto-intoxication.

L'auto-intoxication d'origine intestinale, très commune chc^z les vieillards et les artério-scléreux, procède volontier^s par crises paroxystiqu(»s. 11 semble se faii^ une lente accumulation de toxine (jui aboutit à un moment donné à un pamxysme symptomatique variable.

Chacim de ces paroxysmes sera combattu par des purgations répétées à l'aide de la scannnonée ou des sels laxatifs, par de grands lavages du gros intivstin, par le régime lacté et, au bCvSoin la diète hydiique ; mais, de plus, en empêchant la constipation de se rf>produire, en diminuant ou même en supprimant l'alimentation carnée, on cherchera ù empêcher ou à éloigner le ix?tour de pai'oxysmes.

Les phénomènes passagers d'(»mbarras gastro-intestinal avec constipation réclament un traitement basé sur les mêmes principes mais moins sévère et moins j)rolongé : une ou deux purgations salines. ([uel(|U(»s jours de régime lacté suffisent en général pour amener' la guéiison.

e.) Constipation atonique rebelle, — Dans certains cas, chez l(\s vieillards surtout, la constipation est très rebelle, elle [)eut pi*ovoq\ier des accidents graves, non seulement par le fait des résorptions toxiques, mais même mécani([uement, par obstruction.

Eu cas semblable, nous conseillons surtout l'usage alternatif de rhuile de ricin à petite dose, prise le matin prescpie immédiatement avant le |)remier déjeuner et dcvs grands lavements. Tn jour une ou deux cuillerées A calé d'huile de ricin, un jour un grand lavement d'un litre et demi à deux litres d'eau bouiUie chaude.

On aura recours t^ncore au massage» et à rél(»ctrisation de Tintestin. Les lavements électriques seront surtout indicjués s'il sur\ienl (h*s accidents d'obstî'uction intestinale. Quel([uefois, les matièix?s dures s'accuuiulent dans le rectum (|u'elles obstruent, et, pour les évacuer, on est obligé d'avoir rc^coui-s fi un véritable curetage.

Nothnagel insiste sur* la possibilité d'une ulcéridion de rinlestin au

niveau d'un amas de scvbales indurées, il conseille donc de n'employer qu'avec beaucoup de prudence les lavements avec pression élevée ; il pourrait dans ces conditions se produire une perforation di* rintestin. Ce n'est pas une crainte chimérique car le fait a déjA été observé.

Les indications thérapeutiques dans le traitement de la diarrhée peuvent s'appliquer à l'élément causal ou à l'élément physiologique. Enfin il convient d'atténuer l'influence nocive de la diarrhée sur la nutrition générale.

Traitement de l'élément causal, — 11 comporte quatre indications principales :

1" Empêcher la pénétratum dans l'intestin des substances irritantes ;

2^ Eliminer ces substances de l'intestin si elles ont pu s'y introduire ;

3" En cas de processus infectieux, chercher à réaliser l'antisepsie gastro-intestimile ;

4" Amener la guérison des lésions de l'intestin lorsqu'elles (existent.

Nous allons successivement passer en ix^vue ces diverses indications.

1° Empêcher la pénétration des substances irritantes dans l' intestin. — L'agent irritant cause de la diarrhée est le plus souvent apporté à l'intestin par l'iJimentation. Sa nature est extrêmement variable et il y a à ce point de vue des susceptibilités personnelles que rien ne peut faire prévoir*. La qualité, la quantité, la température des aliments ou des boissons peuvent être la cause de poussées diarrhéiques accidentelles et passagères. Les aliments qui provoquent le plus sou\'ent la diarrhée sont les viandes faisandées, les graisses, les légumes verts, les fruits insuffisamment mûrs, le vin et le cidre nouveaux, etc. Certaines j)ersonnes ne peuvent toléi'cr certains mets, par exemple le canard, l'oie, le gibier en salmis, le bœuf à la m<3<le, etc. Ilserddt impossible et inutile d'énumérer toutes les possibilités, elles sont extrêmement variables. Il arrive assez souvent que la diarrhée ne se produit qu'au début, pendtint quelques jours, lorsqu'il c^t fait usage pour la premièr-e fois d'un aliment nouveau. C'est ainsi qu'il n'est pas très rai'e de constater la diari'hée produite par le régime lacté; mais très souvent elle ne persiste pas, l'accoutumance se fail rapidement, et il est assez frécjuent qu'une constipation rebelle succède à la diarrhée du début. Chez quel(|ues pei'sonnes toutefois,

nous on avons rencontré pei'sonn^llemenl quelques exemples, In diarrhée causée par Tusage du lait persiste d'une façon durable, et oblige à en supprimer complètement Tusage. Nous ne connaissons pas la cause de cette intolérance singulière ; elle peut n'exister que pour le lait de vache, et ne pas se montrer pour le lait d'ânesse ou de chèvre». On est obligé de se contenter de cette explication banale (jiril y a dans le lait quelque chose qui produit sur Tintestin de ceilaines peri;onnes Teffet d'une véritable purgation.

Lr quantité excessive d'aliments qui, à dose modérée, seraient parfmtement tolérée de\'ient une cause de diari'hée : soit par l'irritation due à la surcharge, soit beaucoup plus souvent sans doute efi vertu des fermentations et des putréfactions exagérées au sein d'une masse» cilimentaire trop considérable.

La température des aliments et surtout des boissons peut avoir une influence diarrhéique très marquée ; tout le monde sait que les boissons glacées produisent assez souvent un effet laxatif marqué.

La diarrhée peut être la conséquence directe ou indirecte de l'ingestion de substances nocives. Elle en est la conséquence directe lorsque les aliments renferment déjà en eux-mêmes au moment d(* leur ingestion les facteurs de l'irritation intestinale. Elle en est la conséquence indirecte et éloignée, loi'sque les aliments apportent, non les substances nocives elles-mêmes, mais les éléments par lesquels de> substances nocives ou des lésions prendront naissance dans l'intestin. Ainsi les viandes et les poissons en voie de putréfaction apport(»nt d(\s germes grâce auxquels la putréfaction se contiiuier'a dans le tube digestif et donnera naissance h des toxines. 11 pourra, si cette action est très intense ou très rvpétée, se produire une inflammation de l'intestin de nature ù survivre à la cause qui lui a donné naissance. Des microbes pathogènes peuvent s'implanter dans la mucjueusc* intestinale*, y causer et y entretenir des lésions plus ou moins étendues, plus ou moins durables. La fièvre typhoïde en est un (exemple bien connu.

Parfois, on ne parvient à supprimer les causes de piHXîessus mx'ifs dans l'intestin qu'en supprimant l'alimentation elle-même. On sait combien la diète hydriques été souvent prescrite avec succès depuis (juelques annécvs, dans le traitement d'entériti\s graves, en génénil diarrhéiques.

2® Eliminer de rintesiin les agents nocifs, — Dans un certain nombre de cas, l'amélioration du régime alimentaire, et, en particulier la suppression des substances imisibles, peuvent suffirt» pour amener la cessation de la diarrhée, mais il n'en est pas toujours ainsi (*t quelquefois il convient d'expulser du tube intestinal les produits nocifs qui s'y sont accumulés et les ferments figurés qui peuvent en fabri-

THKRAPEUTiyUE GÉNÉRALE DES MALADIES 465

(juer d'autres encon\ Pour amener celte élimination on peut avoir recours au lavage de l'estomac et du colon, et aux purgations répétées.

