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ATROPHIE DE LA MUOUKIISE STOMACALE

h'état général est variable, la fonction digestive do Testomac peut être supprimée sans qu'il en résulte aucun dommage sérieux pour la nutrition générale, sans qu'il y ait d'amaigrissement, ni de tendance à Tanémie et à la cachexie. On peut aussi rencontrer, comme dans toutes les formes de la dyspepsie, un ensemble plus ou moins marqué de manifestations neurasthéniques. Cette concomitance n'a rien qui soit propre h l'alrophie de la muqueuse stomacale. On peut encore constater des signes d'artériosclérose plus ou moins accentués : tendance au vertige, aux étourdissements, à la céphalée, à l'oppression sous l'influence d'une marche un j)eu nipide, de la montée d'un escalier, état vaguement nauséeux, sensibilité très grande au fi-oid, phénomène du doigt mort, refroidissement facile des extrémités, mictions fréquentes, polyurie, urine pâle, {ibondanle, pauvre en urée. Les malades supportent fort mal les repas un peu copieux, l'usage de la viande, du vin, des liqueurs alcooliques, des mets faisandés. A la suite d'un « dhier en ville » ils ont de l'insomnie, se lèvent le matin mal en train, fatigués, la tète lourde. Tous ces accidents sont beaucoup plus le fait de la vitalité défectueuse de Tensemble des tissus et des phénomènes d'auto-intoxication due fi l'insuffisance hépatique et rénale que la conséquence directe et exclusive du mauvais chimisme stomacal. Nous insistons parce que nous sommes convaincu que la confusion a été faite très souvent.

L'atrophie de la muqueuse gastrique et la suppression de la sécrétion chlorhydropeptique qui en est la conséquence a été constatée au cours de V anémie pernicieuse progressive. Il s'agissait souvent d'individus jeunes, chez lesquels s'installaient d'une façon inopinée des symptômes d'anémie grave : pAleur des tissus, coloration cii'euse de la face, faiblesse très grande, palpitations, essoufflement au moindre efTort, appétit nul. L'aflfaiblissement et l'anémie progressent sans que rien puisse les arrêter ; les malades épuisés sont incapables d'aucun travail. Cependant ils ne maigrissent guère ; au contraire*, les tissus restent bouffis. Les accidents dyspeptiques ne sont pas très accusés : disparition de l'appétit, pesanteurs, gonflement après le repas, renvois, aigreurs ; quelquefois, mais quelquefois seulement, accès gastrîilgîques. Constipation, quelquefois diarrhée. La mort survient par le fait de l'épuisement progressif.

L'étal du sang dans ces conditions est celui des anémies graves.

Chimisme. — L'exploration de l'estomac par la sonde fournit des résultats intéressants. Après un repas d'é[)reuve ordinaire, on trouve le pain mal digéré, mal divisé ; la quantité du liquide extrait est inférieure à la moyenne habituelle. L'acidité est presque nulle, elle peut U)mber à 0,20 0,15, 0,10 p. dOOO. Par la méthode de Winter, on ne

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trouve pas trace d'HCl libre et seulement une quantité extrêmement faible ou même nulle d'HCl en combinaison avec des substances organiques. Les résultats de la digestion artificielle des substances albuminoïdes à l'étuve sont à peu près nuls, ce qui démontre Tabsence de la pepsine. Le mucus peut faire complètement défaut, ce qui a été donné par Boas comme un signe d'atrophie complète de la muqueuse, mais il peut au contraire être abondant, visqueux, filant, ce qui correspond sans doute à la dégénérescence muqueuse de Tappareil glandulaire stomacal. Les morceaux de pain du repas d'épreuve sont alors presque intacts et entourés d'une couche très épaisse de mucus. Nous avons observé un cas semblable dans lequel le malade avait des vomissements et des douleurs extrêmement intenses.

Xous avons supposé qu'il n V avait aucun trouble de la motricité et que l'évacuation du contenu de Testomac se faisait normalement. Lorsqu'il y a tendance à la stase, on peut constater le séjour prolongé des alinjents dans l'estomac où ils subissent des décompositions fermentatives plus ou moins considérables. Les acides de fermentation organique sont en quantité d'autant j)lus élevée que la stase est plus prolongée et la quantité des aliments retenus plus considérable.

Évolution^ pronostic, — Nous ne nous occuperons ici que de ce que les auteurs allemands appellent la forme primitive, bien qu'on puisse contester qu'il existe réellement une forme primitive pour une lésion qui est l'aboutissant commun de |)rocessus anatomiques en somme îissez variables dans leur évolution, dans leur étîologie et même dans leur nature.

Les conséquences de ratroj)hie de l'apj^arcil glandulaire de IVslomac sont bien différentes comme nous l'avons indiqué déjà suivant l'état de la motricité stomacale et suivant l'état anatomique et fonctionnel de l'intestin et de ses glandes annexes. Si l'estomac se vide l)ien, pas de stase dans son intérieur, possibilité d'une digestion intestinale suffisante pour maintenir la nutrition en équilibre. Si la motricité de l'estomac est bonne, l'intestin et ses glandes annexes en bon état, tout j>eut se borner à des accidents jJus ou moins banals de dyspepsie, mais Tétat général reste satisfaisant. Si, au contraire, il s'est fait une lésion dégénératrice semblable de la muqueuse intestinale, si 1(» pancréas est lui-même lésé, la compensation digestive n'est j)lus possible dans Tintestin, et il en résultera forcément un trouble grave de la nutrition générale. Là est la clef du pronostic. On comprend que. pour le fixer d'uncî façon certaine, il conviendrait de déterminer, j)ar l'analyse» des urines et des matières fécales, comment se fait l'utilisation des aliments. A défaut de celte analvse, on se

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