ATROPHIE DE LA MUQUEUSE STOMACALE
bonjera, un régime alimentaire convenable étant institué, à observer les modifications du poids et de Tétot général.
Diagnostic. — Le diagnostic de latrophie de la muqueuse stomacale repose presque tout entier sur les résultats de l'analyse du suc gastrique au cours du repas d'épreuve. Toutefois, on n'aura le droit de conclure à Tatrophie de la muqueuse que lorsque des analyses successives, faites à des périodes suffisamment éloignées, auront donné des résultats également négatifs.
Dans une observation de Einhorn, on vit la sécrétion chlorhydrique réapparaître après cinq ans. Einhorn pense que dans ce cas le système glandulaire n'avait pas disparu, mais qu'en vertu de troubles nerveux il y avait eu momentanément inhibition de la sécrétion gastrique. Martius range les faits d'achylie gastrique en deux catégories. Dans l'une il y aurait réellement atrophie de l'appareil glandulaire et dans l'autre, qui se rencontre habituellement chez les neurasthéniques, simple atonie fonctionnelle. Cette distinction est basée surtout sur les résultats donnés par l'examen de fragments de la muqueuse retrouvés dans le liquide extrait de l'estomac par la sonde. Tantôt les glandes ont été trouvées fortement lésées, détruites même, tantôt au contraire conservées, intactes, sans lésion appréciable ou suffisante pour expliquer la suppression de la sécrétion normale de l'estomac. On peut contester évidemment la valeur de cette constatation et dire qu'on peut difficilement, par l'examen de fragments minimes pris on ne sait où, se représenter Tétat exact de la muqueuse gastrique,
Hayem qui, comme les autres observateurs, a forcément vu le chimisme stomacal s'améliorer d'une façon notable, explique autrement celle amélioration : l'œdème inllammatoire, l'accumulation des éléments embryonnaires pourraient en comprimant les tubes glandulaires suspendre momentanément leur fonctionnement; cette compression ayant disparu, la sécrétion |)ourrait reprendre et le chimisme gastrique s'amélioi'er dans une mesure plus ou moins marquée suivant le nombre des éléments glandulaires dont la sécrétion avait été momentanément supprimée.
Des examens du chimisme stomacjil devront donc être faits à des intervalles suffisants pour qu'on puisse savoir d'une façon certaine si la suppression de la sécrétion chlor'hydropeptique est réelle et définitive.
C'est avec le cancer de F estomac qu'on sera le plus souvent amené à établir le diagnostic différentiel : en faveur du cancer, on invoquera Texislencc d'une tumeur, d'une dilatation de l'estomac avec stase, de vomissements marc de café, la présence d'une quantité marquée
d'acide lactique dans le liquide du repas d'épreuve d'Ewald, Texistence d'une adénoj)athie cervicale typique.
La di'générescence amylotde des glandes de reslomac pourrait amener aussi la suppression de la sécrétion chlorhydropeptique ; celte dégénérescence qui marche de pair avec la dégénérescence identique du foie, des reins, de la raie, ne se produit que dans des conditions particulièrc^s de cachexie, et surtout dans les cas où il y a quelque suppuration chronique à ciel ouvert.
Traitement. — La première idée qui vienne tV Tesprit est évidemment de remplacer artificiellement la sécrétion gastrique supprimée par de l'HCl et de la pe[)sine. Les tentations faites dans ce sens n'avaient pas jusqu'ici donné de résultat bien satisfaisant. Sera-t-on plus heureux avec le suc gastrique naturel de Frémont et avec les pepsines d(* pouvoir intensif? 11 faut Tespérer.
11 ne faut pas oublier toutefois que l'évacuation normale de l'estomac est la condition fondamentale pour que le travail digestif de rintcstin puisse compenser l'abolition de la digestion stomacale. La conclusion thérapeutique de cette donnée, c'est qu'il faut avant tout s'efTorcer d'obtenir que Tévacualion de l'estomac se fasse bien. On donnera donc des aliments bien divisés, très nutritifs sous un petit volume, ne laissant qu'une proportion minime de détritus rebelles à la digestion intestinale. Y-a-t-il avantage, comme on le dit quelquefois, adonner surtout des hydrates de carbone ou des graisses et à restreindre au minimum les aliments azotés que l'estomac ne peut élaborer? Nous n'en comprenons pas très bien la raison puisque la digestion doit se fairv darjs l'intestin, grâce au suc pancréatique qui agit également sur les substances des trois ordres. Le point principal, encore une fois, c'est que les aliments se présentent sous une forme telle que leur séjour dans l'estomac soit réduit au minimum ; nous renverrons pour l'exécution de ce desideratum aux renseignements donnés précédemment lors(|uc nous avons traité d'une façon générale la question de l'alimentation dans le traitement des gastro|)athies. Pour stimuler la motricité gastrique on aura recours au massage, aux apj)lications froides, ù Télectrisalion extérieure; en cas de stase |)ermanente, on fera le lavage de Testomac, au besoin avec des solutions antiseptiques.
Si l'atrophie de la muqueuse intestinale accompagne l'atrophie de la muqueuse gastricpie, la situation est beaucoup plus grave. Dans ces conditions, on a tout naturellement songé à donner une alimentation arlilici(41(^ composée de substances déjà digérées : peptone, glucose, graisse émulsionnée. Malheureusement il n'y faut pas tro|) compter, les produits de digestion artificielle n'ayant pas exactement la même composition que les produits de digestion naturelle cl amenant quelquefois
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une irritation et une intolérance assez vives du tube digestif. On vient de trouver le moyen de purifierla peptone, peut-être parviendra-t-on à purifier également les autres produits de digestion artificielle. Ce jour n'est pas encore venu, et, en attendant, ce que nous pouvons faire de mieux c'est de réduire au minimum le travail mécanique de la digestion, et de profiter ainsi le mieux possible de ce qui lui reste d'activité chimique.
La diarrhée due a une mauvaise absorption est une complication grave; il faudra la combattre le plus activement |)ossible. On ne parviendra pas à l'arrôter et à la modérer lorsqu'elle sera due à l'abolitiou du pouvoir de digestion et d'absorption de l'intestin grêle.