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PATHOLOGIE GÉNÉRALE DES GASTRITES

Par ses fonctions de mservoir alimentaire, Teslomac se trouve exposé à des irritations fréquentes et variées. Leur intensité explique la production de la gastrite aiguë, leur répétition celle de la gastrite chronique.

Les irritations que subit la muqueuse stomacale lui viennent souvent par sa surface libre des substances ingérées, d'autres irritations peuvent lui venir par la circulation sanguine.

L'observation clinique démontre que les différents individus présentent une su.sceptibilité très diffénMite aux mêmes causes d'excitation et on doit, sans aucun doute, faire intervenir une prédisposition particulière à la gastrite.

Ainsi se trouvent indiqués trois facteurs étiologiques possibles de la gastrite : l'irritation inflammatoire directe de la muqueuse stomacale, l'irritation par voie circulatoire et la prédisposition morbide. Examinons succCvSsivement chacun de ces éléments.

Irritation directe de la muqueuse stomacale, — Les causes d'irritation directe de la muqueuse sont très nombreuses; l'homme civilisé s'est ingénié h les multiplier et à les varier. On peut, comme toujours, distinguer trois grands ordres de facteurs étiologiques, les agents physiques et mécaniques, les agents toxiques et l(\s agents infectieux.

a) Agents d'irritation mécanique ou physique. — Cette catégorie comprend les corps éti'angei's, rebelles à toute digestion, les aliments grossiers, mal divist''s, l'enfermant en grande quantité une gangue indigeste.

On a lieu d'être étonné toutefois en constatant avec quelle facilité l'estomac a toléré pendant longtemps une quantité quelcjuefois considérable de corps étrangères, sans que se soient produits des accidents graves d'irritation et d'intolérance.

Pm*mi les causes d'irritation physique, il faut cilcT la températui'i» très élevée ou au contraire très basse des aliments ou des boissons ingérées. Il y a certainement à ce point de vue une tolérance personnelle dont il faut largement tenii* compte. Ceriaines personnes peuvent ingérer indifféremment, sans accident appréciable, des boissons très chaudes ou très froides. D'autres ne peuvent le faire sans s'exposer immédiatement à des malaises, à des douleurs, et, (juelqiiefois à des V(miis.sements et à de la diarrliée. Mais sonl-ce là toujours des signes de gastrite ? Non, certainement.

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b) Agents d'irritation chimique ou toxique. — Us sont aussi noiiibi-eux que variés. Les uns à cause de leur nature et de leur concentration peuvent produire des accidents très intenses de gastrite mguë ou môme suraiguë, les autres, moins nuisibles, plus dilués ou ingérés à doses plus faibles, ne donnent lieu qu'à des accidents plus atténués de gastrite subaiguC ou chronique; bien souvent à l'aide du môme ageni il se produit soit de la gastrite aiguô soit de la gastrite chronique suivant les conditions dans lesquelles la substance nocive a été ingénie.

Parmi les substances les plus irritantes, capables de provoquer des accidents de gastrite intense, on peut citer les acides minéraux, les alcalis caustiques, Talcoolpur, le subhmé etc.

Les substances chimiques capables par un usage longtemps prolongé de produire des lésions de gastrite chronique vsont multiplias et très varié(\s : il faut en première ligne citer Talcool, un grand noml)tv de boissons alcooliques, les essences qui figurent surtout dans les boissons apéritives, les épices et un grand nombre de médicaments. Parmi les plus dangereux, on peut citer tous les médicaments riches en tannin, le fer, Tiodure de potassium, les sels de mercure etc.

La limite est quelquefois incertaine entr'e les agents (rirritation mécanique et les agents d'irritation chimique. On donne souvent le volume trop considérable des ahments ingérés comme une cause de gastrite. Il semble bien toutefois que, dans ces conditions, Tirritation dépende beaucoup plus des modifications qui se ju'oduisent secondairement dans la masse alimentaire que de son volume. Il en est dr môme lorsqu'il y a stase gastrique. Les fermentations anormales donnent alors naissance î\ d(\s produits >ariés, en particulier ù des acides qui peuvent devenir des agents actifs d'irritation pour l'estomac.