3* Chercher à réaliser rantisepsie intestinale. — Les lavages de la bouche, de Testomac et du colon el les purgatifs n^pétés, surtout les purgatifs salins, constituent le meilleur moyen que nous ayons de réaliser Tantisepsie gastro-intestinale. On trouvera du reste plus loin, au chapitre consacré h cette antisepsie, les renseignements utiles ù ce point de vue.

4* Amener la guérison des lésions de f intestin lorsqu elles existent, — Malheureusement nous ne connaissons guère encore de movens ceilains d'amener la i>:uérison des lésions de l'intestin loi'squ'elles se sont produit^^s, qu'il s'agisse d'entérite subaiguO, d'entérite-chmnique ou d'ulcérations de l'intestin. Le moyen le meilleur d'îunener l'amélioration sin(m la guérison tle l't^ntérite chronique est d'en supprimer déluntivement les causes. C'est la condition indispensable, quelquefois sufïîsante par elle seule, de la restituton à l'état physiologique.

Le sulfate de soude, les eaux sulfatées, les eaux carbonatées chlo i-urées, sulfatées sodi(|ues, dont l'eau de Carlsbad est le type le plus complet, paraissent avoir une action théraj)eutique réellement utile sur l'entérite chronique. Quand il s'agit surtout de colite chronique, on obtient souvent de bons efft^ts d'une cure à Plombières dans laquelle les grands bains et les grands lavages jouent un rôle prépondénuil.

Traitement de r clément physiologique, — Que peut être le traitement physiologique, et, en sonnne, symptomatique de la diarrhée? Il ne peut s'adresser qu'î^ deux éléments, le péristidtisme exagéré et Thyperséc rélion .

Thérapeutique du péristaltisme exagéré, — Dans toute diari'hée, comme toute action purgative, l'exagération des mou\ ements péristalliques joue un rôle important, sinon même le rôle tout î\ fait prépondérant. Quels sont donc les moyens par les(juels on pinit amener l'immobilisation de l'intestin?

C'est à leur action d'arrêt sur le péristaltisme intestinal (jue roj)ium A la moii^hine doivent leur utilité si connue dans le traitement de la <liarrhée. Ils sont indiqués surtout lorsqu'il existe des coliques ; bien que les coliques soient du(?s non à l'exagération du pi'tristaltisme intestinal, mais à une contraction s|)asmodi(|ue des parois de l'intestin.

L'inconvénient de Topium et d(^ ses déiivés dans le traitement de la diarrhée, c'est, en immobihsant l'intestin, de nuire à l'expulsion dcîs substances nociv<*s, des toxines et des agents infectieux. Usera donc

souvent utile de provoquer tout crabord leur diminution avant d y avoir recours.

Les poudres inertes très finement divisées comme le sous-nitrate de bismutli et le talc agissent peut-èti*e aussi contre rélément moteur. On leur a attribué Tavantage d'étendre h la surface dt» la muqueuse comme une sorte de vernis protecteui', de tonner à la surface des petites ulcérations une mince couche capable de mettre les extrémités nerveuses dénudées et enflammées à Tabri de Tirrilation du contenu intestinal. Peut-être aussi peut-on supposer (jue leur j)rést»nc(» provoque une exsudation de mucus épais qui constitue le véritable vernis protecteur. Quoi qu'il en soit, leur emploi est depuis longtemps consacré par l'observation clinique dans le traitement de la dian'hée.

Le froid est une cause d'exagération du pér-istaltisme intestinal, unt» cause connue de coliques ou de diarrhée. Il faudra donc en supprimer l'action. Les boissons chaudes sei'ont sul)stiluées aux boissons froides; on garantira l'abdomen par l'application d\m(* ceinture dv fliuielle, d'une couche de ouate en permanence.

La chaleur a. au contraire, une action anti-diaiTJiéique certaim» ; Nothnagel en trouvt» l'explication dans unt* expérience de Pal (|ui a \n les mouvements de l'intc^stin provo(jués par (wcitation du vague après section du splanchnique diminuer notablement dans un bain chloriiir à 39% 5.

Traitement de P hypersécrétion, — Les astringents paraisscMit agir en diminuant riiypersi'crétion : le tannin en est le type» ; il ivpivsente la substance active d'un grand nombre de mé(hcaments : le cachou, la décoction de l)istorte. de roses de Provins etc.

11 est dilïicile de déterminei* le modi» d'action exact de substances dont l'efficacité n'est pas douteuse, comme la craie. Agit-elle comme poudre inerte ou connue alcalin ?

(^onnnent agit l'acide hicti(|ue (jue Lesage vi Hayem ont pour la pr(Mnièr(» fois emjdoyé contre h\ <Harrhée verte des enfants du pr<»mii»r Age et (jui donne pai'fois (h* bons résultats (hms d'autres formes de la (harrhée. même chez les adult(\s ? Est-ce comme antiseptique gastiXH int<\stinal !*

Régime alimentaire dans le traitement de la diarrhée. — Le rùle de l'alimtîntalion dans hi palhogénie de la diarrhée fait bien prévoir rimjmrtance que l'on doit altribuei'au régime alimentaire dans le traileiuenl de celte manifeMation. Xous devons nous borner ici A des inchcalions généi*ah's. mais il nous est inq)ossil)le de les donner en bloc, nous (levons établir de grandes divisions, assez artificielles sans doute, mais in(lis[)ensables poui* l'exposition.

On doit tout d'abord distinguer la diarrhée aiguë et la diarrhée chronique.

Dans la diarrhée aiguë ^ on peut distinguer le type bénin, léger et le tA-pe grave.

La diarrhée aiguë du tifpe léger y bénin, sans gravité, se produit en général sous Tinfluence d'une cause passagère à laquelle elle n'a aucune tendance à survivre : ingestion d'aliments variés (fruits verts, légumes verts, lait, cidre ou vin doux, refroidissement, émotion etc.)

Quand cette diarrhée est attribuable à l'usage d'un aliment capable de la produire, il suffit de le supprimer, |)our que la diarrhée ellemême guérisse sans difficulté.

La diarrhée aigûe du type grave peut être apyrélique ou s'accompagner d'une fièvre plus ou moins intense.

Dans la forme apyrétique, les selles se répèlent avec une grande fréquence, quelquefois il y a des vomissements. Les accidents paraissent le plus souvent être la conséquence d'un intoxication d'origine alimentaire, qui peut ne pas dépasser la mesure d'une indigestion intense, ou au contraire prendre les allures inquiétantes de la diarrhée cholériforme. Cette forme est particulièrement grave chez les jeunes enfants.

Il est le plus souvent impossible, au début, de savoir quelle sera la gravité et la durée des accidents. On devra donc toujours, dans ces conditions, se comporter î\ peu près de la même façon.

On supprimera toute espèce d'alimentation solide, et même Oii soumettra les malades ù une véritable dièle hydrique pendant vingtquatre, trente-six, quai*ante-huit heures et plus. On ne leur donnera en principe que de l'eau pure, de l'eau bouillie, ou encore de l'eau minéi*ale indifférente, telle que l'eau d'Evian, d'Alet, de Contrexéville, etc. On la fera prendre par petites quantités espacées, par verres à bordeaux par exemple, d'heure en heure. On pourra aussi donner du thé léger froid ou «ulditionner l'eau d'une petite quantité Ae rhum ou de cognac. Nous nous sommes souvent bien trouvé de donner* dans ces conditions de la limonade lactique avec 5 ou 10 grammes d'acide lactique par litre d'eau.

