V. — INSUFFLATION
L'insufflation de l'estomac a élé préconisée en Angleterre d'abord par S. Fenwick en 1868, et en Allemagne par Frerichs et Mannkopf. C'est un excellent moyen clinique, pratique et exaet pour apprécier la forme, les dimensions, la position de l'estomac. Personnellement, nous y avons recours pour l'examen de presque tous nos malades qui, généralement, l'acceptent sans répugnance. Les erreurs qui, d'après certains auteurs, résulteraient d'un excès de distension de l'estomae, sont négligeables et d'ailleurs faciles à corriger avec un peu d'habitude. l
L'insuflation peut se faire soit à l'aide de poudres elfervescentes, soit à l'aide de la sonde. La première méthode a l'avantage de pouvoir être appliquée à Lous les cns, Landis que la seconde, qui donne des renseignements plus précis, exige de la part des malades une certaine
L'insufllation par les poudres ellervescentes est des plus simples. On prépare deux solutions, l'une d'acide tartrique, l’autre de biearbonate de soude qu'on fait ingérer successivement. Ces deux liquides, en se mélangeant dans l'estomac, dégagent une grande quantité de gaz qui distend l'estomac nssez fortement pour que celui-ci vienne faire saillie à l'épigastre et rende à la percussion une sonorité Lympanique. Les doses d'acide tartrique et de bicarbonate de soude à administrer sont tantôt faibles (1 à 2 grammes de chaque sel dissous dans un quart de verre d'eau) si l'on veut se contenter de faciliter la pereussion de l'estomac sans le trop distendre, et tantôt fortes (6 à T grammes de chaque) si l'on veut obtenir une distension suffisante pour apprécier les contours du viscère à la simple inspection. Malgré
Sourauur, — Mal. de l'estomae,
lats supérieurs, parce qu'elle permet d duellement la quantité de gaz voulue dans
avec la bouche, ou on fait soufler par le m pavillon de la sonde, Il est encore préférable l'aide d'un tube en verre, la double poire du pulvéris M. Guinard a proposé comme une simplification de petil appareil à insufflation du thermocautère Paqu de praticiens ont en leur possession. Il nous a se ltion de ce petit tube était plus difficile que l'introdu ordinaire, Quoi qu'il en soit, on doit insuffler lenten < peu se bomber la région épigastrique et l'estomac sé plus ou moins de nelteté, selon la quantité de gaz intr générale, il ne faut pas distendre assez fortement pou se dessiner à la simple’ inspection : non seulement éprouve un malaise pouvant aller jusqu'à lu douleur, n de l'organe est très certainement exugérée dans ces co contentera donc d'une insufflation modérée, permettant Wobt tympanite assez forte pour qu'il soit facile de délimiter contours de l'estomac par la percussion. On peut ainsi co beaucoup de précision la figure de projection de la faces de l’estomae sur la paroi abdominale.
En mesurant la quantité de gaz introduite dans l’org aussi estimer la capacité du viscère. Dans ce but, on
diflérents appareils. Le plus ancien a été décrit par Jaworski: il est Simple et facile à construire soi-même, On prend deux facons de verre d'une capacité de 3 à 4 litres (fig. 12}. L'un, À, gradué, est muni d'une tubulure près de sa base, L'autre, B, porte un large goulot dans lequel on place un bouchon en caoutchouc percé de deux trous, qui donnent passage chacun à un tube coudé. L'un, à branche intérieure longue, plongeant jusqu'au fond du flacon, est mis en communication par un tuyau de enoutchouc muni d'un fermoir avec la tubu- Lure du flacon À, et l'autre, à branche intérieure courte dépassant à peine le bouchon, est adapté à l'extrémité de la sonde stomacale,
Fig. 12, — Appareil de Jaworski pour poor la capacité de l'estomac à l'aide de l'air.
Pour l'usage, le flacon supérieur, rempli d'eau complètement, est placé à 50 centimètres au-dessus du flacon B qui reste vide. En ouvrant le fermoir C, on lisse l'eau du récipient supérieur s'écouler dans l'intérieur, dont la couche d'air est refoulée à travers la sonde jusque duns l'estomac. On voit l'estomne s'insufller graduellement. Lorsque Ja distension est suffisante, on arrèle l'écoulement, on lit sur le flacon gradué A le nombre de divisions employées et l'on en déduit le volume d'air introduit dans le viscère.
Nous ne décrirons pas les appareils compliqués de Kelling et de Ost, peut-être plus exacts en théorie, mais inapplicables en clinique. Nous devons, par contre, indiquer le procédé très commode recommandé par M. Bourget (de Genève). Il emploie la double poire d'un pulvérisateur, qu'on jauge de la façon suivante : on prend une bouteille d'un litre remplie d'eau, qu'on renverse sur une cuve à eau ; puis on y intro duit le tuyau adapté à la poire; on presse alors celle-ci bien complètement entre les deux mains posées à plat, et on compte combien de
dépend aussi de l'état de tonicité des parois moins facilement refouler.
Ces variations dans l'extensibilité des dif
ainême être mises à profit en clinique, Il est
les estomacs atoniques se dilatent avec une grand l'estomac normal se dilate d'une façon moyenne et hypertrophiés et contracturés opposent une
tension gazeuse intérieure. M. Bourget admet q
serait capable de recevoir une quantité maxima d'
il se contracte et expulse l'air qu'on continue à y introdh
de distension présenterait ainsi, pour chaque individu, un à fait remarquable, Quoi qu'il en soit, il reste bien établi qu ressant et pratique, en clinique, de rechercher par l'ù tabilité des tuniques de l'estomac; nous en avons souvent même des indications intéressantes pour le traitement. Bat est d'ailleurs des plus simples. On commence par lé l'estomac. On en détermine les limites par ln pere insuflle fortement jusqu'à ee qu'on voie l'estomac se d ment sous la paroi. On percute ensuite de nouveau, et on deux tracés ainsi obtenus. En adaptant un manomètre à peut mesurer la tension intragastrique nécessaire pour, résullat, ce qui renseigne encore sur la résistance des parois g
Nous verrons, en parlant de la Dilatation de l'estomac, les rensei- #nements importants que l'on peut ainsi obtenir,