La limite est mal marquée aussi entre les agents toxiques et les agents infectieux. Les mici'obes qui ont pénéti'é et qui séjournent dans l'estomac peuvent y amener en excès d(\s phénomènes de putréfaction et de décomposition, et donner lieu à la production de toxines noci\e«s. Ces toxines produisent-elles réellement de la gastrite, de la gastroentérite ou seulement des accidents toxiques sans lésicm ? Il est bien difficile de le décider. Rien ne })rouve (|ue les phénoniènes observés soient réellement des symptômes d(^ gasti'ite.

c. Agents infectieux, — Certaines lésions de l'estomac sont incontestiiblement d(î nature infectieuse et d'origine microbienne ; le tyjH* en est fourni [)ai* la gastrite sup()urée> Pai'ini les autres ga*strites, eu est-il un cei-tain nombre f|ui soient directement atti'ibmd)h*s à la pénétration directe des micr'obes j)ar la surface de la muqueuse .'Cela ne paraît pas douteux. C'est îiinsi, sans doute, par inoculation dirtvle, que preiment naissance les lésions du chiu'bon et les ulcérations tuber-

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culeuses. Y a-t-il des gastrites chroniques en nappe de nature microbienne, causées par des microbes ingérés directement dans Testomac ou par les toxines dont ils ont provoqué Tapparition ? Nous sommes bien mal renseignés sur ce point.

Rosenheim a rapporté un cas fort intéressant de muguet de lesta-mac. Une dame de soixante ans, depuis longtemps clouée au lit par la goutte, éprouvait depuis des mois des accidents gastriques dont la nature était inconnue : perte d'appétit, sensation de poids, de malaise. Ces phénomènes allèrent en s'accentuant ; le lait lui-même finit par n'être plus digéré. La langue était recouverte d'un enduit saburral, la muqueuse buccale enflammée, l'estomac sensible à la pression. Vu. jour surviennent des vomissements ; parmi les matières vomies se trouvaient de petits fragments mous, de couleur grisâtre ou brunâtre et môme des membranes larges, quelques-unes comme la paume de la main. L'examen microscopique montra des amas de filaments et de spores d'oïdium, avec une' assez grande quantité de cellules rondes et de noyaux libres. La guérison fut complète en peu de temps. Il semble que ce soit là un cas de muguet primitif de l'estomac ; tout au moins il n'avait donné lieu qu'à une stomatite peu intense et de nature douteu.se ; quant au muguet gastrique secondaire au muguet buccal, il n'est pas extrêmement rare : on en cite un certain nombi'e de cas.

On a de même signalé le faviis de l'estomac : Kundrat a rapporté un cas de favus généralisé dans lequel le champignon avait amené sur la muqueuse de l'estomac et de l'intestin, la production d'une sorte d'exsudat membraneux avec des ulcérations et des escarres.

Dans six cas de gastrite diphtérique, Smirnow a rencontré des bacilles et des microcoques en grand nombre dans les exsudais qui recouvraient la surface de la muqueuse stomacale ; mais, ces microbes ne pénétraient ni dans les glandes ni dans leurs intei^stices. Kalmus, dans des cas analogues à vu des bactéries, non seulement dans les fausses membranes et le tissu nécrosé de la surface de la muqueuse, mais même dans la muqueuse et jusque dans la sous-muqueuse. Hayem et Lion, chez un tuberculeux mort avec des phénomènes d'urémie, ont constaté la présence de nombreux spirilles dans les tubes et les culs-de-sac glandulaires de la région peptique. On peut donc considérer comme dès maintenant démontré que les microbes peuvent attaquer la muqueuse stomacale par sa surface libre et envahir sa profondeur de dehors en dedans.