Dans certains cas particidièrement graves, avec des accidents cholériformes très accentués, une diminution considérable de la quantité d'urine, une faiblesse très grande du pouls, il peut être indiqué d'avoir recours aux injections hypodermiques de sérum artificiel, de façon à rendre à l'organisme la quantité d'eau indispensiAble pour que les fonctions circulatoires et rénales puissent s'accomplir dans une mesure sufiisante.

Un point très délicat et très embarrassant en pratique est de savoir comment doit être reprise l'alimentation. Lorsque le lait est bien toléré,

pas de difficulté, mais il ne IVst pas toujours. En tout cas, on n'en commencera l'emploi qu'avec précaution, prudemment, on donnera U* lait plus ou moins fortement coupé d'eau, mais par petites quantités espacées. Souvent il paraît utile de l'additionner d'une certaine quantité d'eau de chaux dans la |)roportion variable de 1 p. 10 fï 1 p. 4.

Dans les cas bénins on pourra rapidement arriver à faire supporter du lait pur ou presque pur ; on pourra donner des potages au lait, dtîs potages au bouillon, avec du tapioca léger et des jaunes d'œuf. Bientôt on en viendra aux œufs à la coque ou brouillés, aux purées; puis l'usage de la viande sera repris, et enfin celui du i^égime ordinaire.

Parfois les difficultés sont plus grandes surtout chez les enfants, (*t on devra agir avec autant de prudence et de lenteur que dans les formes fébriles.

La gastro-entérite aiguë fébrile des enfants réprésente le type le plus grave. Les selles diarrhéiques sont plus ou moins nombreuses; les vomissements, qui peuvent manquer, sont plus ou moins répétés ; mais il y a une fièvre parfois assez intense : 39"*, 40^. L'état général (îst souvent rapidement assez grave, les traits sont tirés, la soif vive, la langue sèche, le teint terreux ou plombé, le pouls petit, rapide, les urines rares, la faiblesse très grande.

Ici encore, on commencera par la diète hydnque complète, qu'on devra maintenir d'une façon plus sévère et souvent j)lus prx>longée ((ue dans les cas apyrétiques.

La reprise de l'alimentation demandera s >uv(Mit beaucoup |)lus de prudence et de précautions à cause de la tendance aux récidives. Ou donnera au début de l'eau albumineuse, de la décoction de riz, de hi décoction légère de gruau, d'orge ou d'avoine, puis des potages au tapioca, à la semoule, à la ftirine de riz auxquels on ajoutera une pelili» quantité de lait qui sera augmentée si elle est bien tolérée. Les œufs et le lait ne seront pas donnés d'emblée. On pourra essayer d'abord, en ce qui concerne les œufs, de faire prendre un jaune d'œuf délayé dans des potages légers, en particulier dans du ])otage au l>ouillon (U» poulet avec tapioca léger. On n'en arrivera qu'assez tardivement h permettre de la viande sous forme de viandes blanches bouillies au début, (poulet jeune, riz de veau, langue de veau), et plus tard de la viande grillée ou rôtie en commençant par* de la volaille rôtie. On aura soin de diviser finement la viande au début. On fera bien dv contrôler son utilisation par l'examen microscopique des selles el de s'assurer (ju'une notable quantité de la \ iande ingérée ne se trouve pas éliminée sans avoir été digérée.

Dans la diarrhée chronique on peut, d'une façon générale, distiu-

THKIUPEUTIQUE GÉNÉHALE DES MALADIES 469

giier deux grandes catégories, suivant que prédomine Tinfluence du iKirvosisnie ou des lésions chroniques de la mu(jueuse.

La diarrhée chronique n'est pas rare chez des individus nerveux et t»n particulier chez des femmes atteintes d'hystérie plus ou moins nettement stigmatisée;. Comme le fait avec raison remarquer Ewald, panni ces malades, les uns ont tendance à ne suivre aucune espèce de» régime régulier à s'en nimettre au caprice et au hasard, parce qu'elles ont remarqué qu'il leur arrivait de supporter fort bien un rt'pas quelconque fort copieux, un dîner en ville par exemple, et de supporter fort mal au contraire un repas très léger, conforme aux ptvscriptions sévères de leur médecin. Les autres, au contraire, ont tendance à exagérer les précautions. Elles en arrivent à restreindre de plus en plus leur alimentation, elles s'amaigrissent, s'affaiblissent et finissent par donner l'impression de malades atteints de quelque grave lésion, de tuberculose intestinale par exemple. A ces malades, il faut un régime suffisamment sévère, suffisamment suivi, qui réprime également les erreurs en plus ou en moins, en quantité et en qualité de leur ration alimentaire. Ce qui leur convient le mieux et ici encore nous partageons complètement l'opinion d'Evvald, c'est de les placer en traitement dans un sanatorium, sous la direction d'un médecin compétent qui ait sur eux une bienfaisante autorité. II obtiendra ce qu'à la maison, dans leur milieu habituel, on n'aurait jamais obtenu. Les principes du régime alimentaire seront du reste exactement ceux que nous allons exposer, mais il conviendra souvent de tenir un large compte des susceptibihtés individuelles.

Dans le régime de la diarrhée chronique attribuable à une lésion de la muqueuse intestinale^ on devm en tout cas s'inspirer de certaines règles générales. On éliminera de l'alimentation toutes les substances susceptibles de laisser un résidu abondant rebelle à la digestion, lesépices, les boissons irritantes (vin pur, alcool, hqueurs), les alimenta riches en toxine ou en germes de fermentation ou de putréfaction. On ne doimera pas de grands repas espacés et abondants, mais de petits repas peu copieux, à peu près également espacés. Enfin, on tiendra compte d(\s suscej)tibilités personnelles.

Ces susceptibilités et aussi, sans doute, des difféœnces que nous ne pouvons pas encore apprécier dans la pathogénie des accidents diarrhéiques , font, par exemple, que certains malades supportent fi)rl mal le lait et la viande.

Le régime lacté absolu donne des résultats excellents, merveilleux dans certains cas de diarrhée chmnique, par lui seul, il suffit pour* amener la guérison complète définitive. Dans certains autres, il n'est pas du tout supporté; il augmente considérablement le nombre

et la fluidité des déjections alvines, et on est bientôt forcé de le supprimer. Il faut savoir toutefois que raccoutumance s'établit parfois au bout de quelques jours et que, en l'additionnant d'eau de chaux, de craie préparée, on peut quelquefois le faire beaucoup mieux tolénT. Enfin, il est bon de n'en pas donner d'emblée des doses trop considérables, il vaut mieux, au contraire, débuter par une quantité faible un litre et demi pav jour par exemple pour s'élever progressivement à 3 litres, 3 litres et demi.

Nous avons vu plusieurs cas de diarrhée chronique gtiérir sous Tinfluence de la suppression complète de la viande dans le régime alimentaire et ne guérir que sous cette infliience. C4*rtains malades, au contraire, ne peuvent supporter l'alimentîition végéliile et l'alimentation carnée doit constituer la haœ de leur régime. Pourquoi ces différences ? On comprend très bien que des hyperchlorhydriques aient de la diarrhée par un régime végétarien, étant donn<'»e la gêne que la richesse trop grande de leur suc gastrique en HCl apporte à l'élaboration des aliments riches en hydrates de charl)on. Mais tous les diarrhéiques qui ne supportent bien que l'alimentation camée sont-ils des hyperchlorhydriques ? 11 faudrait le démontrer.

