‹ Traité des maladies de l'estomac (volume 2)Chapitre 10 sur 176 · INSPECTION · texte numérisé non relu

INSPECTION

Les renseignements fournis par l'inspection peuvent être obtenus par le simple examen clinique, à l'aide d'instruments spéciaux,

L. Examen clinique simple, — Voussure de l'estomac sous la paroi. — Dans la très grande majorité des cas, la paroi abdominale étant suffisamment épaisse, l'estomac ne s'accuse pas à la vue, Parfois, lorsqu'il est fortement distendu, après les repas, il bombe dans la région épigastrique sous forme d'un ballonnement plus où moins marqué dont les contours sont imprécis, lorsque l'embonpoint est suffisant, et ne prennent quelque nelteté que chez les sujets amaigris. Chez ceux-ci on peut même voir, lorsqu'il existe de la dilatation avec stase très marquée, le corps et les limites inférieures du viscère gonilé par les liquides et les gaz, se dessiner, surtout dans la station debout. avec assez de netteté pour pouvoir en erayonner les contours sur l'abdomen, D'ordinaire, cette voussure est à la fois sus et sous-ombilicale, avec prédominance très marquée du côté gauche de la ligne médiane,

D’aprèsle docteur Mark LKnapp(de New-York),lasimple HE es

Soupsrir. — Mal, de l'estomac,

que l'aorte abdominale soit adhérente à une tumeur qui masse à chaque battement du vaisseau. Le cas est lions épigastriques se voient plus fréquemment chez emaigris, surtout chez les dyspeptiques névropathes, et: liérement chez les malades atteints d'entéroptose,

névropathes se distinguent facilement des battements tiques de l'aorte, rarissimes d'ailleurs, en ce sens qu'ils nepr pas de mouvements d'expansion à la palpation. v

Ondulations péristaltiques de l'estomac. —On voit. chez les Ayspepliques atteints d’allections du pylore, les m de l'estomac se dessiner sous forme d'ondes plus ou moi fréquentes sous la paroi abdominale. Ces mouvements, co: nom d'ondulations péristaltiques de l'estomac, ont été décri la première fois par Kussmaul et ont été de nouveau étudiés en par plusieurs auteurs, mais surtout par Hanot et son élève Bi Les mouvements péristaltiques résultent des contractions des parois hypertrophiées de l'estomac. Tantôt ils sont pern

tantôt intermittents, sans qu'on puisse trouver dans la comparaison des divers syndromes cliniques où on les observe, l'explication de ces différences. Leur apparition est assez capricieuse; tantôt on les voit dès qu'on découvre les malades ; ou bien un courant d'air, un chatouillement, le froid, la percussion ou la palpation de la paroi abdominale les font apparaître ou les exagèrent; de même l'ingestion d'un verre d'eau ou de lait peut en déterminer le retour. Il semble enfin que, dans quelques cas lout au moins, l'insufilation modérée puisse les faire reparaitre comme nous l'a signalé le D'Eckart (de Bondy). En général, elles disparaissent quand l'estomac est vide, et sont au contraire plus intenses après les repas; mais celle règlen’est point absolue, et nous avons souvent vu les ondulations se maintenir après avoir vidé l'estomac de son contenu. De même, si elles augmentent d'ordinaire dans les phases d'exacerbation des gastropathies pour disparaitre quand les phénomènes sont atténués où disparus, il n'en est cependant pas loujours ainsi: nous avons vu plusieurs fois, etnotamment d'une façon lout à fait remarquable chez deux malades attein Lsde muladie de Reichmann (sténose incomplète du pylore avec gastrosuecorrhée), nous avons vu, disons-nous, les ondulations persister avee la même netteté après la disparition complète depuis plusieurs semaines des troubles subjeclifs et la guérison apparente.

Les contractions périsalliques de l'estomac sont de force, de fréquence, de vitesse variables, tantôt subintrantes, tantôt espacées ; on les voit presque loujours commencer dans l'hypocondre gauche audessous des fausses côtes, el se propagersous forme d'un sillon vertical plus ou moins prafond vers l'hypocondre droit; parfois, l'antre pylorique étant fortement repoussé vers la ligne médiane, on. voit la dépression se propager obliquement où de haut en bas dans l'hypocon dre gauche. Dans l'immense majorité des cas, les contractions ont lieu de gauche à droite; on cile cependant des eus (Glax, Cahn, Schutz) où elles avaient lieu du pylore au cardia; personnellement nous n'en avons vu qu'un cas douteux, l'autopsie n'ayant pas été faite et le gros intestin présentant aussi des signes de sténose. En tout cas, les ondulations évoluent toujours dans l'hypocondre gauche. Cetle localisation constitue même un signe pathognomonique important pour la distinction des contractions péristaltiques de l'estomac d'avec celles de l'intestin gréle qui parcourent tout le ventre et surtout la partie médiane, etcelles du grosintestin qui, venant de bas en haut et de droite à gauche, évoluent presque exclusivement dans l'hypocondre droit.