hritation inflammatoire de l'estomac par la voie sanguine. — Les microbes pathogènes peuvent être apportés à l'estomac par la voie circulatoire, sanguine ou lymphatique. Dans la fièvre typhoïde, CliaufTard a décrit des lésions de la muqueuse qui débutent dans la

profondeur parles amas lymphoïdesde la sous-muqueuse. La gastrite suppurée a été vue au cours d'une pyohémie généralisée. Il n'y a donc pas de doute que la gastrite ne puisse se produire à la suite de l'apport par le sang de microbes pathogènes dans la profondeur et dans l'épaisseur de la muqueuse.

Les manifestations gastriques, on le sait, ne sont pas rares au cours depyrcxies diverses, en paiiiculier des fièvres éruptives. A l'autopsie, on a assez souvent signalé la gastrite ; mais le diagnostic macroscopique n'a qu'une valeur très relative. D'autre part, on peut toujours se demander si les phénomènes gastriques observés au cours de ces maladies, sont réellement sous la dépendance d'une lésion inflammatoire de l'estomac, s'il ne s'agit pas beaucoup plutôt de troubles fimctionnels dus à l'intervention du système nerveux.

En admettant même la réalité de la gastrite, son mécanisme devrait certainement ôtre considéré comme très complexe ; on p(»ut invoquer, en effet, les troubles circulatoires, l'action directe des toxines, l'action des microbes, les infections secondaires, et quelquefois l'action des médicaments.

Prédisposition morbide. — La prédisposition à la dysp(»psie douloureuse n'est pas douteuse. Elle est d'une grande fréquence dans certaines familles et paraît souvent se transmettre des parents aux enfants sous une forme analogue. On en a conclu à la prédisposition héréditaire h la gastrite, ce qui suppose que la gastrite est la cause et le substratum anatomique nécessaire de la dyspepsie. Les paHisans de l'origine névro- |)athique de la dyspej)sie, peuvent facilement répondre que, ce qui est héivditaire, c'est la prédisposition névropathique. Et de fait, en admettant môme l'existence de la gastrite chroni(|ue, [>our comprendre qu'elle devienne douloureuse, il faut, le plus souvent, faiœ intervenir un état particulier de névrose. Or, il n'est ni prouvé ni probable qucî la gastrite soit indispensable pour qu'il y ait dysp(»psie douloureuse.

La pn'»disposilion à la gastrite peut se démontrer en prc^nant en considération une série de faits différents. Sans l'admettre, on ne pourrait comprendre que, soumis aux mêmes causes pathogéniques, aux mêmes irrégularités de régime, les uns aient une gastrite hyptrplasti(|ueavec hyperchlorhydropepsie et les autres, au contraire, une gjusti-ite destructive avec hypochlorhydrie. Cela démontre de la façon la plus nette que la muqueuse de l'estomac présente chez les différents individus, une vitalité tout à fiiit différente, de telle sorte que les mêmes agents morbigènes produisent chez eux des effets tout à fml dissemblables.

Parmi les causes prédisposantes à la gastrite, il faut citer une certain nombre d'états moi'bides préalables, de propathies. Les nudadies

chroniques du cœur, du foie, des reins, constituent une prédisposition certaine à la gastrite. En ce qui concerne le mal de Bright, on a pu voir un certain parallélisme et une certaine analogie anatomique entre la dégénérescence des cellules tubulaires de la glande rénale et de la muqueuse stomacale.

L^anémie, les cachexies de tout ordre, la tuberculose, le paludisme chronique, etc., s'accompagnent aussi très souvent de gastropathie et de lésions de gastrite. Il est vrai qu'on ne sait jamais, en cas semblable, à quel moment remonte le début des lésions de la muqueuse stomacale, et que, souvent des circonstances secondaires, par exemple Tusage prolongé de médicaments irritants, peuvent être un des facteurs les plus importants de l'inflammation de l'estomac.

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