En ce qui concerne Tutilisation de la viande chez ces malades, il sera fort utile de pratiquer d(î temps en temps l'examen microscopique de leurs selles de façon î^ observer s'ils n'éliminent pas une trop grande proportion de fibres musculaires encoiHî parfaitement reconnaissables.

Enfin, il faut savoir tenir compte, dans une large mesui'e, des prédispositions individuelles sans s'en laisser imposer j)ar les pi^'-jugirs, les idées préconçues ou les caprices des malades. Chacun d'eux doit d(mc être, à ce |)oint de vue, soumis à une ol>servation suffisante pour qu'on puisse, au bout de quelque temps, drc*sserune liste des aliments bien tolérés et des aliments mal supj)ortés.

Les aliments qui donnent le plus souvent de la diarrhée, les aliments gras, les fruits verts, les boissons fi'oides, etc. semnt naturellement rejetés du programme alimentaire. On donnera au contraire* la [)référence ù ceux qui sont connus comme produisant l'effet ojipost'' : le cacao, le lait, ks œufs, les viandes grillées ou rôties, les purées de pommes de terre et de légumes secs. On îk^ permettra (|u'une quantit('' modérét» de pain bien cuit et rassis ou mieux cmcore de biscottes ou de gâteaux secs non sucms.

Nous avons montré dans les chapitres consacrés à la pathoI(»gie rifn[K)rtance pathogénique tr<»s grande des fermentations et des piilréfaclions anormales ou ex(H\ssives dans la pathogénie d'un grand nombre d'accidents locaux ou éloignés. Nous n'aurons nullement, en conséquence, à insister ici sur Tutilité de Tantisepsie gastn)-int(»stinale.

Trois ordres principaux d'indications |)euvent étiv distingués :

a) Réduii'e au minimum la quantité des germes de fermentation et de putivfaction introduits da^is le tube digestif.

b) Rendre les milieux du tube digestif aussi rebelles cjue possible à la vie et à la multiplication de ces germes.

c) Éliminer rapidement le plus grand nombre possible de ces geniies et des toxines qui dérivent de leur évolution.

Liï première de ces indications [a] concerne en somme la prophylaxie antiseptique?; la seconde (b) Tantiseptie médicamenteuse» el la troisième [c) Tantisepsie mécanique.

a) Prophylaxie antisepliçtie. — On doit veillcT ti ce qu'il ne soit j)as intitiduit dans le tube digestif des microbes en quantité excessive ou d'une virulence particulière».

Par l'anus pourraient être intn)duits. sous forme de lavements, des {igents pathogènes variés, et Ituir puUulation devenir la cause de lésions intestinales ; cette possibilité ne doit donc pas ètrc^ perdue de vue.

Les aliments et les boissons j)euvent être le véhicule de g(?rmes variés et nombreux. Nous avons déjà dit combien il importait, dans bien des cas, d'empêcher l'ingestion d'aliments en voie de fermentation ou de putréfaction.

Les microbes, on ne l'oublicîra pas, séjournent dans la bouche et y multiplient; il est donc indiejué de veiller à l'antisepsie de la cavité buccale : c'(»st un soin trop souvent iiégHgé dans le traitement des maladies de l'estomac et de l'intestin.

Les alimcMits ne servent j)as seulement de véhicule aux gennes, ils leur servent égaleint*nt de terrain de culturiî, surtout lorsqu'ils séj(ninu»ut d'une façon exagérée dans les ca\ ilés du tube digestif.

Le moyen le plus radical dt» réaliser la j)rophylaxie antiseptique de Testomac et de l'intestin est de supprinier com[)lètement loute ingestion aliment4Ûre. (lomme il y a souvent un grand inconvénient ft pri\'er l'organisme d'tîau, on est amené, dans un certain nombre* de e-as. ti ne donner aux malades |)endant quelque temps, quelque»fois plusieurs jour^s, que de» l'e'au aussi pure ( pie possible, ha diète hf/drifjiie

donne de très bons résultats dans certains cas de gastro-entérite aigii(% avec vomissement et diarrhée, en particulier dans la gastroentérite des jeunes enfants. Elle se montre également utile dans certains cas d'urémie ou d'auto-intoxication.

La diète hydrique ne constitue pas. h proprement parler, un régime alimentaire ; son emploi ne peut être que passager. Le régime lactée au contraire, peut permettre d'alimenter les malades pendant une p(*riode très prolongée.

Depuis longtemps, Tobservation avait montré les bons effets du lait dans le traitement d'états morbides dans lesquels rauto-intoxication d'origine gastro-intestinale joue un rôle imj)oiiant. L'ex[)érimentation est venue confirmer cette action et en ;iiontrer le mécanisme.

Le lait frais, convenablement recueilli, non souillé d'impureté, (»t hî lait stérilisé n'introduisent dans l'organisme qu'une quantité très minime de microbes et de toxines ; il ne laisse (|u*un minimum de déchet rebelle à la digestion, il provoque la polyurie. Dans l'estomac, il donne toujours naissance à une certaine quantité d'acide lactique et Ton peut penser que cet acide a un rôle heureux dans l'antisepsie de l'intestin grêle. Ce sont là autant de conditions favorables. GilbtTt et Dominici ont vu le nombre des microbes diminuer dans les matières fécales dès le premier jour du régime lacté; après cinq jours dt» ce régime, le nombre des microbes était devenu soixante-dix fois plus faible qu'avant son instituticm. Le lait stérilisé ne leur a pas paru avoir d'avantage sérieux sur le lait ordinaire. Chez le chien, ils sont parvenus à réaliser presque complètement l'antisepsie intestinale.

Lapicque et Marette ont constaté une augmentiition de la toxicité urinaire sous l'inSuence du rt'*gime lacté ; elle a son maximum le troisième jour. Ce phénomène semble indiquer une élimination plus al)ondante des toxines de l'organisme. Elle ne doit pas être invo(|uée comme un argument contre le régime lacté.

11 n'est pas toujoui*s néc(\ssaire de soiunettre au régime lacté les malades chez lesquels on veut diminuer les fermentations gastro-intestinales ; dans bien des cas, il suflit de les restreindre dans une large mesure.

Di's expériences asst^z nombreuses, celles de Bouchard en particulier, montrent que la putréfaction dt\s substances albuminoïdes est surtout redoutable s'il y a stagnîilion.

En donnant des viandes bien fraîches. biiMi cuites, surtout bouillies, en en diminuant la quantité, en éliminant dans hi mesure du possible les détritus rebelli's î\ la dig(\stion. on détermine les inconvénients de l'alimentation carnée.

Dans cerlains cas. il vaut mieux en supprimer complètement

Fusagtî, et «voir rc^coufs «iu régime vér/éiarien. Dans le l'égîme yégét«rii*n, on peut souvenl, aux légumes proprement dits, adjoindre le lait et m^nïe les œufs. Le plus souvent, les légumes seront donnés cuits et réduite en purée. Leur division, TéHmination des détritus rebelles à la digestion favorise leur utilisation ; par contre, en restreignant rirritiition du gros intestin, elle favorise la constipation.

I). Antisepsie médicamenteuse, — On sait que certaines substances |)euvent, lorsqu'on les ajoute h des milieux de culture microbienne, tendre à les stérilis(»r. Une» fois qu'il eût nx'onnu Timportance pathologique des fermentations gastro-intestinales. Bouchard se préoccupa d'obtenir Tanlisepsie du tube digestif et il essaya, pour cela, un grand nombre de substances médicamenteuses ; d'autres avaient été déjà ou furent essayées ajirès ses premières recherches. La liste des antiscj)liques gastro-intestinaux est très longue ; chacpie année il s'y ajoute (jnelque substance nouvelle.

