‹ Traité des maladies de l'estomac (volume 2)Chapitre 24 sur 176 · SÉGRÉTION DU SUG GASTRIQUE · texte numérisé non relu

SÉGRÉTION DU SUG GASTRIQUE

Technique à employer pour cette étude, — Jusque dans ces dernières années, la sécrétion stomacale n'avait pu être étudiée convenablement. Le suc gastrique recuéilli chez les animaux était, en ellet, souillé soit par son mélange aveeles aliments, soit par des particules étrangères avalées par les animaux, soit par la salive, ete, Le professeur Pawlow (de Sainl-Pétershbourg) et le D' Chigin, profitant

Pañoi abdomineh

Fig. 24, — Polit estomac isolé de Pawlow,

des lravaux antécédents de Thiry et d'Heidenhain, ont pu se procurer du suc gastrique pur de tout mélange, en pratiquant chez le chien une opération permettant, sans altérer les nerfs qui se rendent à l'estomuc, le sectionnement de la cavité gastrique en deux compartiments tout à fait isolés, dont l'un, dit grand estomac, destiné à recevoir les aliments, et l'autre, dit petit estomac, desliné à recueillir Lsuë gastrique pur à l'aide d'une canule (fig. 24). D'ailleurs les

serendre compte, en s'appuyant sur des faits précis et reuses, que la sécrétion du petit estomac restant comme identiquement la même que celle du l'influence des aliments.

animaux tués à jeun ont souvent dans leur e grande quantité de liquide acide, remarque qui dit que les animaux ont des résidus irique dans l'estomac très longtemps après D'autre part, Frémont et après lui Frouïn ont vu, dont l'estomac avait été isolé du reste de l'appareil dig gastrique y était sécrêté d'une façon permanente. ter d'autre part que la section des nerfs au n rieure de l'æsophage peut troubler profondément sécrétion.

Marche de la sécrétion gastrique. — Nous étudier la marche de la sécrétion gastrique sous l'infu talion alimentaire.

SéCRÉTION PSYCRIQUE. — Un premier fait ex!

à signaler est la production d'une sécrélion de sue gas sous une influerice psychique. Dès 1852, Bidder et S vaient qu'il suflisait d'exciter des chiens par la vue d' provoquer une séci de suc gastrique, et Ch. Riel le même fait chez un sujet gastrostomisé à la suite d'un cicatriciel de l'œsophage, Mais c'est le professeur P élèves qui ont donné une démonstration complète de d'une sécrétion gastrique abondante par excitation psy un chien dont l'estomac a 618 opéré comme il a été dit pratiquent l'œsophagotomie au cou : les deux bouts 1 séparés l'un de l'autre et fixés dans les angles de la plaie par la cicatrice. On obtient ainsi une séparation anatomique” de lu cavité buccale d'avec la cavité gastrique. Si à de tels

PHYSIOLOGIE. # vient à donner de la viande, celle-ci retombe évidemment au dehors par le bout supérieur de l'æsophage. Le chien fait un repas fictif; mais son estomac, pourtant complètement vide, fournit une sécrétion abondante, qui dure aussi longtemps que l'animal mange la viande et se prolonge même quelque lemps après. On peut recueillir une quantité considérable de suc gastrique pur, très actif et qui peut servir soit à des recherches physiologiques, soit dans un but thérapeutique.

Les auteurs, en variant les conditions de l'expérience, sont arrivésà des résultats extrémement curieux. Tout d'abord, pour exciter l'activité sécrétoire de l'estomac, il faut que les substances déglulies par le chien soient des aliments digestibles. Toute substance non alimentaire, cailloux, substances chimiques, ne provoque pas de sécrétion. Au contraire, le pain, le lait, ete., la viande surtout, excitent la sécrétion, et cela d'autant plus que l'aliment est plus agréable à l'animal.