En général, les ondulations stomacales sont indolores ou lout au

pylore capable d'engendrer la dilatation hype et les ondulations péristalliques.

Celles-ci ne sont d'ailleurs pas un symptôme nére pyloriques. Elles manquent assez souvent à leur cortèg tique, sans que jusqu'ici on ait pu expliquer la raison de de leur absence. Remarque eurieuse, elles persistent qu la gastro-entérostomie, alors même que tous les autres morbides ont disparu et que l'évacuation gastrique part

Tension intermittente de l'épigastre. — M. Bo récemment un nouveau symplôme : la fension à l'épigastre. Gephénomène, qui a la mêmesignifieation di l'ondulation péristaltique, consiste dans le gonflement int l'estomae, qui se contracte en masse pendant un certain k relâche ensuite plus où moinslongtemps, tout comme s'il ëti tivement gonflé et vidé d'une abondante quantité de gaz. B gazeuse cependant n'y est pour rien, ce phénomène étant dûr ment au spasme tonique de toute la museulature de l'estot

Spasme continu de l'estomac. — Nous avons nolé phénomène du même ordre que les précédents, qu'on peut observer soit à leur exclusion, soit en même temps qu'eux. spasme continu de l'estomac, auquel on pourrait appliquer, a le terme de rigidité stomacale. C'est un signe qu'on rencontre d

sténoses Lrès serrées et rapidement constituées du pylore. Il consiste en ce fait que, dès qu'on introduit dans l'estomac des aliments, toute la tunique musculaire de l'estomac entre en contraction et vient faire saillie au niveau de l'épigastre sous la forme d’une boule dure, tendue, sonore et douloureuse. Toujours les malades, qui perçoivent cette tuméfaction sous forme d'une tension douloureuse, l'attribuent à un gonflement gazeux. Chez deux de nos malades chez lesquels cette rigidité stomacale était des plus nette et apparaissait à chaque ingeslion alimentaire, nous avons, plusieurs fois, en pleine crise, pratiqué le cathétérisme, en ayant soin de placer sous l'eau l'extrémité du tube. Nous n'avons pas obtenu de dégagement gazeux; par contre, la bouillie stomacale était projetée violemment avec une haute pression hors du tube, et quand l'estomac s'était ainsi débarrassé deson contenu, le ballonnement épigastrique s'affaissait complètement.

La contracture prolongée de l'estomac constitue pour nous une indication formelle d'intervenir chirurgicalement : elle est en effet d'un pronostic sévère. Dans deux cas que nous avons observés et où l'opéralion a été refusée, la terminaison fatale a eu lieu par perforation de l'estomac; il est en ellet facile de comprendre que l'état de tension extrème dans laquelle se trouve l'estomac, favorise la déchirure des parois gastriques dont la résistance est affaiblie au niveau d'une ulcération ou d'une néoplasie.

IL. Inspection pratiquée à l’aide d'instruments spéciaux. — Diaphanoscopie ou Gastrodiaphanie. — Elle consiste à faire l'examen de l'estomac illuminé fortement par une lampe électrique introduite dans son intérieur à l'aide d'une sonde, C’est Milliot, en 1867, qui fit les premiers essais sur le cadavre et chez des animaux. L'année suivante, Lazarowitch fit des recherches analogues. Mais c'est Einhorn en 1889 qui en fit la première application clinique, quoique Fleisherdise avoir employé ce procédé avant lui, de concertavec Hüffler,

L'uppareil de Einhorn se compose d'un tube creux, de la dimension et du diamètre d'une sonde ordinaire, à l'extrémité duquel est fixé une petite lampe Edison et à travers lequel passent deux fils reliant celle-ci à une pile ou à un accumulateur, Sur le trajet extratubaire des fils se trouve un interrupteur du courant, La lampe Edison est recouverte d'une cloche en verre assez épaisse qui augmente la résistance de l'appareil (fig, 1).

En 1892, Heryng et Reichmann ont ajouté un dispositif pour faire passer dans le tube un courant d'eau froide qui vient cireuler autour de la lampe, de façon à prévenir l'échauffement des parties voisines.

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