Toute une série de ces antiseptiques déi'i\ (* d(» Tacidc^ salicylique : sdicylate de bismuth, salicylate de magnésie, salol, bétol. eucalyptol.

L<* vsalicylate de bismuth, préconisé par Vulpian, se dédouble en acide salicylique et en oxyde de bismuth (dose 2 î\ 10 grammes par JDUr par prises successives de 0*',S0 h 1 gramme). Le salicylate de magnésie, prescrit h la doscî de 2 i\ 5 grammes, a l'avantage d'être laxatif. Le sidol est une combinaison de phénol et d'acide salicylique ; «iji a prétendu, à tort, semble-t-il, qu'il ne se dédoublerait que dans rint(\stin au contiict du suiî pancréaticjue. Le bétol est une combinaison insoluble dans rivstomac d'acide salicylique et de naphtol. L'eucalyplol est un mélange d'acide salicylique et d'essence d'(?ucalyptus.

Toutes ces substimces ont un défaut commun, ell(\s renferment ou produisent, par leur décomposition, de l'acide salicyli(|ue, sel irritant [K)ur la muqueuse gastro-intestinale.

Aussi leur a-t-on préféré depuis quelques années le benzonaphtol^ qui, après avoir travei'sé l'estomac sans être modifié, se dédouble dans rintestin en acide benzoïquc» et en naphtol (dose 2 à 3 grammes par prises espacées.)

Pour Bouchard, un bon antisepticpie gastro-int(»stinal de\ ait : 1° être insoluble ; 2^ être réduit en poudre impalpable ; 3° être donné par dosivs fractionné(»s.

Il devait être insoluble, ou tout au moins, très faiblement soluble, d(* façon à ne pas ôti'e rvsorbé et à ne pas produire de phénomènes toxiques ; ètiti réduit en poudre très fniement divisé, de façon à pouvoir se mélanger intimement aux matières fécales ; être doimé à doses fractionnées pour ne pas laisser de zofkvs ncm influencées dans le tube digestif.

Bouchard avait donné la j)référence au charbon j)orphyrisé et surtout au naphtol et au salicylate de bismuth. Il unissait souvent les deux derniers dai>s la formule suivante :

Naphtol B 15 gr.

Salicylate de bismuth 7 gr. 50

Mèhir et diviser en trente cachets ; en prendrez de trois à douze dans les vingt-quati-e heures.

Le charbon vêgélaL^ à condition d'être donné A haute dose, (jusqu'A 100 grammes par jour), est un très bon antiseptique avec lequel on obtient facilement la désodorisation des scellés.

Le naphtol a le grand inconvénient d'ôlre assez fortement irritant |)our la muqueuse stomacale ; son mélange avec le charbon semble développer au maximum ces propi'iélés ir*ritantes.

Certains antiseptiques liquides ont iwllement une certaine valeur ; par exemple Tacide lactique, le siilicylate et le biborale de sou(h\

L'aci<le lactique préconisé par Hayem et Lesage dans le traitement de la diarrhée verte des jeimes enfants, a donné aussi de bons résultats^ dans certains cas de diarrhée des adultes ; il se donne sous forme de limonade au centième.

I^e biborate (»t le salicylate de soude, d'après Kuhn et d'autres auteurs, seraient des antifermentescibles très actifs contrtî les ferm(»ntations gazeuses inlra-stomacales.

c. Antisepsie mécanique. — L'antisepsie mécanique a jwur but d'évacuer les germes nuisibles et leurs produits. On compr-end (jue l'antisepsie mécanique peut très bien se combiner à l'antisepsii» prophylactique et à l'ajitisepsie médicamenteuse^.

Le nettoyage antisei)ti(|ue de la cavité biiccale, largement acc(*ssible ne pî'ésente de grandes diflîcultés (ju'en vertu du mauvais état des d(»nts (*t do» g(»ncives.

F^)ur Vesiomac, les difficultés sont j>lus grandes. Tous l(*s moyens destinés à restivindre le séjoui" trop pi'olougé des aliments dans sa cax'ité, et à faiiv que leur évacuation par le pyloir se fasse dans un h\\>s de temps îiormal, contribuent }\ restreindre les f(Tmentntions nuisibles. La stase est, en effet, de beaucoup la cause la plus im|)ortantc* (le Tintensité exc(\ssive de ces décompositions. Nous avons indi- (|U('' aiUeurs les moyens par les(juels on p(»ut obtpiir a* résultat; nous n'y revi(Midrons pas de nouveau.

Lors([ue l'évacuation du contenu stomacal par le pylore ne peut j)as être obtrnu d'une fa(;on suffisante, on peut la provoquer j>ar la voie œsophagienne.

Lo vomissement esi un moyen de produire révaouatioii du contenu stomacal et. par conséquent, dans une certaine mesure*, son antisepsie. Le vomissement met fin à un assez grand nombre d'indigestions. II survient aussi spontanément dans la grande dilatfition de Testomac par sténose pyloriquc ; dans ce dernier cas, toutefois, ré>'acuation de Teslomac n'est janiais complète ; il reste toujours une ceiiaine quantité de liquide et de détritus alimentaires, ainsi que le prouve le lavage fait ultérieurement.

Lc\s vomitifs tenaient dans rancienne méd(*cine, une place l)eaucoup plus importante que celle qu'ils tiennent dans la médtx^ine moderne ; leur (emploi, on le voit, l'eposait sur une donnée physiologique très réelle. Actuellement, on arrive au même résultat dans bien des cas en mettant en œuvre des movens différents.

Le lavage par la sonde permet non seulement d'évacuer le c(mt^nu ch* Teslomac mais d'en nettoyer les parois.

L'avantage le plus marqué du lavage évacualeur de l'estomac, est (Certainement de débarrass(»i* mécani([U(Mnent cet organe de ses produites de stasi» ; le passage d'une certaine quantité d'eau ou de solutions antiseptique permet de rendrv cette évacuation plus comj)léte. On peut se servir d'eau bouillie et d'un assez grand nombre de solutions antiseptiques. Voici lé tableau de celles qui ont été le plus souvent proposées :

Acide borique 5 à 20 p. 1000

— thymique là 2 —

— Acide saiicylique Ià3 —

Saiicvlate de soude 5 à 10 —

Benzoate de soude 5 à 20 —

Permanganate de potasse 0,50 à 1 —

Résorrine pure J à 5 —

Créoline X à XV gouttes.

Lvsol X à XV —

Le plus souvent, nous nous contentons, pour notiv part, en cas de besoin, de faire des lavages de l'estomac a\ ec de l'eau Ixmillie ; assez .souvent, cependant, nous nous sei'vons d'une solution de saiicvlate dv soude à 5 ou 6 p. 1000 ; nous l'employons surtout lors(ju'il y a, en vertu de la stase gastrique, une fermentation gazeuse abondante dans l'estomac.

