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CHAPITRE IV

La gastrite chronique est d'une fréquence très grande. Nous avons indiqué à propos de la pathologie générale quelles en sont les lésions élémentaires ; il nous reste à énumérer comment elles se combinent le plus souvent et quels sont les principaux complexus anatomopathologiques et cliniques auxquels peut donner naissance cette combinaison.

Deux possibilités principales peuvent s'observer comme nous Tavons indiqué déjà au point de vue de Tanatomie pathologique : il peut y avoir hypergenèse ou au contraire tendance à la dégénérescence ou à la destruction des éléments glandulaires qui procèdent à la sécrétion chlorhydropeptique.

On peut se demander si la gastrite chronique peut réellement exister sans la participation de la charpente conjonctive interglandulaire. Presque toujours, sinon toujours, la gastrite interstitielle existe dans une proportion plus ou moins importante. Elle contribue d'une façon plus ou moins marquée à la destruction de la muqueuse ; mais, en somme, la restriction et finalement la disparition de l'appareil de sécrétion glandulaire est l'aboutissant commun, le terme ultime vers lequel tendent toutes les variétés de gastrite chronique qu'il y ait eu ou non au début hypertrophie des éléments de sécrétion chlorhydropeplique, et que cette hypertrophie fasse partie ou non du processus inflammatoire.

Les formes de gastrite chronique que nous décrirons ne représentent en somme qu'une série de points de repère dans la série ininterrompue des possibilités anatomo-pathologiques. Très souvent, du reste il y a sur des îlots différents de la muqueuse des lésions qui appartiennent à des formes anatomiques différentes suivant l'ancienneté de la lésion.

C'est un point sur lequel insiste beaucoup Leuk dont nous avons déjà cité les travaux et que nous avons nous-môme constaté dans une série de faits. Il en résulte que si l'on veut avoir une idée exacte

de Tétat anatomique d'un estomac, il faut en exarainer de nombreux fragments pris dans des régions différentes.

Sous bénéfice de ces réserves, nous décrirons les formes suivantes :

A. — Gastrites avec hypergenèse des éléments de sécrétion glandulaire,

a. Gastrite avec hypergenèse des éléments de sécrétion glandulaire sans lésions interstitielles;

b. Gastrite avec hypergenèse des éléments de sécrétion glandulaire et lésions interstitielles notables.

B. — Gastrites avec prédominance des lésions atrophiqiies,

a. Gastrite chronique avec atrophie prédominante mais incomplète» des éléments de sécrétion chlorhydropeptique ;

b. Gastrite chronique ulcéreuse ;

c. Gastrite chronique avec atrophie généralisée des éléments de séc rétion chlorhy drope{)tique .

Cette dernière forme de gastrite chronique, qui représente le degré le plus avancé de la dégénérescence de la muqueuse stomacale, a été décrite à part par les auteurs étrangers sous le nom d'atrophie totale de la muqueuse stomacale ; son histoire a été associée i\ celle de Tanémie pernicieuse progressive ; elle fera Tobjet d'un chapitre j)articulier.

A, — Gastrites avec hypergenèse des éléments de sécrétion

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