Il n'est pas même nécessaire de faire avaler les aliments : il suffit de les faire voir au chien, de les lui faire Mairer, d'exciter en lui le désir de manger ; et au bout d'un certain temps, cinq minutes environ, on voit le suc gastrique sorlir abondamment du pelit estomac isolé. La sécrétion du suc gastrique est en proportion directe du désir suscité chez le chien par la vue des aliments. La sécrétion provoquée par le repas fictif est peut-être un peu plus prononcée. que celle provoquée par la simple vue des aliments, parce qu'il s'y joint des sensations gustatives qui augmentent encore la satisfaction qui accompagne le besoin de manger,

En réalité, cette excitation psychique, ce désir des aliments est l'équivalent de l'appétit qui apparaît ainsi comme un facteur essentiel de l'activité sécrétoire de l'estomac. On en peut déduire pratiquement l'importance que doit attacher le médecin à provoquer l'appétit chez les dyspeptiques.

SÉCRÉTION PAR CONTACT DES ALIMENTS. — Lu digestion, mise en train par la sécrétion du suc d'appétit, se poursuit dans l'estomac par suite du contact des aliments avec la muqueuse gastrique. Ici encore les expériences de Pawlow sont des plus curieuses.

1 faut prendre des précautions suffisantes pour empêcher la séerétion du sue psychique, soit en détouraant l'attention des animaux, soit mieux encore en expérimentant pendant le sommeil anesthésique (qui, d'après Pawlow, ne trouble en rien le travail séerétoire).

D'après une opinion assez répandue, la sécrétion stomacale ce dès que la muqueuse entre en contact avec les aliments, ion mécanique. Le professeur Pawlow proteste énergi-

de l'animal pour éviter la sécrétion du suc introduit les aliments à travers une fistule dans le recueille le suc gastrique qui s'écoule du petit est rappelons que, dans ces conditions, le grand « sécrètent d'une façon absolument identique.) L'eau excite modérément la sécrétion gastriq solutions salines, qui se comportent comme | liqueurs sodées qui inhibent la sécrétion gastrique. Les aliments solides excitent à peine la sécrétion. directement dans le grand estomac des hydrates l'amidon ou des féculents, de la graisse sous toutes forn aucune sécrétion. L'albumine d'œuf, la fibrine re sans eflet. La viande fraîche exerce une action plus relativement faible; mais cette action disparaît q bouillir. Le lait, d'autre part, provoque une sécrétion as et assez rapide.

Ainsi donc, la sécrétion du suc gastrique en p directement portés dans l'estomac est ou nulle ou tou

Si l'on veut obtenir la mise en marche de la sécrétion, saire d'introduire d'abord dans l'estomac des substances. les extraits de viande, le bouillon, le jus de viande sont tants de la sécrétion. D'autre part Pawlow a montré digérer artificiellement du blanc d'œuf oud les produits liquides de cette diges!

obtient un effet sécrétoire constant

PHYSIOLOGIE. . s5 trique, une substance capable d'agir ultérieurement sur l'appareil neuro-sécréloire de l'estomac, tout comme les extraits de viande,

Résumé et conclusions. — En rassemblant les différentes notions que nous venons d'exposer brièvement, on peut, RE UE cevoir de la façon suivante la marche de la sécrétion stômacale.

La sécrétion gastrique débute par la sécrétion du sue psychique qui commence à apparaître dans l'estomac dès le début de l'ingestion des aliments. Celui-ci attaque les substances albuminoïdes et permet la formation de substances solubles qui sont elles-mêmes capables d'exciter la sécrétion d’un suc gastrique plus puissant et dont la force digestive et la quantité sont variables selon les aliments à digérer. « En somme, dit Pawlow, le suc d'appétit est l'agent indispensable de la mise en train du processus sécrétoire. Il est, pour ainsi dire, l'allumette qui met le feu au foyer; aussi le D' Chigin l'a-t-il appelé le sue d'amoree, »

La quantité du suc gastrique sécrété dans l'estomac isolé est extrémement variable. On peut dire toutefois qu'elle est proportionnelle à la quantité des aliments ingérés. La nature des aliments exerce aussi une certaine influence sur cette quantité ainsi que sur sa composition. Quant à la marche de la sécrétion, elle varie d'heure en heure depuis le commencement jusqu'à la fin du processus digestif. D'une manière générale, elle est représentée par une courbe qui monte rapidement au début de la digestion, se maintient quelque temps au même niveau et descend très lentement pour se terminer d'une façon brusque. La marche et la durée de la sécrétion sont aussi très variables selon la quantité et la qualité des substances introduites

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