On a beaucoup em|)loyé les lav{ig(\s à l'eau de Vichy naturelle ou artifii'ielle. On avait ainsi l'idée théorique de comb^ittiv l'acidité du contenu gastricjue. Il est assez difficile de prétendre que ce but ait été réellement atteint. En effet, l'acidité oi^anique est la conséquence diï'ecte des fermentiitions qui se pr*oduisent dans la masse alimentaire ;

la meilloiire favon de la combatire irest pas d'alcaliniser faiblement, par avance le contenu de Testomac, mais de débarrasser sa caviié des produits de stase. Le rôle le plus important revient donc ici au côté mécanique du lavage. En cas d'hypéracidité chlorhydrique, le lavage trop répété, favorise certainement Thypersécrétion. La présence d'une petite quantité de bicarbonati* de soude ne ferait gu(>re qu'augmenter cette excitation sécrétoire. Nous avons dit, du reste, ailleurs, mais il n'est pas mauvais de le répéter ici, que, dans les cas où il y « stase avec hypersécrétion chlorhydrique. il ne faut pas al)user des lavages de Testomac. Mieux vaut alors provoquer l'évacuation du conteiui par le passage de la sonde, et s'abstenir du lavage, ou ne le fain» que de temps en temps, et non pas le répéter tous les jours.

Le lavage répété et, en particulier, le lavage avec de l'eau faiblemiMit alcalinisée, serait mieux indiqué dans des cas d'hypo que dans des cas d'hyperchlorhydrie.

Le nombre des lavages variera, du reste, avec la nature et la cau.si' de la stase.

Dans V hypersécrétion chlorhydrique^ on se contentera d'un lavag(» tous les quatre ou cinq jours, et, dans l'intervalle, on ne fera qu'une simple évacuation par expression.

Dans la grande dilatation par sténose pyloriqiie on sera obligé <|uelquefois de pratiquer des lavages tous les jours à cause de l'abondance des détritus. Dans la dilatation par atonie^ il suffît quelquefois de quelques lavages au début, d'un régime et d'un traitement médicamenteux appropriés pour (jue la stase ne se re|)roduise pas.

Pour réaliser V antisepsie mécanique de r intestin, on dispose de dt»ux moyens principaux : la purgation et le lavage du gros intestin.

Les purgatifs sont en quelque sorte à l'intestin ce que le vomitif esta l'estomac. On a du reste souvent combiné l'emploi des vomitifs et des purgatifs pour amener l'évacuation Av la matière peccante : nous savons maintenant que la matière p(»ccante des anciens auteurs i\st surtout représentée par des toxines d'origine microbieiuie.

Les preuves de l'utilité des purgations ont été depuis longtemps foui-nies par l'obscM'vation clinique. Nos connaissances sur le rôle des inflations et des auto-intoxications d'origine intestinale en ont fait comprendre I(» mécanisme. Gertaincvs expéi'iences de physiologie ont per^ mis de rendre son influence en quelque sorte matériellement palpable.

R. V. Pfungen a observé d'une façon suivie, pendant des mois une j(Hme femme atteinte de j)araplégi(\ 11 a \u les acides sulfo-conjugiiés augmenter sous l'influence de la constipation et diminuer notablement par l'emploi des laxatifs.

TIIÉRAPEUTÏQUE (iENKRALE DES MALADIES 477

Il faut dire cependant qu'on a parfois constaté une augmentation passagère des acides sulfo-çonjugués dans T urine à la suite d'une purgation. Il n y a rien là qui soit en contradiction l'éelle avec ce qui précède. En effet, lorsque les matières fécales sont durcies et desséchées, la résorption des toxines qu'elles contiennent se trouve en (juelque soi*te restreinte au minimum. Lorstjue l'usage des laxatifs vient les délaver, les substances nocives se trouvent dissoutes et leur résorption devient plus facile et plusab(mdante. La conséquence à tirer de ce fait c'est que pour être utile, l'évacuation purgative de l'intestin doit être suffisante.

Gilbert et Dominici, pour appi'écier l'influence antiseptique des purgatifs, ont eu recours à la numération des microbes dans les matières fécales.

Vn homme auquel ils avaient administré 13 grannnes de sulfate de soude a rendu en vingt-cjuatre heures sept selles représentant 1 kgr. 31 de matières fécales. La proportion des microbes contenus dans ces selles était de 312 263 par milligramme. Le sujet a donc évacué environ 411 milliards de microbes en vingt-quatres heuivs. Or, en temps normal, il n'avait guère que 67 000 microbes par milligramme, et il en expulsait environ 120 millards en vingt-quatie heures.

Il ny avait pas puUulation des microbes dans l'intestin, mais é\ acuation, car le lendemain ce môme sujet ne comptait plus que 35000 microbes par milligramme de matières fécales et 20 millards seulement en vingt-quatre heures. Le surlendemain il n'y avait plus que 1 300 microbes par milligramme.

Ces chiffres rendent très sensible, tr*ès appréciable la réalité de l'action antisepticjue de la purgation. Cette antisepsie dure peu, vraisemblablement ; mais elle n'en est pas moins très réelle et très précieuse, et on peut souvent la continuer en renouvehnit la purgation.

L'antisepsie mécanique de l'intestin ne peut se réahser que si l'intestin reçoit une quantité suffisante de liquide pour entrahier facilement son conteim ; c'est une raison nouvt^Ue d'avoir recours à la dièie hydrique dans certains cas, en particuliei* dans certaines entérites hypertoxiques et dans cei'tains faits d'ur*émie ou d'auto-intoxication d'origine alimentaire.

Nous connaissons mal la valeur relative des divei'ses substances purgatives au point de vue de l'antisepsie gastro-intestinale. On a eu tendance à donner la piéférence à certaincîs d'entre elles, parce qu'on leur attribuait à la fois une action laxative et antiseptique chimique, par exemple le calomel et le sidicylate de magnési(\

Pour notre part, dans les cas d'entérite, de conslipation avec débâcle, de stase colique, nous donnons la préférence aux purgatifs salins donnés d'une façon suivie, tous les joui's au besoin. Dans les cas d'urémie, nous préférons la scammonée.

Le lavage de rinlestin peut être fait par Tanus. — Les lavements sont depuis très lon^emps usités. A certaines époques, leur emploi a pris un développement qui touchait au ridicule et à Fabus. Us n'avaient pour but que l'évacuation du contenu de l'intestin. Dons ces derniers temps, on a mieux compris le rôle de l'antisepsie, et le lavage de l'intestin est venu prendre place dans la thérapeutique à côté du lavage de l'estomac.

Le lavage de riniestin ou entéroclyse a été inventé par Cantaui ; il s'en est servi surtout dans le traitement du choléra.

Les recheix^hes de Dauriac et Lesage et de von G. Genersich ont démontré que, grAce à une technique particulière, on pouvnit exécuter un lavage complet non seulement du gros intestin qu'on st^ proposait seul d'atteûndre autrefois, mais même de l'intestin grêle dans sa totalité.

Voici comment ils déi'riveiit le manuel opératoire : « Le malade est placé horizontalement sur le lit, la hanche gauche légèrement relevée par un coussin de façon i\ mettre le cœcum dans une situation déclive. Cette position sj)éciale a pour but de pernw^ttre au hquide de chasser du cœcum les gaz qui s'y accumulent en grande abondance. Ceci fait, on introduit dans le rectum une sonde en caoutchouc, telh* que la sondi^ de Uebove, jusqu'au milieu du ctUon trans\er-se. On peut sentir à cet endi^oit j)ar la palpation, rextrémilé mobile de la sonde qui vient buter contre la paroi abdominale. L'autre e\ti*émité de l'insti'ument en dehors de l'anus est réunie par un tube en caoutchouc d'un mètre, muni d'un robinet, à un bock rempli de 8 à 40 litres de liquide chauffé à 40*^. Ce ivservoir est A peine au-dessus du plan horizontal du malade (de 20 à 30 centinu'»tres enviren). On laisse couler le liquide qui, doucement et sous une» ires faible pression^ vient remplir le cœcum, ainsi que le colon transverse. Il est évident (jue, pour éviter la sortie du H(]uide par l'anus, on devra obturer complèt(*ment cet orifice ù l'aide d'un tam(>on de coton ou d'un apj)aivil approprié que l'un de nous fait construire actuelleuKMit chez Galante.

