ÉTUDE ANATOMIQUE
À l'état normal, il existe une ébauche de biloculisation de l'estomac. On sait que l'estomac est divisé en deux parties, une verticale, grand cul.de-sae, grosse tubérosité, une horizontale ou antre pylorique. C'est à l'union de ces deux parties qu'on trouve, à l'autopsie, un
Fig. 54, — Estomac biloeulaire d'origine fonctionnelle.
étranglement d'ordinaire insignifiant, mais qui, chez certainsindividus, particulièrement chez des femmes à taille mince, peut prendre quelque importance et donner à l'estomac une forme en bissac. C'est surlout au niveau de la face antérieure et du bord externe que le rélrécissement s'accuse. Ce rétréeissement est purement fonetionnel, etne répond pas à un état anatomique, car d'une part, si on insufile l'estomue, il disparaît ; d'autre part, si on extrait l'organe du ventre et qu'on l'examine sur la table d'autopsie, il reprend sa forme ordinaire, On a expliqué cet état de l'estomac de différentes façons : par un spasme agonique, la mort ayant surpris l'estomac en systole ; par la compression soit du bord gauche du foie, soit des côtes gauches le plus
souvent comprimées par le cet Eire lation correspond au rebord costal). Il nous semble qu'on pourrai | invoquer aussi une sorte de torsion du viscère sur lui-même au point | où l'axe de l'estomac, de vertical qu'il était; devient horizontal où légèrement oblique en haut et à droite (fig. 54 eL55)
Fig. 35. — Estomac biloculaire d'origine fon
A côté de celte déformation purement fonelio permanente de l'estomac apparaît, au contriiré, comme, Fe P* très marquée. On distingue: la forme congénitale eUIa formeneque
FORMES GLINIQUES
Forme congénitale, — L'esitomac est en général divisé ea son milieu, à l'union des portions pylorique «et ascendante, en.deux parties d'égale grandeur: au niveau de la partie rétréeie qui tnt resse toute la circonférence de l'estomac, les lissus sontbsouples, sans aucun tissu cicatriciel, La sténose alleint un degré très pre. noncé et est souvent assez longue, formant un canil régulier, tue laire; on pourrait même y trouver, d'après Eürster, une .vértaile valvule, En aucun point la paroi gastrique n'a contracté des-adhe. rences avec les organes voisins, La surface interne de LestomacelL saine aussi, tout au moins sans lésions ou ulcérations Souvent, en même temps que la déformation de l'estomac, on note dlautres ane malies, soit dans les viscères, soit dans les artères”
ESTOMAC BILOCULAIRE “it
Forme acquise. — Les dispositions sont moîns régulières et se modifient d'un eas à l'autre. Le rétrécissement a un siège variable, le plus souvent cependant il se trouve à la partie moyenne de l'estomac, d'ordinaire au niveau de In grande courbure et des faces. Vu
56, — Estomac biloculaire par cicatrice d'uleère. Face interne, poche cardiaque; P, poche pylorique: U, ulcère cicatrisé juxtapylorique nant par sa rétraction la formation d'un rétrécissement qui sépare l'estomac en deux porlions (collection Hartmann).
Fig.
par sa face externe, il est réduit quelquefois à un sillon plus ou mi profond qui occupe toute la circonférence de l'estomac ou seulement une partie de celle-ci. Plus souvent il forme une plaque courte (de 2 à 4 centimètres en moyenne), cylindrique ou irrégulière, froncée, avec une consistance dure, fibreuse. Sa direction esL perpendiculaire au grand axe de l'estomne ; à côté du sillon principal, on rencontre
des échancrures plus petites.
Le rétrécissement de la cavité gastrique varie dans de grandes
PATHOGÉNIE
1 y a lieu d'établir, à propos de la pathogénie, la distinetion que nous avons adoptée dans le paragraphe précédent entre les biloculations congénitales et les biloculations acquises.
Forme congénitale. — Læbiloculation congénitale parait être due à un vice de développement. Hochenegg signale l'existenced'un faisceau musculaire anormal à la face postérieure de l'estomac et Saake celle de deux faisceaux musculaires situés au même endroit. Carrington, Stoker, Roger Williams ont rencontré des anomalies artérielles. Salvatore Castellani a signalé des cas où l'hérédité de la déformation serait nette.
Quant à la cause directe qui préside à la formation de l'estomac biloculaire congénital, on en est réduit à des hypothèses.
Forme acquise. — L'estomac biloculaire acquis est causè par la présence d'un ulcère plus ou moïnsconsidérable de larégion moyennede l'estomac qui, en se cicatrisant, amène la rétraction des parties où il siège el, en conséquence, la déformation de l'estomac. Cette explication, soutenue par la plupart des anatomistes, parait aujourd'hui hors de doute. Elle est bien plus vraise mblable que celle des auteurs (comme Chabrié) qui prétendent que l'ulcère est conséeutif à la biloculation, Il est d'ailleurs très admissible qu'un rétrècissement médio-gastrique organique ou fonelionnel (spasmodique ou déterminé par la compression) favorise la localisation d'une lésion uleéreuse et en provoque l'extension. Les adhérences aux organes voisins déterminées par la périgastrite de voisinage accentuent encore la déformation de l'estoinac, en provoquant des coudures.
