LES ALIMENTS. LE
peut osciller. Il est bien évident qu'il est impossible de déterminer le point maximum auquel doit s'arrêter l'alimentation de l'individu, car on ne sait pas quelle est la plus grande quantité qu'il peut supporter d'une façon générale. Par contre, il est facile d'indiquer au-dessous de quel chiffre la ration quotidienne ne doit pas descendre. Linossier admet que 60 à 70 grammes d'albuminoïdes sont suffisants pour l'entretien de l'existence chez un homme de poids moyen, et Gautier donne les chiffres suivants :
T8grammes.
Hydrotes de carbone. « 46 —
Pour juger de la valeur d'un régime, on a coutume de caleuler à quel nombre de calories dégagées il correspond. Le régime minimum que nous venons d'indiquer équivaut à 2800 calories. Mais il ne faut pas oublier que ce chiffre minimum indiqué par Gautier est au niveau de celui que Munk, Linossier et Mathieu donnent comme chiffre moyen. De fait, la ration moyenne établie d'après eux correspond à 2500 ou 3000 calories, C'est ce chiffre que doit atteindre la ration quolidienne pour être suffisante,
Muis lous les principes alimentaires que nous venons d'étudier ne fournissent pas par leurcombustion un nombre égal de calories pour un poids donné de leur substance. C'est ainsi que :
1 gramme d'albumine dégage 4411.
1 — de graisses — Sail, 1 — d'hydrates de carbone — 4e
Il semblerait logique, d'après ces données, que l'homme puisse se nourrir exclusivement de l'une quelconque de ces substances à l'exclusion desautres, pourvu que la totalité de celle-ci lui assure le nombre de calories nécessaire et l'alimentation serait de ce fait une pure question de quantité. Il n’en est rien. L'expérimentation et l'observalion ont démontré que l'usage exclusif d'un des trois ordres de subslances ne pouvait suffire pour entretenir la vie et maintenir l'équilibre nutritif. Seule est possible l'alimentation par la viande et les hydrates de carbone ; à la rigueur par la viande et la graisse (les Esquimaux en sont la preuve). Mais ce n'est là» riture défectueux et qui semble notre genre de vie.
sensibilité à la pression du point épigastrique et amènent les douleurs les plus violentes »; aussi fait-il de l'hyperesthésie de l'estomac un élément de contrôle de premier ordre pour juger de la tolérance où de la non-tolérance de tel ou tel aliment et, d'une manière générale, de tel ou tel régime. Personnellement nous pensons que celte notion a une importance capitale, et dans le coursde cet article nous aurons à y revenir. .
En réalité, la digestibilité est le résultat de facteurs nombreux et il est impossible de l'évaluer en se fondant sur un élément unique. Tout d'abord, comme le fait justement remarquer Leven, elle dépend des qualités physiques de la substance, ensuite de la dose à laquelle celleei est prise, non moins que de son degré de coction. Enfin, d'après lui, une chose prime toutes les autres en cette matière : l'effet direct qu'elle produit sur la muqueuse stomacale. C'est ainsi qu'il citede très intéressantes recherches faites sur les graisses, et s'il les repousse comme tout à fait indigestes, ce n'est pas à cause de leur inaptitude à subir l'action du suc gastrique, mais à cause de ce fait que, déterminantune véritableirritation de la muqueuse, elles ne font passécréter de suc gastrique. Exactement superposable à celle-ei est la conclusion de Pawlow sur le même sujet. Pour lui, la graisse est un agent d'inhibition qui restreint la puissance normale du processus sécréloire, «soit par un mode exelusivement mécanique, en constituant une couche de recouvrement de la muqueuse de l'estomac eten empêchant l'excitation chimique alimentaire des lerminaisons nerveuses, soit par un mode réflexe, en inhibant les centres des nerfs sécrétoires, où en excitant les nerfs d'arrêt des glandes ».
En réalité, il faut tenir le plus grand compte des susceptibilités individuelles : « Ce qui parait à l'un, dit Mathieu, un aliment léger et de digestion facile est pour l'autre, au contraire, très lourd et très indigeste... Il y a des incompalibilités vraies et, pour certains aliments,
il ya aussi des incompatibilités apparentes, par autosuggestion. »—« Ce qui plaitne faitjamais mal », dit la formule populaire. C'estévidemment
là une nolion fausse, pire encore, éminemment dangereuse. Toutefois elle contient une part de vérité à laquelle Pawlow a donné une base expérimentale en déterminant l'influence perehiqne) sur la sécrétion des sues digestifs,
Ce qui est vrai d'ailleurs pour la qualité aussi pour la quanlité globale de de vue il exisle des suscep!
savoir apprécier, C'est ainsi que |