(c Lorscjue trois litres se sont écoulés, l'aide (jui tient le bock (|)lacé à 20 ou 30 centimètres de hauteur) regarde le niveau d'eau. Si le niveau contirme à baisser, il maintient cette situation ; si, au contriiire le niveau reste stationnaire, il élèsera doucement le bock, et d'une faible hauteur, pour augmenter un peu la pression,

et ainsi de suite jusqu'à récouiement du liquide. Il faut ou effet, suivre attentivement, à Taide du niveau dVau les variations de Thvdi'ostali(jue intestinale. La pénétration du liquide dans l'intestin ne se fait pas aussi facilement qu'on pourrait Fimaginer : il faut tenir g'rand compte de la présence des gaz. Dans chaque anse intestinale, le liquide vient occuper la j)artie déclive et les gaz la partie culminante. Eu suivant les indications données par Iv niveau d'eau, on attend la ivpartition spontanée du liquide dans tout l'intestin grêle. Dès que celui-ci se remplit, on voit apparaître la matité du CiMé droit et audessus de la vessie puis sur les cotés du ventre. Au contnûre, autour de l'ombilic , Tabdomen proémine légèrement et devient sonore. Ceci GvSt dû au refoulement des gixz qui viennent former comme un coussinet aérien préombilical. Par suite de la situation horizontale du malade, le liquide s'éUde dans tout l'intestin grêle et cela sans le distendis, si bien que, à partir du sixième litre, le li(|uide jx^nètre dans l'estomac. Immédiatement le malade a des nausées ou des vomissement qui consistent en le rejet du liquide injecté, souillé de matières fécales. »

En introduisant un tube œsophagien jusque dans l'estomac, on peut ainsi réaliser le lavage complet du tube digestif de l'anus i\ la l>ouche.

Nous ne savons pas encore quel avenir attend le lavagxî de l'intestin grêle ; en attendant on einploie très souvent le lavage du gi'os intestin, et nous savons mieux depuis les rechei'ches de Lesage et Dauriac comment on doit procéder pour l'exécuter convenablement. Xous savons maintenant que le malade doit être couché, et que le lavage doit être fait à faible pressicm (20 à 40 centimètrvs). 11 n'est pas nécessaire d'introduire une sonde jusqu'au colon transvers(% une canule en caoutchouc rouge enfoncée de 10 à 15 centimètres suffit parfaitement, mais l'injection doit être faite très lentement; il faut mettre au moins un (juart d'heure» pour un litiv de li(|uide. On peut se servir d'eau bouillie à 40"*, de décoction légère de racine de guimauve ou encore de solutions légèrement antise[)tiques au bilwrate, au salicylate de soude, au chlorate de soude. Le point le plus imposant de la métliode est sùremcuit le nettoyage complet, le lavage du gros intestin. (]e lavage, dans ci»rtains, cas sera fait plusi(»urs fois par jour.

Nous ne pouvons entrer ici j)lus avant dans le détail de l'antisepsie gastro-intestinale ; nous avons du nous contenter d'en indiquer les grandes lignes.

Pour la facilité de l'étude, nous avons dû passer successivement en revue l'antisepsie propylactique ou alimentaire, l'antisepsie médi-

camenleuse el Tantisepsie mécanique. En réalité, ces différenios méthodes sont souvent combinées, elles se prêtent un mutuel appui : D'autre part, on a souvent à agir simultanément sur les différeiiLs segments du tube digestif cpji se commandent les uns les autres.

La valeur clinique de Tantisepsie gastro-intestinale s'appuie sur un certain nombre de recherches expérimentales, mais elle est, en tout cas, parfaitement démontrée par Tobservation clinitjue. Les bons résultats obtenus dans le traitement des gastro-enténles aiguës av(*c diarrhée, surtout chez les (»nfants, dans le traitement des crises d'urémie et d'aulo-intoxication ne doivent laisser aucun doute à ce point de vue.

Sans vouloir établir un j)aralléle suivi entre les diversiîs méthodes, nous dirons que la prophylaxie par le régime alimentaire et Tantisepsie mécanique ont largement pris le pas sur Tantisepsii^ médicamenteuse.

TRAITEMENT DE LA FLATULENCE GASTHO-INTESTINALE

Dans le chapitre consacré h la pathologie de la flatulence gastn>intestinale, nous en avons étudié la pathogénie. Nous avons vu qu'on ne peut invoquer que d(»ux causes })our expliquer la présence de gaz en quantité excessive dans Teslomac et Tintestin, la déglutition d<» Tair atmosphérique et les fermentations gazogènes.

La rétention de ces gaz peut être due i\ la contracture des sphinctei-s naturels ou de certains s(*gnients de Tintestin ou ù Tatonie gastro-intestinale.

Les sensations pénibles produites par la flatulence gastro-intestinale dépendent dans une lai'ge mesure de rhyperesthésie d(» Testomac et de rintestin à la tension gazeuse ; le rôle de ce facteur est (^n tout cas bien démontré pour restomac.

Pour combattre la flatulence gasti'o-inteslinale, les indications suivantes j)eu> ent donc être posées :

a) Empêcher la déglutition de Tair atmosphérique en (juantité excessive.

b) Empêcher la production excessive des gaz par les fermentations gastro-intestinales.

c) Diminuer la flatulence en faisant disparaître» les gaz.

d) Atténuer les sensations pénibles produites pai* Taccumulation (les gaz dans Testomac et Tintestin.

a) 11 n'est pas toujours facile de diminuer la déglutition d'une (juantité exngérée d'air atmosphérique. La i)hipart des malades atteints

d'aérophagie sont des névropathes qu'il est très difficile de corriger de ce véritable tic. On y arrive parfois cependant en leur en démontrant le mécanisme ; on peut y parvenir aussi par la suggestion.

b) Nous avons indiqué dans le précédent chapitre comment on doit constater les fermentations anormales ou excessives de Testomac et de rintestin ; nous n'avons pas à y revenir.

On supprimera l'usage des aliments dont la décomposition donne le plus facilement naissance h une grande quantité de gaz : ce sont surtout des aliments végétaux. Baumets qui a fait une étude particulière de la flatulence donne la liste suivante des aliments gazogènes : les plantes potagères, les herbages, les haricots, les choux, les lentilles, les pois, les fèves, les raves, les pruneaux, les pommes de terre, les crudités en général ; pour les fruits, les châtaignes, les pommes crues, les poires non fondantes, les fruits à pulpe sèche, les raisins, etc. ; les aliments féculents qui renferment peu ou point de gluten, les pâtisseries en tout genre, les pâtes non levées, non fermentées, toutes les sauces en général, et surtout les sauces où il entre une graisse quelconque.

Il n'y a rien d'absolu dans cette énumération et il faut tenir compte de prédispositions individuelles qu'il est impossible de prévoir.