Tous les ulcères médio-gastriques n'amènent pas la biloculation dé l'estomac. Perret, d'après les cas qu'il a relevés, pense que c'est l'ulcère de la grande courbure (d’ailleurs rare) dont l'évolution s'uccompagne le plus nettement de la déformation en sablier. L'ulcère de la paroi postérieure cause rarement celte lésion.
La lésion ulcéreuse elle-même offre d'ordinaire les caractères nets de l'ulcère simple de Cruveilhier, Cependant dans quelques faits on a pu observer des ulcérations syphilitiques, des ulcérations par corps étranger, par traumatisme, des épithéliomas, des lésions cicatricielles déterminées par l'ingestion d’un caustique.
L'estomac biloeulaire congénilal ou acquis est, dans l'immense majorité des cas, observé chez la femme (7 fois sur S). On en observe les premiers symplômes d'ordinaire entre vingt-cinq et cinquante ans.
ESTOMAC BILOCULAIRE. LE
A jeun, on constate de la stase alimentaire ; il peut arriver qu'après avoir introduit une certaine quantité d'eau par la sonde on ne réussisse k. pas à en retirer un égal volume de l'estomac, et la palpation de la | région épigastrique révèle qu'il en reste encore dans le viscère : c'est que probablement le liquide a été évacué dans la deuxième poche, qui ne peut étre atteinte par l'extrémité du tube.
Dans plusieurs observations, il est noté le fait suivant : lorsqu'on procède au lavage de l'estomac, on retire d'abord des résidus alimentaires, puis l'eau redevient claire et on eroit le nettoyage du viscère terminé, quand sous l'influence de la toux ou d'un brusque mouvement du malade, on voit de nouveau le liquide apparaître sale et mélangé de résidus alimentaires.
Diaphanoscopie. — Dans un cas, Jaworski a pu faire le diagnostic à l'aide de la diaphanoscopie.
Analyse du suc gastrique. — Elle indique d'ordinaire l'existence de l'hypersécrétion et de l'hyperchlorhydrie.
Troubles fonctionnels. — Ils n'ont rien de bien caractéristique, La variété congénitale passe inaperçue, ou ne se révèle que par quelques troubles dyspeptiques vagues et sans signification précise.
Dans la forme acquise, on observe parfois une première période de dyspepsie, avec troubles plus ou moins sérieux, pendant laquelle l'existence d'un ulcère peut être révélée par une gastrorragie, mais d’autres fois, au contraire, cetle première phase peut rester absolument latente. Dans une deuxième période, on observe des phénomènes très analogues à ceux des sténoses du pylore : seule la constatation des signes pathognomoniques que nous avons signalés peut permettre de distinguer les deux affections, d'ailleurs confondues dans la majorité des cas,
TRAITEMENT
‘Traitement de la biloculation d'origine fonctionnelle.
Lorsque le diagnostic, toujours délicat et incertain, de biloculation de l'estomac est posé, il est bon de conseiller certaines mesures propres à diminuer les effets de cette contracture esagérée des fibres de la partie moyenne de l'estomac. La constriction du corset exagère et favorise la création des sillons de biloeulation par le bord du foie
la suppression du corset, | qu'il ne vienne plus
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DÉFINITION
On désigne sous le nom de dislocation verticale de l'estomac une déformation de cet organe consistant en ce que son extrémité inférieure, au lieu d'être située, comme à l'état normal, dans la partie épigastrique de l'abdomen et d'avoir une direction générale horizontale ou légèrement oblique en haut, s'abaisse dans l'abdomen et devient oblique en bas, La grosse tubérosité ou portion verticale reste en place.
ANATOMIE PATHOLOGIQUE
La totalité où la presque totalité de l'estomac se trouve dansl'hypocondre gauche el la moitié gauche de la cavité abdominale (fig. 57). La limite supérieure n'a pas varié. Le cardia est resté au niveau de la onzième vertèbre dorsale. Mais le pylore est fortement abaissé et ramené vers la ligne médiane. Il est parfois descendu très bas, comme dans un cas de V, Ziemssen, où il était situé à peu de distance du promontoire,
La forme générale de l'organe est modifiée. Les deux segments {cardiaque et pylorique) représentent deux poches d'inégale longueur, accolées l'une à l'autre, et se confondant à plein éanal dans leur partie inférieure, La poche supérieure est beaucoup plus longue, La petite courbure, au lieu de dessiner une courbe arrondie, est formée de deux lignes verticales, laissant entre elles une languette étroite el se réunissant à angle très aigu au niveau de la limite des deux segments. La grande courbure est aussi bien plus fortement accentuée et forme un are dont la corde est beaucoup plus courte qu'à l'état normal.
Le duodénum ne suit le pylore que dans une partie de sa première portion, dont la seconde reste solidement Gxée à la colonne vertébrale. Tien résulte qu'il se forme à ce niveau un coude qui oppose un obstacle plus ou moins sérieux selon les cas au passage des aliments.
Le bas-fond formé par l'union des deux poches de l'estomac est d'inégale profondeur, Dans les cas légers, il est de petit volume etles aliments remontent sans trop de peine jusqu'au canal pyloro-duodénal et s'évacuent sup$ trop de retard. Mais souvent il s'allonge démesurément et descend bien au-dessous de l'ombilie, jusque vers le pubis : la dislocation se complique alors de dilatation. On comprend la diffeulté extrême qu'ont les aliments à parvenir au niveau du pylore et les
Sourautr. — Mal. de l'estomac. 27
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