EXAGÉRATION DE LA FAIM. — BOULIMIE ET POLYPHAGIE
vent rebelle au traitement. Sa raison d'être est inconnue. On la considère comme une névrose de la sensibilité spéciale de l'estomac. En tout cas, elle n'est sous l'influence ni de troubles moteurs, ni de troubles sécrétoires. En 1898, nous avons étudié très minutieusement les fonctions gastriques d'un malade atteint de boulimie anxieuse, Nous avons pu constater que la digestion se faisait dans les conditions normales. La sensation de faim se renouvelaïit angoïssante, impérieuse, mème quand l'estomac contenait encore des aliments en quantité appréciable. Ce n'est donc pas, comme on serait fenté de le croire, l'évacuation trop rapide de l'estomac qui serait la cause de la boulimie.
Polyphagie. — La polyphagie, qui d'ordinaire est associée à la boulimie, peut devenir plus importante qu'elle, Dans quelques cas, elle conslitue une simple curiosité. Certains individus en apparence normaux ont une capacilé digestive extraordinaire. Ils peuvent manger et boire une énorme quantité d'aliments, mais ce n’est pas pour eux une nécessilé et ils sont susceptibles à la rigueur de se rationner sans souffrir.
Au contraire, la polyphagie pathologique, qui se rencontre chez les hystériques, les neurasthéniques et surtout les aliénés, est impérieuse. Les malades sont obligés de manger beaucoup; ils ne sont jamais rassasiés, ils consomment une énorme quantité d'aliments. Chez certains aliénés, la faim et la soif sont méme tellement vives qu'ils mangent ou boivent tout ce qui leur tombe sous la main, même leurs déjections… Quoi qu'il en soit, les aliments ingérés en trop grande quantité ne sont pas assimilés ; ils subissent dans les voies digestives des fermentations anormales, d'où production de diarrhée, de vomissements, de fétidité de l'haleine, d’amaigrissement.
TRAITEMENT
L'exagération plus où moins douloureuse de la sensation de faim ne comporte pas de médication spéciale. Les médecins qui la considèrent comme une hyperesthésie des nerfs de l'estomac conseillent de la calmer par des médicaments nervins, l'opium et ses dérivés, la cocaïne, les bromures, la valériane qui peuvent en ellet donner quelques succès.
Boulimie d'origine organique. — Dans les cas où la faim, vérilablement exagérée, reconnail une cause d'origine organique, il faut, quand cela est possible, s'efforcer de lraiter celle-ci par des moyens appropriés. C’est ainsi que l'helminthiasis doit étre trailé par