On peut dire d'une façon générale que la flatulence est surtout favorisée par une alimentation végétale mal divisée, riche en matières rebelles à la digestion, par des graines farineuses grossièrement divisées, mal dépouillées de leur enveloppe, telles que les pois, les haricots, les lentilles, le riz. Réduits en farine et très cuits, les féculents et les farineux ont beaucoup moins d'inconvénients, sans doute parce qu'ils sont plus facilement évacués et qu'ils se prêtent moins à la stase.

La stase est, en effet, la cause la plus importante de la flatulence, de même qu'elle est la cause la plus importante des fermentations et des putréfactions dans l'estomac et dans l'intestin. C'est en la combattant que les lavages de l'estomac et du côlon, les purgatifs et les laxatifs sont utiles.

Le lait donne lieu à une production considérable de gaz chez certains malades atteints de stase gastrique. La transformation de l'acide lactique en acide butyrique met en liberté de l'acide carbonique et de l'hydrogène.

Il serait tivs utile de connaître les fermentations qui sont sur1x)ut susceptibles de donner lieu à la mise en liberté de gaz, et de déterminer les antiseptiques correspondants. Malheureusement nos connaissances sur ce sujet sont encore très incomplètes.

Les recherches de Kuhn, confirmées depuis par divers observa-

leurs, en particulier par Vauthey, ont attribué une grande valeur à Tacide salicvlique et au salicvlate de soude contre les fermenUitions gazeuses de Testomac. Nous avons souvent employé le salieylale de soude pour combattre la flatulence gasti'o-intestinale et nous en avons obtenu de bons résultats. 11 peut être associé à d'autres antisej)tiques comme le charbon, le benzonaphtol, la résorcine, ou h des absorbants comme la magnésie.

e) 11 y a deux façons de faire disparaître les gaz du tube digestif : on peut chercher à les faire évacuer ou à les faire absorber.

Leur évacuation par les voies naturelles est, pour Tintestin, obtenue par les diverses substances laxatives ou purgatives : on combat la flatulence en combattant la constipation. Rappelons ici que la constipation n'est pas toujours due à Tatonie de rintestin, mais qu'elle est (juelquefois aussi causée par le sj)asme du côlon.

L'évacuation par la voie buccale des gaz de l'estomac se fait sous forme de renvois plus ou moins bruyants, plus ou moins désobligeants jK)ur les malades et leur entourage. Quelques médecins apprennent à leurs malades à provoquer ces renvois, et, pour cela, à déglutir une certaines quantité d'air. C'est un moyen qui devient dangereux chez les névropathes qui ont tendance h en abuser, et chez lesquels Taivophagie et Téructation bruyante qui lui succède devient souvent irn'»ductible.

L'introduction de la sonde dans l'estomac ou le côlon peut être employée pour l'évacuation de leur contenu gazeux. Quand on introduit la sonde chez les malades qui se plaignent vivement de la tension gazeuse de l'estomac, on est souvent fraj)pé de la faible quantité de gaz évacuée : c'est qu'il y a chez eux hy[)éresthésie à la t^cnsion gazeuse. L'introduction d'uîie longue sonde en caoutchouc rouge par le rectum peut amener l'évacuation d'une quantité considéi'able de gaz et la disparition d'un météorisme gênant, mais malheureusement ce moyen ne réussit pas toujours.

On a proposé encore de faire une ponction capillaire de l'inteâtîn à travers la pai'oi abdominale en cas de tympanisme assez considérable pour gêner beaucoup la respiration et la circulation et produire des accidents graves. (]e moyen échoue souvent, et on n'arrive à vider c|ue l'anse intestinale, directement atteinte par la ponction.

Substances absorbantes. — Un autre moyen de faire disparaître les gaz est d'introduire dans l'estomac et l'intestin des substances susceptibles de les absorber.

L'absorption peut se faire en vertu d'une combinaison chimique; c'est ainsi que la magnésie calcinée et l'eau de chaux absorbent l'acide carbonique. On sait qu'un morceau de charbon peut absorber

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un volume considérable de gaz qui s'accumule dans ses pores. On a lonc administré le charbon en poudre, dans les cas de dyspepsie (latulente ; il semble ce[)endant, ainsi que Ta démontré Leven, que, réduit en poudre (»t mouillé, le charbon perde complètement la pi'opriélé d'absorber les gaz. Son action non douteuse du reste dans certains cas, devrait s'expliquer sans doute par ses propriétés antiseptiques. Rapj)elons-le ici, le charbon n'exerce une action antiseptique marquée dans l'intestin que loi'squ'on l'administre <\ des doses très élevées; Bouchard l'a d(mné jusqu'à la dose de 100 grammes par jour.

d) l^ie séné de remèdes vantés contre la flatulence paraissent surtout agir en atténuant les sensations douloureuses produites par la distension gazeuse de l'estomac et de l'intestin. Peut-être est-ce de <!ette façon qu'il faut le plus souvent s'expliquer les bons effets des earniinatifs.

Nous employons volontiers ieau chloroformée saturée en cas de llatulence stomacale; nous la prescrivons de préférence aux malades qui, sans avoir une distension gazeuse de l'estomac marc|U('*e et netiement ap[)réciable par l'examen extéricnir, se plaignent d'éprouv(»r ime sen.sation pénible de gonflement et d'avoir des renvois. Ils s'(mi trouvent souvent notablement soulagés, et il semble que l'action calmante de l'eau chloroformée soit la cause de cette amélioraticm.

Carminatifs, — On a autrefois vanté contre la flatulence gastrointestinale une série de substances désignées sous le nom cimimun de carminatifs : les principales s<int l'anis, le carvi, le fenouil, la coriandre, la mélisse, la camomille, la vanille, la menthe. Certains malades déclarent se trouvei' très bien de leur emploi; ce sont surtout des malades atteints de dyspepsie nerveuse sensitivo-motrice. sans trouble accentué de la motr'icité. Il serait absolument inutile de faire prendre les carminatifs à des personnes atteinti^s de dilatation de l'estomac avec grande stase permanente, comme cela se voit en particulier dans la sténose du pylore.

Comment agissent les carminatifs? Peut-être en excitant légèrement la motricité de l'estomac et de l'intestin, [)eut-ôtre aussi en provoquant une certaine action révulsive et calmante sur la nnupieuse stomacale.

L'anis et la menthe sont les plus employées des substances carminatives. L'essence d'anis entre dans la comj)ositi()n des formules véritablement classiques. Liqueur ammoniacale anisée :

Alcool 96

Essence d'aiiis 3 gr.

Ammoniaque pure 24 gr.

On en donne dix gouttes, quatre fois par jour dans un verre d'(»au sucrée.

Essence d'anis X gouttes.

Ether sulfurique XX —

Sirop simple 50 grammes.

Eau 130 —

A pi*endpe par cuilleréc^s à bouche espacées.

Actuellement, on substitue volontiers le menthol ti la menthe ou à Tcssence de menthe.

Menthol 0 gr. 10 à 0 gr. 20

Julep gommeux 450 gr.

A pi-endre par cuillcré(»s h bouche espacées. Il faut avoir soin d'agiter vivement la bouteille avant de s'en servir, car. dans cette préparation, le menthol est en suspension et non en dissolution.

Les carminatifs sont souvent em|)lovés en infusion, soit isolément, soit sous forme du mélange connu sous le nom d'espèces carminatives (10 grammes pour 1 litre d'infusion). Il ne paraît pas douteux que, dans ces conditions, l'iNiu chaude n'ait ime action aussi heureuse* (jue les plantes qu'on y fait infuser. Son influence, en tout cas, n'esl ])as à dédaigner.

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